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Chapitre IV

Des Sens.

Sens — Déjà nous avons vu la place occupée par les sens parmi les facultés de l'àme (v. facultés de l'âme). Ici nous les considérerons comme facultés de connaissance, c'est-à-dire que nous parlerons des sens externe.» et interne». Nous y joindrons quelques observations sur l'instinct et certains appétits généraux. Les sens externes sont : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. Ils ont pour objet les choses extérieures. Les autres ont pour objet direct les sensations internes ; ce sont : le sens commun ou conscience sensible, l'imagination^'estimative, qui est impliquée dans l'instinct et désignée avec lui, la mémoire sensible. On distingue encore le sens musculaire, sorte de tact intérieur et confus exercé par les muscles, les organes. C'est un axiome de l'Ecole que le sens est du particulier, la raison ou l" intelligence, au contraire, de l'universel. Les sens, en effet, ne perçoivent jamais que le sensible, qui est toujours particulier, tandis que la raison a pour objet propre et direct les universaux, les généralités. C'est même là qu'il faut chercher la preuve capitale de la différence essentielle des sens et de l'intelligence: celle-ci ne peut être, quoi qu'en disent les sensualistes, une sensation transformée. Cependant, selon un autre axiome scolastique, il n'y a rien dans l'intelligence qui n'ait été d'abord dans le sans, c'est-à-dire que l'intelligence trouve, par l'abstraction, dans l'objet matériel fourni par les sens, son objet propre, les essences et les natures des choses matérielles.

Quoique inférieurs à l'intelligence, les sens n'en sont pas moins des facultés précieuses de connaissance. Ils sont infaillibles à certaines conditions qu'il apppartient à l'esprit de déterminer; car l'esprit seul est susceptible d'exercer une critique et de posséder la vérité. Ils sont faillibles en tant qu'ils provoquent certaines associations d'idées ou inclinent l'esprit à porter un jugement faux. Mais en ce qui concerne l'existence même des corps ou du monde corporel, les sens sont absolument infaillibles : les sensations ne sont explicables que par cette existence. Le doute des idéalistes est donc injustifiable. Il n'est pas possible de résoudre le monde et les sensations que nous en avons en simples idées, en éléments spirituels ou inétendus. Nous avons ici pour nous une conviction naturelle indéclinable, la disposition même des organes des sens extérieurs, qui sont évidemment disposés pour nous faire connaître le monde extérieur et non pas nos propres sensations. D'ailleurs la représentation

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