‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 611 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

pales). Ils proclamèrent son oncle Frédéric. Christian tenta de se rétablir (1531-32) ; mais il fut pris et mourut en prison en 1559.

Gustave I Wasa, roi de Suède en 1523, propagea le luthéranisme, enleva au clergé la plus grande partie de ses biens, fit adopter la confession d'Augsbourg comme religion de l'Etat, gagna la noblesse en partageant avec elle les biens de l'Eglise. La couronne fut déclarée héréditaire (1544) et Gustave Wasa mourut en 1560.

Frédéric 1, né en 1471, roi de Danemark et de Norvège à la déposition de son neveu Christian II (1522), fut appuyé par les protestants allemands, s'unit à Gustave Wasa et protégea comme lui le luthéranisme dans ses Etats. Il mourut en 1533.

(Espagne. Empire.)

Charles-Quint ou Charles V, fils de Philippe le Beau (v. le siècle précédent), archiduc d'Autriche, et de Jeanne la Folle, fille de Ferdinand le Catholique et d'Isabelle, est le prince qui occupe la plus grande place au XVIe siècle. Né à Gand, en 1500, archiduc des Pays-Bas à la mort de son père (1506), roi des Espagnesàla mort de son grand-père maternel (1516), il succéda à Maximilien son grand-père paternel comme souverain d'Autriche et empereur (1519). Il put rêver la domination universelle en Europe ; mais il eut bientôt trois ennemis à combattre : François I, les Turcs et le protestantisme. Il eut 4 guerres avec François I (v. ce nom), et la lutte continua avec Henri II, fils de François I. Malgré la victoire de Pavie, qui lui livrait l'Italie, et les autres avantages qu'il remporta, Charles- Quint ne put s'établir en Provence ni en Picardie. Avec les Turcs, Charles-Quint fut peut-être moins heureux encore : les armées de Soliman menacèrent Vienne (1529 et 1532) ; sur mer, la flotte de Charles- Quint triompha devant Tunis (1535), mais elle échoua devant Alger (1541). Pendant que les infidèles menaçaient la chrétienté au dehors, les protestants la combattaient au dedans. La diète de Worms, en 1521, puis celle de Spire, en 1529, condamnèrent Luther; les luthériens protestèrent et, lorsque leur confession de foi eut été repoussée à Augsbourg, ils formèrent la ligue de Smalkalde (1530). Vainqueur des princes protestants à Muhlberg (1547), Charles-Quint put se croire le maître ; mais les confédérés, qui avaient à leur tête l'électeur de Saxe, le surprirent et le forcèrent à signer la trêve de Passau (1552), puis la paix d'Augsbourg (1555). Epuisé par la maladie et dégoûté du pouvoir, Charles-Quint abdiqua (1555-1556), laissant la couronne impériale et ses possessions d'Autriche à son frère Ferdinand, et les autres Etats à son fils Philippe II. Il se retira près d'un couvent, enEstramadure, et mourut dans les exercices de la piété (1558). Quelles qu'aient été ses vues ambitieuses, il fut pendant sa vie le défenseur de la foi et de la chrétienté. Sous son règne, les Cortez, les Pizarre acquirent à l'Espagne d'immenses domaines en Amérique. Plusieurs révoltes éclatèrent en Espagne et dans les Pays-Bas : elles furent réprimées ; mais les abus qui leur avaient donné lieu subsistèrent trop souvent et amenèrent l'affaiblissement de la puissance espagnole.

Granvelle (Perrenot de). — C'est le nom de deux ministres de Charles-Quint — Nicolas (1486- 1550), né en Franche-Comté, devint chancelier de Charles-Quint, qui l'employa dans toutes ses négociations. — Son fils Antoine (1517-1586), évêque d'Arras, brilla au concile de Trente, obtint la confiance de l'empereur et ensuite celle de Philippe II ; il administra les Pays-Bas, devint archevêque de Malincs (1560) et cardinal (1561), mais exaspéra les Flamands et dut être rappelé. Il fut vice-roi de N;iples (1570-1575), puis archevêque de Besançon (1584). Il a laissé une très volumineuse Correspon-

dance (80 gros vol.), qui a été publiée naguère par M. Ch. Piot, archiviste de Belgique.

Juan d'Autriche (don), fils naturel de Charles- Quint, né à Ratisbonne (1545), fut élevé secrètement. Don Juan se distingua, en soumettant les Maures révoltés de Grenade (1569-70) et surtout en gagnant, à la tête des flottes chrétiennes d'Espagne, de Venise et du pape, la victoire de Lépant (1571). Philippe II parut montrer à son égard de la défiance. Gouverneur des Pays-Bas en 1576, il ne put ramener les provinces du Nord, malgré la victoire de Gembloux (1577). On a pensé qu'il mourut peut-être empoisonné (1578).

Padilla (don Juan de), gentilhomme de Castille, se mit à la tête des Comuneros révoltés (1520). Abandonné par les nobles, il fut vaincu, pris et décapité (1522). Sa femme défendit énergiquement Tolède. Elle se réfugia ensuite en Portugal.

Pescaire (Avalos, marquis de), l'un des meilleurs capitaines de Charles-Quint, né en 1496 d'une famille napolitaine, d'origine castillane, fut fait prisonnier à Ravenne (1512), enleva Milan aux Français (1521), défit Bayard à Rebec, contribua beaucoupàla victoire de Pavie (1525), fut fait généralissime et mourut la même année. — Son neveu, Alphonse cVAvalos, marquis del Vasto ou du Guast, lui succéda, suivit l'empereur dans toutes ses expéditions. Gouverneur du Milanais en 1543, il fit lever le siège de Nice à Barberousse et au comte d'Enghien, mais fut défait à Cérisoles (1544) et mourut en 1546.

Philippe II, roi d'Espagne de 1555 à 1598, né à Valladolid en 1527, succéda à Charles-Quint, son père. Il épousa Marie Tudor en 1554, et, après la mort de celle-ci, Elisabeth de France (1559). Ce mariage et le traité de Cateau-Cambrésis, terminèrent la guerre avec Henri II, dans laquelle les Espagnols remportèrent la victoire de Saint-Quentin. Philippe II se fixa dès lors en Espagne et fit de Madrid sa capitale (1561). Pendant son long règne, il combattit les Turcs et les puissances protestantes; mais il exerça au dedans un- pouvoir despotique, multiplia ses entreprises et affaiblit l'Espagne. En 1565, il repoussa les Turcs de Malte et, en 1571, les vainquit à Lépante, leur enleva même Tunis pour quelque temps (1573-74). En 1580, il s'empara du Portugal et de ses colonies. L'année précédente, il perdit les Pays-Bas, qui se soulevèrent (révolte des Gveux) et formèrent la république des Provinces-Unies (1579). En Angleterre, il soutint Marie Stuart contre Elisabeth ; mais le désastre de Y Invincible Armada, flotte puissante qu'il avait envoyée conquérir l'Angleterre et qui fut brisée par la tempête sur les rochers du Calvados (1588), porta un coup funeste à la puissance maritime de l'Espagne. Les Anglais vinrent attaquer les Espagnols jusque dans Cadix. En France, Philippe II fut l'allié des Guises contre les protestants et plus tard contre Henri IV, qui lui imposa le traité de Vervins (1598). Il mourut la même année. (V. Namèche, Le règne de Philippe II et la lutte religieuse dans les Pays-Bas, 1885 et suiv., 5 vol.).

Don Carlos d'Autriche, fils de Philippe II et de Marie de Portugal, né en 1545, montra de bonne heure un caractère violent et vindicatif, qui fut encore aigri par la suite. Il fut irrité du mariage de son père avec Elisabeth de France (1559). Lorsque Philippe II eut appelé en Espagne les archiducs Rodolphe et Ernest, ses neveux, Don Carlos conspira peut-être, fut arrêté, condamné par l'Inquisition, et mourut en prison (1568).

Egmont (Lamoral d')., brave capitaine, né en 1522, se distingua à Saint-Quentin et à Gravelines, défendit les droits des mécontents des Pays-Bas auprès de Philippe II. Avec le comte de Homes, il fut arrêté par le duc d'Albe et décapité à Bruxelles (1568).

HISTOIRE : XVIe SIECLE

Duc d'Albe (Fernando-Alvarez de Tolède), né en 1508 d'une illustre famille castillane, fut l'un des meilleurs capitaines de Charles-Quint et de Philippe II et se distingua aussi comme ministre. Il essaya vainement de réprimer par la force et les supplices l'insurrection des Pays-Bas, où il fit périr, dit-on, 18,000 personnes et en força 100,000 à l'exil. Il fut disgracié en 1573. Chargé de conquérir le Portugal sur le prétendant Don Antonio, il le vainquit à Alcantara et mourut l'année suivante (1582).

Nassau (Guillaume et Maurice de). — Guillaume 1 de Nassau, dit le Taciturne, né en 1533, prince d'Orange à la mort de son cousin, René de Nassau, s'enfuit en Allemagne, à l'arrivée du duc d'Albe dans les Flandres, embrassa le protestantisme, se mit à la tète de la révolte d:s Gueux (1572) et parvint à fonder la république des Provinces-Unies par l'Union. d'Utrecht (1579). Il en fut le stathouder et périt assassiné (1584). — Son fils Maurice, né en 1567, fut nommé, à 20 ans, gouverneur de la république, sur la proposition du grand pensionnaire Barneveldt,et se montra bongénéral. Une trêve de 12 ans fut signée avec l'Espagne (1600). Voulant s'emparer du pouvoir absolu, il se montra cruel et fit périr sur l'échafaud son vieux protecteur Barneveldt (1010). Il mourut en 1025.

Philippe III, roi d'Espagne, fils de Philippe II, lui succéda à l'âge de 20 ans, et régna de 1508 à 1021. Le duc de Ferme gouverna sous son nom. Fa paix fut faite avec l'Angleterre en 1004; une trêve de 12 ans fut signée avec les Pays-Bas en 1009 ; une alliance fut contractée avec la France, en vertu de laquelle Fouis XIII épousa la fille de Philippe III, l'infante Anne d'Autriche. Philippe III chassa les Maures de ses Etats, en 1009, et prit parti pour la maison d'Autriche dans la guerre de Trente ans. (Portugal.)

Jean III, roi de Portugal, né en 1502, succéda à son père Emmanuel, en 1521, gouverna aviec sagesse, étendit sa domination jusqu'au Japon, divisa le Brésil en capitaineries '(1534). Il favorisa les jésuites, qui envoyèrent des missionnaires dans les colonies portugaises, et mourut en 1557.

Sébastien, roi de Portugal, fils posthume de l'infant Jean, né à Fisbonne en 1554, succéda à son grand-père et régna jusqu'en 1578. Il entreprit une croisade contre les Maures du Maroc et périt en combattant. Sa mort fut cependant contestée et plusieurs faux Sébastien se montrèrent en Portugal.

(Allemagne.)

Ferdinand I, empereur d'Allemagne, né en 1503, frère et successeur de Charles-Quint, était déjà roi de Bohême et de Hongrie, depuis 1526, lorsqu'il monta sur le trône impérial à l'abdication de Charles (1556). Il se montra tolérant et mourut en 1564. Il avait dû soutenir des luttes terribles contre Soliman II (v. ce nom), qui vint assiéger Vienne plusieurs fois (1529-1532).

Maximilien II, empereur d'Allemagne, né en 1527, succéda à son père Ferdinand I et régna jusqu'en 1576. 11 s'efforça de concilier les catholiques et les protestants. Sous son règne, il y eut une guerre de deux ans (1566-67) contre les Turcs.

Rodolphe III, empereur d'Allemagne, né à Vienne en 1552, mais élevé à la cour de Philippe II, succéda à son père Maximilien II et se montra incapable, s'occupant surtout d'alchimie, d'astro'nomie et de collections d'objets d'art. Il laissa prendre à son frère Mutinas la Moravie, l'Autriche, la Hongrie (1608), puis la Bohême, etc. Il mourut en 1612, et Mathias lui succéda.

(Prusse.)

Albert de Brandebourg, né en 1490, grand maître de l'ordre Tcutonique en 1512, passa au luthéranisme en 1525, sécularisa l'ordre et se fit

reconnaître par le roi de Pologne duc héréditaire de Prusse. Il fonda l'université de Kœnigsberg et mourut en 1568.

(Saxe.)

Maurice, électeur de Saxe, né en 1521, servit Charles-Quint contre la France (1544) et contre la ligue protestante de Smalkalde (1545) ; il remporta la victoire de Muhlberg sur le parti protestant (1547) et fut investi de l'électorat de Saxe (1548), dont fut privé son cousin, qui avait combattu dans le parti opposé. Mais en 1551, il quitta brusquement le parti de l'empereur et le contraignit à accorder le traité de Passau (1552), qui comportait une amnistie générale et le libre exercice du protestantisme. Il mourut en 1553. — Auguste I, son frère, lui succéda, et se montra zélé luthérien (1553- 1586).

(Pologne.)

Sigismond I, le Grand, roi de Pologne (1506- 1548), combattit les Russes, soumit la Moldo-Valachie, repoussa de la Prusse polonaise Albert de Brandebourg, s'opposa vainement à l'extension du protestantisme, encouragea les sciences et les arts. — Sigismond II, fils et successeur du précédent fut le dernier des Jagellons (1548-1572). Mécontent du pape qui lui refusait le divorce, il favorisa la réforme et toléra même le socinianisme. — Fes Polonais choisirent ensuite pour roi Henri de Valois, le frère' du roi de France (v. Henri III). Mais celui-ci se hâta de quitter la Pologne, dès qu'il eut hérité de la couronne de France. Il fut remplacé par Bathori.

Bathori, né en 1532, fut d'abord prince de Transylvanie (1571), puis roi de Pologne (1575). Il régna glorieusement, força les Russes à lui céder la Courlande et une partie de la Fivonie. Il songeait à faire de la Pologne un royaume héréditaire quand il mourut (1586).

(Russie.)

Ivan IV, dit le Menaçant et le Cruel, autocrate de Russie, né en 1529, succéda à son père Vasili IV (1533-1584), conquit Kazan (1552), Astrakan (1554), força les Tartares à se retirer en Crimée, s'empara de Polotsk (15015), réunit en un code les lois du pays, fonda la première imprimerie russe, attira des médecins et des artistes étrangers, institua la milice des strélitz. Sous son règne, la Sibérie fut conquise. Devenu soupçonneux et cruel dans les dernières années, il s'aliéna ses sujets; les Tartares purent incendier Moscou (1571) et les Polonais reprendre Polotsk, etc. Menacé d'être écrasé par ceux-ci, qui avaient pour roi le vaillant Bathori, Ivan IV recourut à l'assistance du pape, en faisant espérer une alliance contre les Turcs (v. Pierling, la Russie et le Saint-Siège, études diplomatiques, 1897, 2 vol.).

Fédor 1 ou Fèodor, fils d'Ivan IV, lui succéda (1584-1598). 11 laissa tout le pouvoir à Boris Godounof, son beau-frère, qui l'empoisonna. Sous ce règne, les négociations avec Rome continuèrent et il y eut même un nonce slave à Moscou (1593- 1596).

(Turcs.)

Sélim 1, sultan ottoman, né en 1467, força son père Bajazet II à abdiquer et le fit empoisonner (1512). S'étant débarrassé aussi de ses frères et de ses neveux, il vainquit les Perses et s'empara du Kurdistan, conquit la Syrie, l'Egypte et mit fin à la puissance des Mamelouks (1517). Il préparait la conquête de Rhodes, quand il mourut (1520). — Sélim II. son petit-fils, succéda à Soliman II (1500-1574), s'empara de Chypre, perdit la bataille de Fépante (1571), reprit Tunis aux Espagnols.

Soliman II, dit le Grand, le Magnifique, le Législateur, né en 1595, succéda à Sélim 1 son père, en 1520, et régna jusqu'en 1506. 11 acheva les conquêtes de Sélim, puis se tourna contre l'Eu-

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