PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ponses, qui étaient d'une sagesse toute surnaturelle, avec les miracles qui les accompagnaient souvent, montraient bien que l'Esprit de Dieu était avec lui. Sa vie est une des grandes merveilles qu'on puisse opposer à l'incrédulité du siècle. La cause du Vénérable curé d'Ars a été introduite en 1872. On a publié ses Sermons (V. abbé Monnin, Vie de J.-B. Vianney, curé d'Ars).
Ghampagnat (le Vén. P.). — Né au Rosey (1789-1840), paroisse de Marines (Loire), Marcellin- Joseph-Benoit Champagnat étudia la théologie au grand séminaire de Lyon, où il se lia avec le P. Colin et les autres fondateurs de la Société de Marie (Pères Maristes). Mais ses confrères lui laissèrent le soin de créer la Société des Petits Frères de Marie, qui fut l'œuvre principale de sa sainte vie. Nommé vicaire à La Valla, il renouvela cette paroisse par son zèle non moins soutenu qu'ardent et ne tarda pas à réunir les premiers Frères de l'Institut, qui, depuis lors, a merveilleusement prospéré et compte des maisons nombreuses dans toutes les jjarties du monde. — La cause de sa béatification a été introduite en 1896. Sa Vie a été écrite par « un de ses premiers disciples » (1896, nouv. éd.) V. Panégyriques, allocutions et discours prononcés à l'occasion de l'introduction de la cause (1897).
Lamennais (Jean-Marie-Robert de). — Frère aîné du fameux Lamennais, qui attrista l'Eglise par sa révolte, J.-M. de Lamennais naquit à Saint- Malo (1780-1860) et, plus heureux que son frère, fit de bonne heure une excellente première communion, de la main même de Mgr de Pressigny, qui le prépara et le confirma, à la veille de partir pour l'exil. Attiré déjà vers le sacerdoce, il ne cessa de s'en rendre digne pendant les mauvais jours de la Révolution, étudia à Saint-Sulpice, où il se lia avec l'abbé Emery et l'abbé de Quélen, fut ordonné prêtre en 1804 et s'appliqua à toutes les œuvres de zèle : ministère, enseignement et apologétique. Appelé fraternellement auprès de l'évêque de Saint- Brieuc comme vicaire général, il fonda l'Institut des Frères de l'instruction chrétienne de Ploermel et la congrégation des Filles de la Providence de Saint-Brieuc. Ses dernières années furent désolées par la défection persistante et la mort de son frère (v. les Contemporains).
D' Alzon (Emmanuel-Joseph-Miirie-Maurice), né au Vigan (1810-80), ordonné prêtre à Rome (1834), a été le fondateur et le premier supérieur général des Augustins de l'Assomption (1850), institut qui s'est merveilleusement développé et a rendu déjà de grands services à l'Eglise (presse, pèlerinages, missions, etc.). Le jeune d'Alzon étudia à Paris, au collège Stanislas, suivit les cours de droit et ceux de la Sorbonne, fréquenta la Société des Bonnes Etudes, qui réunissait l'élite de la jeunesse chrétienne : les Montalembert, les de Coux, les Cornudet, les du Lac, pendant que les Combalot, les Gerbet, les Salinis, les Dupanloup y faisaient entendre leur grande parole. A la révolution de juillet 1830, il songea à s'attacher à l'école de Lamennais, avec lequel il ne cessa d'entretenir des rapports, qui changèrent toutefois de caractère ; mais il en fut empêché par son père. D'Alzon entra brusquement, en s'arrachant à sa famille, au séminaire de Montpellier (1831), puis alla terminer ses études à Rome et fut nommé vicaire général de Nîmes (1835). Il garda cette place sous 4 évêques, pendant 45 ans, et ne cessa de mettre au service de l'Eglise ses brillantes qualités et son cœur d'apôtre. Au plus fort de la lutte pour la liberté de l'enseignement, il fonda à Nîmes le collège de l'Assomption (1843). Ce fut le berceau du nouvel Institut des Augustins de l'Assomption (1850), qui fut approuvé en 1864. La Congrégation des Dames Augustines de l'Assomption lui doit aussi
son existence, ainsi que les Oblates de l Assomption, les Petites Sœurs de l'Assomption (pour le soin des malades pauvres à domicile), l'œuvre des Alumnats, etc. Le P. d'Alzon fut l'ami de Pie IX et l'un des pèlerins qu'attirait le plus souvent la Ville éternelle. Nul ne fut soumis plus filialement aux directions de Léon XIII. Ses dernières années furent attristées et sanctifiées encore par la persécution qui sévissait de nouveau contre les congrégations et les maisons d'enseignement religieuses (V. Mgr Basson, dans les Coirtemporains).
Libermann. — Le P. François-Marie-Paul Libermann, né en Alsace (1803-1852), était fils du rabbin deSaverne.il se convertit à la foi catholique, entra au séminaire Saint-Sulpice, fut ordonné prêtre par l'évêque d'Amiens (1841) et fonda la Congrégation des missionnaires du Très-Saint-Cœur de Marie, qui s'unit en 1848 à celle du Saint-Esprit. Pie IX l'a déclaré Vénérable en 1869. La Congrégation du Saint-Esprit et du Très-Saint-Cœur de Marie a envoyé beaucoup de missionnaires en Afrique.
Chevrier (le Père). — Antoine Chevrier, né à Lyon (1826-79), exerça d'abord le ministère paroissial avec un zèle, une charité qui faisait qu'il se réduisait lui-même à une extrême pauvreté. Encouragé par le curé d'Ars, qui le connut et l'apprécia, il fonda diverses œuvres, qui ont été continuées après sa mort par ses disciples et collaborateurs : œuvre des premières communions pour les enfants abandonnés ; œuvre sacerdotale, etc. (V. Villefranche, Vie du P. Chevrier, fondateur de la Providence du Prado, à Lyon, 1894. L'abbé Chambost avait déjà écrit une monographie, mais moins étendue).
Jugan (Jeanne), en religion Sœur Marie de la Croix, née à Cancale, au village des Petites-Croix (1793-1879), aida l'abbé Le Pailleur, alors jeune vicaire à Saint-Servan (1838), à fonder la Congrégation des Petites-Sœurs des Pauvres, dont il existe aujourd'hui plusieurs centaines de maisons dans les différentes parties du monde (V. Jeanne Jugan et les Petites-Sœurs des Pauvres, par l'auteur d'une Femme apôtre ; Mme Abel Ram, les Petites-Sœurs des Pauvres, 1895).
Jaricot (Pauline-Marie), née à Lyon (1799-1862), d'une famille de petits commerçants, fut bénie, lorsqu'elle était bien jeune encore, par Pie VII de passage à Lyon. Après quelques années données aux légères vanités si naturelles au jeune âge, Pauline embrassa une vie mortifiée et pieuse (1816) et exerça un véritable apostolat parmi les ouvrières et filles domestiques. Elle créa l'œuvre des Réparatrices du Cœur de J.-C. inconnu et méprisé. Elle n'avait pas 20 ans lorsqu'elle écrivit : l'Amour infini de la Sainte Eucharistie. Mais ce qui l'a rendue célèbre et lui a mérité tant de reconnaissance, c'est la fondation de YŒuvre de la Propagation de la foi. L'idée lui en fut inspirée en 1819. En oct. 1820, elle avait déjà plus de 500 associés donnant chacun leur sou par semaine. Le Rosaire vivant pour la conversion des pécheurs fut fondé en 1826 (v. Mlle Maurin, Pauline-Marie Jaricot. La vie, les œuvres et les souffrances de la pieuse fondatrice de l'association pour la Propagation de la foi et du Rosaire vivant, 1892, nouv. éd. 1899).
Barat (M1111'). — Sophie Barat, née à Joigny (1779-1865), en Bourgogne, d'une humble famille, fonda la Congrégation des Dames du Sacré- Cœur, vouée à l'éducation des jeunes filles. Elle fut aidée beaucoup dans son œuvre par son frère, l'abbé Barat, à qui elle dut sa formation. La première maison fut fondée à Amiens (1801); d'autres furent bientôt fondées à Grenoble, Poitiers, Niort, etc. (1805-1816). L'une de ses principales collaboratrices fut Mme Duchesne. — L'Histoire de Mmc Barat a été écrite par Mgr Baunard.
HISTOIRE : XIXe SIÈCLE
Bernadette, née à Lourdes (1844-1879), était l'aînée de 9 enfants dont 5 moururent en bas âge. Son père François Soubirous était le fermier d'un petit moulin. Elle reçut au baptême le nom de Marie- Bernard, d'où le nom familier de Bernadette, sous lequel on la désignait. Elle avait 14 ans, lorsque la sainte Vierge la favorisa de ses apparitions, choisissant ainsi une enfant ignorante, mais humble et pure, pour en faire l'instrument de ses merveilles. La lre apparition à la Grotte eut lieu le 11 février 1858, 4 ans après la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. Cette date est importante dans l'histoire religieuse du XIXe siècle. Après bien des contradictions, la vérité fut enfin établie et les pèlerinages commencèrent. Bernadette avait 22 ans, lorsqu'elle demanda à Mgr Forcade, évoque de Nevers, de passage à Lourdes, d'entrer chez les Sœurs de Nevers. Elle y mourut à 35 ans, après y avoir pratiqué de grandes vertus (v. les ouvrages de M. Lassene).
Dupont, dit le Suint homme de Tours, né à La Martinique (1797-1876), d'une race de gentilshommes bretons, montra d'abord de l'indifférence religieuse. Mais, rentré en lui-même, il s'adonna aux pratiques de la charité, vendant son cheval et sa voiture, etc., pour augmenter ses aumônes. A Tours, il raviva la dévotion à saint Martin ; il amena les Petites Sœurs des Pauvres ; il établit l'adoration nocturne ; il propagea la dévotion à la Sainte Face. Ce fut chez lui que le général Charette reçut le drapeau du Sacré-Cœur qui devait se couvrir de gloire à Patay. M. Dupont mourut en odeur de sainteté (v. les Contemporains).
Marceau (le commandant). — Auguste-François Marceau, né à Chateaudun (1806-1851), où son père était sous-préfet, ne fut pas élevé dans les sentiments de la piété et fit ses études dans un collège irréligieux. Il adhéra au saint-simonisme et servit comme officier de marine. Mais, converti par N.-D. des Victoires, il exerça un véritable apostolat dans sa famille et parmi ses marins. Il renonça aux grades supérieurs qui l'attendaient et démissionna pour prendre le commandement d'un navire (VArche-d' Allia ace), qui devait être au service des missions (1845). Il rentra à Brest après 44 mois de navigation et de grands services rendus aux missions de l'Océanie. Cette entreprise généreuse a succombé avec lui, mais elle promet de revivre, seinblet-il, depuis que les Pères Augustins de l'Assomption ont consacré la nef de Notre-Dame du Salut à l'œuvre des pèlerinages de Terre Sainte, etc., et que d'autres navires sont affectés à un service religieux et charitable en faveur des pêcheurs de Terre- Neuve. Marceau mourut à Tours, assisté par son ami intime, M. Dupont (v. Laur, Un liomme de caractère, le commandant Marceau, 1898).
Baudon. — Auguste-Charles-Louis Baudon de Mony, président général de la société de Saint- Vincent-de-Paul, né à Toulouse (1819-1888), se montra toujours fidèle à la haute mission qu'il eut à remplir pendant près d'un demi-siècle, à la tête des Conférences. 11 a laissé des ouvrages dignes d'un grand chrétien et d'un grand citoyen : Des devoirs de la grande propriété (1855); De la suppression des tours... (1847) ; Lettre aux membre* de* Conférences... (1862); Lectures et Réflexions pieuse* pour le mois de Marie, etc.
Don Bosco. — Ce prêtre piémontais (1815- 1888), l'une des gloires de l'Eglise au XIXe siècle, est le fondateur d'un ordre de Salèsiens pour l'éducation des enfants du peuple, les vocations ecclésiastiques et les missions. Son institut s'est répandu beaucoup. Dans un voyage qu'il fit en France, Don Bosco fut accueilli partout comme un saint et jouit de la plus belle des popularités. Il est mort en odeur de sainteté (v. Villefranche, Vie de Don Bosco).
Cottolengo. — Joseph-Benoit Cottolengo, surnommé le Suint Vincent 'le Puni italien, naquit en Piémont (1786-1842), étudia la théologie au séminaire d'Asti, fut ordonné prêtre en 1811 et exerça le saint ministère, puis vint perfectionner ses études à Turin et fut reçu docteur en théologie (1810). En 1827 il créait à Turin, pour les malades et les pauvres, le Petit Asile et une foule d'autres œuvres, que Dieu bénit visiblement. L'autorité royale rendit honneur à ses œuvres et à sa sainteté, qui provoquèrent l'admiration universelle. Sa vie fut marquée par de nombreux miracles. Pie IX l'a déclaré Vénérable en 1877 (v. le P. Gastaldi, te Vcn. Cottolengo, trad. de l'italien, 1895, 2 vol.).
Kolping. — Né à Kerpen (1813-66), entre Cologne et Aix-la-Chapelle, d'une humble famille, Adolphe Kolping fut d'abord compagnon cordonnier et voyagea en cette qualité, tout en continuant à s'instruire pendant ses veilles. S'arrachant ensuite aux offres les plus désirables pour un homme de sa condition, il entra dans la carrière ecclésiastique, fit ses études théologiques et exerça le saint ministère. C'est à lui que l'Allemagne catholique doit ses plus belles œuvres ouvrières. Les Gesellenverein (associations de jeunes artisans) furent d'abord fondées à Elberfeld (184(3), puis à Cologne, et se répandirent rapidement dans toute l'Allemagne (v. les Contemporains).
Hecker (le Père). — Né aux Etats-Unis (1819- 1888) et au sein du protestantisme, de parents allemands émigrés, le Père Isaac Hecker fut tourmenté dès l'enfance par l'idée religieuse. Ame d'élite, aussi pure qu'ardente, il embrassa la foi catholique dès qu'il en connut la vérité et entra chez les Pères Rédemptoristes. N'ayant pu rester dans cette congrégation, il fonda, avec l'approbation de Rome, l'institut des Paulistes, qui a rendu et rend tous les jours de grands services à l'Eglise d'Amérique. La Vie du P. Hecker a été écrite par le P. Elliott et traduite naguère en français par l'abbé Klein. Cette édition française, avec l'introduction qui l'accompagnait a donné lieu à de vives controverses.
Seton (Elisabeth). — Elisabeth Bayley, qui épousa William-Magee Seton, naquit à New-York (1774-1821) de parents protestants. Restée veuve avec 4 enfants, elle fut amenée à embrasser la foi catholique (1805) et fut aidée, dans cet acte décisif, par M. Cheverus. Elle résista ensuite avec fermeté à toutes les vexations et fut soutenue par Mgr Carroll, de Baltimore, et par Mgr du Bourg, alors président du collège des Sulpiciens de Baltimore. Celui-ci l'invita à fonder un pensionnat dans cette dernière ville. Elisabeth Seton et ses compagnes formèrent bientôt une congrégation vouée à, l'éducation des enfants du peuple et qui fut affiliée à celle des Filles de la Charité. Cette œuvre n'a cessé de prospérer (v. les Contemporains).
(Etats : France, etc.)
Napoléon I Bonaparte, qui devint empereur des Français, né à Ajaccio le 15 août 1700, était le 2e fils de Charles-Marie Bonaparte et de Marie-Laetitia Ramolino. Elevé à l'école de Brienne, puis à l'Ecole militaire de Paris, il obtint à sa sortie (sept. 1785) le grade de lieutenant en second dans la compagnie des bombardiers du régiment de La Fère, alors en garnison à Valence. Il dut venir à Paris, en mai 1702, pour se justifier d'une accusation, et put assister ainsi à quelques-unes des principales journées de la révolution. Son génie se révéla au siège de Toulon, où il était chef île bataillon sous Dugommier : il enleva le fort de l'Eguillette (18 déc. 1793). Créé général de brigade et chargé du commandement de l'artillerie à l'armée d'Italie, il donna de sages conseils ; puis fut comme destitué et appelé à Paris. 11 mitrailla les insurgés au Kl vendémiaire; et la protection de Barras le fit nommer général de division. Peu après il épousait