‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 628 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Ducos, les Trois Girondines : M""' Roland, Charlotte Corday, M""- Bouquey, et les Girondins, 1895).

Manuel, né à Montargis (1751-1793), ancien doctrinaire, avait été enfermé à la Bastille pour un pamphlet irréligieux. 11 fut élu procureur de la Commune, en 1791, concourut à l'insurrection du 20 juin et à celle du 4 août, voulut arrêter les massacres de septembre, sauva Beaumarchais, etc. Député de Paris à la Convention, il demanda la déchéance de Louis XVI et le fit enfermer au Temple, mais, dans le procès, il vota l'appel au peuple. Après la condamnation, il donna sa démission. Peu après il fut accusé et décapité (14 nov.).

Santerre, riche brasseur du faubourg Saint- Antoine, né à Paris (1752-1809), fut nommé chef de bataillon, puis général àe la garde nationale. La Commune le fit commandant de la prison du Temple, pendant la captivité de Louis XVI, et il présida en cette qualité à la mort du roi. Envoyé comme général en Vendée, il fut battu, près de Cholet.

Lepelletier de Saint-Fargeau, né à Paris (1700-1793), arrière-petit-fils de Le Pelletier, ministre sous Louis XlV, était président à mortier au parlement et riche de 000.000 livres de rente. Député de la noblesse de Paris aux Etats généraux, il hésita d'abord à se réunir au tiers état, puis entra dans la voie révolutionnaire. Il vota la mort du roi et fut assassiné par le garde du corps Paris, dans un restaurant du Palais-Royal (20janv.).

Danton, né à Arcis-sur-Aube ( 1759-1791), était, en 1789, avocat au conseil du roi, dont il demanda la déchéance en 1791. 11 avait fondé, dès les premiers jours de la Révolution, le club des Cordeliers. Au 10 août 1792, il attaqua les Tuileries. Ministre de la justice, il organisa les massacres de septembre. Devenu l'adversaire de Robespierre, plus féroce encore que lui, il fut accusé, condamné et décapité (5 avril). Avec lui périrent Fabre d'Eglantine et Camille Desmovlins.

Robespierre, né à Arras (1759-1794), où il était avocat, fut député d'Artois aux Etats généraux et se rendit tout- puissant au club des Jacobins, où on le surnomma l'Incorruptible. Député de la Seine à la Convention, il dirigea, avec Danton, le procès de Louis XVI. Après la mort du roi, il fit décréter, malgré les Girondins, la création du Tribunal révolutionnaire, triompha de ses adversaires aux journées du 31 mai et du 2 juin 1793, se débarrassa de Danton son rival et, aidé du comité de Salut public, fit peser sur la France le régime de la Terreur. Exerçant déjà une véritable dictature, il voulut fonder une religion philosophique, dont il aurait été comme le grand prêtre, et fit proclamer, par la Convention, l'existence de l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme (1794). Mais la Convention se souleva contre lui au 9 thermidor. On le mit hors la loi, sans vouloir écouter sa défense, avec Couthon, Saint-Just, etc. Réfugié à l'Hôtel de Ville, il y fut attaqué par les troupes de la Convention, et un gendarme lui brisa la mâchoire d'un coup de pisiolet. Le lendemain il monta sur l'échafaud avec 22 de ses partisans.

Carrier, conventionnel, né près d'Aurillac (1756-1794), était procureur dans cette ville en 1789. Il est célèbre par les cruautés qu'il commit à Nantes, où il fut envoyé comme commissaire de la Convention. Il noyait les prisonniers au moyen de bateaux à soupape, qu'on ouvrait au milieu de la Loire. Des atrocités analogues étaient commises par Fouchè et Col lot d'Herbais à Lyon, Le Bon à Arras, etc. Accusé à son tour le 23 nov. 1794, Carrier fut exécuté le 10 déc. (V. Lallié, la Justice révolutionnaire à Nantes et dans la Loire- Inférieure, 1896 ; comte Fleury, les Grands Terroristes : Carrier à Nantes, 1897).

Boissy d'Anglas, né à Saint-Jean-de-Cham-

bre, dans l'Ardèche (1756-1826), d'une famille protestante, entra aux Etats généraux comme député du tiers état. Député à la Convention par ses compatriotes, il fut l'un des chefs de la Plaine (modérés), puis présida l'assemblée avec fermeté au Ie1' prairial, lorsque la Convention fut envahie par les assassins du député Féraud. Proscrit par le Directoire au 18 fructidor, il échappa parla fuite à la déportation. Sous l'Empire, il devint sénateur et comte ; sous la Restauration, pair de France.

Cambon, né à Montpellier (1754-1820), négociant, fut membre de la Législative et de la Convention. Il s'occupa spécialement des questions financières et créa le grand livre de la dette publique. Il mourut exilé à Bruxelles.

Tallien, né à Paris (1769-1820), clerc de procureur, prote à l'imprimerie du Moniteur, se fit connaître au club des Jacobins, publia un journal : l'Ami des citoyens, devint secrétaire-greffier de la Commune (10 août) et prit part aux massacres de septembre. Envoyé à Bordeaux, il fut l'émule des Carrier et des Fouché. Mais son amour pour Mme de Fontenay, qu'il épousa bientôt, et qui était alors détenue comme aristocrate, changea ses dispositions. Il fut l'un des chefs des thermidoriens, qui renversèrent Robespierre. Cependant, à l'armée de Hoche, où il fut envoyé comme commissaire de la Convention, il fit fusiller les prisonniers royalistes de Quiberon. Il suivit Bonaparte en Egypte, à titre de savant, et fut pris au retour par des croiseurs anglais (1801). Il divorça l'année suivante. — Mme Tallien, fille d'un financier espagnol (1775ls:',r>), épousa fort jeune Davin de Fontenay, puis Tallien, et, en 1805, le comte de Caraman, depuis prince de Chimay. Renommée pour son esprit autant que pour ses autres qualités, elle sauva beaucoup de proscrits.

(Directeurs.) Barras. — Le comte de Barras, natif du Var (1755-1829), avait été officier dans l'Inde. Il siégea à la Convention parmi les Montagnards et devint l'un des ardents adversaires de Robespierre, qui avait voulu le faire arrêter à cause de son immoralité. Avec Bonaparte, il défendit la Convention, au 13 vendémiaire. Il donna comme Directeur (1795- 1799) de tristes exemples d'immoralité. Après le 1S brumaire, il vécut dans l'exil et conspira en faveur des Bourbons. Ses Mémoires ont été publiés par G. Duruy, 1895-0.

La Revellière-Lepeaux, né à Montaigu, en Vendée (1753-1824), fut député aux Etats généraux, puis à la Convention ; favorable aux Girondins, il dut se cacher. 11 entra au Directoire et se distingua parmi les théophilanthropes. On cite souvent ce mot que Napoléon lui adressa un jour : « M. La Revellière-Lepeaux, si vous voulez assurer le succès de votre religion, faites-vous crucifier pour elle. » Carnot, né à Nolay, dans la Côte-d'Or (1753- 1823), officier du génie, auteur d'un Eloge de Vauban et d'un Essai sur les machines, qui avaient été remarqués, fit partie de la Législative et de la Convention. Il entra au comité de Salut public, en août 1793. On a dit qu'il avait organisé la victoire de 1793 à 1795. Il fut l'un des Directeurs et dut s'enfuir au 18 fructidor. Tribun en 1802, il s'opposa à l'Empire, puis rentra dans la vie privée. En 1813, il offrit ses services à Napoléon, fut nommé général de division et défendit la place d'Anvers. Il écrivit en 1814 un Mémoire au roi, qui eut du retentissement. Ministre de l'intérieur et comte de l'Empire, aux Cents-Jours,il fut proscrit ensuite et alla mourir à Magdebourg.

(Socialiste.) Babeuf. — Ce démagogue, né à Saint-Quentin (1764-1797), fut rédacteur du Correspondant picard et administrateur du département de la Somme. Il fonda à Paris, en 1794, le Tribun du

HISTOIRE : XVIIIe SIÈCLE

peuple, prit le noin de Caïus Gracchus et prêcha la communauté des biens et la loi agraire. Avec d'autres révolutionnaires fanatiques, il forma le club du Panthéon et fit appel à la violence. Le Directoire le fit arrêter avec beaucoup de ses complices. Condamné le 20 mai 1797, il se poignarda et fut porté mourant sur l'échafaud.

(Armée, généraux.) Dampierre — Le marquis de Dampierre, né à Paris (1750-1793), se distingua à Yalmy, à Jemmapes. Chargé du commandement après la défection de Durnouiiez, il fut tué d'un coup de canon sous Valenciennes. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon.

Custine. — Le comte de Custine, né [à Metz (1740-1793), s'était distingué dans la guerre d'Amérique. 11 fut député libéral de la noblesse aux Etats généraux, remplaça Luckner à la tête de l'armée du Rhin (1792), s'empara de Mayence, pénétra jusqu'au delà de Francfort, mais fut repoussé. 11 fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire.

Westermann, né à Molsheim , en Alsace (1751-1794), ami de Danton, commanda les fédérés au 10 août, se distingua à Yalmy, en Belgique, en Hollande, fut nommé général de brigade et envoyé contre les Vendéens (1793). 11 périt avec les dantonistes.

Dumouriez, né à Cambrai (1739-1824), avait été officier de bonne heure sous l'ancien régime ; Choiseul et Louis XV l'avaient employé dans diverses missions. Louis XVI le créa commandant de Cherbourg et maréchal de camp. Appuyé par les Girondins, il commanda, après La Fayette, l'armée du centre, fit la belle campagne de l'Argonne, remporta la victoire de Valmy, puis celle de Jemmapes (8 oct.), qui lui livra les Pays-Bas autrichiens. Mais ensuite il intrigua avec les partis et avec l'Autriche, voulut entraîner l'armée contre la Convention et dut se réfugier à l'étranger. 11 mourut en Angleterre.

Dugommier, né à la Guadeloupe (1736 1794), était lieutenant-colonel ;'i la Révolution. 11 fut élu à la Convention, devint bientôt général de division, reprit Toulon (1793), avec l'aide de Bonaparte, chassa les Espagnols du Roussillon et fut tué près de Figuières, en Catalogne.

Marceau, né à Chartres (1769-1790), engagé volontaire en 1785, commandait un bataillon de volontaires d'Eure-et-Loir en 1792 ; il l'ut lieutenant de cuirassiers en Vendée (1793). A Fleurus, il dirigeait l'aile droite (1794). Après la défaite de Wurzbourg, il commanda l'arrière-garde et fut blessé mortellement pendant la retraite

Hoche, né à Versailles (1768-1797), était fils d'un garde du chenil de Louis XV. Il s'engagea à 16 ans. Avec Pichegru, il força les Autrichiens à évacuer l'Alsace. Il fut arrêté sous la Terreur et délivré au 9 thermidor. On a dit qu'il pacifia la Vendée (1796) ; mais la victoire de Quiberon (27 juin 1895) et les massacres qui suivirent ont souillé sa gloire. Après une brillante campagne au delà du Rhin, il mourut peut-être empoisonné, à 29 ans. (V. Sorel, Bonaparte et Hoche, 1896).

Renaudin, né en Saintonge (1750-1809), était officier de marine au commencement de la Révolution. Au combat d'Ouessant (Ie'' juin 1794), il commandait le Vengeur, monté par 456 hommes, qui résistèrent jusqu'à ce que le vaisseau sombrât. Il fut échangé et reçut, à son retour, le commandement d'une escadre. Il se retira en 1800. (La Chouannerie.) Guerre de Vendée. — La guerre de Vendée ou Chouannerie, que Napoléon appelait une guerre de géants, fut déterminée par les attentats commis contre le roi et par les persécutions religieuses qui révoltèrent les populations royalistes et chrétiennes de l'Ouest. Les Vendéens eurent d'abord

pour chefs Jean Cottereau et ses trois frères, surnommés chouans (corruption de chat-huant, oiseau dont les chouans imitaient le cri, pour s'avertir la nuit). La guerre de Vendée se renouvela en 1815 et en 1832. (V. J. Duchemin des Cépeaux, Lettres sur Vorigine de la chouannerie et sur les chouans du lias-Maine, nouv. éd., 1897 ; Grandin, Bleus et chouans, 1896; Crétineau-Joly, la Vendée militaire, nouv. éd. par le P. Drochon ; E. Daudet, La police et las chouans sous le Consulat et l'Empire, 1895).

Bonchamps. — Le marquis de Bonchamps, né à Jouverdeuil, en Anjou (1759-1793), capitaine démissionnaire en 1791, consentit à se mettre à la tête des paysans vendéens. Il fut blessé mortellement devant Cholet et, avant de mourir, à Saint- Fulgent, sauva la vie à 5,000 prisonniers républicains.

Cathelineau, né au Pin-en-Mauges, en Anjou (1759-1793), n'était qu'un voiturier colporteur. Les paysans de Saint-Florent le mirent à leur tète (12 mars 1793) ; il forma bientôt une armée considérable, remporta de grands avantages, prit Saumur et fut nommé généralissime. Il fut blessé mortellement à l'attaque de Nantes.

Lescure. — Le marquis de Lescure, né près de Bressuire (1706-1793), se retira dans son château de Clisson, après le 10 août 1792. Enfermé à Bressuire, il fut délivré par les Vendéens qui en firent un de leurs chefs les mieux obéis. Blessé à la Tremblaye (15 oct.), il mourut le 3 nov. Sa veuve épousa La Rochejacquelein, qui était un de ses parents.

La Rochejacquelein, né au château de la Durbellière, près de Châtillon-sur-Sèvre (1772- 1794), fut l'un des premiers chefs (pie les Vendéens mirent à leur tête ; il remporta de nombreux succès. A la mort de Lescure, il fut choisi pour général en chef. Il échoua devant Granville, fut défait au Mans, repassa difficilement la Loire et fut tué pendant la retraite.

Charette, né à Couflë, dans la Loire-Inférieure (1763-1796), était lieutenant de vaisseau à la Révolution. 11 émigra, revint défendre le roi au 10 août, puis se retira. Les Vendéens le forcèrent à se mettre à leur tête. 11 attaqua vainement Nantes, s'isola dans le Marais et se défendit contre les colonnes infernales de 1794. Il traita avec les républicains, puis reprit les armes. Abandonné par les Anglais et parle comte d'Artois, il fut pris et fusillé à Nantes (29 mars 1796).

Stofflet, néàLunéville ( 1752- 1790), était filsd'un meunier. 11 fut caporal, puis garde-chasse de son colonel, le comte de Colbert. En mars 1793, il rejoignit Cathelineau, avec une bande d'insurgés. Il succéda à La Rochejacquelein, mais eut des démêlés avec Charette. Les envoyés de la Convention traitèrent avec lui à Saint-Florent (2 mai 1795). Ayant repris les armes, il fut pris et fusillé à Angers (24 février 1796).

Frotté. — Louis, comte de Frotté, officier français (1755-1800), émigra en 1792, revint en 1795, et commanda en Normandie des bandes de chouans. Bonaparte, dont il se moquait dans ses proclamation, mit sa tète à prix. Bien qu'on lui eût promis la vie sauve, après la soumission de Cadoudal, quand il eut offert de traiter, il lut condamné et fusillé.

Insurrection île Lyon.) Morand, architecte, né à Briançon (1727-1794), se forma nous Servandoni et Soufflot. Il construisit à Lyon un théâtre et, sur le Rhône, un pont de bois de 17 arches, qui a subsisté longtemps. Il prit part à la défense de Lyon, assiégé par la Convention, et périt sur l'échafaud.

Jordan (Camille), né à Lyon (1771-1821), fut | l'un des plus ardents promoteurs de l'insurrection

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