PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Joséphine Tascher de la Pagerie, veuve du général de Beauharnais ( L796, mars). Alors commença l'épopée napoléonienne. Nommé général en chef de l'armée d'Italie, il tourne les Alpes, bat les Piéînontais plusieurs ibis (Voltri, Montenotte, Mondovi, etc.) et leur impose l'armistice de Cherasco (28 avril 1796); puis se tourne contre les Autrichiens et les bat à Lodi (10 mai 1796). 11 triomphe ensuite de l'armée nouvelle de Wurmser, à Casiiglione (5 août 1796) et à Bassano (S sept. 1796). Les Autrichiens reviennent, commandés par Alvinzi : ils remportent quelques avantages, mais sont vaincus au pont d'Arcole (15-17 nov.) et à Rivoli (14janv. 1707). L'archiduc Charles tente encore la Fortune ; mais il est battu au Tagliamenio, à Newmark. Les préliminaires de la paix sonl signés à Léoben (8 avril), et le traité de paix ;ï Campo- Formio (17 oct. 1707). Venise est sacrifiée.
Reçu à Paris avec enthousiasme, Napoléon fut envoyé en Egypte par le Directoire, qui méditait d'attaquer l'Angleterre dans les Indes. L'expédition fut préparée en secret, et,, le 10 mai 1798, Ronaparte quittait Toulon. Malte fut prise en passant. L'armée débarqua à Alexandrie; les Mamelouks furent vaincus en plusieurs rencontres, puis écrasés aux Pyramides (2'.\ juillet); le lendemain les Français entraient au Caire. Mais la Hotte française était détruite à Aboukir (1-2 août 1708). et il fallait noyer dans le sang une révolte du Caire. Vainement, l'année suivante, Bonaparte s'avance en Syrie, prend Gaza et Jattâ ; malgré les succès dj Nazareth et du Mont-Thabor, il dut lever le siège deSaint-Jean-d'Acreet rentrer au Caire, non sans rejeter dans la mer l'armée turque, qui débarquait sous la protection de la flotte anglaise. Bonaparte quitta alors l'Egypte, laissant aux ordres de Kléber les restes glorieux de son armée, et put traverser les croisières anglaises. Le 16 oct. 1700, il était à Paris; au coup d'Etat du 18 brumaire (9 nov ), le Directoire était renversé et remplacé par le gouvernement provisoire des 3 consuls : Sieyès, Roger- Ducos et Bonaparte. Le 14 déc. 1700, la constitution de l'an VIII, préparée par Sieyès, mais modifiée par Ronaparte, était proposée au peuple. Ronaparte était nommé premier consul pour dix ans avec des pouvoirs très étendus ; les deux autres consuls étaient Cambacérès et Lebrun.
Une ère de réformes et de réorganisation s'ouvrit alors pour la France, qui s'acheminait vers l'empire. L'année suivante, Bonaparte triomphait des Autrichiens à Montebello, grâce au général Lannes, et à Marengo (14 juin) ; un peu plus tard Moreau remportait en Allemagne la victoire de Hohenlinden (3 déc). Ces victoires amenèrent la paix de Lunéville (9 févr. 1801). L'Angleterre, toujours maîtresse de la mer, consentit aussi à faire la paix : elle fut signée à Amiens (25 mars 1802). Pendant ce temps, le Consul avait triomphé de divers complots (Machine infernale, etc.) et signé le Concordat; il créait l'ordre de la Légion d'honneur et préparait le Code civil. Rientôt la constitution de l'an X (4 août 1802) lui conféra le consulat à vie; deux ans après, il devenait empereur héréditaire des Français et se faisait sacrer à Notre-Dame par le pape Pie VII (2 déc. 1 si )4). Il s'entourait de tout l'appareil des cours, créait une aristocratie et de grands officiers de la couronne, etc.
Cependant l'Angleterre avait rompu la paix d'Amiens et fomenté des conspirations. Napoléon y répondit par l'exécution du duc d'Enghien et des préparatifs de descente en Angleterre. Mais l'armée qu'il avait réunie à Roulogne pour menacer l'Angleterre, dut bientôt marcher vers le Rhin contre une nouvelle coalition, formée par l'Autriche, la Suède et la Russie. La capitulation d'Ulm (20 oct. 1805), la prise de Vienne (15 nov.) et la victoire d'Austerlitz, remportée sur les Austro-
Russes (2 déc), amenèrent le traité de Presbourg (•^6 déc.) et la formation d'une confédération du Rhin, sous la protection de Napoléon, qui plaça son frère Joseph sur le trône de Naples, et son frère Louis sur le trône de Hollande. L'Angleterre, qui avait détruit la flotte française à Trafalgar (21 oct. 1805), suscita bientôt une 4'' coalition, à laquelle prirent part la Prusse et la Russie. Mais la Prusse fut vaincue à Auerstsedt et écrasée à léna (14 oct. 18110). Napoléon data de Berlin le décret de blocus continental, qui était destiné à ruiner l'Angleterre. Après les batailles sanglantes d'Eylau et de Friedland, la paix de Tilsitt l'ut signée avec Alexandre (1807).
Toujours insatiable, Napoléon profite des dissensions d'Espagne pour donner ce royaume à son frère Joseph ( 1808). Mais les Espagnols commencent une lutte héroïque, qui consume les forces de l'empire, déjà menacé par une 5e coalition. Napoléon en triomphe, encore, à Eckmuhl, à Ratisbonne, à Essling, à Wagram. La paix de Vienne dépouille l'Autriche. L'orgueil de Napoléon n'a plus de bornes. 11 fait enlever le pape Pie VII et l'enferme à Savone; après avoir divorcé avec Joséphine, il obtient la main de Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche (2 avril 1810), qui lui donne un fils (20 mars 1811), qualifié, dès sa naissance, de roi de Rome. Alexandre s'étant dégagé de l'alliance française, Napoléon entreprend la carnpagne de Russie. Parti de Paris avec 450.000 hommes, le 9 mai 1812, il traverse le Niémen, prend Vilna, atteint les Russes à Rorodino, près de la Moskova, leur livre une sanglante bataille (7 sept.), entre à Moscou; mais la ville est incendiée sous ses yeux par un ennemi qui se dérobe et ne sollicite point la paix. Après un mois d'attente, la retraite commence (19 oct.) ; elle se change bientôt en désastre par les rigueurs prématurées de l'hiver. Poursuivis par les Cosaques, les restes de la grande armée paraissent s'engloutir dans la Rérésina. Napoléon arrive presque seul à Paris le 18 déc. 1812. 11 improvise une nouvelle armée et se porte sur le Rhin. Vainqueur à Lutzen et à Rautzen (mai 1813), puis à Dresde (août), il est finalement accablé par le nombre ; les Saxons et les Wurtembergeois font défection à Leipzig et obligent les Français à une retraite précipitée, qui ressemble à une déroute. Alors commence l'admirable campagne de France (25 janv. 1814); toutes ces victoires n'empêchent pas la capitulation de Paris, fatigué de son maître (31 mars). Napoléon abdique à Fontainebleau (11 avril), pour aller régner dans l'île d'Elbe, pendant que Louis XV111 monte sur le trône de ses ancêtres. Mais le 1er mars 1815, Napoléon reparaît en France; et la France épuisée, mais fascinée encore par cet homme, tient de nouveau tête à toute l'Europe. Les Cent Jours se terminent au désastre de Waterloo. Au lieu de fuir en Amérique, Napoléon se livre aux Anglais, comptant sur leur générosité. Les Anglais implacables l'exilent à Sainte-Hélène, où l'accompagnent quelques amis : les généraux Bertrand, Gourgaud, Montholon, le comte de Las-Cases, O'Meara. Il meurt chrétiennement, le 5 mai 1821, après avoir dicté des fragments de ses mémoires. (V. les travaux de Taine, Thiers, etc.; Sepet, Napoléon, son caractère, son génie, son rôle historique 1804, résumé).
Napoléon II, duc de Reichstadt,û\s de Napoléon 1 et de Marie-Louise, né à Paris (20 mars 18) 1-183'i), reçut en naissant le titre de roi de Rome, Après l'abdication de son père, à Fontainebleau, il fut conduit avec sa mère au château de Schœnbrunn, près de Vienne, où il mourut de phtisie. Son aïeul lui accorda le titre de duc et le rang de prince autrichien. (V. Welschinger, le Roi île Rome).
HISTOIRE : XIX1 SIÈCLE
Murât, qui devint roi de Naples, était fils d'un aubergiste. 11 naquit à la Bastide, dans le Lot (1767-181Ô), accompagna Napoléon en Italie et en Egypte. Au 18 brumaire, il commandait les 68 grenadiers qui chassèrent le Conseil des Cinq- Cents. Bonaparte lui donna le commandement de la garde consulaire et lui accorda la main de sa sœur Caroline ( 1800). Après Marengo, il fut gouverneur de la République Cisalpine, puis gouverneur de Paris (1804). A l'Empire, il fut maréchal et prince. 11 se distingua à Austerlitz, fut nommé grand-duc de Berg (1806), s'illustra à Eylau. Envoyé en Espagne, il prépara l'abdication de Charles IV et i'ut nommé lui-même roi de Naples (Ie"1 août 1808). 11 régna avec habileté et voulait que Napoléon retirât les troupes françaises (1811). 11 l'accompagna néanmoins dans la campagne de "Russie et y commanda la cavalerie, se distingua à la Moskowa et dirigea la retraite, après le départ de Napoléon. Mais il s'empressa de retourner dans «on royaume, après les journées de Leipzig (1813), et négocia avec l'Angleterre (1814), consentit à fournir un contingent contre la France et marcha même contre le prince Eugène de Beauharnais. Aux Cent-Jours, il se déclara de nouveau pour Napoléon, mais fut battu par les Autrichiens à Tolentino (2 mai 1815) et remplacé par Ferdinand IV Réfugié en France, puis en Corse, il tenta avec quelques partisans de reconquérir son royaume, l'ut jeté par la tempête et presque seul sur la plage de Pizzo, en Calabre. Traduit devant une commission militaire, il fut condamné et fusillé le 13 oct. (V. de Sassenay, Les derniers mois de Murât. Le guet-apens du Pizzo 1896).
Drouot, né à Nancy (1774-1847), entra à l'école d'artillerie de Chàlons (1793), prit partà la bataille de Fleurus et à l'expédition de Naples, dirigea les manufactures d'armes de Maubeuge et de Charleville, fut chargé de la direction des parcs d'artillerie de l'armée d'Espagne (1808). Il s'illustra àWagram, fut nommé colonel et baron de l'empire ( 1810). 11 fut admirable d'entrain et de dévouement pendant la campagne de Russie. On raconte que, pendant la retraite, quel que fût le froid, il se faisait la barbe chaque matin devant ses soldats. Général de brigade et aide de camp de l'empereur, il se distingua à Lutzen, à Bautzen, etc.; fut chargé à Paris d'organiser une nouvelle garde, suivit Napoléon dans la campagne de France et à l'île d'Elbe. 11 prit une grande part a la bataille de Waterloo. Après le désastre, il resta fidèle à Napoléon, conduisit sur la Loire les débris de la garde et fut compris clans la liste de proscription du 24juillet 1815. 11 se constitua prisonnier et fut acquitté. Après 1830, il eut le commandement de la 3e division militaire, à Metz; mais, frappé de cécité, il quitta le service et mourut en laissant la réputation d'un homme de caractère et d'un grand chrétien. On l'avait surnommé le Sage de la Grande Armée. Son panégyrique aété prononcé par le P. Lacordaire.
Fouché, né à La Martinière, près de Paimbœuf (1763-1820), était oratorien lorsque éclata la Révolution. Député à la Convention, il se lia avec Condorcet. On l'envoya dans la Nièvre, pour y faire exécuter la loi des suspects, puis à Lyon, avec Collot d'Herbois (1793), pour détruire cette ville. Il contribua aux massacres qui firent périr, en 4 mois, 2,000 victimes. Il prit part néanmoins à la chute de Robespierre, fut arrêté à son tour pour sa conduite sous la Terreur, mais amnistié. Il entra dans l'intimité de Babeuf et dénonça ses projets à Barras. Préfet de police en 1799, il fut implacable pour les royalistes et pour les jacobins ; après le 18 brumaire, il se montra plus indulgent, affermit le pouvoir de Bonaparte et déjoua plusieurs complots. Destitué en 1802, et nommé sénateur, puis rétabli en 1804, il maintint l'ordre à T'intérieur,
pendant les guerres de l'Empire, et fut créé duc d'Otrante en 180'.). Napoléon le disgracia l'année suivante, mais continua cependant à le ménager et à se servir de lui. Aux Cent-Jours, Fouché fut de nouveau ministre de la police, puis président du gouvernement provisoire, après Waterloo. Il intrigua auprès des alliés. Louis XVIII l'accepta quelque temps pour ministre de la police, puis l'envoya comme ambassadeur à Dresde. Frappé comme régicide par l'ordonnance du 12 janvier 1816, il alla mourir à Tries! e.
Fontanes, poète et homme d'Etat, né à Niort (1757-1821), fut élevé chez les Oratoriens. Proscrit au 18 fructidor, il se réfugia en Angleterre et s'y lia avec Chateaubriand. Après le 18 brumaire, il s'attacha à Bonaparte, qui le nomma grand-maître delà nouvelle Université de France, qui venait d'être fondée (17 mars 1808). Fontanes était devenu président, du Corps législatif en 1805; il entra au Sénat en 1810. 11 vota la déchéance de Napoléon, prit part à la rédaction de la Charte de 1S14 et fut nommé pair de France.
Cadoudal, né à Brech, près d'Auray (1771- 1S04), fit partie de l'armée vendéenne. Il fut à la tête de la chouannerie bretonne, après l'expédition de Quiberon, traita avec Hoche en 1706, puis (tenta une insurrection générale (1799), traita avec Brune (1 SOI)), refusa les offres de Bonaparte, rejoignit en Angleterre le comte d'Artois, qui le nomma son lieutenant général. Avec le général Pichegru, il forma un complot qui consistait à attaquer Napoléon dans Paris même. Il fut pris, refusa de demander grâce et fut exécuté avec plusieurs des siens (25 juin).
Kléber, né à Strasbourg (1753- 1800), était fils d'un maçon. Il étudia l'architecture, puis servit quelque temps dans l'armée autrichienne et rentra en France. Volontaire dans les armées de 1702, il s'éleva aux premiers grades, résista héroïquement dans Mayence, mais dut néanmoins capituler, fut envoyé contre les Vendéens et, avec Marceau, brisa leur résistance. Mais il montra son horreur pourles mesures sanguinaires, fut exilé, puis rappelé. Général de division à l'armée de Sambre-et-Meuse, il contribua à la victoire de Fleurus (1704), prit Maestricht, etc. En 1795, il força le passage du Rhin et battit plusieurs fois les princes allemands. Il fut disgracié néanmoins par le Directoire et quitta l'armée. Napoléon l'emmena en Egypte, où il se distingua, et lui laissa le commandement. N'ayant plus que de faibles ressources, Kléber essaya de traiter honorablement ; mais les Anglais ayant exigé c|ue l'armée française se constituât prisonnière, Kléber reprit les armes, battit ii Héliopolis une armée turque dix fois plus nombreuse (19 mars 1800) et soumit l'Egypte révoltée. 11 allait traiter avec les Turcs, quand il fut assassiné' par un musulman fanatique le 14'juin. Sa mort entraîna la perte de l'Egypte.
La Tour d'Auvergne, dit le premier Grenadier de France, né à Carhaix (1743-1800) d'un bâtard de la maison des La Tour-d'Auvergne, entra dans les mousquetaires en 1767. Idole des soldats et terreur de l'ennemi, il commandait à l'armée des Alpes (1792) un corps de grenadiers qu'on avait surnommé la Colonne m fer mi le. Il refusa le grade de colonel (170:!), etc. Retiré du service (179.")), il reprit les armes, comme simple grenadier, pour remplacer le dernier fils de l'un de ses amis, et lut tué près de Neubourg (28juin). Son cœur fut confié à la garde de sa compagnie; son nom resta sur les contrôles jusqu'à la fin de l'empire, et, à tous les appels, un grenadier répondait : Mort au champ d'honneur. (Y. Simond, Le capitaine La Tour d'Auvergne, premier grenadier de la Hep., 1895).
Leclerc, né à Pontoise (1772- ISO-.'), s'engagea comme volontaire en 1791, se lia avec Bonaparte au