PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
gèrent à quitter l'enseignement à l'avènement de l'Empire. Il entra à l'Académie des sciences morales en 1863 ; à l'Académie française, en 1875.
Député des Côtes-du-Nord en 1848, il s'attacha au parti républicain modéré. Il défendit les prétentions de l'Etat en matière d'enseignement contre Montalembert. Sous l'Empire, il ne cessa de combattre par la parole et par la plume ; il fit en Belgique (1855 et après), à Gand, à Liège, à Anvers, des conférences qui excitèrent un vif enthousiasme. En 1863, il rentrait à laChambre comme député de la Seine et devenait l'un des orateurs les plus remarquables de l'opposition. A cette époque se rapporterait son affiliation à l'Internationale ; mais il l'a démentie. Comme orateur politique, il soutint le libre échange, l'abolition de la peine de mort, etc. ; il s'opposa à la déclaration de guerre de 1870. Après le 4 septembre, il devint membre du Gouvernement de la Défense nationale et ministre de l'instruction publique, du culte et des beaux-arts. Quelques jours après la capitulation de Paris, il fut envoyé à Bordeaux, avec pleins pouvoirs, et obligea par sa fermeté Gambetta à la soumission. Elu député de la Marne à l'Assemblée nationale, i' fut maintenu parThiers comme ministre de l'instruction publique, et s'occupa de diverses réformes dans l'Univeisité. 11 démissionna le 18 mai 1873. Chargé le 13 déc. 1876 de former un cabinet pour remplacer celui de Dufaure, il prit la présidence du conseil et le ministère de l'intérieur ; il se retira le 16 mai 1877. A l'avènement de Grévy à la présidence, il joua de nouveau un rôle important. Après avoir lutté contre le clergé pendant les premières années de la République, il s'opposa vivement aux mesures d'exclusion proposées par Ferry contre les congrégations religieuses et combattit le fameux article 7. A partir de ce moment, il perdit beaucoup de sa popularité dans son parti. En retour les catholiques lui ont accordé une estime grandissante. Avant de mourir il s'est réconcilié avec l'Eglise.
Ses ouvrages nombreux et variés reflètent toute la vie du philosophe et de l'homme politique : Histoire de L'école d'Alexandrie (1844-45, 2 vol.) ; le Devoir (1878, 12e éd.) ; la Iîeli'/ion naturelle (1875, 7e éd.); La Liberté (1859); l'Ecole (1864); Souvenirs du 4 sept.; Victor Cousin (1887); Dieu, Patrie, Liberté (1883), etc.
Carnot, né à Limoges (1837-1894), étudia à l'Ecole polytechnique, fut député de la Côte-d'Oren 1871 et vota contre la paix avec l'Allemagne, fit partie de plusieurs ministères et fut élu président de la République, le 3 déc. 1887, en remplacement de Grévy. Il présida à l'Exposition universelle de 1889, prépara l'alliance avec la Russie, à laquelle préludèrent les fêtes de Cronstadt et de Toulon. Sous sa présidence, les ministères Tirard, Floquet, Freycinet, Loubet, Ribot, Dupuy, etc., dirigèrent successivement les affaires ; et les scandales financiers (Panama, affaire Reinach et Cornélius Herz, etc.) éclatèrent de toutes parts, en dépit de la probité personnelle du président. Il fut assassiné aux fêtes de Lyon par l'anarchiste italien Caserio, le 24 juin 1894. — Casimir- Pèrier le remplaça, mais démissionna bientôt et fut remplacé par Félix Faure.
Félix Faure, né à Paris (1841-1899), dans une condition modeste, exerça la, profession de tanneur, puis devint l'un des plus riches armateurs du Havre et président de la chambre de commerce de cette ville. Lors de la guerre franco-allemande, il fut chef de bataillon de la garde mobile de la Seine- Inférieure. Pendant le siège, il amena des secours du Havre à Paris et fut fait chevalier de la Légion d'honneur. Député du Havre en 1881, il fut ministre du commerce et des colonies dans le cabinet Gambetta (1881-2), puis dans le cabinet Ferry (1883-5); il fut encore ministre des colonies en 1888. Vice-
président de la Chambre en 1894, puis ministre de la marine, il fut élu président de la République, le 17 janvier 1895, au 2e tour, par 430 voix. 11 est mort subitement le 16 févr. 1899 et a été remplacé par Loubet (18 févr.), président du Sénat. Sous la présidence de Félix Faure, l'alliance franco-russe s'est affirmée de plus en plus par le voyage du tsar et de la tsarine en France, oit ils furent reçus splendidement, et parle voyage du président de la République française à Saint Péter>bourg. Mais « l'affaire Dreyfus » troubla et affaiblit la France.
boulanger (le générrl), né à Rennes (1837- 1801), étudia à Saint-Cyr, se distingua en Afrique et en Italie, combattit à Champigny, où il fut blessé, pendant le siège de Paris, devint ministre de la guerre dans le ministère Freycinet (7 janv. 1886), puis dans le ministère Goblet, fut chargé ensuite du commandement du 13e corps à Clermont et devint le chef d'un parti antiparlementaire composé d'éléments divers. Accusé d'attentat contre la sûreté de l'Etat, il quitta la France et fut condamné par le Sénat formé en haute cour de justice (1889). Il se tua dans le cimetière d'Ixelles, le 30 sept. 1891, après avoir trompé toutes les espérances de ses partisans.
(Espayne.) Joseph Bonaparte, frère aîné de Napoléon I, né à Corte (1768-1844), fut député de la Corse au Conseil des Cinq-Cents et ambassadeur à Parme et à Rouie (1797). Son frère le plaça sur le trône de Naples (1806), puis sur celui d'Espagne (1808). Deux fois chassé de Madrid, il dut abandonner définitivement son royaume après la défaite de Vittoria (1813). Il mourut à Florence. Il a laissé une Correspondance et des Mémoires.
Godoi, né à Badajoz (1767-1851) et mort à Paris, devint le favori et le conseiller tout-puissant de Charles IV, roi d'Espagne. Il fit déclarer la guerre à la France, après la mort de Louis XVI, puis signa la paix de Bàle (1795), fut créé prince de la Paix et grand d'Espagne. Entraîné dans l'alliance française en 1796 et en 1804, il vit l'Espagne battue à Trafalgar, avec son alliée, perdre ses plus belles colonies. En 1801, il occupa le Portugal de concert avec la France et signa le traité de Badajoz. Il tenta en 1806 de s'affranchir de Napoléon; mais les victoires d'Iéna et d'Auerst;edt amenèrent sa soumission et celle de Charles IV, qui abdiqua.
Mina, chef de partisans, né dans la Navarre (1784-1835), se mit à la tête d'une bande lors de l'invasion française et devint maréchal de camp. Mécontent de Ferdinand VII, il quitta l'Espagne, mais rentra à la révolution de 1820, résista aux troupes françaises, signa une convention honorable à Barcelone, et se retira en Angleterre. Il revint en 1834, pour combattre les carlistes, et mourut des suites de ses blessures.
Ferdinand VII, fils aîné de Charles IV et de Marie-Louise de Parme (1784-1833), conçut dès sa jeunesse de l'aversion pour le favori Godoï, et sévit enlever la couronne par Napoléon (1808). Mais ses droits lui furent rendus en 1813. Il abolit, en 1814, la constitution des Cortès de 1812, rétablit l'inquisition, mais fut contraint par une insurrection militaire (1820) d'accepter une constitution. 11 triompha peu après de l'insurrection avec le secours de Louis XVIII, roi de France, qui envoya en Espagne une armée commandée par le duc d'Angoulème (1823). Par une Pragmatique Sanction rendue en 1830, sans consulter les Cortès, il abolit l'acte de Philippe V en 1713, qui excluait les femmes du trône, et légua la couronne à sa fille aînée Isabelle II, à l'exclusion do Don Carlos.
Isabelle II, née à Madrid en 1830. régna d'abord sous la tutelle de sa mère, Marie-Christine, quatrième femme de Ferdinand VII. Une insurrection formidable commandée par Zumala-Carreguy obligea
HISTOIRE : XIXe SIÈCLE
la régente à accepter une constitution et deux Chambres. Grâce aux victoires d'Espartero, le trône d'Isabelle fut consolidé, et don Carlos dut quitter l'Espagne (1839). Le règne fut troublé par lesluttes des modères ou conservateurs et des exaltés ou libéraux ; il y eut des émeutes à Barcelone et à Madrid. Déclarée majeure dès 1843, Isabelle épousa son cousin François d'Assise; et sa sœur épousa le duc de Montpensier. Une nouvelle insurrection carliste, dirigée par Cabrera, fut énergiquement comprimée (1848-49). Mais des querelles intestines et des guerres civiles ne cessèrent de troubler et d'affaiblir le royaume jusqu'à la chute de la reine (29 sept. 1868), qui se réfugia à Pau, puis à Paris.
Espartero (le maréchal), né en 1792, était fils d'un charron. Il combattit l'insurrection des colonies d'Amérique, revint du Pérou. en 1824 avec une fortune et le grade de colonel,' soutint l'infante Isabelle, vainquit les carlistes et força le prétendant à passer la frontière (1832-1840). Il succéda comme régent à Marie-Christine (1841), réprima des révoltes, fut renversé à la majorité d'Isabelle et se retira en Angleterre. Rentré en Espagne en 1847, il devint président du cabinet (1854), mais dut se retirer, en 1856, pour faire place au maréchal O'Donnel.
Don Carlos, frère cadet de Ferdinand VII, né en 1788 et mort en 1855, aurait succédé à son frère, sans un décret d'abrogation de la loi salique, contre lequel il protesta. Il fut exilé, mais prit le titre de roi sous le nom de Chartes V, à la mort de son Aère, et rentra en Espagne les armes à la main (1834). Il fut définitivement vaincu en 1839, se réfugia en France et alla mourir à Trieste. — Son fils, le comte de Montemolin, soutint ses prétentions et fit inutilement plusieurs tentatives de soulèvement (1845, 1848, 1849, 1860). — Le frère du précédent, Don Carlos VI, promit un gouvernement constitutionnel, mais sans réussir davantage. — Don Carlos VII, fils du précédent, né en 1848, recommença la guerre carliste, après l'abdication d'Amédée de Savoie, se soutint pendant deux ans dans les provinces basques et la Catalogne contre la République et contre Alphonse XII, se vit à la tète de 35,0u0 hommes, échoua devant Bilbao et dut renoncer à la lutte, en 1875.
Cabrera, général espagnol, au service de don Carlos (1835-1840), allait marcher sur Madrid, quand il fut trahi par Maroto. Il se cantonna en Catalogne et ne fut vaincu qu'en 1840 par Espartero. Réfugié en France et enfermé à Ham, puis retiré en Angleterre, où il se maria richement, il se rendit au camp de don Carlos VII, en 1874, puis l'abandonna (1810-1877).
Amédée de Savoie, duc d'Aoste, 2e fils du roi de Piémont Victor-Emmanuel, né en 1845. fut appelé au trône d'Espagne, à la fin de l'année 1870, par le général Prim, surnommé le « faiseur de rois ». Le trône d'Espagne était vacant depuis sept. 1868. On avait fini par voter une constitution nouvelle rétablissant la monarchie héréditaire avec deux Chambres (26 mai 1869) ; mais dix-huit mois s'étaient écoulés à provoquer et à écarter des candidatures royales : celle de don Alphonse, fils d'Isabelle ; celle du roi de Portugal: celle du duc de Montpensier; celle du prince Léopold de Hohenzoliern, qui avait été l'origine de la guerre francoallemande, etc. A la suite de nouvelles négociations, les Cortès proclamèrent enfin le duc d'Aoste, qui débarqua à Carthagène le 30 déc. 1870, le jour même où le général Prim mourut des suites des blessures qu'il avait reçues d'un assassin deux jours auparavant. Son règne fut court et agité : les carlistes reprirent les armes; le couple royal fut l'objet d'un attentat audacieux. Se voyant impopulaire en sa qualité d'étranger et impuissant à gouverner, Amédée renonça au pouvoir en fév. 1873 et
rentra en Ita'ie. Après l'abdication du roi, les Cortès proclamèrent la république.
Alphonse XII, fils de la reine Isabelle et de don francois d'Assise, né en 1857, fut proclamé roi le 29 déc. 1874 par le général Martinez Campos. Après la fin de la guerre carliste (1876 mars), il accorda une amnistie générale et entière et se renferma dans le rôle d'un roi constitutionnel. L'insurrection cubaine prit fin en 1878. Il rechercha l'alliance allemande, fit un voyage à Berlin (1883) et fut l'objet de manifestations hostiles, en revenant par Paris. Une guerre faillit éclater cependant avec l'Allemagne, qui avait occupé une des Carolines. Les deux puissances choisirent Léon XIII pour arbitre dans ce différend, qui se termina pacifiquement. Mais déjà Alphonse XII était mort (1885), laissant un fils posthume, Alphonse XIII, né de sa seconde femme, l'archiduchesse d'Autriche Marie- Christine. Il avait épousé en premières noces (1878) la fille du duc de Montpensier.
Christine. — Reine douairière d'Espagne, Marie-Christine est née en 1858. Elle épousa, en 1X78, Alphonse XII, dont elle eut 2 filles et un fils. Elle a exercé la régence avec beaucoup de sagesse parmi les plus grandes difficultés : menaces d'insurrection ; guerre malheureuse avec les Etats- Unis (1898), à la suite de laquelle l'Espagne aperdu Cuba et les Philippines.
(Portugal.)
Bragance (la Maison de), qui arégnéen Portugal et au Brésil, depuis la séparation de cette colonie, a eu pour chef Alphonse, duc de Bragance en 1442, fils naturel de Jean I, roi de Portugal. Elle arriva au trône avec Jean IV, qui secoua le joug de l'Espagne en 1640. Après ce prince, elle a donné au Portugal : Alphonse VI, Pierre II, Jean V, Joseph I, Marie I, Pierre III, Jean VI, Pierre IV ou Don Pedro, Marie II (1833-1853), Pierre V (1853-1801), Louis I (1861-1889), Charles I.
Jean VI, second fils de Pierre III et de Marie I, né en 1767, fut régent du royaume en 1792, quand sa mère fut tombée en démence. Lors de l'invasion française (1807), il se retira au Brésil, alors colonie portugaise, et y prit le titre d'empereur. Roi de Portugal à la mort de sa mère (1816), il ne revint dans ce pays qu'en 1821, accepta, puis abolit une constitution proposée par les Cortès. Pendant son absence, le Brésil se déclara indépendant, tout en lui reconnaissant le vain titre d'empereur. Jean IV laissa doux fils : Don Pedro (Pierre IV) et Don Mii/uel, célèbres par leur rivalité. Il mourut en
Pierre IV ou Don Pedro, né en 1798, suivit au Brésil son père Jean VI (1807), qui, en 1821, lui délégua ses pouvoirs en Portugal. Pierre accepta la constitution des Cortès. Son père étant rentré en Portugal, Pierre devint empereur constitutionnel du Brésil (1822), puis hérita du trône de Portugal à la moat de son père (1826). Il donna alors la Charte portugaise, abdiqua en faveur de sa fille Don a Mu fin (Marie II), laissant la régence à son frère Don Miguel. Mais celui-ci ayant usurpé le trône, Pierre tcnlade rétablir sa fille et mécontenta les Brésiliens, qui proclamèrent en 1831 son fils, Don Pedro II (v. ce nom, à l'histoire du Brésil). Pierre parvint néanmoins, avec des troupes levées en Europe, à chasser Don Miguel (1833) et restaura le régime constitutionnel. 11 mourut l'année suivante.
Charles I, roi de Portugal, né le 28 sept. 1863, fils de Louis I, lui succéda en 1889. Il a épousé en 1SS6 Marie-Amélie, princesse de Bourbon-Orléans, née en 1865.
(Savoie et Italie.)
Victor-Emmanuel I, roi de Sardaigne, 2e fils de Victor-Amédée III, né en 1759, régna après l'abdication de son frère aîné Charles-Emmanuel