‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 648 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

(1802). Son royaume ne comprenait alors que la Sardaigne. Mais il rentra en 1814 dans ses Etats continentaux, qui furent augmentés, en 1815, de Gênes, Monaco, Annecy. Une révolution ayant éclaté en 1821, et ses sujets réclamant une constitution, il abdiqua et laissa le trône à son frère Charles- Félix. — Celui-ci, né en 1765, mourut en 1831 sans enfants, laissant le trône à Charles- Albert, duc de Carignan.

Charles- Albert, né en 1798, issu de la branche collatérale de Savoie-Cari gnan, était fils du prince Charles-Emmanuel et de Marie-Christine de Saxe. Il fut élevé en France et se passionna pour l'indépendance de l'Italie. Il fut un moment régent lors de la révolution de 1821 ; mais l'intervention autrichienne l'obligea à se retirer. Longtemps exilé en Toscane, il fut nommé vice-roi en 1829, puis appelé au trône de Sardaigne en 1831. Il opéra beaucoup de réformes, jugées cependant insuffisantes par les hommes les plus avancés, en particulier les carbonari, fit rédiger un Code général sur le modèle du Code civil français (1837), etc. En 1848, il appuya contre l'Autriche l'insurrection de la Lombardie et de la Vénétie. Ce mot de lui est resté : « L'Italie se suffira — L'Italia faré&da se ». Mais, après de nombreux et brillants succès, il fut écrasé par l'Autriche, à Novare (23 mars 1849), abdiqua le jour même en faveur de son fils Victor-Emmanuel II, et alla mourir à Oporto (1849).

Victor-Emmanuel II, né en 1820, se distingua à Novare, prit part à la guerre de Crimée (1854), fit avec la France la guerre contre l'Autriche (1858- 1859), profita de la victoire, annexa à son royaume la Lombardie, prise sur l'Autriche, pendant qu'il cédait à la France Nice et la Savoie, prit Toscane, Parme, Modène, les Etats du pape, le royaume des Deux-Siciles, s'allia à la Prusse contre l'Autriche (1800), fut vaincu à Custozzaet à Lissa, mais obtint Venise, enfin prit Rome pendant la guerre francoallemande, après le départ des troupes françaises (1K70). Proclamé roi d'Italie dès 1860, il est mort en 1878, quelques semaines avant Pie IX, qu'il avait dépouillé odieusement.

Humbert, roi d'Italie, né le 14 mars 1844, prit une part brillante à la bataille de Custozza (24juin 1866) et empêcha la défaite de se changer en déroute, succéda à son père le 9 janv. 1878. Sous son règne, l'Italie a tenté de devenir une puissance militaire de 1er ordre et elle est entrée dans une triple alliance, avec l'Allemagne et l'Autriche. Humbert a épousé, en 1868, sa cousine la princesse Marguerite de Savoie, née en 1851, qui lui a donné un fils, le prince de Naples, né en 1869, marié en 1896, à la princesse Hélène de Monténégro.

Gavour (le comte de), homme d'Etat italien, né à Turin (1801-1861), peut être regardé comme le fondateur principal du royaume d'Italie. Il servit d'abord dans l'armée, étudia ensuite les sciences politiques et économiques, fut élu député ( 1849), devint ministre et président du Conseil (1852-1861). Il fit agréer de Napoléon III le concours du Piémont dans la guerre de Crimée (1855), prépara l'alliance française et la guerre contre l'Autriche, favorisa des soulèvements dans les duchés italiens et les entreprises de Garibaldi contre le royaume de Naples et les Etats pontificaux, etc On l'a souvent comparé à Bismarck, qui, plus heureux, peut-être, vit l'achèvement de l'unité allemande, mais futeongédié après services rendus. De part et d'autre c'est le même génie politique et surtout la même absence de scrupule. Cavour est l'auteur de la fameuse formule : « L'Eglise libre dans l'Etat libre ».

Garibaldi, né à Nice (1807-1882), entra dans la Jeune Italie, fondée par Mazzini (1832), se compromit dans une conspiration, offrit ses services au bey de Tunis, puis alla combattre parmi les républicains du Brésil (1836). Après l'intervention anglo-

française, il combattit pour la république de l'Uruguay contre le dictateur Rosas et obtint le titre de général. Rappelé en Italie par la révolution de 1848, il forma un corps franc, qui opéra dans le Tyrol. L'année suivante, il était à Rome, avec les révolutionnaires, et n'en fut chassé que par les troupes françaises. 11 retourna alors en Amérique, s'occupa d'industrie à New- York, passa en Californie, en Chine, au Pérou, où il eut le commandement supérieur des troupes, revint en Piémont à la veille de la guerre contre l'Autriche avec le secours de la France. Après la paix de Villafranca, il protesta contre l'annexion de la Savoie et de Nice à la France, donna sa démission de député et de mojor général, organisa la légion des Mille, avec laquelle il porta secours aux révoltés de Sicile, devint dictateur de Sicile et s'empara de toute l'Italie méridionale, avec le secours de l'armée piémontaise. Voulant porter la révolution à Rome et à Venise, il fut arrêté par les Piémontais, blessé à Aspromonte et obligé de se rendre ; il n'accepta pas l'amnistie royale et se retira à Caprera. Il joua un rôle effacé dans la guerre contre l'Autriche (1866), qui perdit la Vénétie. L'année suivante il envahit avec ses volontaires le petit Etat pontifical et fut défait à Mentana. Après le 4 sept. 1870, il offrit ses services au Gouvernement de la Défensen ationale, qui les accepta. Elu député, il siégea à Versailles avec la chemise rouge, démissionna bientôt et rentra à Caprera, où le gouvernement italien lui fit (1874) une rente de 100,000 francs, à titre de récompense nationale. Dès 1864, il était grand maître de la maçonnerie italienne. (V. les Contemporains).

Mazzini, né à Gênes (1808-1872, s'affilia en 1830 aux Carbonari, fut arrêté et expulsé de l'Italie. En 1831, il fonda à Marseille la Jeune Italie, qui avait pour devise Dio e popolo (Dieu et le peuple), et pour but l'indépendance de l'Italie. Il fut l'àme des mouvements insurrectionnels qui éclatèrent dans la péninsule. A Rome, après le meurtre de Rossi et la fuite du pape à Gaëte, il fit proclamer la république. Mais l'unité italienne s'accomplit sans lui et non point au profit du peuple ni de la république. En 1864, il prit part au mouvement socialiste, mais se sépara bientôt de Karl Marx. Il fut impliqué dans divers complots contre Napoléon III. Bismarck n'avait pas dédaigné de négocier avec lui. 11 blâma, en 1871, les tendances irréligieuses et communistes de la Commune de Paris.

(Deux-Siciles.)

Ferdinand I, né en 1751, succéda à son père don Carlos (1759) sous la régence de Tanucci, se déclara contre la France et fut chassé de Naples en 1798. Réfugié en Sicile, il recouvra ses Etats un peu plus tard, puis les perdit de nouveau (1806). L'Angleterre lui imposa un parlement pour la Sicile (1812). Rétabli à Naples (1815), il subit une constitution en 1820, s'en affranchit (1821) et mourut en 1825.

François I, roi des Deux-Siciles, né en 1777, succéda à son père Ferdinand (1825-1830). Une de ses filles, Caroline, épousa le duc de Berry ; une autre, Marie-Christine, épousa Ferdinand VII, roi d'Espagne.

Ferdinand II, né à Palerme en 1810, succéda à son père François 1 (1830-1859), réprima plusieurs" révoltes, octroya une constitution en 18 18, mais la retira bientôt. — Son fils François 11. né en 1836, lui succéda. 11 ne put réprimer une révolte de la Sicile, en 1860, et octroya vainement une constitution. Il fut bientôt dépouillé de ses Etats par les révolutionnaires garibaldiens, secondés par l'armée piémontaise, auxquels il résista courageusement. (Venise.)

Manin, patriote vénitien (1804-1857), fut très populaire à Venise, où il exerçait la profession

HISTOIRE : XIXe SIECLE

d'avocat. La police autrichienne venait de l'incarcérer, quand la révolution de 1848 éclata. Rendu à la liberté, il proclama la république et chassa les Autrichiens, avec l'aide de Tommaseo. 11 refusa de s'unir au roi de Piémont et soutint un siège d'un an contre l'armée autrichienne (1848-49). Excepté de l'amnistie qui fut ensuite accordée, il se réfugia à Paris (v. les Contemporains) . (Suisse.) Sonderbund. — C'est le nom donné à la ligue formée le 17 mars 1832 par les cantons de Berne, Zurich, Lucerne, Soleure, Argovie, Thurgovie, Saint-Gall, pour reviser le pacte fédéral. — Un autre Sonderbund fut formé en 1846 par les cantons catholiques (Fribourg, Lucerne, Schwytz, Unterwald, Uri, Valais, Zug), pour résister à la diète fédérale, qui prescrivait l'expulsion des jésuites et autres congrégations. La ligue succomba, mais presque sans effusion de sang. L Histoire du Sonderbund a été écrite par Crétineau-.loly (1850J. (Pays-Bas.) Guillaume 1, roi des Pays-Bas, né à La Haye (1772), fils du stathouder Guillaume V, se réfugia en Angleterre (1795), rentra dans sa patrie en 1813, réunit la Belgique à la Hollande, qui formèrent les Pays-Bas (1815) et s'efforça de consolider l'union de ces deux pays, en développant leur commerce et leur industrie. Mais les Belges se soulevèrent en 1830; les conférences de Londres et l'intervention française (1831 et 1832) assurèrent leur indépendance, que Guillaume reconnut seulement en 1838. Il abdiqua en 1840 et mourut en 1843. — Son fils, Guillaume 11, né en 1792, régna de 1840 à 1849. Il avait été blessé à Waterloo.

Guillaume III, fils de Guillaume II, né en 1817, succéda à son père (1849-1890) et développa les institutions libérales de la Hollande. 11 a eu pour successeur la princesse Wilhelminc, née en 1880, qui a régné d'abord sous la régence de sa mère.

(Belgique.) Léopold I, roi des Belges, né en 1790, fils du duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeel, servit dans l'armée russe, se fit naturaliser anglais (1816), fut élu roi des Belges par l'appui de l'Angleterre (1831), épousa lafillede Louis-Philippe Louise d'Orléans, et passa pour un modèle de roi constitutionnel. Dès les premières années de son règne fut fondée l'Université catholique de Louvain. — Son fils Lcopold II, né en 1835, lui a succédé en 1865. Sous son règne la Belgique a acquis de vastes possessions au Congo.

(Angleterre.) George IV, roi d'Angleterre, né en 1762, régent pendant la démence de son père, George III, lui succéda en 1820. L'Angleterre continua à prospérer sous son règne, bien que sa vin fût des plus scandaleuses. Les catholiques obtinrent leur émancipation en 1829. Il eut pour successeur son frère Guillaume IV.

Guillaume IV, roi d'Angleterre, 3e fils de George III, né en 1705, mena une conduite dissipée avant de monter sur le trône, qu'il n'occupa que sept ans (1830-1837). Il vit l'Angleterre profiter de l'alliance française. Sa nièce Victoria lui succéda. Victoria, reine d'Angleterre, née en 1819, était la fille unique d'Edouard, duc de Kent, 4e fils de George III, et de Louise-Victoria, princesse de Saxe-Cobourg. Elle l'ut élevée avec le plus grand soin sous la direction de la duchesse de Northumberland, monta sur le trône en 1837, fut couronnée très solennellement en 1838 et épousa en 1840 le prince Albert, qui lui donna de nombreux enfants, dont l'aîné est le prince de Galles. Elle est devenue veuve en 1861. Aimée de ses sujets, elle a présidé pendant sa longue carrière à la prospérité inouïe de l'Angleterre, qui a célébré magnifique-

ment naguère le 60e anniversaire de son avènement.

Castlereagh, né en Irlande (1769-1822), entra au Parlement en 1794 et fut l'un des partisans fidèles de Pitt, fit partie de divers ministères, eut une querelle avec anning, qu'il blessa en duel. Ministre des affaires étrangères, dès 1812, il dirigea avec opiniâtreté la lutte contre la France et se montra jusqu'au bout le chef intraitable et impopulaire des tories. 11 se tua dans un accès de démence.

Wellington, frère de Wellesley, né à Dublin (1769-1852), entra à 18 ans dans l'armée, servit dans l'Inde, revint en Angleterre en 1805, entra à la Chambre des communes, p is, fut envoyé comme lieutenant-général (1808) en Espagne et en Portugal, où il se signala contre les armées françaises et en particulier contre Soult et Masséna. En 1813, il remporta la victoire décisive de Vittoria, pénétra en France et ne fut arrêté que sous les murs de Toulouse (avril 1814i. Les Anglais l'accueillirent avec enthousiasme et le récompensèrent mag ufiquement. Il prit part au congrès de Vienne comme ministre plénipotentiaire. Pendant les Cent-Joursil fut généralissime des troupes alliées, et vit Napoléon succomber ;i Waterloo. En Angletsrre, il fut l'un des chefs du parti tory. En 1829, son influence personnelle décida la Chambre des lords à voter l'émancipation des catholiques. (V. les Contemporains).

Nelson, né en 1758, entra à 12 ans dans la marine et conquit tous ses grades par son mérite, il se distingua en Corse, où il avait été envoyé au secours de Paoli. 11 perdit un œil au siège de Calvi (1794), eut le bras droit emporté devant Ténériffe (1797), détruisit à Aboukir la flotte française qui avait transporté l'expédition d'Egypte (1798) ; divers insuccès ne l'empêchèrent pas de remporter encore la victoire décisive de Trafalgar (1805). Mais il fut fr. ppé mortellement au milieu de l'action.

Disraeli. — Benjamin Diraeli, qui devint lord Beaconsfield, écrivain et homme politique anglais, né à, Londres (1804-1881), éait petit-fils d'un négociant italien établi à Londres. La famille était juive et originaire d'Espagne. Disraeli se fit connaître d'abord par ses romans, voyagea en Es[ agne, en Italie, en Grèce, en Orient, se porta candidat en 1832 sous le patronage d'Û'Connell, puis passa des whygs aux torys et, malgré des débuts médiocres, devint le chef du parti (1843) et exerça plusieurs fois le pouvoir. Il fit conférer à la reine le titre d'impératrice des Indes et reçut en récompense le titre de lord, obtint de la Porte par un traité l'occupation de Chypre, fit en 1878 des préparatifs menaçants contre la Russie, dirigea des expéditions contre l'Afghanistan, etc. Il fut remplacé en 1880 par le ministère libéral, sous la direction de Gladstone. (V. les Contemporains).

Gladstone, homme d'Etat anglais, né à Liverpool (1809-1898), entra de bonne heure à la Chambre des communes et fit partie de divers ministères, d'abord grâce à la protection de Robert Peel. 11 soutint la thèse de la religion d'Etat, se rangea parmi les libre-échangistes, après avoir adhéré d'abord aux vues des protectionnistes. Plus soucieux de rencontrer la vérité que d'être d'accord avec son passé, il devint l'un des libéraux les plus avancés, après avoir siégé parmi les torys ; il plaida très vivement à partir de 1866 pour l'abolition de l'église privilégiée d'Irlande. Il occupait le pouvoir lors de la guerre fVanco-allemande (1870) et fit prévaloir la politique de neutralité. On l'accusa de faiblesse pour n'avoir pas empêché la Russie de s'affranchir des traités de 1850 concernant la neutralit i de la Mer Noire. Jusqu'à la fin de sa lo gue carrière, il déploya une merveilleuse activré; mais il ne put faire accepter ses généreux projets de réforme en

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