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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

de Lyon. A la prise de cette ville par la Convention, il se réfugia en Suisse et en Angleterre et revint à Lyon en 1796. Membre du Conseil des Cinq-Cents, il demanda la liberté et la protection des cultes. Proscrit au 18 fructidor, il attaqua hardiment le coup d'Etat dans un pamphlet : Adresse à mes commettant!'. Il rentra en France en 1800, s'opposa au gouvernement consulaire, puis s'occupa de philosophie et de littérature. Il fut député en 1816, soutint d'abord le gouvernement et lui fit ensuite opposition. (Sur la nature de l'insurrection de Lyon, v. Poidebard, Les causes du siège de Lyon an 1793).

(Emigrés.) Condé. — Le prince de Condé, Louis Joseph de Bourbon (1736-1818), donna le signal del'émigration, après la prise de la Bastille. Autour de lui se forma une armée d'émigrés, sur les bords du Rhin. 11 combattit avec courage de 1792 h 1797, se retira en Russie, puis en Angleterre (1801). 11 rentra à ^la Restauration. (V. Bittard des Portes, Histoire de l'armée de Condé pendant la Révolution française, 1791-1801, Paris, 1896).

Le duc d'Enghien, petit-fils du précédent, né à Chantilly (1772-1804), combattit avec son père et son grand-père parmi les émigrés. Retiré non loin de la frontière, à Ettenheim (Bade), il fut enlevé par les ordres de Bonaparte, qui le croyait complice de Cadoual, jugé par une commission militaire et fusillé dans les fossés de Vincennes (21 mars).

(Savoie et Sardaigne.}

Charles-Emmanuel I roi de Sardaigne (III, comme duc de Savoie), fils de Victor-Amédée II, né en 1701, régna dès 1730, à l'abdication de son père, s'unit à la France et à l'Espagne contre la maison d'Autriche (1733) et gagna quelques territoires; puis s'allia avec Marie-Thérèse (1742), s'empara de Modène, subit un échec à Coni (1744) et signa la paix de Turin avec la France (1746). Il mourut en 1773. (V. Curti, Charles-Emmanuel 1, 1894, Milan).

Victor-Amédée III , né en 1726, succéda à son père Charles-Emma nue/ en 1773, sécularisa plusieurs abbayes, traita durement la Savoie, gaspilla les finances, résista vainement à la Révolution. La Savoie et le comté de Nice se soulevèrent à l'approche des armées françaises. Ecrasé par Bonaparte, il signa la paix de Turin (1796), qui lui enlevait une partie de ses Etats continentaux, et mourut la même année.

Charles-Emmanuel II, fils de Victor-Amédée III, lui succéda en 1796, perdit le reste de ses Etats continentaux, qui furent incorporés à la République française (1798). Retiré en Sardaigne, il abdiqua en 1802, au profit de son frère Victor- Emmanuel, et mourut à Rome, religieux de la Compagnie de Jésus, en 1819.

(Espagne.)

Philippe V, roi d'Espagne, né à Versailles (1683-1746), était le 2e fils du grand Dauphin Louis et oncle de Louis XV. Il portait le titre de duc d'Anjou, quand le testament de Charles II l'appela au trône d'Espagne (1700). Il lutta contre son rival Charles, 2e fils de l'empereur Léopold I, qui fut soutenu par un coalition (guerre de la succession d'Espagne). Deux fois il dut quitter Madrid ; mais les victoires de Berwick à Almanza (1707), et de Vendôme, à Villaviciosa (1710), lui assurèrent le trône. Le traité d'Utrecht (1713) enleva cependant à l'Espagne les Pays-Bas, le Milanais, Naples, la Sicile et la Sardaigne, Minorque et Gibraltar. Jusquelà Philippe V avait subi l'influence de Gabrielle de Savoie, sa première femme, et de la princesse des Ursins. Il subit ensuite l'influence à' Elisabeth Farnése (de Parme), sa seconde femme (1714), et du ministre Albéroni ; il fut entraîné dans des guerres

malheureuses. Une rupture eut même lieu avec la France (1725), lorsque l'infante qui devait épouser Louis XV, fut brutalement renvoyée ; mais le cardinal Fleury termina heureusement cette guerre. Avec la France, Philippe V intervint dans la guerre de succession de Pologne et obtint pour Carlos, l'un de ses fils, le trône de Naples, avec la Sicile, l'île d'Elbe et les présides de Toscane (1734 38). De sa lre femme il eut deux fils : Louis, en faveur duquel il abdiqua en 1724, et Ferdinand VI. D'Elisabeth Farnèse il eut Cliarles III, Philippe, duc de Parme, etc.

Ripperda. — Ce personnage, né à Groningue (1690-1737), commandait à 22 ans un régiment d'infanterie. Il abjura le protestantisme, obtint la confiance de Philippe V, pour lequel il négocia une alliance avec l'Autriche, devint duc et grand d'Espagne, ministre des affaires étrangères, etc. Disgracié et enfermé à Ségovie (1726), il s'échappa, erra en Europe et se fixa, en 1732, au Maroc, où il se| fit musulman (v. Syveton, Une cour et un aventurier au XVIIIe siècle. Le baron de Ripperda, 1896).

Louis, roi d'Espagne, fils aîné de Philippe V (1707-1724), épousa la fille du duc d'Orléans, Mlle de Montpensier (1722). Son père abdiqua en sa faveur ; mais le jeune roi mourut prématurément.

Ferdinand VI, roi d'Espagne, né en 1713, succédai Philippe V (1746-1759) et mérita le surnom de Sage. 11 accéda au traité d'Aix-la-Chapelle (1748). Il eut pour ministre le marquis de Ensenada, qui fut renversé à l'avènement de Charles III.

Charles III, fils aîné de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse (1716-1788), devint roi desDeux-Siciles sous le nom de Cltarles VII, dès 1735, et succédai son frère Ferdinand VI sur le trône d'Espagne (1759). Allié à la France dans la Pacte de famille (1761) et pour la guerre d'Amérique, il acquit la Louisiane, reprit Minorque et les Florides, mais ne put s'emparer de Gibraltar. Il tenta vainement de relever l'Espagne. Il expulsa les jésuites en 1767, et demanda au pape l'abolition de l'ordre.

Charles IV, roi d'Espagne, né à Naples (1748- 1819), était le 2e fils de Charles III et de Marie- Amélie de Saxe. Il succéda à son père (1788) et subit l'influence de sa femme, Marie-Louise de Parme, et du ministre Godoï (v. le siècle suivant). Il intervint vainement en faveur de Louis XVI. Plus tard, l'alliance avec Napoléon fut désastreuse pour l'Espagne. 11 finit par céder la couronne d'Espagne à l'empereur, qui la donna à son frère Joseph (1808). Charles IV vécut à Chambord, à Compiègne, etc. et mourut à Rome.

(Portugal.)

Joseph, roi de Portugal, succéda à son père Jean V (1750-1777) et donna tout pouvoir à son ministre, le fameux Pombal. Sous ce règne, Lisbonne fut détruite par un tremblement de terre (1755). Les jésuites furent expulsés en 1759 et dans des conditions odieuses. Pombal fut exilé à l'avènement de Marie I, qui alla elle-même mourir au Brésil.

(Angleterre.)

George I, roi d'Angleterre, né à Osnabrûck, en 1660, n'était d'abord qu'électeur de Hanovre (1698). 11 fut appelé au trône d'Angleterre, en 1714, à la mort de la reine Anne, comme arriôre-petit-fils de Jacques I Stuart, par sa mère Sophie. Il donna sa confiance aux whigs, triompha du prétendant Jacques III, entra dans la Triple alliance, avec la France et la Hollande, contre l'Espagne et Charles XII, et triompha des Espagnols, qui furent battus sur mer. 11 eut pour ministre Robert Wa/pole. Malheureux dans sa famille, il mourut en 1727.

HISTOIRE : XVIir SIECLE

George II, roi d'Angleterre, né à Hanovre (1683-17(30), succéda à son père (1727), avec lequel il s'était brouillé en 1717. Il laissa le pouvoir à Walpole. En 1739, l'opinion l'obligea à déclarer la guerre à l'Espagne; puis il soutint Marie-Thérèse contre la France, et Walpole fut disgracié. Vainqueur des Français à Dettingen (1743), il fut vaincu à Fontenoy (1745). La même année, le prétendant Charles-Edouard, fils de Jacques III, mit en grand danger la dynastie hanovrienne; mais il fut vaincu à Culloden (1746), et de sanglantes exécutions anéantirent son parti. Le traité d'Aix-la- Chapelle mit fin à la guerre (1748). Pendant la guerre de Sept ans, George fut l'allié du roi de Prusse Frédéric II. L'Angleterre commença alors à développer ses colonies et à supplanter la France.

George III, né en 1738, fils du prince de Galles, qui mourut en 1751, succéda à son grand-père George II (1760-1820). A la paix de Paris, qui termina la guerre de Sept ans, il gagna le Canada et la Floride. Mais les colons d'Amérique mécontents se soulevèrent (1775) et, avec l'aide de la France, de l'Espagne et de la Hollande, purent s'affranchir de la métropole, par le traité de Versailles (1783). Bientôt commencèrent les troubles de la Révolution française ; l'Angleterre, dirigée par Pitt et ses successeurs prit part à. toutes les coalitions contre la France (v. le siècle suivant). En 1798, l'insurrection irlandaise fut réprimée ; et l'Irlande y perdit son parlement et ses dernières libertés. Le roi, déjà malade en 1788, tomba, en 1810, dans une démence qui ne finit qu'avec sa vie.

Byng. — Nom de deux amiraux anglais.

George Byng prit Gibraltar (1704) et détruisit la flotte espagnole sur les côtes de Sicile (1718). — Son fils, Jnlni, ayant été vaincu près de Minorque par la Gallissonnière (1756), fut traduit devant un conseil de guerre et fusillé.

Burke, né à Dublin (1728-1797), entra à la Chambre des communes en 1765, y défendit avec éloquence la cause des Américains, celle des nonconformistes, etc. Il fut l'un des adversaires les plus décidés de la Révolution française et rompit à ce sujet avec son vieil ami Fox. Il a laissé des œuvres considérables.

Pitt. — Les deux William Pitt, le père et le fils, jouèrent un rôle important dans l'histoire de l'Angleterre au XVIIIe siècle. Le père, qui devint lord Chatham (1708-1778), était le 2e fils d'un simple écuyer. Il arriva au pouvoir lors de la guerre de Sept ans, et son énergie indomptable fit perdre à la France ses plus belles colonies : l'Inde et le Canada. — Son fils (1759-1806) présidale ministère qui gouverna l'Angleterre, pendant les 17 dernières années du XVIIIe siècle, et fut l'adversaire irréconciliable de la révolution française. Il mourut accablé de soucis, alors que Napoléon paraissait invincible.

Fox, né à Londres (1749-1806), 3e fils de lord Holland, entra au ministère dès 1772, mais fit le plus souvent partie de l'opposition. 11 plaida la cause des Américains, en sacrifiant l'amitié de Burke, se déclara, contrairement a Pitt, pour les principes de la révolution française. Après la mort de son rival, il revint au pouvoir et entama des négociations avec Napoléon, mais mourut peu après.

(Indes.)

Clive. — Lord Robert Clive (1725-1774) servit aux Indes et, après la disgrâce de Dupleix (v. ce nom), réalisa au profit des Anglais les plans de domination que le gouverneur français avait si bien conçus. 11 vainquit le nabab du Bengale à Plassey (1757), conquit la plus grande partie du pays, fut nommé pair d'Irlande et baron Plassey (1761). Il retourna aux Indes avec des pouvoirs illimités ; mais se fit des ennemis, fut accusé de concussion et se tua.

Haïder-Ali, sultan des Indes, né dans le royaume de Mysore (1718-1782), supplanta le radjah de Mysore, dont il était ministre (1761), étendit ses Etats avec l'appui des Français et fut l'adversaire constant de l'Angleterre. — Son fils Tippoo-Sa/b, né en 1749, qui lui succéda (1782- 1799), fut instruit par des officiers français, continua la lutte contre les Anglais et périt en combattant sur les ruines de Seringapatam.

(Canada.)

Brant ou Thayendanegea, chef indien, né sur les bords de l'Ohio (1742-1807), fut l'allié fidèle des Anglais pendant la guerre de l'indépendance (1776-1779). De vastes territoires lui furent accordés dans le Haut-Canada, où il se fixa avec sa tribu (les Agniers). Instruit, il traduisit en iroquois une partie du Nouveau Testament.

(Danemark et Norvège.)

Christian VI, né en 1699, succéda à son père Frédéric IV (1730-1746) et régna paisiblement. Il protégea les lettres, l'industrie, le commerce. — Son fils, Frédéric V, né en 1722, régna de 1746 à 1766; il subit l'influence de la France.

Christian VU, fils de Frédéric V, né en 1749, succéda à son père (1766-1808) ; il épousa la sœur de George III, Caroline-Mathilde. Son ministre Struensèe, disciple des philosophes français, tenta des réformes qui lui attirèrent des inimitiés. 11 fut accusé de divers crimes et décapité (1772). Le roi divorça, à la suite de ces scandales, et fut frappé d'une sorte d'aliénation mentale. Son fils (Frédéric VI) fut alors régent. Le servage des paysans fut aboli en 1788, puis la traite. L'alliance avec Napoléon amena les hostilités avec l'Angleterre. Copenhague fut attaquée en 1802 et bombardée odieusement, en août 1807.

(Suède.)

Ulrique-Eléonore de Suède, fille de Charles XI et d'Ulrique-Eléonore de Danemark, née à Stockholm (1688-1741), épousa, en 1715, le prince Frédéric de Hesse-Cassel et succéda, en 1719, à son frère Charles XII, roi de Suède. Elle céda le trône à son mari et vécut retirée des affaires.

Frédéric 1 fut proclamé roi de Suède par les Etats (1721)) ; il signa la paix avec la Russie (1721). Une nouvelle guerre avec la Russie fut terminée par le traité d'Abo (1743). Il mourut en 1751. Sous ce règne commença la rivalité du parti russe et du parti français (les bonnets et les chapeaux). — Son fils, Adolphe-Frédéric, né en 1710, d'abord évêque de Lubeck, lui succéda sur le trône de Suède (1751-1771) et lutta vainement contre les grands.

Gustave III, né en 1746, succéda à son frère Adolphe-Frédéric (1771-1792). Il avait visité la France, en 1770. Devenu roi, il s'affranchit du pouvoir des grands, par un coup d'Etat (1772), et tenta beaucoup de réformes, fit quelque temps la guerre à Catherine II (178X), puis aux Danois. A la diète de 1789, il s'empara du pouvoir absolu. Il songeait à se mettre à la tête d'une grande coalition contre la Révolution française, quand il fut blessé mortellement d'un coup de pistolet par Ankarstroem, dans un bal rnasqué donné à l'opéra de Stockholm.

Gustave IV, fils de Gustave III, né en 1778, succéda à son père (1792-1837) sous la régence de son oncle, le duc de Sudermanie. Devenu majeur, il mécontenta la plupart des souverains de l'Europe, entra dans la 3e coalition contre la France et perdit une partie de ses Etats (Poméranie, Stralsund, l'ile de Rugen). Après Tilsitt, le esar Alexandre lui enleva la Finlande (1808). Une conspiration se forma contre lui ; il fut arrêté et dut abdiquer (1809). Il mourut à Saint-Gall. Bernadotte lui succéda.

(Lorraine.)

Léopold, duc de Lorraine, fils de Charles IV,

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