‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 657 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

ques. Citons de lui : Histoire de sainte Elisabeth de Hongrie, précédée d'une Introduction remarquable sur le moyen âge; Du vandalisme et du catholicisme dans l'art ; Saint Anselme ; les Moines d'Occident (v. de Meaux, Montalembert, 1897 ; le P. Lecanuet, Montalembert, sa jeunesse, 1895).

Falloux. — Le comte Alfred-Pierre de Falloux, né à Angers ( 1811-1886), fils d'un combattant de Quiberon, s'attacha à la cause monarchique et libérale et la défendit avec ardeur, de même que ses convictions religieuses. Député en 1846, il vit sans regret sombrer la monarchie de Louis-Philippe et rêva quelque temps d'une république catholique. Ministre de l'instruction publique en 1850, il fut l'un des principaux auteurs de la loi sur la liberté d'enseignement, dite loi Falloux (15 mars). Lié avec Lacordaire, Montalembert, Berryer, M1"1' Swetchine, il brilla également dans les lettres. Citons de lui : une Vie de Louis XVI et une Vie de Pie V ; la Vie et les œuvres de Mma Swetchine (1859, 2 vol.) ; Mémoires d'un royaliste (18^8, 2 vol.). Il était entré à l'Académie en 1856.

Mme Swetchine (Sophie Soymonof), née à Moscou (1782-1x57) et morte à Paris, épousa à 17 ans le général Swetchine et se distingua dans la haute société de Saint-Pétersbourg. Les conversations de J. de Maistre et la lecture de l'Histoire de l'Eglise de l'abbé Fleury la gagnèrent à la foi catholique. Elle se fixa à Paris en 1818 et son salon fut le rendez-vous d'une élite d'hommes éminents, surtout parmi les catholiques. Ses Œuvres comprennent des Pensées chrétiennes et des Lettres. Elles ont été publiées, avec sa Vie, par de Falloux (1858-64, 7 vol.). Sainte-Beuve les a appréciées dans ses Nouveaux Lundis (v. aussi les Contemporains).

.Veuillot (Louis), né à Boynes, dans le Loiret (1813-1883), d'une famille d'ouvriers, s'éleva par son travail et son mérite au premier rang des journalistes et des écrivains de son temps. Dans un pèlerinage à Rome (1838), il embrassa avec ardeur la foi catholique, qu'il devait défendre pendant toute sa vie. Il entra à l'Univers religieux, en 1843, et en devint bientôt le rédacteur en chef. Il dénonça d'avance les conséquences de la guerre d'Italie et vit son journal supprimé en 1861. De cette suppression naquit le Monde. Veuillot put reprendre la publication de l'Univers en 1867, et défendit les doctrines romaines contre toutes sortes d'adversaires. A la veille du concile et après, ses polémiques avec les libéraux eurent un grand retentissement et lui attirèrent beaucoup d'ennemis. Citons de lui : Mélanges religieux, historiques et littéraires ; Rome et Lorette ; les Parfums de Rome; les Odeurs de Paris; Jésus-Christ. Il est l'auteur aussi de poésies. On a publié sa Correspondance.

(Poètes.)

Lamartine, né à Màcon (1790-1869), élevé chez les jésuites de Belley, publia en 1820 ses Méditations poétiques. Secrétaire d'ambassade à Naples, puis ministre plénipotentiaire en Grèce (1829), il abandonna en 1830 la carrière diplomatique, fit un voyage princier en Orient en 1832, entra à la Chambre, où il se sépara des conservateurs et contribua à préparer la révolution de 1848, notamment par son Histoire des Girondins. Il soutint la république de 1848, fut ministre des affaires étrangères et joua un grand rôle en contenant plusieurs fois les passions révolutionnaires. La fin de sa vie fut attristée par la misère, où il se trouva plongé après avoir joui d'une grande fortune. Une récompense nationale lui fut alors votée par la Chambre des députés. Citons encore, parmi ses nombreux ouvrages, qui se multiplièrent surtout vers la fin de sa vie, sous l'aiguillon du besoin :

Nouvelles méditations ; Harmonies poétiques; Jocelyn (1836) ; la Chute d'un ange (1838); Recueillements poétiques (1839|.

Laprade (Victor de), né à Montbrison (1812- 1883), professa la littérature à la faculté des lettres de Lyon, entra à l'Académie en 1858, et fut privé de sa chaire (1861), pour la publication d'une satire en vers, les Muses d'Etat. Il siégea à l'Assemblée nationale de 1871, sur les bancs de la droite. Citons de lui : Psyché (1841); Odes et poèmes (1844) ; Poèmes èvangèliques (1852) ; Idylles héroïques (1858) ; Poèmes civiques. 11 a écrit en prose : Questions d'art et de morale (1861) ; le Sentiment de la nature avant le christianisme (1860), etc.

Victor Hugo, né à Besançon (1802-1885), fils d'un général de l'empire et d'une Vendéenne, suivit son père en Italie, en Espagne, se prépara à entrer à l'Ecole polytechnique, mais donna dès lors des preuves de sa vocation poétique. Ses premières poésies, d'inspiration religieuse et monarchiste, le firent qualifier d'enfant sublime, par Chateaubriand. Citons ses Odes et Ballades (1818-28), puis ses Orientales (1829), les Feuilles d'automne (1831), les Chants du crépuscule (1835), lesVoix intérieures (1837), les hayons et les Ombres (1840). Il se mit à la tête des romantiques et, soutenu par une petite société d'amis, appelé le Cénacle (Th. Gautier, Sainte-Beuve, etc.), ne tenta rien moins qu'une révolution littéraire. Ses efforts portèrent sur le théâtre et il écrivit, dans le genre nouveau : Cromwell (1827): Marion De/orme (1829) ; Hernani (1830) ; le Roi s'amuse (1832) ; Lucrèce Borgia (1833) ; Ruy Blas (1838), etc. Il écrivit en même temps en prose : Han d'Islande (1823); Bug-Jargal (1826) ; le Damier jour d'un condamné (1829) ; le grand roman historique de Notre-Dame de Paris (1831), etc. Académicien en 1841, pair de France en 1845, il fut envoyé par les conservateurs de Paris à la Constituante. Mais, à la Législative, il se rallia à la République démocratique et sociale. Exilé après le coup d'Etat et retiré à Jersey, il se vengea en publiant : Nanolèon le Petit (1852); les Châtiments (1853). Citons aussi les Contemplations (1856) ; la Légende des siècles (1859) ; les Misérables, grand roman social (1862). Rentré en France en 1870, il fut élu à l'Assemblée de Bordeaux, qu'il quitta après l'exclusion de Garibaldi. Il devint néanmoins sénateur. Ses ouvrages se multiplièrent, mais furent de plus en plus gâtés par l'esprit d'orgueil et d'impiété. Il fut enseveli au Panthéon. (V. les études critiques de Biré, etc.)

(Etrangers.)

Silvio Pellico, né à Saluées (1789-1854), a composé des tragédies et des poésies. Ayant fondé un journal littéraire, le Conciliateur, il fut compromis dans des procès politiques, condamné à mort (1822), mais vit sa peine, d'ailleurs bien imméritée, commuée en 15 ans de carcere duro au Spielberg. Il fut gracié en 1830. On a de lui : Mes prisons, son ouvrage le plus connu. (V. les Contemporains.)

Walter Scott, ne à Edimbourg (1771-1832), s'illustra par ses poésies et surtout par ses romans, traduits dans toutes les langues. Il fut presque le créateur du roman historique. Citons : l'Antiquaire (1816), les Puritains d'Ecosse (1817), Rob-Roy (1818), la Fiancée de Lammermoor (1818), Ivanhoë (1820). Quentin Durward,

Dickens, né à Portsmouth (1812-1870), connut d'abord la misère et vécut dans les rues de Londres, mais ne tarda pas à s'illustrer par ses romans, qui presque tous ont été traduits en français. Citons : Vie et aventures de Nicolas Nickleby (18.39), Contes i/e Noël (1843-47), David Copperfield (1843-50). En 1845, il voyagea en Suisse et en Italie.

HISTOIRE : XIXe SIÈCLE

En 1858, il fit une série de conférences en Angleterre et en Amérique.

Byron (lord), l'un des plus grands poètes du XIXe siècle, né à Douvres (1788-1824), eut une jeunesse mélancolique et se distingua par ses excentricités. Après avoir publié son premier recueil de poésies, il partit pour de longs voyages et en rapporta son poème de Child-Harold, qui le rendit célèbre. Accusé d être l'auteur de ses malheurs domestiques, il s'exila de nouveau, vécut en Suisse, en Italie, à Venise surtout, écrivit dès drames, Don Juan, regardé comme son chef-d'œuvre, se voua à la cause de la liberté de la Grèce et mourut à Missolonghi.

Goethe. — Le plus grand écrivain et le plus grand poète de l'Allemagne est Goethe, né à Francfort-sur-le-Mein (1749-1832). Son père, riche conseiller impérial, l'envoya étudier à Leipzig et à Strasbourg. Les ouvrages de Lessing, les entretiens de Herder exercèrent sur lui une grande influence. Il s'établit en 1775 à Weimar, où l'appelait l'amitié du duc Charles-Auguste. En 1786 et les années suivantes, il voyagea en Italie. Pendant les guerres de la Révolution, insensible pour ainsi dire aux événements qui se précipitaient, il était tout entier aux drames et aux créations de sa propre pensée. En 1794, il se lia d'étroite amitié avec Schiller, dans lequel il perdit dix ans plus tard et prématurément « la moitié de lui-même », et cette amitié féconda son génie. Sa réputation littéraire établie de bonne heure ne cessa de grandir, pendant que ses oeuvres se multipliaient. Citons le fameux roman : tes Souffrances de Werther (1773), ouvrage éloquent comme toutes les passions et non moins malfaisant; Faust, son œuvre capitale, longue tragédie philosophique et religieuse, commencée en 1790 et terminée beaucoup plus tard, reprise et achevée en 1831. Alors Faust est devenu vieux; il ne songe, après tous ses égarements, qu'à se rendre utile ; il est pardonné et enlevé au ciel par les anges.

On s'est demandé quelle futla philosophie de Goethe. Elle résulta de sa vie elle-même, et celle-ci n'eut pas d'autre maîtresse en définitive que la nature et le milieu où elle s'écoula. Goethe fit partie dans sa jeunesse et au sein de sa famille d'une petite société composée de personnes piétistes, mystiques et superstitieuses jusqu'à la sorcellerie. Cette société, en particulier la mystique Mlle de Klettenberg, ne fut pas sans influence sur la tournure que prit plus tard son esprit. On s'explique mieux ainsi le caractère de Faust. Gœthe fut initié à la chimie en cherchant comme un alchimiste du moyen âge la pierre phi— losophale. Lorsqu'il eut étudié le droit et pris ses grades à Strasbourg, il se lia avec Lavater, qui lui en imposa beaucoup, sans lui faire pourtant partager toutes ses idées. Il se sépara de Lavater en 1775 et tenta de s'entendre avec les Frères Moraves. Jusquelà l'illuminismo et le scepticisme s'étaient disputé son esprit. C'est alors que la lecture de l'Ethique de Spinosa le captiva et lui insinua le panthéisme. De ses relations avec Jacobi, naquit une vive sympathie, mais il n'en suivit pas moins une voie bien différente : le sentiment qui retenait Jacobi dans les vérités traditionnelles, poussait Gœthe vers les rêveries d'un panthéisme mystique et naturaliste. Toutefois cet « adorateur du soleil » ne lut pas un impie militant, lui qui disait à Eckermann : « Quels que soient les progrès de la culture intellectuelle, quelques développements que prennent les sciences naturelles en étendue et en profondeur, et en quelques proportions que s'agrandisse l'esprit humain, il ne dépassera jamais la hauteur et la culture morale du christianisme, tel qu'il brille et resplendit dans l'Evangile. » N'oublions pas non plus que Faust se termine par un magnifique cantique à la Vierge. (V. Caro, Philosophie de Gœthe; Rod, Essai sur Gœthe, 1898.)

Schiller, né à Marbach, dans le Wurtemberg (1759-1805), auteur de la fameuse tragédie de Guillaume Tell (1804) et de tant de poésies populaires, est le chef de l'école romantique en Allemagne. 11 vit sa vocation littéraire longtemps contrariée. Comme poète et comme philosophe, Schiller est un idéaliste passionné. C'est de là que son génie tire sa principale force; c'est par là qu'il s'est emparé de l'esprit de ses contemporains et surtout de l'âme de la jeunesse : « Là où je découvre un corps, ditil, je pressens un esprit ; là où je remarque un mouvement, je devine une pensée ». Mais cet idéalisme enflammé aboutit au naturalisme et au panthéisme. Citons encore parmi ses œuvres : ses traités d'esthétique, sur le Sublime, etc., sa vaste trilogie de Wallenstein, Marie Stuart, la Pucelle d'Orléans. Avec Gœthe, il composa les Xénies, épigrammes qui firent scandale. Schiller professa l'histoire à Iéna et il a laissé aussi quelques ouvrages historiques. La Convention lui avait décerné le titre de citoyen français.

(Pédagogie.)

Sicard (l'abbé), né au Fousseret, dans la Haute- Garonne (1742-1822), remplaça l'abbé de l'Epée dans son institution des sourds-muets (1789). Il professa la grammaire générale à l'Ecole normale (1794), entra à l'Institut dès sa création (1795), fut condamné à la déportation au 18 fructidor, mais parvint à se cacher. Il entra à l'Académie en 1803. Citons ses Eléments de grammaire générale. La plupart de ses ouvrages intéressent l'éducation des sourds-muets.

Haùy (Valentin), frère du minéralogiste de ce nom, né à Saint-Just, dans l'Oise (1745-1822), imagina, pour l'instruction des aveugles, des signes en relief et lisibles par conséquent au toucher. Obligé de quitter son établissement de Paris en 1806, il alla en fonder de semblables à Berlin et à Saint- Pétersbourg et ne rentra en France qu'en 1817. On a de lui : Essai sur V éducation des aveugles; Nouveau syllabaire.

Campari (Mmc), née à Paris (1752-1822), fut lectrice des tantes de Louis XVI et femme de chambre de Marie-Antoinette. Elle fonda un pensionnat à Saint-Germain et Bonaparte la nomma surintendante de la maison impériale d'Ecouen. Elle a laissé des ouvrages d'éducation.

Jacotot, né à Dijon (1770-1840), capitaine d'artillerie en 1792, professa à l'Ecole centrale de Dijon. Député pendant les Cent-Jours, il se réfugia en Belgique, à la Restauration, et professa la littérature française à l'université de Louvain. C'est là qu'il publia sa nouvelle méthode d'enseignement universel. On cite encore de lui des aphorismes comme celui-ci : Tout est dans tout. — Toutes les intelligences sont égales. — On peut enseigner ce qu'on ignore.

Girard (Grégoire), 'dit le Père Girard, né à Fribourg (1765-1850), cordelier, écrivit un Plan pour F éducation de la Suisse entière. 11 rendit célèbre l'école primaire de Fribourg, qui fut dissoute en 1823. Il se retira alors dans un couvent de Lucerne. Ses ouvrages intéressent l'enseignement.

Pestalozzi, né à Zurich (1746-1827), retiré à Neuhof, près de Berne, y recueillit 50 enfants abandonnés et fonda pour eux un institut pédagogique, transféré ensuite à Stanz (1798), puis à Munchsen- Buchsel, et enfin à Yverdun. Sa méthode, qui avait pour but l'exercice graduel des facultés de l'enfant, a été souvent remise en question dans ces derniers temps. Mais l'institut était tombé, faute d'administration, lorsque Pestalozzi mourut.

Bell (André-), né à Saint-André en Ecosse (1753- 1 832), fut ministre de l'église anglicane et chapelain à Madras. Il y appliqua avec succès une méthode d'enseignement mutuel qu'il avait remarquée aux

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