PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUK
victoires de l'Aima (20 sept. ), de Balaklava (25 oct.), d'Inkermann (6 nov.), etc., le siège et la prise de Sébastopol (8 sept. 1855), mais elle coûta 1(10 mille hommes à la France et Napoléon négligea d'obtenir de grands avantages qui lui auraient été accordés sans doute en Palestine au profit des chrétiens. Le traité de paix fut signé à Paris (20 mai 1856). Une expédition faite en Chine, de concert encore avec l'Angleterre, se termina par le traité de Tien-Tsin (1857). La Chine ayant violé ses engagements, une autre expédition aboutit à la prise de Pékin (1860). Deux ans après, ]a France s'établissait dans la basse Cochinchine. Pendant ce temps avait eu lieu la guerre d'Italie, entreprise au profit du Piémont contre l'Autriche (1859). Après les victoires deMontebello (20 mai), Palestro (30), Magenta (4 juin), Solférino (24), etc., les préliminaires de paix lurent signés à Yillafranca (4 juillet), puis le traité de Zurich (1(1 sept.) Cette guerre affaiblit l'Autriche, qui devait succomber ensuite devant la Prusse et prépara l'unité de l'Italie avec l'invasion des Etats de l'Eglise. La Savoie et le comté de Nice tirent alors retour à la France. Malgré la guerre que l'empereur faisait indirectement à Pie IX et son opposition aux doctrines du Syllabus, il défendit néanmoins la ville de Rome contre l'invasion piémontaise jusqu'en 1870. A la guerre d'Italie succéda l'expédition de Syrie, entreprise avec le consentement des puissances : elle avait pour motif le massacre des Maronites par les Druses et fut tout à l'honneur de la France. Mais la fatale expédition du Mexique, entreprise d'abord avec l'Angleterre et l'Espagne (1861, déc.), puis poursuivie par la France seule, aboutit à l'abandon du Mexique par l'armée française (mars 1867), malgré la prise de Mexico (4 juillet 1863) et maints exploits, et à l'assassinat de l'empereur Maximilien, fusillé en juin 1867. Pendant ce temps, Napoléon avait laissé la Prusse écraser l'Autriche (1806); il fut joué par Bismark, qui lui promit, puis lui refusa des compensations territoriales, et se laissa entraîner, sous le ministère Ollivier, à déclarer la guerre, à laquelle la France n'était point préparée (15 juillet 1870). Les *250 mille hommes que l'empire pouvait mettre en ligne avaient à résister, en effet, à plus d'un million d'hommes, armés supérieurement. L'armée française, composée, il est vrai, de soldats d'élite, fut en outre mal dirigée. Après les batailles presque toutes perdues de Sarrebruck (2 août), Wissembourg (4), Roischoffen et Forbach (6), Borny (14), Rezonville et Mars-la-Tour (16), Saint-Privat et Gravelotte (18), Bazeilles (31), 100,000 hommes furent cernés à Sedan avec l'empereur et furent faits prisonniers ( 1-2 septembre). Le 4 sept, la République était proclamée à Paris. La déchéance de Napoléon fut confirmée par l'Assemblée de Bordeaux (1 mars 1871). Napoléon mourut deux ans après à Chislehurst (0 janvier 1873). Il avait régné pendant 18 ans, d'abord en souverain à peu près absolu (de 185"2 à 1860), ensuite en ramenant peu à peu le régime parlementaire. L'empire libéral fut organisé avec le cabinet d'Emile Ollivier (2 janv. 1870) et sanctionné par un plébiscite, qui donna encore plus de 7 millions de voix à Napoléon. Pendant ces 18 ans. la prospérité matérielle s'était accrue ; Paris s'était agrandi et transformé, les réseaux de chemins de fer avaient été construits ; des expositions universelles avaient eu lieu en 1855 et en 1867 ; de grands emprunts nationaux avaient été émis, la fortune mobilière s'était développée ; des caisses de retraite pourla vieillesse, etc., avaient été créées. L'empire avait adopté les principes libre-échangistes dans un traité de commerce signé avec l'Angleterre (1860). Cette puissance à laquelle Napoléon avait si souvent sacrifié les intérêts de la Fiance, ne lui fut d'aucun secours au moment de la défaite; et ce fut néanmoins à son service encore
(pie le prince impérial perdit la vie. Napoléon avait épousé, en effet, en 1853, Eugénie de Montijo, qui lui donna un fils, qui fut tué dans le Zoulouland en 1870. Napoléon a beaucoup écrit, soit avant soit après son avènement au trône : œuvres militaires, proclamations, messages. Citons en particulier son Histoire de Jules César. (Y. Villefranche, Histoire de Napoléon 111, 1807,2 vol. ; Pierre de la Gorce, Histoire du second empire, 1894 et suiv., 3 vol.; Chuquet, Laguerre de 1870-1871 ; Grabinski, l'n ami de Napoléon III. Le comte Arèse et la politique italienne sous le second empire, 1897.)
Napoléon (le prince), 2e fils de l'ex-roi Jérôme et de la princesse Frédérique de Wurtemberg, né à Trieste (1822-1891), fut l'un des conseillers de Napoléon III et se signala par son impiété. Il reparut à la Chambre des députés en 1876, mais fut désavoué par la plupart des bonapartistes euxmêmes. Il a eu de sa femme, la princesse C/otilde, fille de Victor-Emmanuel : le prince Victor, né en 1802 ; le prince Louis, né en 1864; et une fille. Marie, née en 1866.
Billault, né à Vannes (1805-1863), avocat à Nantes, député en 1837, fit de l'opposition à Guizot, fut membre avancé à la Constituante, devint le conseiller de Louis-Napoléon et présida le Corps législatif, après le 2 déc. 1851. Il contribua au rétablissement de l'empire, devint l'orateur officiel du gouvernement devant la Chambre.
Dupin, né à Yarzy (1783-1865), acquit une grande réputation au barreau. Sous la Restauration, il fut compté parmi les libéraux, défendit le maréchal Ney, le poète Béranger, le Constitutionnel, etc. Député en 1827, il prit part à la Révolution de 1830, contribua à l'affermissement du gouvernement de Louis-Philippe, présida la Chambre de 1832 à 1840, etc. Le 24 février 1848, il tenta de faire reconnaître le comte de Paris, puis soutint la politique de Louis-Napoléon, présida la Législative, protesta contre le coup d'Etat, mais se rallia ,i l'empire quelques années après. Académicien dès 1831, il a laissé de nombreux ouvrages, entre autres : un Précis élémentaire du droit romain, qui fut supprimé par la police; Les libertés de /'Ki/lire gallicane.
Rouher, homme politique, né à Riom (1814- 1884), fut député à la Constituante de 1848, puis à la Législative. Souvent ministre depuis lors, sous la seconde République et sous l'Empire, il négocia les traités de commerce avec l'Angleterre (1860), la Belgique (1862), l'Italie (186!!). Il défendit maintes fois à la tribune du parlement la politique impériale, lors des événements de 1866, qui ne troublaient pas sa « profonde quiétude », lors des affaires de Rome, dont le Piémont, disait-i), ne s'emparerait « jamais, jamais ». Après les élections de 1869, favorables aux libéraux, Rouher- quitta le ministère et combattit Emile Ollivier. Après la chute de l'Empire, il tenta vainement de le rétablir ou de le disculper à la Chambre, où il figura encore jusqu'aux élections de 1881.
Emile Ollivier, avocat et homme politique, né à Marseille en 1825, étudia à Paris, fut nommé par Ledru-Rollin, ami de son père, commissaire général de la République dans les Bouches-du-Rhône, en 1848, et y réprima l'insurrection de juin. Il entra à la Chambre, en 1857, et fut l'un des « cinq » qui formaient alors toute l'opposition. Vers 1800, il se sépara de la gauche et se rallia à l'Empire, qui faisait des promesses libérales. Il fut appelé, le 27 déc. 1869, à former le premier cabinet parle mentaire et parut jouir désormais de toute la confiance de l'empereur. Un plébiscite confirma un peu plus tard cette transformation de l'Empire autoritaire en gouvernement libéral. Mais la guerre avec la Prusse vint anéantir bientôt toutes ces
HISTOIRE : XIXe SIECLE
espérances. M. Ollivier avait dit à la tribune qu'il acceptait « d'un cœur léger » toutes les conséquences de cette guerre ; et ce mot ne lui a jamais été pardonné. Entre autres écrits, M. Ollivier a publié : l'Eglise et l'Etat auconcile du Vatican, 1892, 2 vol.' Il est entré à l'Académie en 1870.
Duruy (Victor), né à Paris (1811-1894), fils d'un artiste des Gobelins, entra à l'Ecole normale en 1830, professa l'histoire, devint inspecteur, puis ministre de l'instruction publique (1863-1809) . Il est l'auteur de nombre de créations qu'on n'a fait que développer depuis : expansion de la gratuité et de l'enseignement primaire; organisation de l'enseignement spécial et de l'école de Cluny ; cours secondaires pour les jeunes filles ; école pratique des Hautes Etudes, etc. De son temps, le budget de l'instruction publique n'atteignait" pas 30 millions; il s'élève aujourd hui à 200. Duruy a laissé un grand nombre d'ouvrages : Histoire des Romains., 7 vol. in-8 ; Histoire des Grecs, 3 vol. in-8. Il entra à l'Académie en 1884.
Haussmann (le baron), homme politique, né à Paris (1809-1891), était le petit-fils d'un conventionnel. Sous-préfet de Blaye, sous Louis-Philippe, disgracié en 1848, il devint en 1853 préfet de la Seine et s'occupa dès lors de l'embellissement de la capitale. De son administration datent les grands travaux du bois de Boulogne, de la rue de Rivoli, du boulevard Sébastopol, les Halles centrales, les dérivations de la Vanne et de la Dhuys, etc. II annexa l'ancienne banlieue à la capitale, dont la population s'éleva ainsi à un million et demi. Il fut relevé de ses fonctions par le ministère Ollivier. Député d'Ajaccio en 187G, il fit partie du groupe de l'appel au peuple II a laissé des Mémoires. (Armée.)
Castellane (1788-1862), maréchal de France, s'enrôla en 1804 et se distingua pendant les guerres du premier empire; sous la Restauration, il fut envoyé en Espagne (1823), prit part au siège d'Anvers (1832), devint pair de France (1837), comprima l'insurrection à Rouen en 1848, puis commanda la place de Lyon à partir de 1851. 11 devint sénateur et maréchal de France l'année suivante. Le Journal du maréchal de Castellane (5 vol.) a été publié naguère.
Saint-Arnaud, maréchal de France, né à Paris (1798-1854), était fils d'un avocat au parlement. Il se distingua dans les guerres d'Afrique et devint ministre de la guerre en 1851. Au 2 déc. il fut chargé des mesures qui assurèrent le coup d'Etat. L'année suivante, il fut créé maréchal. Il commanda l'expédition de Russie en 1854 et remporta la victoire de l'Aima ; mais il fut contraint, par la maladie, de résigner ses fonctions et mourut pendant le retour. On a publié, en 1855, un recueil de ses Lettres intimes.
Bosquet (le maréchal), né à Mont-de-Marsan (1810-1861), se distingua en Afrique et devint général de division en 1853. Il décida la victoire de l'Aima et contribua à celle d'Inkermann (guerre d'Orient). A son retour, il fut nommé sénateur et maréchal (V. Barthety, le Maréchal Bosquet, 1894).
Pélissier (le maréchal), né à Maromme, dans la Seine-Inférieure (1792-1864), sortit de l'école Saint-Cyr, conquit ses grades en Algérie, devint commandant en chef de l'armée de Crimée, s'empara de la tour de Malakoff et, par là même, de la ville de Sébastopol, après un assaut des plus meurtriers (8 sept. 1855), fut créé maréchal et duc de Malakoff. En 1860, il.devint gouverneur général de l'Algérie.
Randon (le maréchal), né à Grenoble (1795- 1871), fit la campagne de Russie et se distingua dans les guerres d'Afrique, où il devint gouverneur de l'Algérie en 1848. Sénateur en 1852, maréchal
de France en 1856, il fut ministre de la guerre de 1859 à 1867.
Baraguey d'Hilliers, maréchal de France, né à Paris (1795 1878), était fils d'un général du premier empire. Il eut le poignet emporté à la bataille de Leipzig, mais continua de servir, remplaça Changarnier comme commandant de l'armée de Paris (1851) et concourut au coup d'Etat, prit part à la guerre de Russie (1854), s'empara de Bomarsund, dans la Baltique, et fut créé maréchal. Pendant la guerre d'Italie, il contribua à la victoire de Solférino.
Niel, maréchal de France, né à Muret (1802- 1809), étudia à l'Ecole po ytechnique, entra dans le génie, se distingua en Afrique, dirigea les travaux du génie à Bomarsund, puis à Sébastopol, prit une belle part à la bataille de Solférino et fut créé maréchal, puis ministre de la guerre. Inquiet des armements formidables de la Prusse, il fit voter, en 1868, la création d'une garde nationale mobile et prépara la réorganisation de l'armée. Mais ses réformes furent combattues à la Chambre par l'opposition libérale et abandonnées. Il mourut, lorsque sa présence devenait le plus nécessaire à la France, et fut remplacé par Le Bœuf.
Canrobert, maréchal de France, né à Saint- Céré (1809-1894), sortit de l'école de Saint-Cyr en 1828, se distingua en Afrique, fut chargé en 1839 de constituer, avec des carlistes réfugiés, un bataillon qui devint le noyau de la légion étrangère. Il servit de nouveau en Afrique et y acquit une grande popularité. Commandant de la première division de l'armée de Crimée, il fut appelé à succéder à Saint-Arnaud, investit Sébastopol et dirigea le siège, puis résigna ses fonctions entre les mains de Pélissier. Créé maréchal de France en 1856, il se distingua, pendant la guerre d'Italie, à Magenta et à Solférino, commanda le camp de Chàlons, etc. Il commanda le 6e corps pendant la guerre de 1870, puis fut placé sous les ordres de Bazaine, s'illustra à Saint-Privat et à Gravelotte. Sous la République, il revint au Sénat, envoyé par le Lot, puis par la Charente (1876-85) ; mais il ne joua plus de rôle militaire après 1873. Ses restes reposent aux invalides (V. Germain, le Maréchal Canrobert. Souvenirs d'un siècle, 1898 et suiv.).
Bourbaki, général français, né à Pau (1816- 1897), sortit de l'école Saint-Cyr en 1836, servit en Crimée et en Italie, commanda la garde impériale en 1870, fut bloqué dans Metz avec Bazaine, qui l'en fit sortir pour l'employer à des négociations, vint offrir ses services au gouvernement de la défense nationale à Tours, fut chargé de divers commandements et finalement de celui de l'armée de l'est, qui, après des succès glorieux, manquant de vivres et de munitions, fut rejetée par l'ennemi sur le territoire suisse. Craignant d'être accusé de trahison, Bourbaki tenta de se tuer, en se tirant un coup de pistolet dans la tète, et passa huit jours entre la vie et la mort. Après la guerre, il commanda la place de Lyon. (V. Grandin, Le général Bourbaki, L898).
Bazaine, né à Versailles (1811-1888), s'engagea à 20 ans, se distingua en Afrique, en Crimée, en Italie, puis au Mexique, sous les ordres de Forey, qu'il remplaça, après d'obscures intrigues, comme général en chef. Nommé maréchal de France, il repoussa Juarez et songeait à s'emparer delà dictaturc, quand survint l'archiduc Maximilien, qui prit le titre d'empereur. Il servit mal ce prince, fut accusé « d'ignobles tripotages » et rappelé en 1867. A la guerre de 1870, il commanda le 3e corps, puis les divers corps réunis sous Metz ( 1 2 août), se laissa enfermer dans cette place, malgré les succès de ses troupes à Borny, à Rezonville et Saint-Privat, ouvrit des négociations suspectes avec l'ennemi et finalement capitula d'une façon honteuse, livrant la
place, le matériel, les drapeaux et l'armée (28 oct.). Accusé de trahison et traduit devant un conseil de guerre présidé par le duc d'Aumale (1873), il fut condamné à mort, avec dégradation militaire. La peine fut commuée en prison perpétuelle. Enfermé à l'île Sainte-Margueiite, il s'évada facilement et se retira à Madrid, où il mourut.
MacMahon, maréchal de France, né à Sully en Saône-et-Loire (1808-1893), descendait d'une famille irlandaise qui s'attacha à la fortune des Stuarts. 11 sortit de l'école de Saint-Cyr, se distingua en Afrique et en Crimée, où il commanda l'assaut de Malakoff. Commandant du 2e corps, pendant la guerre d'Italie, il décida la victoire de Magenta et fut nommé, sur le champ de bataille, duc de Magenta et maréchal de France II représenta la France, avec une pompe extraordinaire, au couronnement de Guillaume III, roi de Prusse (nov. 1861), et devint en 1804 gouverneur général de l'Algérie, où il eut des démêlés avec le cardinal Lavigerie En 187U, il commandait le 1er corps d'armée, chargé de défendre l'Alsace. Son avant-garde, composée de la division du général Abel Douay, fut écrasée à Wissembourg ; lui-même , avec ses 35,000 hommes, subit le même sort entre Wœrth, Reischort'en et Frcschwiller. 11 ne fut pas secouru et se retira à grand'peine, avec 18,000 hommes, sur Nancy et Châlons, où une nouvelle armée fut organisée par Palikao. L'empereur en confia de nouveau le commandement à Mac-Mahon, mais sans lui laisser sa liberté d'action et, après des hésitations funestes, cette armée fut enveloppée et faite prisonnière à Sedan. Blessé grièvement à la cuisse par un éclat d'obus, Mac-Mahon avait remis le commandement au général Ducrot. Après la signature des préliminaires de paix, il rentra en France et commanda l'armée qu'on avait reconstituée autour de Versailles. Le 28 mai 1871, il reprit Paris, après une lutte terrible contre la Commune. Le 24 mai 1873, il remplaça Thiers à la présidence de la République et eut pour chef de cabinet M. de Broglie, auquel succéda le ministère Cis^ey-Fourtou, etc. Il refusa de favoriser les projets des légitimistes. La République devint le gouvernement légal de la France, le 25 février 1875. Mac Mahon démissionna le 30 janvier 1870 et fut remplacé par Grévy. La France lui décerna des obsèques nationales et il fut enseveli aux Invalides. (V. Laforge, Histoire complète de Mac-Mahon, 2 vol., 1898).
Ducrot (le général), né à Nevers (1817-1882), ancien élève de Saint-Cyr, combattit comme général de division à Reischoflén, reçut le commandement de Mac-Mahon, à Sedan, mais dut le remettre au général de Wimpffen, porteur d'un ordre del'empereur. Fait prisonnier, il s'évada, vint à Paris, livra aux Prussiens la bataille deChampigny (déc. 1870), les combats de Montretout et de Buzenval (19janv. 1871). Après la paix, il exerça divers commandements, à Lyon, à Bourges et quitta le service actif en 1877. (V. les Contemporains).
Trochu (le général), né à Palais (1815-1890), étudia à Saint-Cyr, servit en Afrique, en Crimée, en Italie, fut tenu à l'écart au commencement de la guerre franco-allemande, puis nommé par l'empereur, le 17 août, gouverneur de Paris et commandant de toutes les forces militaires destinées à la défense de la ville. Il mit en état les fortifications, expulsa si i.ikk) Allemands, accusés d'espionnage, etc., puis accepta au 4 sept, d'être membre du gouvernement de la Dé ense nationale, en exigeant d'en être le président. Ses décrets alors se multiplièrent. Disposant de forces numériques considérables! (150.000 hommes de troupes régulières, 80.000 mobiles, 330.000 gardes nationaux), mais surprises et difficiles à discipliner, il ne put empêcher l'investissement de Paris, ni rompre définitivement les lignes ennemies, malgré des succès
partiels et glorieux. Paris affamé dut capituler le 26 janvier. Elu néanmoins après la guerre dans un bon nombre de départements, il siégea au centre droit, puis se retira bientôt des affaires, selon sa promesse. (Ses Œuvres posthumes 2 vol., ont été publiées en 1896.)
Au relie de Paladines, général français, né en 1804, mort en 1877, se distingua en Crimée, vainquit à Coulmiers le général bavarois von der Thann et put s'emparer d'Orléans, que les Allemands ne tardèrent pas à reprendre. Il commanda la garde nationale en 1871, fut député et sénateur.
Ghenzy (le général), né à Nouart, dans les Ardennes (1823-1883), se distingua en Algérie, fit la campagne d'Italie et prit une part glorieuse à la défense du sol naiional contre l'invasion allemande. Il fut vainqueur à Patay (1 déc), commanda en chef la 2e armée de la Loire, tint tête pendant plusieurs mois à des armées aguerries et victorieuses. Elu député des Ardennes à l'Assemblée nationale, puis sénateur, il siégea au centre gauche, fut nommé gouverneur général de l'Algérie (juin 1873), puis ambassadeur à Saint-Pétersbourg (1879 févr.), démissionna à l'avènement du ministère Gambetta (1881 nov.) et commanda le 6e corps, d'armée à Châlons.
De Sonis (le général). — Né à la Pointe-à- Pitre (1825-1884) et fils d'un officier attaché au gouverneur général de la Guadeloupe, Louis-Gaston de Sonis perdit prématurément sa mère, étudia en France à Stanislas et à Juilly, entra à Saint-Cyr et ne cessa de pratiquer avec piété tous ses devoirs religieux. Brillant officier, il se distingua en Italie et surtout en Afrique, où il servit longtemps, menant à la fois la vie d'un vaillant soldat et d'un grand chrétien. Mais ce fut surtout au mémorable combat de Patay (2 déc. 1870) qu'il donna, à la tête des zouaves pontificaux, l'exemple de l'héroïsme patriotique et chrétien. 11 survécut à ses horribles blessures et servit encore la France pendant 10 ans. Sa mort fut celle d'un saint. (V. Mgr Baunard, Le général de Sonis. — Les Contemporains).
De Verthamon (Henri), né à Bordeaux (1833- 1870), était le porte drapeau du Sacré-Cœur à Patay (2 déc. 1870). 11 avait étudié au petit séminaire de Pons et au collège des jésuites de Brugelette (Belgique). 11 s'engagea comme zouave pontifical en 1861, rentra en France à la suite d'une maladie, et reprit du service lorsque Rome fut de nouveau menacée. Des premiers il répondit à Charette, qui appelait ses anciens compagnons au secours de la France et tomba héroïquement (v. les Contemporains).
Courbet (l'amiral), né à Abbeville (1827-1885), étudia à l'Ecole polytechnique, entra ensuite dans la marine et fut chargé, en 1883, de la division navale du Tonkin. Nommé commandant en chef des troupes du Tonkin, il prit Son-Tay (16 déc. 1883), détruisit la flotte chinoise dans la rivière Min et l'arsenal de Fou-Tchéou (24-29 août 1885), prit Kelung et bloqua le reste de l'île de Formose, occupa les iles Pascadores. Il mourut des suites de ses fatigues à bord du Bayard (v. les Contemporains).
La Commune de 1871. — On désigne sous ce nom un gouvernement révolutionnaire qui s'installa à Paris le 18 mars 1871, à la suite des désastres de la guerre. Il fut soutenu par une partie de la garde nationale, qui installa un Comité central. La Commune refusa de reconnaître l'Assemblée de Versailles, soutint une guerre civile de deux mois et fut écrasée. Mais elle ne livra Paris qu'incendié en partie, et après le massacre d'un certain nombre d'otages (Mgr Darboy, le président Bonjean, les PP. Olivaint, Captier, etc.).
Thiers, homme politique et historien, né à Marseille (1797-1877), entra au barreau, vint de bonne
HISTOIRE : XIXe SIÈCLE
heure à Paris, écrivit dans le Constitutionnel, le Globe et se créa une réputation dans le parti de l'opposition libérale (1822 et suiv ). Son Histoire de la Révolution française (10 vol. 1823-27), où les principes de la Révolution étaient plus ou moins justifiés, eut un grand succès. Avec Mignet et Carrel il fonda, sous le ministère Polignac, le National, qui soutenait cette maxime : « Le roi règne et ne gouverne pas ». 11 fut des promoteurs principaux de la révolution de 1830 ; souvent ministre sous Louis-Philippe, il fut le rival de Guizot à partir de 1838. Président du conseil en 1840, il fit commencer les lortifications de Paris. Son Histoire du consulat et de l'empire, en 20 vol., vrai panégyrique de Bonaparte, fut composée de 1845 à 1862. A l'avènement de la République de 1848, il fut suspecté de regretter la monarchie, soutint d'abord Napoléon, approuva l'expédition de Rome (1849), puis dénonça les projets du président et fut arrêté au coup d'Etat. Sous l'empire, il vécut d'abord dans la retraite et l'étude, puis rentra à la Chambre comme député de Paris (1863) et se distingua dans l'opposition. Dans son discours mémorable du 15 juillet 1870, il reprochait à l'empire d'affronter la guerre « sans nécessité, sans préparation et sans alliances ». Au 4 septembre, il soutint le gouvernement de la Défense nationale et alla solliciter vainement l'appui des grandes puissances, notamment de la Russie. 11 fut élu par 26 départements aux élections du 8 févr. 1891, fut nommé chef du pouvoir exécutif par l'Assemblée nationale, négocia avec Bismark les conditions de la paix, qu'il fallut acheter en livrant l'Alsace et la Lorraine, avec une indemnité de 5 milliards. Grâce à l'armée, il triompha de l'insurrection du 18 mars, qu'il n'avait pas su prévoir et qu'il noya dans le sang. Président de la République, il la maintint avec une Chambre royaliste, grâce aux divisions des partis. Irrité par un vote de défiance du 24 mai 1873, il démissionna et fut remplacé par Mac- Manon (v. les Contemporains).
Gambetta, né à Cahors (1838-1882) d'une famille de marchands originaire de Gênes, entra au barreau de Paris, se fit connaître dans quelques procès politiques et fut élu député, en 1869, comme représentant « l'opposition irréconciliable ». Au 4 sept. 1870, il fut membre du gouvernement de la Défense nationale et délégué à Tours, pour organiser la défense. Il quitta Paris en ballon (8 oct.) et, pendant quatre mois, exerça en province une sorte de dictature, poursuivant la lutte à outrance. Aux élections pour l'Assemblée nationale, il essaya de rendre inéligibles les anciens serviteurs de l'empire, fut élu par 9 départements, mais, après l'insurrection du 18 mars, se réfugia en Espagne, à Saint-Sébastien, jusqu'au renversement de la Commune. A la Chambre, où il brilla par son éloquence et parvint à se délendre des accusations portées contre lui, il soutint une politique opportuniste, qui le sépara des intransigeants, mais lui permit d'accréditer la République. Aux élections de 1876, il devint le chef de la majorité républicaine et déclara la guerre, pour ainsi dire, aux catholiques, en jetant aux passions antireligieuses ce mot d'ordre fameux : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! » (4 mai 1877). A la tête des 363, il protesta contre , le 16 mai, et, après la dissolution de la Chambre, somma Mac-Manon « de se soumettre ou de se démettre ». Longtemps il refusa de diriger un ministère, et celui qu'il présida enfin, le 14nov. 1881, fut renversé en janvier 1882. 11 mourut le 31 déc, victime d'un accident qui jette un triste jour sur sa vie privée. Joseph Reinach, qui s'était attaché à sa fortune, a publié ses Discours (v. les Contemporains).
Crémieux, israélite, né à Nîmes (1796-1880), se distingua dans des procès politiques, fut député
en 1842 et lutta contre Guizot, fit partie du gouvernement provisoire de 1848 et de celui de la Défense nationale, en 1870. Il est l'auteur principal du décret qui confère à tous les Israélites d'Algérie les droits de citoyen français, mesure qui provoqua une révolte des Arabes et contre laquelle on proteste si vivement à cette heure.
Grévy, avocat, né à Mont-sous-Vaudrey (1807- 1891), entra au barreau de Paris, plaida dans des procès politiques et fit partie de l'opposition républicaine. Il fut vice-président à la Constituante de 1848, s'opposa ensuite à la politique de Louis- Napoléon et fut enfermé quelques jours à Mazas à la suite du coup d'Etat. 11 rentra à la Chambre, vers la fin de l'empire, et devint président de l'Assemblée nationale en 1871. 11 fut le successeur de Mac-Manon à la présidence de la République (30 janv. 1879) et fut réélu le 28 déc. 1885. Sa réputation ayant souffert beaucoup des attaques dirigées contre son gendre, accusé d'avoir fait trafic de décorations, il démissionna la 2 déc. 1887.
Favre (Jules), né à Lyon (1809-1880), se distingua au barreau, fit partie de la Constituante de 1848 et combattit Louis-Napoléon. Au Corps législatif, il fut, de 1858 à 1870, l'un des adversaires les plus redoutables de la politique impériale et l'un de ceux qui empêchèrent le plus la réorganisation des forces militaires de la France. Membre du gouvernement de la Défense nationale et ministre des affaires étrangères, il dut subir une paix humiliante, après avoir protesté qu'il ne céderait pas une pierre de nos forteresses ni un pouce de notre territoire. Grand ennemi de la Commune, il s'associa à la politique de Thiers et il eut le mérite de regretter, vers la fin de sa vie, plusieurs de ses graves erreurs.
Ferry (Jules), né à Saint-Dié (1832-1893), fit son droit à Paris, collabora au Temps, fut député de la Seine en 1809 et membre du gouvernement de la Défense nationale (4 sept. 1870). Il reprit l'Hôtel de ville sur les insurgés du 31 oct. Elu député des Vosges le 8 févr. 1871, il fut ministre de France à Athènes l'année suivante, puis revint à la Chambre, où il devint le chef de la gauche républicaine. Son influence fut considérable quand il occupa le ministère de l'instruction publique et la présidence du Conseil. 11 fit signer les décrets contre les congrégations (1880), organisa l'enseignement laïque, etc. Comme ministre des affaires étrangères (1883-1885), il négocia le protectorat français sur la Tunisie et prit une grande responsabilité dans la direction des affaires du Tonkin. La retraite de Lang-Son (30 mars 1885) fut le signal de sa chute. Il posa vainement sa candidature à la présidence de la République en 1887, devint sénateur des Vosges en 1891 et président du Sénat le 24 févr. 1893, trois semaines avant sa mort. (V. les Contemporains.) Bert (Paul), physiologiste, né à Auxerre (1833- 1886), professa à la faculié des sciences de Bordeaux, puis à celle de Paris, se lança dans la politique, où il se montra un ennemi acharné de l'Eglise et de l'instruction chrétienne. Préfet du Nord pendant la guerre de l<S7(t, député de l'Yonne à l'Assemblée nationale, il devint ministre de l'instruction publique dans le cabinet (iambetta (nov. 1881-janv. 1882). Il est l'auteur de Manuels poulies écoles. Nommé gouverneur général du Tonkin, de l'Annam et du Cambodge, il mourut des fièvies peu de temps après son arrivée.
Jules Simon, de son vrai nom Jules-François Suisse, né à Loricnt (1814-1896). s'est distingué comme philosophe et comme politique. Sorti de l'Ecole normale, il fut reçu agrégé de philosophie en 1836, professa à Caen et à Versailles, fut rappelé à Paris par Cousin, pour enseigner l'histoire de la philosophie à l'Ecole normale et suppléa Cousin luimême à la Sorbonne, dès 1839. Ses opinions l'obi i-