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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE

ce qui est en question ; le second, qui consiste à démontrer une proposition par une autre, puis celle-ci par la première ; 5° prendre leconsèquent pour F antécédent ; 6" prendre pour cause ce qui -ne l'est pas ; 7" l'interrogation captieuse, qui implique déjà uneerreur; 8° le dénombrement imparfait, sophisme que l'on commet surtout dans les dilemmes et autres raisonnements où l'on procède par disjonction, opposition, dénombrement.

Conséquence — C'est la proposition qui découle d'une ou plusieurs autres. Souvent l'erreur ne se trahit que par ses conséquences. La conséquence, c'est aussi le lien logique des prémisses avec la conclusion. Celle-ci peut être fausse en ellemême et la conséquence peut être vraie, et réciproquement. De là cette expression usitée dans les discussions : Je nie leconsèquent et la conséquence (Nego consequens et consequentiam).

Probabilité. — Le raisonnement qui n'est pas démonstratif aboutit à une probabilité plus ou moins grande. Celle-ci diffère essentiellement de la certitude, bien qu'elle s'en rapproche indéfiniment. Certaines probabilités, telles que les chances, admettent, pour ainsi dire, autant de degrés et de combinaisons que les nombres. C'est même sur cette considération que repose le calcul des probabilités, avec toutes ses applications : assurances contre l'incendie, rentes viagères, etc. On a essayé, mais vainement, d'appliquer le calcul des probabilités aux faits qui dépendent du libre arbitre. Car les lois morales qui règlent ces faits sont de tout autre nature que les lois physiques.

Démonstration. — Raisonnement qui s'appuie sur des principes certains et aboutit à une conclusion certaine. C'est la démonstration qui fait la science, de même que c'est elle qui fait la certitude. Aristote la distingue du raisonnement dialectique, qui conclut seulement d'une manière probable. La démonstration est de plusieurs sortes. Elle se fait par la raison (philosophie) ou par V autorité (théologie, histoire). Elle est absolue ou relative à tel homme, qui peut la comprendre. Elle est directe (ostensive) ou indirecte : à cette dernière se rattache la démonstration pur l'absurde, si employée en géométrie. Elle est pure, rationnelle, ou expérimentale, ou mixte ; à priori ou à posteriori; tirée de l'essence de la chose et de ses causes (propter quid) ou bien de ses effets et autres indices (quia), etc. Ces distinctions indiquent déjà quelles sont les ressource^ du philosophe et du savant en face d'une vérité à pénétrer, d'un problème à résoudre. Selon Aristote, toutes les questions qu'on peut agiter sur un objet se réduisent à quatre : Cet objet existe-t-il ? (Au sit res ?) Qu'est-ce qu'il est en lui-même? (Quidsit ?) Quelles sont ses propriétés ou ses qualités? (Qualis sit f) Quelle est sa fin et quel est son principe ? (Cur et unde sit ?) Ces questions générales embrassent, en effet, toutes les autres, et on peut leur ramener les topique* ou lieux communs dont nous avons parlé ailleurs.

Connaissance. — La connaissance est sensible ou intellectuelle. Celle-ci est abstfactive ou intuitive ou compréhensive. La première est la connaissance rationnelle que l'on a d'une chose par une autre qui est son image : ainsi nous connaissons Dieu par la créature, le nécessaire par le contingent. La seconde est la vue directe de l'objet, une intuition. La troisième est une connaissance adéquate de l'objet. — Théorie de la connaissance, explication des origines et du développement de la connaissance. Chaque système philosophique a sa théorie particulière de la connaissance ; car toute la philosophie dépend de là. Les sensualistes soutiennent que toutes les connaissances, scientifiques et autres, ne sont que des sensations

transformées. Les scolastiques établissent que toutes les connaissances viennent des sens sous ce rapport que les sens excitent l'activité de l'intelligence et lui présentent l'objet matériel, les imaginations d'où l'intellect abstrait son objet propre, qui est l'universel. Mais la cause formelle de la connaissance intellectuelle est l'intelligence, qui diffère essentiellement des sens.

Evidence — Eclat de la vérité qui emporte l'adhésion de l'esprit. On distingue l'évidence objective et l'évidence subjective, suivant qu'on la considère comme un effet de l'objet ou comme une simple affection du sujet. L'évidence subjective peut se confondre avec la certitude purement subjective et la simple conviction : elle n'est pas alors un critérium de vérité. — Vérités évidentes par elles-mêmes (note per se), vérités exprimées par un jugement analytique, où l'attribut est de l'essence du sujet. Ces vérités sont d'une évidence immédiate ou médiate, c'est-à-dire qu'elles sont des premiers principes de l'entendement (note per se et quoad nos) ou seulement des conclusions. — Evidence de l'autorité ou de la crédibilité, c'est l'évidence de la sincérité et du savoir de celui à qui on donne sa foi. C'est un axiome qu'il faut croire à l'autorité de l'évidence ou à l'évidence de l'autorité.

On établit en philosophie que le critérium suprême de la vérité ou le dernier motif de la certitude, n'est autre que l'évidence de l'objet. Aucun autre critérium, quelque important qu'il soit d'ailleurs, ne peut disputer ce premier rôle à l'évidence : ni les sens, ni la conscience, ni la foi dans la véracité de nos facultés, ni l'instinct aveugle de la nature, ni le sentiment, ni la révélation divine, ni le consentement général du genre humain, ni l'idée claire et distincte, à moins qu'on ne l'assimile à l'évidence de l'objet, ni les raisons éternelles des choses considérées dans l'esprit divin, ni les premiers principes de démonstration, etc. Les sensualistes ont voulu ériger les sens en critérium suprême ; mais le sensualisme est une erreur ; et puis ne faut-il pas que l'esprit critique les sens 1 A son tour, la conscience ne porte que sur des faits internes. La foi dans la véracité des facultés et l'instinct de la nature ne peuvent non plus fonder la science, qui est lumière et clarté. Le sentiment est obscur et varie perpétuellement : il a besoin de direction. Quant à la révélation, elle crée la foi et fonde la théologie, mais non les sciences humaines. Le consentement du genre humain n'est une autorité que sur certaines matières, qui rentrent dans son ressort : il faut d'ailleurs le reconnaître et l'interpréter au moyen de la raison individuelle. Enfin les premiers principe* ne sont si forts que par l'évidence qui leur est commune. Mais tous ces critériums secondaires ou particuliers que nous venons d'énumérer trouvent leur application et sont souvent indispensables à la raison en quête de la vérité.

Mystère. — Le mystère proprement dit n'est pas l'inconnu mais plutôt l'inconnaissable; il peut être l'objet de la révélation et de la foi, mais non de la science. On distingue les mystères de la nature, c'est-à-dire certaines vérités naturelles, certains secrets de l'univers créé qui sont au-dessus des facultés humaines, et les mystères surnaturels qui sont au-dessus de toute faculté créée. Tels sont les mystères de la sainte Trinité et de l'Incarnation.

Certitude. — Etat de l'esprit qui possède la vérité ou qui croit la posséder. Dans ce dernier cas, la certitude est subjective, c'est la conviction seulement : elle n'est pas objective, c'est-à-dire produite par l'évidence de l'objet (v. évidence). La certitude est médiate ou immédiate, elle porte sur des principes ou sur des conclusions, etc.

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