‹ Dictionnaire universel de philologie sacrée (volume 2)Chapitre 90 sur 429 · TOP · texte numérisé non relu

TOP

Vous ne tondrez point les premiers-nés de vos moutons : Il les fallait offrir à Dieu tels qu'ils étaient.

2° Couper. Levit. 19.9. Non tondebis (ἔχϑερίζειν) usque ad solum superficiem terræ :

Lorsque vous ferez la moisson dans vos champs, vous ne couperez point jusqu’au pied ce qui sera crû sur la terre. Voy. Su- PERFICIES.

TONDENS, Tis ; χείρων.--- Celui qui tond les brebis. Isa. 53.7. Sicut agnus coram tondente se, sine voce, sic non aperuit os suum: I n'a point ouvertla bouche non plus qu’un agneau qui demeure muet devant celui qui le tond :

Ceci est pris d'Isaïe qui décrit plutôt qu'il ne prédit la passion de Notre-Seigneur.

TONSA, Æ ; χεχαρμένη. — Du supin fonsum.

Une brebis nouvellement tôndue. Cantic.

k,. 2. Dentes lui sicut greses tonsarum, quæ ascenderunt de lavacro : Vos dents sont égales, très-blanches et bien arrangées, comme sont des troupeaux de brebis nouvellement tondues, et qui sortent du bain : C’est la coutume desOrientaux de louer dans les épouses toutes les parties du corps qui paraissent.

TONSIO, nis; χουρά, às. — 1° L'action de tondre, la tonture des brebis. Deut. 18. 4.

Dabunt sacerdoti lanarum partem ex ovium tonsione : Ils donneront aux prêtres une partie des laines, lorsqu'ils feront tondre leurs brebis.

2% L'action de couper, ou moissonner l’herbe. Amos.7. 1. Ecce serotinus post tonsionem regis : Les pluies du printemps firent repousser l'herbe après avoir été coupée par le roi, ce qui se dit métlaphoriquement, après que Bénadad, roi de Syrie, eut ravagé le royaume d'Israël, et qu'il en eut comme coupé l'herbe, emportant tout ce qu’il y avait de pius beau. Le prophète vit les secondes pluies, qui sont celles du printemps, tomber sur celte herbe et la faire repousser ; ce qui marquait le rétablissement du royaume des dix tribus par Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël : mais lorsqu'il semblait refleurir, l’armée de Phul, roi d’Assyrie, comparée à cette grande mullitude de sauterelles, ruina de nouveau tout le pays.

TONSOR, 15; χουρεύς. — 15 Barbier, qui tond, ou qui rase. Judic. 16. 19. Vocavitque tonsorem, et rasit septem crines ejus : Dalila fit venir un barbier, et lui fit raser les sept touffes des cheveux de Samson.

2° Tondeur, qui tond les brebis. 1. Reg. ἢ

25. 11. Tollam ergo panes meos et carnes pecorum quæ occidi tonsoribus {zeipwv) mets, et dabo viris quos nescio unde sint ? Quoi, j'irai prendre mon pain et mon eau, et la chair des bêtes que j'ai fait tuer, pour ceux qui tondent mes brebis, pour les donner à des gens que je ne connais point? Gen. 38. 12.

TOPARCHIA, ἃ ;—De roros,locus,et α᾽ ἀρχή, imperium; d'où vient, τοπάρχής, Seigneur, ou gouverneur d’an lieu ou d'une contrée ; et Toparchia, gouvernement d’un lieu ou d’une contrée de pays; dans l'Ecriture :

Une ville avec ses dépendances, une contrée. 4. Mach. 11. 28. Postulavit Jonathas a rege ut immunem faceret Judæam,. et tres To«

parchias (νόμοι, præfecturæ) : Jonathas pria le roi d’exempter la Judée et les trois villes qui avaient été ajoutées à la Judée par Antiochus où Plolémée. c. 10. v. 30. 38. Tres civitates que additæ sunt Judææ ex regione Samarie, cum Judæareputentur : Elles sontnommées, c. 11. 3%. Lydda, Ramatha, et la troisième Aphæréma, selon le Grec.

TOPAZIUS, τὶ; τοπάζιον, neut. — Topäze, pierre précieuse, prend ce nom de l'ile dont on l’apporte dans la mer Roage, laquelle est nommée dans l'Ecriture, Pas, Opas, Topas.

Celle pierre précieuse est très-exquise, Ps.

118. 127. Dilexi mandala lux super aurum et topizion: J'ai aimé vos commandements plus que l'or et que la topaze : Elle était employée pour servir d'ornement au rational du grand prêtre, Exod. 28. 17. et sert à représenter l'Eglise triomphante. Apoc. 21.90.

Le roi de Tyr l’employait pour son luxe, Ezech. 98. 13. Mais la topaze la plus excellente venait d’Ethiopic. Job. 28. 19. Non adœquabitur ei topazius de Æthiopia : Le mot d'Ethiopie se prend quelquefois pour l'Arabie où est la mer Rouge.

TOPHET. — Ce mot qui vient de l'Hébreu MN (T'oph), tympanum, signifie dans l'Ecr.

1° Une vallée agréable près de Jérusalem, arrosée des eaux du fleave Siloë, où les Juifs faisaient des sacrifices à Moloch, et brûtaient en son honneur leurs enfants, Ps. 195. 87.

Immolaverunt filios suos et filias suas dæmoniis: Ce qui ἃ donné le nom de Tophet à ce lieu, c’est que les prêtres battaient des tambours, afin que ce grand bruit empéchât les parents d'entendre les cris de l'enfant qui éläit consumé par le feu entre les bras de celte idole. Jer. 7. 31. Ædificaverunt excelsa Tophet que est in valle filii Ennom, ut incenderent filios suos et filias suas igni : Is ont bâli des temples dans le lieu appelé Tophet, qui est dans la valiée des enfants d'Ennom, pour y brû er leurs enfants. Il semble que Moloch et Baal ne soient que la même divinilé, Jer. 32.35. Ædificaverunt excelsa Baal, quæ sunt in valle filii Ennom, ut initiarent filios suos et filias suas Moloch : Josias rendit celieu souillé et profané, afin qu’on n'y fit plus Jes sacrifices détestables à l'idole de Β τὰ], et le remplit de corps morts. k. Res. 23. 10.

Contaminavit quoque Tophet. quod estin convalle filii Ennom. Et Jérémie prédit que ce lieu ne serait plus appelé Tophet, ou la Vallée des enfants d'Ennom, mais une vallée de carnage, à cause du grand nombre de Juifs qui devaient y être tués par les Chaldéens. Jer, 7. 31. c. 19. v. 6. 11. 12. 13. Non vocabitur ampliuslocusiste Tophet, et vallis filit Ennom, sed vallis occisionis… et in Tophet sepelientur.

2° L'enfer, et le supplice où les méchants seront tourmentés éternellement. Isa. 30. 33. Præparata est ab heri Tophet : 1 y à déjà Jonglemps que Tophet ἃ été préparée : Cette vallée est aussi appelée Ge Hennom, c'est-àdire, la vallée des enfants d'Ennom ;: et de là est venu le mot gelenna, pour marquer le feu d'enfer, à l'initation du nom de ceite vallée, où l'on brülait les enfants. En cet endroit, après que le Prophète ἃ tracé une image

terrible du jugement dernier, il y joint celle de l'enfer, qu'il appelle Tophet.

TORCULAR, 15 ; ἡ ληνός. — Ce mot vient de {orquere, parce qüe le pressoif se tourne.

1° Un pressoir, machine avec quoi l’on presse la vendange, ou les olives. Matth. 21. 33. Foditin ea torcular : I y fitun pressoir : Les anciens creusaient sous le pressoir des fosses pour y recevoir le vin qui coulait du pressoir. Le mot forcular comprend toutes les parties du pressoir : Ainsi on dit, creuser, Fodere torcular, parce qu’on creûse la terre pour en faire le réservoir. Isa. 5. 2.

Forcular (προλήνιον) exstrurit in ea: Héb. Cat- 58}, exeidit; Gr. ὥρυξε; fodit. Voy. Lacos.

Aug, 2. 17. Cum intraretis ad torcular (ὑπο-λήνιον) ut eæprimerelis quinquaginta lagenas, οἱ ficbant viginti : Lorsque vous veniez au pressoir pour en rapporter cinquante vaisseaux pleins de vin, vous n’en retiriez que vingt; parce que vous négligiez le culte qui m'est dû. Isa. 16. 10. c 63. 2.

Ces phrases figurées viennent de ce mot:

Torcular plenui esse,exuberare; sc.botris:

Le pressoir regorge de raisins; potir marquer le grand nombre de pécheurs qu’il faut punir comme l’on écrase les raisins. Joel. 3. 13. Plenum est torcular, exuberant torcularia : Le supplice des méchants est représenté ici sous la figure des raisins ; ce qui marque qu'ils seront éternellement comme écrasés el foulés aux pieds par les démons, comme les raisins le sont dans les cuves et dans le pressoir. Voy. MEssis.

Replere torcular : Remplir le pressoir de raisins; c’est faire la vendange, et recueillir les raisins pour les mettre däns le pressoir : ce qui s'entend mélaphoriquement de ceux qui, par la lecture des livres saints, en recüeillent plusieurs maximes qu'ils publient ensuite. Eccli. 33. 17. Quasi qui vindemiat, replevi torcular : J'ai rempli le préssoir comme celui qui vendange : Jésus, fils de Sirach, auteur de l'Ecclésiastique, se considère à l'égard des prophètes, commie un humble disciple, qui ne faisait que ramässer les grains après ceux qui faisaient vendange. Quasi qui colligit acinos post vindemiatores. Néanmoins eyant espéré efi la bénédiction de Dieu, au lieu des grains qu’il recucillait, il a rempli les pressoirs G’un vin excelient, en donnant au monde un ouvrage Si divin.

2 Le lieu où est le pressoir. Judic: 6: ff.

Cum Gedeon excuteret atque purgaret frumenta in torculari : Gédéon était occupé à baltre le b'é dans le pressoir; c'est à-dire, daus le lieu où le pressoir était dressé.

3 Les raisins qui sont foulés dans le pressoir. 2. Esdr. 13. 15. {n diebus tllis, vidi in Juda calcantes torcularia in Sabbato : le vis en ce temps-là des gens qui fouläient les raisins dans le pressoir au jour dü sabbat.

Job. 2%. 11, γον, MEriprani.

De cette signification vient celle expression mélaphorique ;

Calcare alieur torcular : Perdre quelqu'un el l'écraser éomme on fait le raisin dans le

cn mm τος, κ,ταμουσασισ. σαθδκυδα. και

pressoir. Isa. 63. 3. Torcular calcavi solus : Pai 66 seul à fouler le vin ; je les ai foulés dans ma fureur : ce qui est aussi, Apoc. 19.

15. Ipse calcat torcular vini furoris iræ Dei omnipotentis : C'est lui qui foule la cuve du vin mortel de la colère de Dieu : ce qui marque les supplices éternels des méchants.

Voy. Cazcare. Ainsi, Thren. 4. 15. Torcular calcavit Dominus virgini filiæe Juda. Voy.

Carcare. L'Ecrilure compare les plus grands supplices au pressoir, parce que les raisins y sont fouiés, sans qu'il y demeure même presque aucun grain.

Colligere fruges de area et torculari : Recueillir de l'aire et du pressoir les fruits ; c’est à-dire, le blé de l'aire, et le vin des raisins qui se foulent dans le pressoir. Deut.

16.13. Solemnitatem tubernaculorum celebrabis per septem dies, quando collegeris de area et dé torculari fruges tuas : Après la récolle du blé et du vin.

ke Le vin qui coule des raisins foulés dans le pressoir. Num. 18. v. 27. 30. Si præclara et meliora quœque obtuleritis ex decimis, reputabitur vobis quasi de area et torculari dederitis primilias : Si vous offrez ce qu'il y aura dans les dimes de plus précieux ct de meilleur, il sera considéré comme les prémices que vous auriez données de votre blé et de votre vin. Deut. 15. 14. 4. Reg. 6. 25.

Ainsi , Ose. 9.2. Area et lorcular non pascet eos : 115 n'auront ni blé ni vin pour se nourrir.

& La vendange, ou le temps de la vendange. Ps. 8. 1. Ps. 83. 1. Pro torcularibus; Pour les pressoirs; c’est-à-dire, pour le (temps des vendanges, auquel on foule le vin dans les pressoirs. David ayant composé ces psaumes pour étre chantés dans ce temps-là :

mais, selon d’autres, ces paroles qui servent de titre à ces deux psaumes, ne signifient autre chose qu’un air ou un instrument, sur lequel David voulait qu'ils fussent chantés ; et les Hébreux croieut que cet instrument est venu de la ville de Geth; parce qu'il se dit en Hébreu, Githith : Les Septante, en changeant 105 points, ont lu Gothoth, de Gath, torcular ; mais l’on peut dire en général qu’il n’y ἃ rien de moins certain que le vrai sens de tous les titres des psaumes.

6° Cuye ou cave où l’on met le vin.

D'où viennent ces façons de parler :

Vino torcularia redundare : Pour marquer une grande abondauce de biens. Prov. 3. 10.

Implebuñtur horrea tua saturitate, et vino torcularia tua redundabunt : Vos cuves el vos telliers regorgeront de blé et de vin : Dieu comble de ses biens ceux qui ont soin de lui en rendre des actions de grâces. Joel. 2. 24.

Auferre vinum de torcularibus : Retirer le vin des pressoirs ou des cuves; c’est ôter toule la joie de la campagne, qui paraît surtout dans l’abondance du vin. Jerem. 48. 33.

Vinum de torcularibus sustuli.

7° Nom de lieu. Judic. 7. 25. Interfecit Zeb ὧν torculari Zeb : Il tua Zeb au pressoir de Zeb; Chald. Zn planitie ; Quelques-uns croient

que c'était une vallée qui ressemblait à un pressoir; mais rien n'empêche que ce ne fût le lieu même où Zeb avait son pressoir.

Zach. 14. 10. À turre Hananeel usque ad torcularia ᾿ὑπολήνιον) Regis : Jérusalem sera habitée depuis la tour d'Hananéel jusqu'aux pressoirs du roi : Ces pressoirs étaient sur le mout de Sion; c’est-à-dire, que Jérusalem aurait la même enceinte qu'elle a eue autrefois.

TORMENTUM, 1: βάσανος, βασανισμός. — Ce mol, qui vient de forquere, signifie, lorture, gêne, tourment, pièce d'artillerie : il se rend ordinairement en Grec par celui de βάσανος, qui signifie proprement, gêne, torture, telle qu'est celle de ceux qu’on met sur le chevalet.

1° Tourment, supplice que l’on souffre pour ses crimes. Apoc. 18. v. 7. 10.15. Quuntum olorificavit se et in deliciis fuit, tantum date illi tormentum : Multipliez ses tourments et ses douleurs, à proportion qu'elle s'est élevée dans son orgueil, et qu’elle s'est plongée dans les délices : Cela se dit de la grande Babylone; c’est-à-dire, de V'idolâtrie et de l'impiété de tous les méchants. Sap. 6.7. Potentes potenter tormentu ( σγεπάζεσθαι, Exuminari) palientur : Les puissants seront lourmentés puissamment. ο. 11. v. 10. 14. Cum audirent per suc tormenta (ar) bene secum (i. e. cum illis) agi : Les Egyptiens ayant appris que ce qui avait fait leur tourment était un bien pour les autres. c. 14. 10. Quod factum est cum illo qui fecit, tormenta patietur : L'ouvrage souffrira la même peine que louvrier qui l'a fait; l'idole sera exterminée ; autr. V'usage qu’on en aura fait sera puni, aussi bien que l’ouvrier au’il l’a formé. c.

Page 1