‹ Dictionnaire universel de philologie sacrée (volume 2)Chapitre 342 sur 429 · sont le même · texte numérisé non relu

sont le même

ZUZIM, Hebr. Postes, superliminaria. — Les Suzites. Ce sont des peuples qui furent défaits par ces princes d'Orient dont les rois de la Pentapole étaient tributaires. Gen. 14. 5. Chodorlahomor et reges qui erant cum eo, percusserunt Raphaïm et Zuzim cum eis : ces mots Raphaim, Zuzim et Emim, sont des noms de géants : c'est pourquoi les Septante rendent Zuzim par celui des nations fortes ; et le Chaldéen porte robustos, des hommes forts. Ainsi saint Jérôme ἃ remarqué dans ses Questions sur la Genèse, qu'il faut lire en cet endroit Robustos, in Ham, au lieu de Zuzim cum eis.

Les personnes qui connaissent ou qui ont entre les mains le dictionnaire de Leigh seront sans doute fort élonnées de ne point retrouver ici l’euvrage annoncé au frontispice même de ce livre. Nous allons en quelques mots rendre raison de celle singularité.

Sur la réputation de ce dictionnaire et ia haute opinion que nous nous en élions faite nous-même, d’après le rapport d'autrui, nous avions d’abord eu dessein d’en donner intégralement le texte, nous bornant seulement à y intercaler les articles omis et qui sont en grand nombre, et ΟὟ ajouter çà et là quelques notes rectificatives, puisées aux meilleures sources de la science moderne. Nous avions même commencé sur ce plan : mais bientôt nous nous aperçûmes sans peine que ce dictionnaire tant vanté n’était en réalité qu'une compilation indigeste de sentences, de rêveries, de fables ridicules et parfois indécentes, empruntées à des auteurs plus ou moins orthodoxes, et cousues à la suite les unes des autres sans ordre, sans méthode aucune, se répétant, se contredisant presque à chaque instant, offrant enfin un chaos étrange dont la reproduction eût fait sans doute peu d'honneur à l’Imprimerie Catholique. Nous essayämes d’abord d'y porter la lumière ; mais nous fâmes bientôt convaincu par expérience que la rectification d’un pareil texte était sans comparaison plus longue que si, refaisant en entier l’ouvrage, nous nous bornions à prendre dans celui de Leigh et à insérer dans le nôtre ce qui nous paraitrait le plus raisonnable. C’est ainsi que nous avons fait : et c’est le résultat de ce travail que nous offrons au public.

On n'y trouvera proprement rien de nouveau.

Nous avons suivi pas à pas le dictionnaire du savant Gesenius, ainsi que ie trésor du même auteur ;

avec un tel guide nous ne pouvions nous égarer. Les dictionnaires de Buxtorf, de Pagnin, de Montald, de Giraudeuu, parmi les anciens; οἱ, parmi les modernes, ceux de Winer et d’Ewald nous ont été aussi d’une très-grande utilité; et nous devons avouer que c’est à eux et à eux seuls qu’on devra attribuer tout le mérite de cet ouvrage.

Quant aux idées qui nous sont personnelles, et qui ne portent généralement que sur des étymologies nouvelles et des rapprochements plus ou moins ingénieux, nous ne les avons jamais données que comme de simples conjectures, et seulement pour appeler lattention des hommes plus savants sur un point controversé.

La marche que nous avons suivie est la même que celle du dictionnaire de Leigh ; avec cette différence notable que nous avons moins cherché à expliquer les passages obscurs et controversé:, ce qui est plutôt du ressort d'un cours d’Ecriture sainte qu’à montrer l’enchaînement et le rapport des différentes significations d’un même mot, des différents dérivés d’une même racine, des différentes racines entreelles, el à faire, pour ainsi dire, et autant qu'il a été en notre pouvoir, la philosophie de la langue sainte.

La comparaison fréquente de l’hébreu ayec les autres langues, soit de la même famille, soit de la famille indo-germanique, est aussi un point sur lequel nous avons porté toute notre atiention. Désirant, autant que possible, compléter et rendre vraiment philologique le dictionnaire de Huré, dont cet ouvrage fait partie, nous avons cru qu’il importait de ne point négliger ces rapprochements curieux, ces analogies frappantes qui, tout en faisant retenir le mot expliqué, servent souvent à en fixer le sens ou à en justifier les différentes significations. Nous avons eu de plus l'intention de prouver, chemig

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faisant, que la langue hébraïque est vraiment la mère et la source de tous les autres langages, et que c’est chez elle seule que se retrouvent encore au complet ces racines primitives, Ces mots originels qui sont disséminés dans le monde entier, et dont la forme, parfaitement en rapport avec la nature des choses exprimées, font de l’hébreu la plus philosophique, la plus simple et la plus féconde des langues.

Nous ne nous flattons pas d’avoir réussi : la difficulié de la tâche que nous nous sommes imposée el le peu de temps qui nous a été donné pour la remplir seront notre excuse légitime. Nous avons l’espérance qu'on voudra bien nous pardonner les nom: breuses imperfections de cet ouvrage, en faveur du

motif qui nous l’a fait entreprendre : car nous avons voulu être utile et contribuer, pour notre part, à répandre dans le clergé l'étude d’une langue qui devrait être la première dans notre éducation, comme elle l’a été dans celle du genre humain.

Nora. — Ne pouvant, faute de caractères, ponctuer les mots hébreux expliqués dans ce Dictionnaire, nous avons eu soin d’en donner la prononciation exacte. Par ce moyen, les personnes qui connaissent la langue pourront aisément suppléer les voyelles omises, et celles qui l'ignorent lire et prononcer l’hébreu aussi facilement que si c'était lenr propre langue.

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