‹ Dictionnaire universel de philologie sacrée (volume 2)Chapitre 343 sur 429 · NS ALEPH · texte numérisé non relu

NS ALEPH

AN

N (aleph), première lettre de l'alphabet, dont le nom, comme celni de toutes les autres lettres, est d'origine phénicienne, — 1° Dans l’ordre numérique, elle désigne l'unité, et compte mille, quand elle est surmontée de deux points : K pour TN (eleph) mille. — 2° Dans la prononciation, c’est la plus douce des gutturales ; elle répond à l’esprit doux des Grecs ou à notre ἡ muette. — 3° Dans la formation des mots, tantôt elle se retranche par simple aphérèse, comme 2 (nahhnou) pour TAN (anahhnou), nous ; tantôt elle s'ajoute, et dans ce dernier cas elle représente souvent le pronom de la première personne, dont elle n’est que l’abrégé : K pour ΣΝ (ani), moi, comme dans le futur des verbes, par exemple : Sup (ektol), moi tuer, je Luerai, pour bep ἊΝ (ani ktol); mais d’autres fois elle n'est qu’un secours euphonique qui aide à la prononciation, par éxemple : ΝΥΝ (ezroa) pour ΨΥ (z’roa), le bras. Voyez de plus amples détails sur cette lettre dans Gesenius, Instit. hebr.$.18, 48, 49, 52, 421, 430.

2x (ab), père. Malgré l’analogie frappante de signification et de forme qui existe entre ΔΝ père et Ja racine Max vouloir, ce mot n’en est pas moins un de ces mots primitifs qui n’ont et ne peuvent avoir d’autre origine que la nature même. C'est en effet le premier cri de l’enfant qui appelle son père; c’est d’ailleurs Je premier qu’il soit en état de prononcer. Il se retrouve enfin sous une forme plus ou moins semblable dans toutes les langues du monde, et c’est une nouvelle preuve que, n’appartenant proprement à aucune en particulier, il remonte à cette époque du genre humain où il n’y avait encore qu'un seul langage qu’une seule famille,

2N a plusieurs aut'es significations, mais ces significations ressortent toutes de la première et fondamentale, celle de père, dont les différentes attributions ou qualités ont donné lieu à autant d’ac« ceplions différentes. Nous remarquons en effet du père à l'enfant trois relations principales : 4° il lui donne l’origine; 2° il l'élève, ce qui comprend lalimentalion du corps, l'instruction de l'esprit et la direction du cœur; 3° enfin il le gouverne et en est le maître naturel et absolu. De là les Hébreux ont donné et appliqué le nom de père à tous ceux qui participent plus ou moins à ces divers rapports : ainsi, 1° aux ancêtres, à quelque degré qu’ils puissént être, TRois, xv, 11; IL Rois, χιν, 3. — 2° A l'inventeur d’un art, d’une science nouvelle ; au fondateur d’une nouvelle patrie, Gen. ιν, 21, x, 24, xvir, 4; Jos. xx1v, 3. — 3° Au bienfaiteur qui nourrit et soutient, Job. xx, 16; Ps. zxvur, 6; Is. xxn, 21. — 4° Au maître qui instruit, Sam. x, 12; aux prêtres et aux prophètes révélateurs d’une doctrine céleste, Jud. xvn, 10. — 59 Au ministre qui éclaire et conseille les rois, Gen. xLV, 8. -— 6° Poétiquement à toutes les nécessités qui maîtrisent, comme dans ce passage de Job, xvir, 14 : FIN IN NN D nnwb J'ai dit au sépulcre : Tu es mon père. — 7° Enfin celui qui possède une qualité quelconque en est appelé le père chez les Arabes et les Ethiopiens ; mais ce sens en hébreu ne se retrouve que dans les noms propres composés, comme δον a (abi-elbon), père de la force, c’est-à-dire fort, vigoureux. On en verra plus bas un grand nombre d'exemples.

an (ib.), m, C’est proprement la première pousse,

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la première apparition du bourgeon naissant: c'est ensuite, et par métonymie, ce vert léger et tendre, cette couleur amoureuse qui embellit la nature aux premiers rayons du printemps. Ce mot se dit spécialement de l'herbe, comme dans ce passage de Job, vu, 19 : SNA ἽΣ ΤῊΝ Le gazon est encore vert. Can. vi, 41. Quelques auteurs le confondent avec le suivant.

ἊΝ (eb), chald., fruit nouveau, fruit prématuré, Ou, comme nous dirions en français, fruit de primeur. Avec un suffixe, il prend la forme N2x (ibba), plus souvent NAN (inba), ou ax (xbah), par la propriété singulière qu'a le chaldéen de résoudre le dagesch fort en noun. Mais cette variation dans la forme ne change rien à la s'gnification radicale, dont le fond, dont l’idée dominante est celle de jeunesse, de fraicheur, de beauté. 2N (eb) ἃ passé dans le grec, et ἃ formé ἤδη, jeunesse, ainsi que le nom de la déesse qui, selon les théogonies poétiques de la Grèce, préside au plus bel âge de la vie.

22N (abab), inusité dans la langue hébraïque, mais dont le sens primitif peut être facilement connu par les secours que nous offre l’analogie. En comparant en effet cette racine, soit avec les racines homogènes MN (abah),ila voulu, 2 Ν᾽ (iaab),il a désiré, 2x (ahab), il ἃ aimé, qui toutes se réduisent, comme la première, par le retranchement des leltres sarajoutées (Gesen. Gram. hebr., $ 30) à la monosyllabique ΔΝ, soit avec les dérivés connus et usilés 2N, 272% (Voyez ci-après), il est très-probable que 22x dut exprimer primitivement le premier désir, la première tendance de la nature à la reproduction, le premier effort de son activité féconde, enfin le fruit naissant de son premier amour. Et tel est à peu près le sens que nous retrouvons encore à cette racine, conservée dans le chaldéen : 22x (abbeb), il ἃ poussé les premiers fruits.

Nnias (abagta). C’est le nom d’un des eunuques d’Assuérus, roi des Perses, Esth. 1, 10. Ce mot, étranger par sa forme, paraît venir de deux racines censervées dans la langue hébraïque, savoir: ΔΝ (ab) père, chef, préfet; et 22 (bag) qui est le nom générique de toul ce que l'or mange. Kn°2x est donc plutôt un nom honorifique qu'un nom véritablement appellatif : il signifie celui qui est prépose aux cuisines; c’est propreirent ce que nous appelons, dans nos langues modernes, un maître d'hôtel, magister culinarum.

F2N (abad), fut. Tan? (iobad). Ce verbe en kal ἃ trois sens bien distincts, mais qui se rattachent les uus aux autres par une liaison logique. ΠῚ signifie d'abord et avant tout : s’égarer, se perdre, comme la brebis loin de son troupeau, Ps. cxix, 476; comme le voyageur au milieu du désert, Is. xxvii, 13; Deut. xxvi, 5; comme le fleuve dans les flancs entr'ouverts de la terre, Job vi, 18. Mais parce que celui qui s’égare court bien souvent à une perte assurée, Tan signifie encore : périr, mourir misérablement, Ps. xxxvn, 20. Enfin, parce que la misère physique ou morale équivaut à une mort anticipée, var les maux sans nombre qu’elie traîne après elle,

ἼΠΝ signifie en dernier lieu, être pauvre, malheureux, misérable, Job xxix, 43; χχχι, 19 ; Prov. Xxx1, 6.

ἸῺΝ (obed), πὶ. part. et nom verb. 4° Misérable, infortuné. — 2° La perdition, la mort, Nomb. xxiv, 20 ; Ps: cxix, 176.

12% (abedak), fém. 1° Un objet perdu, égaré, Ex. xx11, δ: Lev. v, 22; Deut. xx, 5. — 59. Un lieu de perdition, un abîme, où celui qui y tombe est englouti sans retour, Prov. xxvn, 20. .

NTAN (abaddon), m. 10 Extermination, Job ΧΧΧΙ, 12. — 2 Lieu d’extermination, le gouffre infernal, Job xxvir, 22; Prov. xv. 11.

TTAN (abdan), m. pour TTaN (abb'dan), la ruine, le carnage que font par exemple les vainqueurs, Esth. ix, ὃ : C’est le sens actif,

Tran (obdan) ἃ la même signification, mais dans le sens passif; c'est le carnage par exemple qu'éprouvent les vaincus, Esth. vur, 6.

an (abah), fut. ant (iobeh). Ce verbe signifie proprement aspirer, et se rattache, autant par sa forme que par sa siguification, aux diverses racines homogènes FIN, ΖΝ), ΔΝ, ΞΠΝ, 227 qui toutes expriment une tendance, une inclination, un désir plus ou moins marqué, plus on moins réalisé. De ce sens propre et primilif en découlent deux autres : 4° il ἃ été enclin, il a eu de l’inclination, par conséquent : ila voulu; c’est le plus ordinaire dans l’Ecriture, où il se rencontre généralement accompagné de la négation, Exod. x, 25, Lev. xxv1, 24, Il Sam. χπὶ, 14. — 9911 a désiré, mais de ce désir d’envie et de Convoitise si fréquent chez celui qui n’a pas, par conséquent il ἃ été pauvre, il a été misérable.

Nota. 11 est un fait bien remarquable, c’est qu'en arabe le verbe correspondant à la racine qui nous occupe en exprime précisément le sens contraire : ΠΝ arabe, il a refusé, il a eu du dégoût. Mais cette anomalie

‘apparente trouve facilement son explication. Le verbe

nan signifie proprement aspirer ; or on peut aspirer, soil à s'approcher d’un objet, soit à s’en éloigner ; de

ces de:x manières de voir, l’hébreu ἃ choisi la pre-

mière; l'arabe s’est attaché à la seconde; et tous deux, en partant du même point, sont arrivés, par des voies opposées, à donner à un même mot uné signification contradictoire.

nan (ebeh), volonté, désir. Ce mot ne se rencontre qu'une seule fois dans Job 1x, 26, et ce passage est des plus difficiles à entendre : ΠΝ ΤῸΝ OY Symmaque traduit : Avec les barques de désirs; la paraphrase chaldaïque et saini Jérôme : Aves des vaisseaux chargés de fruits et dont os accélère la marche, par conséquent, très-rapides. Un certain nombre de manuscrits substituent à 2x la leçon F8 et le sens est: des vaisseaux ennemis, des vaisseaux de pirates, dont l'audace et la célérité sont le principal caractère. Enfin le savant Gesenius traduit avec le plus de raison, selon nous : des barques faites de papyrus. On sait que le papyrus, sorte de roseau qui croft sur les bords du Nil, servait aux Égyptiens et aux Ethiv-

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piens et sert encore aujourd’hui aux Arabes dans la construction de leurs barques, Pline, Hist. nat. vx, 99 ; Theophraste, His!. nat. 1v, 19 ; Léon de Laborde Comm. sur l'Ex. n, 3. Or ΠΝ peut très-bien désigner un roseau et par suite le papyrus. Nous avons vu en effet que la racine FAN signifiait en arabe avoir du dégoût; de celte signification à celle de la cause qui produit le dégoût il n’y a-qu'un pas : ΠΝ a donc pu être appliqué à un marais, à des eaux marécageuses, et, par mélonymie, aux plantes qui y croissent, aux roseaux, el enfin au papyrus. Ce que l'induction nous révèle, l'arabe vient le confirmer ; car le mot équivalent signifie en effet dans cette langue un roseau, et particulièrement le papyrus.

"An (aboi), pauvreté, misère. Quelques-uns regardent ce mot comme une exclamation de douleur, Prov. xxnit, 29.

DYAN (ebous), de D2N, le lieu où l’on engraisse les troupeaux ; en général le bercail, l’étable, Job xxxix, 9; Prov. x1v, 4.

naN:(abahh), racine inusitée en hébreu, et dont il est assez dilficile de retrouver le premier sens. Selon Gesenius elle aurait la même signification qu’en arabe : il ἃ réprimandé, il a menacé; cpinion probable, sans doute, mais dont il n’est pas possible d'éprouver la vérité.

"nan (abhhah) est le seul dérivé mentionné dans la Bible ; encore ilne l’est qu'une seule fois, ΕΖ. xx, 20. Aussi les commentateurs ne s’accordent-ils pas sur-sa véritable signification. Nous croyons volontiers, avec le savant Gesenius , que le texte d'Ezéchiel paraît en cet endroït défectueux, δὲ qu’au lieu de 2-1 max il faudrait jire 2" ΤΩ mactatio gladii, le carnage que fait le glaive ; sens très-clair que confirment encore les traductions du chaldéen et des Seplante ; ces derniers traduisent σφραγία ἑομφαίας.

ΣΝ (abattihhim), m. pl., melons, concombres.

Voyez la racine ΠΩΣ (batahh), à laquelle se rapporte logiquement ce mot.

Y2N (abi), interj., hélas! à ciel! plût à Dieu! Job. xxx1v, ὅθ. Le savant M. Drach pense, avec saint Jérôme, qu'il faut traduire ainsi ce passage: Mon père! éprouvez Job, comme nous dirions vulgairement en français: Mon Dieu! éprouvez Job. (Gesen. Lex. Hebr.)

Y2N (abi), père, nom propre de la mère d'Ezéchias, H Rois, xvu, 2, qui est appelée ailleurs ΤῚΣ Ν (abüah), H Par. xxx, 1.

ΤΣ tan (abi-albon), père de la force, c’est-à-dire fort, robuste (Voyez 2 7°), nom d’un des guerriers de David, I Sam. xxim, 31; il est appelé brin 1 Bar. σι, 32.

ὌΝΩΝ (abiel), même signification que le précédent, nom propre : 1° Le même que gap an Fa | Par. x1,32.—29 Aïeul du roi Saül, ESam.1x, 1; x1v, d1.

ΡΝ ΩΝ (abiasaph), père de ia collecte, c’est-à-dire collecteur, nom propre d’un lévite de la famille de Coré, Ez. vi, 24. C'est le même qui est appelé FDY2N (ebiasayh), 1 Par. 1x, 19,

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