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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

(1738-1743), qui donnèrent une grande valeur à cette édition. Elle est connue sous le nom de Bible de Vence.

Calmet (1672-1757). — Dom Augustin Calmet, bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, fut prieur de plusieurs abbayes de Lorraine. On lui doit : une Bible en latin et en français avec un Commentaire littéral et critique (Paris, 1707- 1716, 23 vol. in-4) ; Dictionnaire historique et critique de la Bible (1722-1728, 2 vol. in-folio) ; Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament ; Histoire universelle sacrée et profane, etc., etc.

Dumarsais. né à Marseille (1676-1756) fut avocat, maître de pension et mourut dans la misère. On lui doit : Principes de grammaire (1769), où il traite de la grammaire en philosophe ; une Méthode raisonnée pour apprendre la langue latine (1722) ; Traité des tropes (1738), son meilleur ouvrage. 11 écrivit une Exposition de l'Eglise gallicane.

Girard (l'abbé), grammairien, né à Clermont (vers 1677-1748), fut secrétaire général du roi pour les langues esclavonne et russe ; il entra à l'Académie en 1744. Son oeuvre capitale, souvent réimprimée, avec des additions (par Beauzée. Roubaud, Guizot,etc), sous le titre de Synonymes français, parut en 1718, avec ce titre explicatif: la Justesse de la langue française, ou les différentes significations des motsqui passent pour synonymes. On doit encore à l'abbé Girard : V Orthographe française sans équivoque (1716) ; Vrais principes de la langue française (1747).

Gaubil. — Ce savant jésuite, né à Gaillac 1689-1759), fut envoyé en Chine (1723), apprit le chinois et le mandchou et fut, pendant 30 ans, interprète à la cour de Pékin. Il fut même nommé directeur général des collèges impériaux. Il a laissé: Histoire de Gengis-Khan, etc. (1739) ; une traduction du Chou-King ; un Traité de la chronologie chinoise, etc.

Lacurne de Sainte -Palaye, érudit, natif d'Auxerre (1697-1781), entra à l'Académie des inscriptions, en 1724, et à l'Académie française, en 1758. Ses travaux portèrent surtout sur nos vieux romanciers; il a laissé 100 vol. in-folio de manuscrits. On a publié son Dictionnaire historique de l'ancien langage français ou Glossaire delà langue française depuis son origine jusqu'au siècle de Louis XIV (Niort, 1875-1882, 10 vol. in-4). Cette compilation avait servi beaucoup à Littré pour la composition de son Dictionnaire.

De Brosses, né ;ï Dijon (1709-1777) et premier président au parlement de Bourgogne, se distingua dans les lettres et par ses travaux d'érudition. Son ouvrage le plus connu est le Traité de fa formation mécanique des langues (1765). Il entra à l'Acad. des inscriptions ; mais Voltaire l'empêcha d'entrer à l'Acad. française.

Lhomond (l'abbé), né à Chaulnes (1727-1794), professeur de l'université de Paris, fut quelque temps principal du collège d'Inville, à Paris, mais finit par se consacrer à l'instruction des enfants au collège du Cardinal Lemoine, ne voulant enseigner que la sixième. Ses ouvrages élémentaires sont restés longtemps classiques : Eléments de la grammaire latine, dits le Rudiment (1779); Eléments de la grammaire française (1780) ; Epitome historiœ sucre,' ; De viris illustribus urbis Rom a' (1784). Emprisonné en 1793 pour avoir refusé le serment, il fut sauvé par Tallien, son ancien élève.

Anquetil-Duperron, savant orientaliste, né à Paris (1731-1805), apprit l'hébreu, l'arabe, le persan et alla étudier dans les Indes mêmes le sanscrit, le zend et le pehlvi. Il en rapporta 180 manuscrits en ces diverses langues. Nommé en 1763

interprète pour les langues orientales, il donna sa démission pour vivre plus indépendant et s'adonner librement à ses travaux. Il publia : une traduction du Zend-Avesta, précédée d'un Voyage aux Grandes- Indes (1771), etc. Son frère, l'historien Anquetil, a écrit une Notice sur la vie.

Volney, né à Craon, dans l'Anjou (1757-1820), étudia d'abord la médecine, puis s'adonna aux travaux d'érudition. Après avoir voyagé en Orient, il publia leVoyage en Egypte et en Syrie (1787), qui eut un grand succès. En 1791, il publia les Ruines, ou méditations sur les révolutions des empires ; en 1793, il fit paraître un Catéchisme du citoyen français, qui répondait trop bien à l'irréligion de cette époque. Ses travaux portèrent surtout sur les langues. Il fonda un prix annuel de 1,200 francs pour le meilleur travail sur les langues orientales.

Facciolati, savant italien, né près de Padoue (1682-1769), professa d'abord la théologie et la philosophie et publia même une logique. Mais il est connu surtout pour avoir donné, avec son élève Forcellini, une nouvelle édition du Dictionnaire latin de Calepin (1718). Ils entreprirent, l'année suivante, un grand Lexicon latin, accompagné d'exemples classiques. Facciolati donna aussi des éditions annotées de quelques traités de Cicéron ; il écrivit une Histoire de l'université de Padoue, etc.

(Ecrivains, polygraphes, etcj

Fontenelle, né à Rouen (1657-1757), était neveu de Corneille par sa mère. Il se destina d'abord au barreau, puis entra dans la carrière des lettres, où il éprouva plus d'un insuccès. Ses Dialogues des morts (1683) commencèrent sa réputation : on y remarquait des pensées fines et justes, mais gâtées par l'afféterie et mêlées à des paradoxes prétentieux. Ces défauts de jeunesse disparurent plus tard. Dans les Entretiens sur la pluralité des mondes (1680), il exposa avec clarté les découvertes de Galilée et la théorie cartésienne des tourbillons. Son Histoire des oracles, imitée du savant hollandais Van Dale, dont il vulgarisa le travail, faillit lui attirer des polémiques et autres désagréments. Dans ses Doutes sur le système physique des causes occasionnelles, il critiqua le système de Malebranche, qu'il appelait cependant le plus grand génie de son siècle. Mais son oeuvre capitale devait être les Eloges des académiciens. Appelé comme secrétaire de l'Académie des sciences à écrire l'histoire de cette compagnie, il s'acquitta avec plein succès de cette charge difficile, qui l'obligea à déployer les ressources d'un esprit encyclopédique et d'un style constamment digne de sujets élevés et divers. Fontenelle garda toujours une belle place dans le monde des lettres ; et, grâce à une longévité exceptionnelle, que rehaussait un esprit sans défaillance, il fut l'un des liens vivants qui unirent les deux siècles où il vécut.

Rollin, né à Paris (1601-1741), fils d'un pauvre coutelier, entra dans l'enseignement et devint professeur d'éloquence au Collège de France en 1688, recteur de l'Université en 1094, puis principal du collège de Beauvais. Ayant écrit en faveur des jansénistes, il fut destitué, en 1715. Avec le Traité des études, qui est son ouvrage principal, il faut citer : l'Histoire ancienne ; l'Histoire romaine, continuée par Crevier, son élève, jusqu'à la bataille d'Aotium ; un abrégé des Institutions oratoires de Quintilien.

Vauvenargues (1715-1747). — Malgré une mort prématurée, Vauvenargues a conquis une place à côté des Pascal, des La Rochefoucauld et des La Bruyère. Né à Aix, il entra à 17 ans dans la carrière militaire, qu'il dut abandonner par suite de fatigues excessives endurées pendant la campagne de Prague. Sa santé ruinée l'obligea aussi à

HISTOIRE : XVIIIe SIÈCLE

renoncer à la carrière diplomatique. Défiguré par le petite vérole, condamné à une sorte de lente agonie, il se créa un monde intérieur, où il dépensa cette activité que la nature lui refusait de porter au dehors. C'est en 1746 qu'il publia son Introduction à la connaissance de l'esprit humain, suivie de Réflexion* et de Maximes. (V. M. Paléologue, Vauvenargues.)

Marivaux, néà Paris (1688-1763), débuta, sous les auspices de Fontenelle, dans la poésie burlesque pour la scène. 11 donna ensuite au Théâtre-Italien et au Théâtre-Français un grand nombre de comédies. Il écrivit aussi plusieurs romans. Marivaux analyse avec une extrême délicatesse les nuances des moindres sentiments; mais il pêche par la complication et la subtilité ; ce qui a fait donner le nom de marivaudage à cette sorte de raffinement littéraire. 11 fut reçu à l'Académie, en 1743, contre Voltaire. Montesquieu naquit au château de la Brède, près Bordeaux (1089-1755) fut conseiller (1714), puis président à mortier au parlement de Guyenne, vendit sa charge, où il avait réussi médiocrement, pour se consacrer exclusivement aux lettres. 11 entra â l'Académie en 1728 et voyagea ensuite en Autriche, en Hongrie, en Italie, en Suisse, en Aile magne et en Angleterre, visitant les esprits les plus distingués de son temps ci recueillant de précieuses observations. Ses ouvrages les plus remarquables sont : les Lettres persanes (1721), écrites d'abord sous le voile de l'anonyme, qui eurent un immense succès ; les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains (1734) et l'Esprit des lois (1748), avec la Défense qui le suivit. Signalons aussi un Essai sur le goût, qu'il fit pour V Encyclopédie, à la sollicitation de d'Alembert.

Dans les Lettres persanes, supposées écrites par un Persan, de voyage en France, Montesquieu prit place parmi les critiques les plus indépendants, mais aussi les plus frondeurs et les plus téméraires. Les Considérations sont une sorte de traité de haute politique, Montesquieu s'y montre l'émule de Machiavel ; mais il lui est bien supérieur par la hauteur de vues et le sens moral. 11 y étudie en moraliste, en historien et en philosophe, le causes morales de la grandeur et de la décadence du plus grand empire que la terre ait porté. Enfin, dans YEsprit des loin, fruit de vingt années d'études persévérantes et de patientes observations, Montesquieu donne toute la mesure de son génie politique et élève, malgré certaines erreurs, un des plus beaux monuments de la philosophie du droit. C'est au cours de cet ouvrage que Montesquieu propose la fameuse théorie, si souvent discutée depuis, de l'équilibre des trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Elleestjuste, pourvu que l'unité radicale du pouvoir soit sauvegardée. Montesquieu était lié d'amitié avec Helvétius: mais il évitait d'ailleurs l'intimité avec le parti philosophique. Il avait pour Voltaire une véritable antipathie : « Voltaire, dit-il dans ses Pensées diverses, n'écrira jamais une bonne histoire. 11 est comme les moines, qui n'écrivent pas pour le sujet qu'ils traitent, mais pour la gloire de leur couvent. Voltaire écrit pour son couvent ». A part l'épigramme, on ne peut que souscrire à ce jugement.

Voltaire. — A la tète des beaux esprits du XVIIIe siècle, se place Arouet de Voltaire, né à Paris (1694-1778), d'une famille originaire du Poitou. Il fit ses études au collège Louis-le-Grand et se distingua bientôt par ses œuvres dramatiques et littéraires. Malheureusement ses mœurs étaient aussi licencieuses que son esprit était orné. Il fut plusieurs fois mis à la Bastille, obtint de passer en Angleterre, où il se lia avec les philosophes et les libres penseurs anglais, dont il propagea ensuite les idées sur le continent. Il revint en France, en 172'.),

écrivit de nouvelles tragédies, son Histoire de Charles XII et ses Lettres sur les Anglais ou Lettres philosophiques, qui fuient condamnées à être brûlées (1734). Voltaire se réfugia alors auprès de Mme du Châtelet (1706-1749), à Cirey, sur les confins de la Lorraine. Ici se placent ses deux voyages à Berlin, le second en qualité de diplomate (1743), auprès de Frédéric II, avec lequel il entretenait une correspondance. Il obtint ensuite la protection de Mme de Pompadour, fut nommé historiographe de France et gentilhomme de la chambre, entra à l'Académie en 1740. A la mort de Mnie du Châtelet, il revint à Paris, y fut accueilli avec froideur, se décida alors pour Berlin, où il fut d'abord bien reçu et pourvu d'une rente de 20 mille livres, etc. Mais il eut des démêlés avec Maupertuis, perdit les bonnes grâces du roi, quitta Berlin (1753), fut arrêté à Francfort et maltraité; il se retira alors â Ferney, sur les confins de la France et de la Suisse.

Cependant ses œuvres se multipliaient et passaient dans toutes les mains ; il devenait l'un des coryphées de Y Encyclopédie, cette « Somme laïque » du XVIIIe siècle, et méritait par ses attaques toujours plus ouvertes contre le catholicisme le triste surnom de patriarche de l'incrédulité. C'est de lui qu'est ce inot satanique : « Ecrasons l'infâme ». Homme de secte et de coterie, il dénigrait les bons et aussi les méchants qui n'étaient pas de son parti ; il accabla J.-J. Rousseau. L'histoire lui reprochera éternellement d'avoir insulté àla Pucelle d'Orléans et au plus pur patriotisme. Ses partisans disent, à sa décharge, qu'il contribua â la réhabilitation de Calas, qu'il applaudit aux réformes de Turgot, etc. Mais aujourd'hui que les parts du mal et du bien dans sa vie ont été mieux faites, il tombe sous le mépris général. Il rentra à Paris en février 1778, fut accueilli avec un enthousiasme délirant par une société qu'il avait plus que personne contribué â corrompre et fit, le 30 mai, la plus triste des morts. On lui attribue cette parole : « Je meurs abandonné de Dieu et des hommes ». Son neveu, l'abbé Mignot, fit transporter ses restes à l'abbaye de Scellières ; l'Assemblée nationale les fit rapporter â Paris et porter solennellement au Panthéon le 11 juillet 1791. (V. Nourrisson, Voltaire et le voltairianisme 1890; du même : la Bibliothèque de Voltaire).

Prévost (l'abbé), né à Hesdin, dans l'Artois (1097-1703), fit preuve d'une grande inconstance, quittant la vie religieuse pour la vie du monde ou même la vie militaire. Il habita Londres et y vécut aux gages des libraires. Il revint ensuite en France, reprit l'habit ecclésiastique (1734) et le prince de Contj le nomma son aumônier. Ses Œuvres complètes ne forment pas moins de 170 volumes; mais on ne cite plus que Manon Lescaut, ouvrage peu moral, où la passion n'est que trop bien dépeinte. (V. Harrisse, L'abbé Prévost, histoire de sa vie et de ses œuvres, 1896).

Geoffrin (Mme), née à Paris (1099-1777) épousa très jeune un riche bourgeois et se créa un salon, oii elle réunissait les encyclopédistes, les écrivains, les savants et les artistes les plus célèbres, dont plusieurs étaient ses pensionnés. Les souverains eux-mêmes la comblèrent do marques de distinction. (V. Pierre de Ségur, Le royaume de la rue Saint-Honorè, Mme Geoffrin et sa fille, 1897). J.-J. Rousseau (1712-1778) est peut-être l'écrivain qui a exercé le plus d'influence sur son siècle. A la différence de Voltaire, son rival, ses moyens d'action ne furent pas l'esprit et l'ironie, mais la passion et l'enthousiasme. Sa vie explique déjà à elle seule les contradictions et l'exubérance de ses idées, les mœurs de la société où il vécut et l'action dissolvante qu'il y exerça.

Il naquit à Genève d'une famille française émi-

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