‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 649 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

faveur de l'Irlande. Lié ; vec le cardinal Manning, il se préoccupa toujours et vivement des questions religieuses, sans parvenir, comme son ami, à se dégager des erreurs du protestantisme. (V. les Contemporains).

O'Gonnell, le grand agitateur de l'Irlande, né en 1775, étudia pour devenir prêtre, puis entra au barreau, où il brilla par son éloquence admirable et se fit le champion de la cause nationale En 1823, il fonda V Association, qui comprenait tous les amis de la liberté de conscience. En 1828, à la Chambre des communes, il refusa de prêter le serment du test ; ce qui amena le bill d'émancipation catholique (avril 1829). Son influence fut ensuite immense à la Chambre. Loid-maire de Dublin en 1841, il s'efforça d'obtenir pour l'Irlande un parlement distinct. Tout en se renfermant dans la légalité, il présidait des meetings immenses et maniait les foules à son gré. 11 fut arrêté en 1844 et condamné comme séditieux à un an de prison; mais la cause pour laquelle il souffrit n'en fut que mieux justifiée. Il mourut à Gênes en 1847. (V. J. de la Faye, L'Irlande au XIXe siècle, O'Connell, ses alliés, ses adversaires, 1896).

(Inde.)

Wellesley, né dans le comté d'York (1760-1842) d'une famille irlandaise, devint gouverneur général de l'Inde en 1797. 11 vainquit le sultan de Mysore, Tippno-Sa/b, qui périt en combattant, s'empara d'une partie du territoire des Mahrattes, etc. Rappelé sur sa demande (1805), il fit partie de divers ministères.

Rungeet Singh, fils d'un chef des Sikes, devint roi de Lahore, en s'emparant du pouvoir, vers 1797. Aidé par des officiers français, Allard et Ventura, il organisa une armée de 70,000 hommes et étendit son empire sur 20 millions d'habitants. (Danemark.)

Christian VIII, fils du prince Frédéric, né en 1786, roi de Danemark de 1839 à 1848, gouverna aussi la Norvège, comme prince royal et en fut même proclamé roi constitutionnel (1814). Mais il ne put empêcher la réunion de la Norvège à la Suède.

Frédéric VII, roi de Danemark, né en 1801, succéda à son père Christian VIII (1848-1863), dut réprimer la révolte du Holstein et du Slesvig et mourut à la veille de nouveaux conflits avec l'Allemagne.

Christian IX, né en 1818, fils du duc Guillaume de Slesvig-Holstein, succéda à Frédéric VII. Il se vit dépouillé du Slesvig-Holstein par l'Autriche et la Prusse réunies, au milieu de l'indifférence de l'Europe (1864).

(Suède.)

Charles XIII, roi de Suède, 2e fils du roi Adolphe-Frédéric et de Louise-Ulrique, sœur de Frédéric II de Puisse, né en 1748, fut régent pendant la minorité de Gustave IV (1792-1796), devint roi à la déposition de son neveu (1809), adopta Bernadotte, qu'il laissa gouverner, et vit s'accomplir l'union de la Norvège à la Suède. Il mourut en

Charles XIV n'est autre que le général français Bernadotte (v. ce nom), qui fut élu prince royal par la diète de Stockholm (1809). Il entra en 1812 dans la coalition contre la France et contribua beaucoup au succès des alliés. 11 gouverna d'ailleurs habilement et mourut en 1844. — Son fils, Oscar I, lui succéda (1844-1859) ; il avait dû pour régner abjurer le catholicisme comme l'avait fait son père. — Charles XV, son fils, lui succéda (1859-1872). Il a laissé le trône à son frère Oscar II, né en 1829.

(Allemagne.)

Confédération germanique, union des Etats allemands, formée en 1815 et détruite par la

Prusse en 1866; elle comprenait 30 souverains et 4 villes libres, formant une diète, qui siégeait à Francfort-sur-lc-Mein. Elle avait remplacé la Confédération du Rhin, formée en 1806 sous le protectorat de Napoléon, après l'abdication de François Il comme empereur d'Allemagne.

(Autriche.)

François II, petit-fils de François I et de Marie-Thérèse, succéda à Léopold II, en 1792, renonça au titre d'empereur d'Allemagne pour garder celui d'empereur d'Autriche, lorsque fut créée la Confédération du Rhin (1806); sa fille Marie-Louise épousa Napoléon. 11 mourut en 1835.

Ferdinand I, fils de François II, né en 1793, succéda à son père, vit plusieurs insurrections éclater sous son règne, abdiqua en 1848, en faveur de son neveu. Il mourut en 1875.

François-Joseph I, né en 1830, succéda à son oncle, réprima l'insurrection des Hongrois, qui, ayant Kossuth à leur tête, menaçaient Vienne, vainquit Charles-Albert en 1849, fut vaincu par Victor-Emmanuel et Napoléon à Solférino, en 1859, fut vaincu par la Prusse à Sadowa, en 1886. Il a pris le titre d'empereur d'Autriche-Hongrie, en 1867. Sa femme, l'impératrice Elisabeth, a été assassinée à Genève par un anarchiste en 1898. Leur fils l'archiduc Rodolphe, né en 1858, était mort d'une manière non moins tragique en 1889.

Metternich, né à Coblentz (1773-1859), fut le plus célèbre ministre de son temps. Il représenta l'Autriche à Dresde (1801), à Berlin (1803), à Paris (1806-9) Il négocia le mariage de Marie-Louise avec Napoléon (1809). En 1813, lorsque l'Autriche eut passé du côté des alliés, il devint l'arbitre de l'Europe. Au congrès de Vienne, il assura à l'Autriche la domination de l'Italie. Son pouvoir fut brisé à la révolution qui éclata à Vienne en 1848. 11 s'enfuit à Dresde, puis passa en Angleterre. Ml revint à Vienne en 1851.

(Hongrie.)

Kossuth, homme politique hongrois, né en 1802, fut d'abord avocat et s'attacha à défendre les idées démocratiques. Arrêté. en 1839, il fut condamné à 4 ans de prison, puis amnistié en ï840. Membre de la diète en 1847, il réclama l'affranchissement des paysans, la suppression de la corvée, la liberté de la presse, etc. A la révolution de 1848, il réclama la formation d'un ministère hongrois, ce qui fut accordé par l'empereur Ferdinand; mais la guerre éclata bientôt entre la diète hongroise et l'Autriche. Kossuth présida alors à la défense nationale ; il fit proclamer la république et l'indépendance de la Hongrie, le 14 avril 1849. Mais les Russes intervinrent, des divisions affaiblirent les Hongrois et Kossuth dut finalement se réfugier en Turquie, où il fut interné, puis relâché à la demande de l'Angleterre et des Etats-Unis (1851). A Londres, il fit partie, avec Mazzini et Ledru-Rollin, d'un comité international révolutionnaire. Retiré en Italie et élu membre de la diète hongroise, en 1867 et 1868, il refusa son mandat. Il n'approuva point la constitution dualiste. Une députation l'invita vainement à rentrer dans sa patrie (1877). 11 mourut à Turin en 1894.

(Prusse.)

Frédéric-Guillaume III, fils et successeur de Frédéric-Guillaume II et petit-neveu de Frédéric le Grand, fut écrasé par les Français à léna, mais reçut plus tard de larges compensations (1797- 1840). — Frédéric-Guillaume IV, fils et successeur du précédent, développa la prospérité de la Prusse (1840-1861).

Guillaume I, roi de Prusse, puis empereur d'Allemagne, né en 1797, succéda à son frère, Frédéric-Guillaume IV, en 1861. Il avait pris part, dans sa jeunesse, et dès 1813, aux guerres contre Napoléon. Avant la révolution de 1848, il se rendit,

HISTOIRE : XIXe SIÈCLE

très impopulaire en combattant toutes les réformes libérales. Les questions militaires et la réforme de l'armée furent toujours l'objet de ses principales préoccupations. Lors de la guerre de Crimée, il se prononça pour l'intervention et, sans se conformer aux vues de son frère, il fiança son fils {Frédéric I!I) à la fille aînée de la reine Victoria. A la mort de son frère, il déclara régner « par la volonté de Dieu seul » (18(31). L'année suivante (1862),' il confiait à Bismark la direction des affaires, et celuici ne respecta guerre les libertés constitutionnelles. Les guerres heureuses qui se succédèrent rendirent néanmoins très populaire leur gouvernement. Après la guère avec le Danemark (1864), qui fut dépouillé des duchés de Slesvig Holstein, vint la guerre d'Autriche, rapidement terminée par la victoire de Sadowa (1866, 3 juillet) qui éliminait l'Autriche de la Confédération germanique et donnait à la Prusse le Hanovre, la Hesse électorale, le duché de Nassau et la ville libre de Francfort. La guerre devenait imminente avec la France. Elle faillit éclater dans la question du Luxembourg (1867). La candidature d'un prince de Hohenzollern au trône d'Espagne fut l'étincelle qui alluma enfin l'incendie. La Prusse et ses confédérés, admirablement préparés, triomphèrent à Reischoffen, à Sedan, etc. Guillaume fut proclamé empereur, à Versailles même, dans le Salon des Glaces, le 18 janvier 1871. Le traité de Francfort donnait à l'empire l'Alsace et la Lorraine, avec 5 milliards d'indemnité. Au comble de la fortune, Guillaume se laissa entraîner par Bismark dans la guerre contre l'Eglise ; mais les catholiques résistèrent admirablement, sous la direction de Windthorst, et finirent par triompher du Kulturkampf. L empire n'en eut pas moins désormais à compter avec les catholiques et à résister, d'autre part, aux socialistes, dont le nombre ne cessait de s'accroître. A l'extérieur, Guillaume se rapprocha de la Russie et de l'Autriche ; mais la Russie garda assez d'indépendance pour empêcher une nouvelle guerre contre la France (1875), que Bismark voulait anéantir. Le congrès de Berlin, où fut modifié le traité de San-Stefano, eut lieu en 1878. L'alliance des 3 empereurs fut renouvelée à la mort d'Alexandre II (1881). Guillaume laissa le trône à son fils Frédéric lll, dont les jours étaient déjà comptés.

Frédéric III, roi de Prusse et empereur d'Allemagne, né en 1831, succéda à son père le 9 mars 1888 et mourut le 15 juin de la même année d'une maladie du larynx, qui l'avait condamné depuis longtemps au silence et à de grandes souffrances II avait pris une part importante aux guerres précédentes, décidé la victoire de Sadowa, gagné celles de Wissembourg et de Wœrth, investi Paris, etc. Il n'avait pas caché néanmoins son horreur pour la guerre et désapprouvé l'annexion de la Lorraine. Il laissait deux fils, Guillaume et Henri, et trois filles.

Frédéric- Charles, feld-maréchal prussien, neveu de Guillaume I (1828-1885), prit une grande part aux guerres de Danemark, d'Autriche et de France. Dans celle-ci, il bloqua Metz et reçut la capitulation de Bazaine.

Moltke, fold-maréchal au service de la Prusse, naquit en 1800 d'une famille du Mecklembourg, qui fut naturalisée danoise en 1806. Il étudia à l'école des cadets de Copenhague et servit dans l'armée danoise, puis dans l'armée prussienne. Envoyé en mission de 1824 à 1830, il visita surtout la Turquie, prit part à la campagne de 1839, où il eut pour adversaire un officier français, qui l'emporta sur lui. Il séjourna ensuiieàRome avec le prince Henri de Prusse jusqu'en 1846. Rentré en Allemagne, il devint chef de l'état-major général et prépara les victoires de la Prusse. 11 dirigea l'invasion du Danemark son ancienne patrie (1864), la guerre d'Au-

triche et la guerre de France, pour laquelle il fut un ennemi impitoyable.

Bismark, homme d'Etat prussien, né en 1814, mort en 1808, suivit d'abord la carrière militaire. Ses débuts dans la diplomatie datent de 1851 ; il fut envoyé à Francfort, puis à Vienne et se proposa dès lors de donner la suprématie à la Prusse en Allemagne, en abaissant l'Autriche. Ambassadeur à Saint-Pétersbourg de 1859 à 1862, puis à Paris, où il resta peu de temps, il gagna l'estime et la confiance de Napoléon, qu'il devait tromper et écraser plus tard. Nommé premier ministre, il dirigea habilement la politique prussienne et prépara les agrandissements de la Prusse, qui furent les résultats de la guerre contre le Danemark et de la guerre contre l'Autriche (1866). Il continua à jouer le premier rôle dans la préparation de la guerre francoallemande, dont il fut le crimin'jl auteur en falsifiant la dépêche d'Ems. C'est avec lui que la France dut négocier les dures conditions de la paix qui lui furent imposées. Après le traité de Francfort, il s'appliqua à vaincre la France sur le terrain commercial et à empêcher son relèvement. Il fut l'âme de la politique de l'empire jusqu'à la mort de Guillaume I. Il pouvait alors se regarder comme indispensable et se flatter de rester toujours à la tête des affaires. Mais le jeune empereur Guillaume II ne tarda pas à secouer cette tutelle et l'obligea à se retirer. Bismark se retira dans ses terres et ne cessa, pour ainsi dire, de faire une opposition sournoise à son jeune souverain, qui tout en le comblant parfois de marques d'attention et d'honneur, le laissa mourir dans une sorte de disgrâce. Bismark a laissé de volumineux mémoires, dont quelques parties ont déjà été publiées.

Guillaume II, né en 1859, a succédé à son père Frédéric III et n'a cessé de déployer une très grande activité. Sous son règne l'alliance avec l'Autriche et l'Italie (triple alliance) a été renouvelée. Guillaume a épousé en 1881 la princesse de Slesvig- Holstein, Augusta- Victoria, qui lui a donné, à ce jour, 7 enfants, dont le prince royal, né en 1882. En 1898, il a visité le sultan de Constantinople et accompli un voyage en Terre Sainte, qui a contribué à affermir et à développer l'influence allemande en Orient. C'est à lui qu'on attribue l'abstention des puissances européennes lors des massacres des Arméniens commis en Turquie et de la guerre greco-turque, qui s'est terminée par l'écrasement de la Grèce. Profitant du meurtre commis en Chine sur des missionnaires allemands, il est intervenu comme protecteur et a fait occuper la baie de Kiao- Tchéou.

■Windthorst, homme d'Etat hanovrien et chef politique des catholiques allemands, néàOsnabruck (1812-1891), devint président de la Chambre hanovrienne, puis ministre. Partisan de l'alliance avec l'Autriche, il vit le Hanovre incorporé à la Prusse, après la défaite de Sadowa (1866) et organisa l'opposition hanovrienne. Après la proclamation de l'empire,il devint le chef du centre (députés catholiques), dont il fut l'organisateur, et l'adversaire de Bismark. Il combattit la prolongation du régime dictatorial en Alsaee-Lorràine, les lois de mai, etc., et finit par triompher du Kulturkampf. (V. Kannengieser, diverses études sur l'Allemagne ; G. Bazin, ï Allemagne catholique au XIXe siècle, Windthorst, ses alliés etsesadcersaires,\897.Y. aussi les Contemporain s .)

(Saxe.)

Frédéric-Auguste, roi de Saxe, né en 1750, électeur en 1863, se déclara pour la France après la victoire d'Iéna, reçut le titre de roi et entra dans la Confédération du Rhin. Au traité de Tilsitt (1807), il obtint le grand-duché de Varsovie et fut l'allié fidèle de Napoléon. En 1814, il faillit perdre son royaume, dut abandonner Varsovie et une partie de

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