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Chapitre III

Des Anges.

Anges. — Au-dessus de ce monde sensible, où nous occupons une place par notre corps, il y a un monde purement spirituel : c'est le monde des anges. Les anges sont de purs esprits, c'est-à-dire qu'ils ont une intelligence et une volonté, naturellement supérieures aux nôtres, mais qu'ils n'ont pas de corps. La raison nous induit à admettre leur existence ; mais elle soulève ici plus de doutes qu'elle n'en peut trancher. La foi, au contraire, nous fixe

sur tous les points importants qu'il est nécessaire de savoir. Les voici. Les anges ont été créés en nombre incalculable, formant divers ordres et divers chœurs, et ils furent destinés, comme les hommes, au bonheur surnaturel. Mais beaucoup d'entre eux, avec Satan, prétendirent s'affranchir de Dieu et devenir semblables à lui. Ce péché d'orgueil fut plus tard le péché d'Adam. Il était d'autant plus criminel chez les anges qu'ils étaient plus libres et que leur intelligence est plus élevée. Les mauvais anges furent chassés du ciel. Leur influence se fait sentir souvent sur la terre, où ils excitent toutes sortes de tentations contre les âmes et de persécutions contre l'Eglise. Cette influence est contrebalancée par celle des bons anges, des anges gardiens, ministres de la grâce divine. Ce combat durera autant que. le monde présent et que le temps d'épreuve que traverse l'humanité. Mais, à la fin du monde, au jour de la résurrection des corps et du jugement dernier, Dieu séparera les bons d'avec les méchants, la cité sainte de la cité du mal, et le règne de Jésus-Christ n'aura plus de fin. (V. les Anges par Zerbi, trad. de l'italien, 1897, in-8 ; Saintrain, les Saints Anges.)

Séraphins. Chérubins, etc. — On pense que la société angélique est divisée en trois ordres, dont chacun est distribué en trois chœurs. Cette hiérarchie ou quelque autre semblable, est supposée en maint endroit de l'Ecriture. Le premier ordre comprend les Séraphins, les Chérubins et les Trimes : les premiers, remarquables par leur amour de Dieu ; les seconds, par leur connaissance des secrets divins ; les troisièmes, par leur rapprochement de la divinité. Le deuxième ordre comprend les Dominations, les Vertus et les Puissances, remarquables tour à tour par leur empire, leur force, leur règne actif sur le monde inférieur. Le troisième ordre comprend les Principautés, les Archanges et les Anges. Mais ces deux dernières dénominations sont génériques et peuvent convenir aux chœurs supérieurs. L'Ecrtiure n'adonné les noms que de trois archanges: Michel, prince de la milice céleste; Gabriel, l'ange qui annonça l'Incarnation à Daniel, puis à Marie ; Raphaël, le bienfaiteur de Tobie.

Saints. — Les anges et les âmes bienheureuses forment une même société, celle des saints ou la cité céleste. Mais on donne spécialement le nom de saints aux âmes bienheureuses et aux personnes qui ont pratiqué les vertus chrétiennes d'une manière héroïque (martyrs, confesseurs, vierges, etc.). L'Eglise rend un culte aux saints (v. canonisation) comme aux serviteurs éminents et aux amis de Dieu et elle invoque leur protection. Chaque jour elle célèbre la fête de quelqu'un d'entre eux; elle associe leurs noms dans ses litanies et les honore tous le jour de la Toussaint. Le protestantisme a combattu comme une idolâtrie ce culte qui, sagement entendu, est si juste, si naturel et utile. (V. les Vies des saints ; Mgr Méric, Les élus se rccnmiu/tr<>nt au ciel, 30e éd.; l'abbé Pioger, La Vie après la mort ou la vie future 1896, 10e éd. ;abbé Louvet, Le Purgatoire d'après les révélations des saints, 1893,3e éd.).

Patron. — Dans l'Eglise on appelle patron le saint dont on a reçu le nom au baptême comme celui d'un protecteur, ou bien celui sous le nom duquel une église est fondée. Les confréries, les villes, les pays peuvent aussi avoir leur patron. D'accord avec l'esprit chrétien, les fidèles regardent généralement la fête de leur patron comme la leur propre, ils la célèbrent de préférence au jour de leur naissance (dies nata/is). L'usage contraire existait chez les païens et renaît chez les protestants.

Démiurge. — Dans la philosophie de Platon, le démiurge (en grec ouvrier, architecte) est l'intelligence ordonnatrice des choses, qui ne fait qu'un

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