PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Thérèse. A la tête du régiment de Carignan et des Indiens alliés, il attaqua les sauvages qui étaient les ennemis de la colonie et les réduisit pour longtemps à l'impuissance. Il repassa en France et mourut en 1670.
Carignan (régiment de). — Ce régiment, formé de 24 compagnies (environ 1300 hommes), arriva au Canada avec Tracy. Il fut rappelé en 1668, moins 4 compagnies, dont les officiers et les soldats devinrent généralement des colons excellents.
Frontenac (le comte de), né en France en 1620, et mort à Québec en 1698, fut lieutenant général des armées du roi et gouverneur général de la Nouvelle-France, de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Ses luttes avec l'évêque et les principaux officiers du pays causèrent son rappel en 1682. Hautain, mais intelligent et ferme, il fut l'un des meilleurs gouverneurs de la colonie. Il défendit Québec, en 1090, contre le général Philipps. (V. Myrand, Sir William Philipps devant Q/trbec. Histoire d'un siège, Québec, 1893.)
Le Moyne. — C'est le nom de l'un des premiers colons, qui tous mériteraient d'être connus. Il arriva de France en 1641, fut d'abord interprète à Montréal et exerça une grande influence sur les sauvages. Il fut anobli en 1668 et devint le premier seigneur de Longueuil. Ses fils furent des héros. Il mourut en 1683.
Iberville (Pierre Le Moyne, sieur d'), 3e fils de Le Moyne, né à Montréal en 1661 ou 1662, fut le plus grand homme de guerre du Canada. Il prit à l'abordage plusieurs vaisseaux anglais dans la baie d'Hudson (1686) ; il y vainquit de nouveau les Anglais, en 1694. A la tête de 125 Canadiens, il chassa presque complètement les Anglais de Terre-Neuve. En 1697, il soumit la baie d'Hudson à la France. L'année suivante, il découvrait l'embouchure du Mississipi et était fait chevalier de Saint-Louis à son retour (1699). Fondateur et premier gouverneur de la Louisiane, il mourut en 1706.
(Indien.)
Kondiaronk ou Le Rat. — C'est le nom d'un chef huron, qui acquit une influence extraordinaire sur tous les Indiens. Après avoir causé beaucoup de troubles dans la colonie et s'être montré un ennemi redoutable, il se réconcilia avec les Français, embrassa la foi chrétienne et reçut solennellement le baptême. Il contribua plus que personne au traité de 1701, qui mit fin à la lutte séculaire entre les Français et les Iroquois. Il n'avait de sauvage que le nom, et il fut, dit-on, l'homme le plus spirituel de son temps. Il mourut à l'Hôtel-Dieu de Montréal (1701).
(Hollande.)
Princes d'Orange. — La maison de Nassau continuait à gouverner la Hollande. Frcdcric- Henri de Nassau, prince d'Orange, né à Delft, succéda à son frère Maurice (v. le siècle précédent) comme stathouder (1625), et lutta contre l'Espagne pendant la guerre de Trente ans. — Son fils, Guillaume II de Nassau, né en 1626, lui succéda en 1647 et vit l'indépendance des Pays-Bas reconnue par le traité de Munster (1648). 11 mourut deux ans après, en 1650. De son mariage avec une fille de Charles I, roi d'Angleterre, naquit Guillaume III, redoutable ennemi de la France, qui monta sur le trône d'Angleterre.
Witt (Jean de), né à Dordrecht (1625-1672), grand pensionnaire de Hollande en 1653, fut le chef du parti républicain opposé à la maison d'Orange. Il soutint heureusement la guerre avec l'Angleterre et conclut la paix de Bréda (1667). Il fut le principal auteur de la Triple-alliance, qui arrêta Louis XIV (1668). Celui-ci se vengea par l'invasion de la Hollande (1672). De Witt voulait négocier ; mais les calvinistes et les orangistes soulevèrent le peuple contre lui et il fut massacré par la populace avec
son frère Corneille (1672). Guillaume III, prince d'Orange, nommé stathouder, défendit alors la Hollande avec opiniâtreté; il forma une première coalition contre Louis XIV et plus tard la ligue d'Augsbourg (1686). Deux ans après, il était roi d'Angleterre (v. Angleterre).
Tromp. — C'est le nom de deux marins hollandais. Martin le père, né en 1597, servit sur mer dès l'enfance et devint lieutenant-amiral en 1637. Il faut signaler sa victoire sur les Espagnols, aux Dunes (1639) et ses deux campagnes contre les amiraux anglais Blake et Deane. Il fut tué dans un combat en 1653. — Son fils, né à Rotterdam (1629- 1691), capitaine à 21 ans, fut le rival de Ruyter. Il tenta vainement une descente sur les côtes de France ( 1674). Il venait de prendre le commandement de la flotte destinée à opérer de nouveau contre la France quand il mourut.
Ruyter, le fameux amiral hollandais, né à Flessingue (1607-1676), était le fils d'un ouvrier brasseur. Mousse à 11 ans, il parvint par son mérite à tous les grades. En 1665 67, il remonta la Tamise et menaça Londres. Envoyé au secours des Espagnols, en Sicile, il livra à Duquesne, près de Stromboli, une première bataille, qui resta indécise. Dans une seconde, en vue de Catane, il fut vaincu et blessé. Il alla mourir à Syracuse. (Espagne.)
Philippe IV, roi d'Espagne, né en 1605, succéda à son père Philippe III (1621-1665) et fut dirigé d'abord par le duc d'O/ivarès. Celui-ci fut remplacé, en 1643, par Louis de Haro, qui signa avec la Hollande le traité de Munster (1648), et avec la France le traité des Pyrénées (1659). Le Portugal s'affranchit à son tour de la domination espagnole.
Charles II, roi d'Espagne, né en 1661, succéda à son père Philippe IV (16651700) et assista à la décadence du royaume, qu'il ne put jamais gouverner par lui-même. L'Espagne dut reconnaître l'indépendance du Portugal (1668). N'ayant pas d'enfant et craignant pour l'intégrité de l'Espagne, il institua pour son héritier universel le 2e des petitsfils de Louis XIV, le duc d'Anjou, qui régna sous le nom de Philippe V. Ainsi finit la branche espagnole de la maison d'Autriche. (Portugal.)
Jean IV, roi de Portugal, né en 1604, ne fut d'abord que duc de Bragance. Son intendant, Pinto Ribeiro, prépara la conspiration nationale qui le porta sur le trône. Il fut acclamé à Lisbonne et les cortès ratifièrent l'élection du peuple (1641). Il repoussa les attaques des Espagnols, qu'il battit à Montijo (1644). Il resta maître aussi du Brésil (1654), après avoir vaincu les Hollandais, qui le lui disputaient. Il mourut en 1656, laissant la couronne à son fils Alphonse, sous la régence de sa veuve, Louise de Guzman.
(Savoie.)
Victor-Amédée I, duc de Savoie, né à Turin en 1587, succéda à son père Charles-Emmanuel I (1630-1637). Il avait épousé Christine de France, sœur de Louis XIII, en 1619. Il soutint la guerre contre son beau-frère, au sujet de la succession de Mantoue, fut battu au pas de Suze, signa la paix de Cherasco, qui lui enleva Pignerol (1631), puis fut général des troupes françaises contre les Espagnols. — Son fils aîné, François-Hyacinthe, lui succéda, mais mourut l'année suivante (1638).
Charles-Emmanuel II, né en 1634, frère de François-Hyacinthe, lui succéda (1638-1675) et fut l'allié de la France. Il épousa Marie de Nemours et laissa à sa mort le duché de Savoie à son fils Victor-Amèdèe II, sous la tutelle de sa mère.
Victor-Amédée II, né en 1665, s'allia secrètement à l'Autriche contre la France, fut battu par Catinat à Staffarde (1690) et à la Marsaille, abandonna les alliés, traita avec Louis XIV, maria sa
HISTOIRE : XVIIe SIÈCLE
fille avec le duc d'Anjou, roi d'Espagne; au traité d'Utrecht, il obtint, outre la Savoie, le comté de Nice et la Sicile ; il échangea celle-ci contre la Sardaiirne et prit le titre de roi. Il mourut en 1732. (Italie. I
Masaniello, pécheur napolitain, né en 1623 à Amalfi, dirigea l'insurrection du peuple napolitain contre le duc d'Arcos, vice-roi espagnol (7 juillet 1647), et le força de traiter (13 juillet). Il tomba en démence le lendemain même de son triomphe et l'ut tué par des bandits, aux ordres du vice-roi.
Morosini. — Cette illustre famille de Venise donna 4 doges à la république. Le 4e, François, né en 1618, doge de 1688 à 1694, se signala par l'héroïque défense de Candie contre les Turcs (1666- 1 661») . Il s'empara d'Athènes et de presque toute la Morée ; il échoua devant Négrepont (1689). (Allemagne, Autriche,- etc.)
Mathias. empereur d'Allemagne, né en 1557, était frère de Rodolphe, qu'il supplanta en Hongrie, en Autriche et en Bohême, et auquel il succéda enfin sur le trône impérial (1612). Sous son règne les guerres religieuses reprirent naissance; leur signal en Bohême fut la seconde défenestration de Prague (1618). Mathias mourut en 1619.
Guerre de Trente ans. — Cette guerre politique et religieuse, d'abord allemande, puis européenne, commença à la défenestration de Prague et se termina au traité de Westphalie (1648), qui enleva la suprématie à la maison d'Autriche. Dans la ln' période (1618-1625), les Bohémiens soulevés furent vaincus; dans la 2e (1625-1629), Christian IV, de Danemarck, intervint, mais l'empereur Ferdinand II eut encore l'avantage; dans la 3e (1630-1635), Guscare- Adolphe, de Suède, intervint à son tour, mais sans changer beancoup l'état des partis; dans la 4e' période enfin (1635-1648), l'intervention de la France, gouvernée par Richelieu, amena les traités de Westphalie.
Ferdinand II, empereur d'Allemagne, petit-fils de Ferdinand I et cousin de Mathias, auquel il succéda (1619-1637), était né à Gr;etz, en 1578, et avait été d'abord archiduc de Styrie. Il voulut réprimer le protestantisme et dominer l'Allemagne, triompha des Bohémiens et de leur roi Frédéric V, le Palatin, puis des Danois et de Christian IV ; mais il fut moins heureux avec les Suédois et Gustave-Adolphe.
Ferdinand III, fils et successeur de Ferdinand II (1637-1657), était né à Graetz en 1608. Il continua la guerre de Trente ans ; les troupes impériales triomphèrent de Turenne àMariendal ( 1 645) ; mais elles furent vaincues par Condé à Rocroy (1643), à Fribourg (1644), à Nordlingue (1645). L'empereur dut signer le traité de Westphalie (1648).
Léopold I, né en 1640 à Vienne, 2e fils et successeur de Ferdinand III ( 1658- 1705), vit se former la confédération du Rhin, soumit la Hongrie révoltée, lutta contre les Turcs et faillit perdre Vienne, assiégée par une armée de 200.000 hommes, fit plusieurs fois la guerre à Louis XIV et accepta les traités de Nimègue (1670) etde Ryswich (1607). Il mourut pendant la guerre de la succession d'Espagne.
Joseph I, fils du précédent, né à Vienne en 1678, lui succéda et continua la guerre (1705-1711). Il mourut ne laissant (pie des filles et fut remplacé par son frère Char/es VI, qui s'était fait proclamer roi à Madrid, mais ne put s'y maintenir.
Eugène (le /'rince), l'un des plus grands hommes de guerre des temps modernes, né à Paris en 1663, était fils du comte de Soissons et d'Olympe Mancini, nièce de Mazarin. Il offrit son épée à Louis XIV, qui malheureusement n'accepta pas ses offres. Il entra alors au service de Léepold I et devint feld-maréchal (1693). Il vainquit les Turcs à
Zentha et leur imposa la paix (1600). 11 triompha de Catinat et de Villeroy en Italie, mais il fut arrêté par Vendôme. Avec Marlborough, il remporta la victoire d'Hochst;edt (1704); la victoire de Turin (1706) donna l'Italie aux Autrichiens. Il triompha encore à Oudenarde (1708), à Malplaquet (1700), mais il fut vaincu par Villars à Denain (1712). De nouveau envoyé contre les Turcs, il les battit à Peterwardein (1716). Il mourut à Vienne en
(Prusse.)
Hohenzollern. — C'est le nom d'une famille princière d'Allemagne, qui descendrait de Tassillon, duc de Bavière au VIIIe s., et à laquelle appartenait Rodolphe 11 (XIIe s.). Des fils de celui-ci, Frédéric et Conrad, sortirent les lignes de Souabe et de Franconie. De celle-ci naquirent les électeurs de Brandebourg, depuis rois de Prusse et empereurs d'Allemagne.
Frédéric-Guillaume, grand électeur de Brandebourg, s'allia avec la Suède contre la Pologne; avec le Danemark contre la Suède; avec la Hollande contre Louis XIV (1620-1688).
Frédéric I, fils et successeur du précédent, né en 1657, obtint de Léopold d'Autriche, qu'il avait soutenu contre les Turcs, l'érection de son électorat en royaume (1701). Il mourut en 1713.
(Angleterre, Ecosse.)
Jacques I (en Ecosse Jacques VI), roi d'Angleterre, né en 1566, fils de Marie Stuart et de Darnley, fut élevé dans le protestantisme. Roi d'Ecosse en 1567, il fut reconnu roi d'Angleterre à la mort d'Elisabeth (1603), qui lui avait promis sa succession. Il réprima facilement la conspiration de Raleigh en faveur d'Arabella Stuart. Mais sa faiblesse pour d'indignes favoris (Robert Curr, duc de Somerset, et Villiers, duc de Buck ingham) et son pédantisme lui aliénèrent ses sujets. 11 persécuta les catholiques, qu'on accusa de la conspiration des poudres (1605), et aussi les dissidents, presbytériens ou autres. Il fut en lutte avec les parlements, usa d'expédients financiers. On l'accusa d'avoir sacrifié Raleigh à l'Espagne et abandonné son gendre, l'électeur palatin Frédéric. Il mourut en 1625. On a de lui de nombreux ouvrages (en latin, en anglais, en français), entre autres la Loi des monarchies libres, où est formulée la doctrine du pouvoir absolu.
Charles I, roi d'Angleterre, fils de Jacques I et d'Anne de Danemark, né en 1600, succéda à son père (1625-1640) et épousa Henriette de Fronce, sœur de Louis XIII. Il lutta contre le parlement, qui fut dissous plusieurs fois, et fit une guerre malheureuse à la France. Après l'assassinat du favori Buchingham , il gouverna sans parlement, avec Straffbrd et La ml. Mais la révolte de l'Ecosse, la dissolution du 4e parlement (Court parlement), qui ne fut réuni que'pendant trois semaines, exaspérèrent les esprits (1640). Le 5e parlement (le Long parlement.) mit en accusation les ministres ; Straffbrd fut condamné et exécuté (1641) Bientôt commença la guerre civile. Vaincu par les Têtes- Rondes, malgré le dévouement des Cavaliers, Charles I se réfugia dans le camp des Ecossais, qui le livrèrent au parlement (1647). Les presbytériens auraient consenti à traiter; mais Cromicell, chef de la faction des Indépendants, enleva le roi, qui fut finalement jugé et exécuté le 30 janvier 1640, devant son palais de White- Hall.
Cromwell (Olivier), né en 1500, presbytérien rigide, fut membre des communes, en 1657, et reparut au Long 'parlement (1640). Pendant la guerre civile, il commanda les puritains fanatiques qu'il avait organisés et joua bientôt le premier rôle; il fit décapiter le roi et proclamer la république, dont il fut le véritable maître. 11 soumit et traita