‹ Dictionnaire universel de philologie sacréeChapitre 105 sur 259 · ATT · texte numérisé non relu

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seront point non plus croître leurs cheveux, mais ils auront soin de les couper de temps en temps pour les tenir courts.

Quelques-ans croient vraisemblablement que celle défense de se couper les cheveux en rond) n'a été l'aile aux Juifs que pour les empêcher d'imiter ce que faisaient les païens aux funérailles de leurs parents ou amis, qui non-seulement se coupaient ou s'arrachaient les cheveux el la barbe, mais se les coupaient pour les offrir aux défunts, par superstition, en les jetant sur le visage ou sur le sépulcre du mort ; c'est ce qu'on croit qui est précisément défendu par la Loi du Lévitiquc, 19, 27. comparé avec l'endroit du Deul. 14. 1. puisque d'ailleurs il paraît que les Juifs se coupaient ou s'arrachaient les cheveux aux funérailles de leurs proches, ce qu'on peut inférer de ce que dit Jer. 16. 6. el de ce que les prophètes, en prédisant aux Juifs les malheurs qui devaient leur arriver, les exhortent à se couper les cheveux, Jer. 7. 29. Mien. 1. 16. Ezech. 7. 18. el ailleurs ; plusieurs néanmoins croient que les Juifs agissaient en cela contre la Loi du Lévilique et du Deutéronome,

2°Tailleren pièces, extertniner(oi«uxÉ»£tv). Nahum. 1. 12. Sic quoque attondentur : Ils tomberont comme les cheveux sous le rasoir; ceci s'entend des gens de Sennachérib qui furent tués par un ange, au nombre de 185,000.

ATTONITÏÏS, a, cm. Cet adjectif vient du verbe tono, parce qu'un foudre qui tombe proche nous, et le bruit prochain des tonnerres, jettent de l'élonnement, elsigniGe proprement, étonné; dans l'Ecriture, étonné, qui est dans la crainte et la frayeur (iÇîuTocaôat). Ezech. 26. 16. Attoniti super repenlino casu tuo admirabuntur : Tous les princes de la mer étant remplis de frayeur seront frappés d'un profond élonuement de voire chute si soudaine. Le Prophète parle de l'effet que la destruction entière de Tyr devait faire sur l'esprit des princes ses voisins. De ce mot vient celte phrase ;

ATTONITI OCULI, — 1° Yeux égarés, qui marquent un esprit superbe. Job. 15. 12. Quasi magna cogitans attonilos habcs oculos? Hebr. et Gr. quid innuunt oculi tui ? Pourquoi l'égarement de vos yeux témoigne-t-il l'orgueil de vos pensées (Inrçtfspeiv)? — 2° Yeux fixes et arrêtés (oTu/sîÇetv ôySa'Apioùj , firmare oculos). Prov. 16.30. Qui atlonilis oculis cogitât prava : Celui qui pense à de noirs desseins avec un œil fixe, exécute en mordant lies lèvres : Hebr. avec des yeux fermés, pour méditer avec plus d'attention sur ses mauvais desseins. Ceci est la description d'un méchant homme, qui, ayant résolu de faire une méchante action, l'exécute avec une audace et une résolution qui paraissent sur son visage.

ATTRAHERE, !>xûecv. Ce verbe vient d'arf et de traltere, et signifie proprement :

Tirera soi, attirer. Tob. 6. k. Altraxit eum in siccum: Tobie lira ce poisson sur la terre; ce fut du foie de ce poisson qu'il mil sur les charbons, pour chasser le démon de sa

chambre, la première nuit qu'il fut avec Sara, sa femme.

Phrases tirées de celte signification.

A 1 1 îiAin ni. sriniTUM ou ventum. — 1° Respirer. Ps. 118. 131. Os meum aperui et attraxi spiritum, quia mandata tua desiderabam : L'ardeur que j'ai pour votre loi , m'oblige de respirer l'air de temps en temps. 2' Respirer après la jouissance de l'objet d'une passion brutale (nveviiarofopûv). Jerem. 2. 24. Onager assuetus in solitudine prœ desiderio animœ suœ atlraxit ventum amoris sui : Jérusalem est un âne sauvage accoutumé à vivre dans le désert, qui', sentant de loin ce qu'il aime, court après avec ardeur, sans que rien l'en puisse délourner. Le Prophète marque comme les Juifs s'abandonnaient aveuglément à l'impiété et à la corruption de leur cœur.

§ 1. Faire approcher, attirer, faire venir à soi. Jerem. 31. 3. In charitate perpétua dilexi te, ideo attraxi te miserons : Je vous ai aimée d'un amour éternel. Dieu témoigne aux Juifs qu'il ne les a jamais abandonnés, mais qu'il les a toujours aimés, lors même qu'il les a châtiés, ses châtiments élant un pur effet de sa miséricorde. Ps. 9. 31.

§ 2. Attirer sur soi, se procurer quelque mal. Eccli. 28. 23. Beatus qui non attraxit jugum illius : Heureux celui qui n'a point attiré sur lui le joug de la langue maligne.

ATTRECTARE , fAayefv. Toucher , manier : dans l'Ecriture, — 1° Tâter avec la main, chercher à tâtons. Gen. 27. 12. Si attrectaverit me paler meus : Esaii a le corps velu, et moi je n'ai point de poil ; si donc mon père vient à me tâter, répond Jacob à Rebecca, sur ce qu'elle lui conseille de prendre des moyens pour obtenir la bénédiction de son père, au lieu d'Esaù. Isa. 59. 12. — 2° Trouver comme avec la main, ce qui se dit de la connaissance de Dieu par les créatures. Act. 17. 27. Quœrere Deum si forte attreclent eum : Dieu a donné aux hommes toute l'étendue de la terre pour demeure.... afin qu'ils le cherchassent et qu'ils tâchassent de le trouver comme avec la main et à tâtons, c'est-à-dire de le connaître par les créatures, comme on tâche au milieu des ténèbres de découvrir à talons ce que l'on cherche.

ATTR1RUTUS, a, dm, attribué à quelqu'un, qui lui est imputé, comme en disant qu'il en est l'auteur ou la cause; donné, ou destiné à quelqu'un comme sa part : dans l'Ecriture, — 1° Donné, attribué. Num. 36. 12. Possessio quœ illis fueral attributa, mansit in Tribu et familia patris eorum : Les filles de Salphaad ayant épousé les fils de leur oncle, le biep. qui leur avait été donné demeura dans 1; tribu et dans la famille de leur père. — ■ 2° Destiné pour quelqu'un, né pour lui api partenir (âtavi^siv). Deut. 29. 26 Servie- • runt diis alienis et adoraverunt eos quos nesciebant, et quibus non fuerant allributi : Parce qu'ils onl servi et adoré des dieux étrangers qui leur étaient inconnus, et au culte desquels ils n'avaient point été desti-»

Idi.ilONNAlKt; DE rllll.Ol.OCIK SACREE.

nus, la fureur du Seigneur s'rst allumée contre eux ; Gr. dont ils n'avaient jamais reçu aucun bien. Moïse témoigne ici la sévérilé effroyable avec laquelle Dieu punira ceux qui auront quitté son culte.

AVAH, Heb. Jniquitas, pays de l'Arabie Désorte, dont le roi des Assyriens s'était rendu maître, et en avait fait venir les habitants a Samarie. h. Reg. 17. 2V. c. 18. 34. c. 19. 13. Isa. 37. 18. On croit que c'étaient ces anciens habitants de la Palestine Hevéens, qui en ayant été chassés par les Cappadociens, s'étaient réfugiés en Arabie. Ces Cappadociens demeuraient le long de la côte de la mer, depuis Gaza jusqu'à l'Egypte. Deut. 2. 23. Voy. Hev.ïi.

AVARE, par avarice, avec un esprit d'avarice, avec; une passion déréglée pour le bien, pour les richesses (irXtovsÇia). Job. 27. 8. Si avare rapiat, et non tiberet Deus animamejus : Quelle est l'espérance de l'hypocrite, s'il ravit le bien d'autrui par son avarice, et si Dieu ne délivre point son âme ? Eccli. 22. 27. Principes cjus in medio illius quasi lupi rapientes... et tut perdendas animas, et avare ad sectanda lucra : Les princes de la terre d'Israël élaient au milieu d'elle comme des loups toujours attentifs à perdre les âmes, et à chercher leur gain de tous côtés, pour satisfaire leur avarice, c. 22. 12.

AVARITIA, x,, irUo-Jzçia. Avarice, passion déréglée pour le bien, pour les richesses : dans l'Ecriture :

1° Avarice, désir excessif d'acquérir ou de conserver du bien. Luc. 12. lo. Cavete ab omni avaritia : Ayez soin de vous bien garder de toute avarice. Ici Jésus-Christ entend par avarice, non-seulement le désir d'avoir le bien d'autrui, mais même un désir de cupidité et d'avarice de son propre bien. Heb. 13. 5. Sinl mores sine avaritia: Que votre vie soit exemple d'avarice. Amos 9. 1.

2° Désir insatiable de contenter ses passions déshonnêtes. Epb. h. 19. Desperantes semetipsos tradiderunt impudicitiw, in operationem immunditiœ omnis in avaritiam : Les Gentils s'abandonnent à la dissolution pour se plonger avec une ardeur insatiable dans toute sorlc d'impuretés; Gr. èv Tz\ia-n\iu. Ce mot signifie la convoitise excessive des biens, des honneurs et des plaisirs. C'est en ce dernier sens que quelques-uns expliquent encore ce mot, Ephes. 5. 3. Rom. 1. 29. quoique d'autres prennent en ces mêmes endroits, le mot avaritia dans sa première signification.

3° Effet d'avarice, action sordide. 2. Cor. k. 5. Prœparent quasi benediclionem, non tamquam avaritiam .-J'ai jugé nécessaire de prier nos frères de vous aller trouver avant moi, afin qu'ils aient soin que la charité que vous avez promis de faire, soit un don offert par la charité, et non arraché à l'avarice. Ces aumônes et charités étaient pour les pauvres de Jérusalem.

AVARES, a, mi, fùÀfîvpot, -).£ovÉxT)3f. Cet adjectif est dérivé du verbe avère, comme qui dirait uvidus œris, et signifie:

Avare, passionné pour le bien, pour les

richesses, qui agit par avarice. Eccli. 5. 9 Avarus non impletur pecunia: L'avare n'aura jamais assez d'argent. Eccli. 10. 9. ^Irnro nihil est sceleslius : Rien n'est plus détestable que l'avare. Ephes. 5. '6. Scitute intelligentes quod omnis avarus, quod est idolorum lervitus, non habet hœreditatem in Rcgno Chrisli et Dei : Sachez que nul avare, ce qui est une idolâtrie, ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ et de Dieu. En avare est traité d'idolâtre, en ce qu'il met toute sa confiance en ses biens plutôt qu'en Dieu. 1. Cor. 5. 11.

AUCEPS , al'cupis, ïçEUTiif. Ce nom est composé d'avis et de capere, et signifie, oiseleur, qui prend des oiseaux à la glu ou aux filets. Jerem. 5. 20. Quia invenli sunt in populo meo impii insidiantes quasi aucupes, laqueos ponentes et pedicas ad capiendos viros: Parce qu'il s'est trouvé parmi mon peuple des impies qui dressent des pièges comme on en dresse aux oiseaux, et qui tendent des filets pour y surprendre les hommes. Lo Prophète parle de l'hypocrisie et de l'adresse de ceux qui surprennent cl dépouillent les simples et de la punition et de la vengeance que Dieu en tire. Prov. 6. 5. Amos 3. 5.

AUCUPIUM, il. Ce nom vient d'auceps, et signifie proprement la chasse aux oiseaux; ce qui se dit aussi du gibier, les oiseaux mêmes qu'on a pris ou tués à lâchasse : dans l'Ecriture :

Chasse aux oiseaux avec des filets. Levil. 17. 13. Si vénal ione alque aucupio ceperil feram vel avem quibus vesci licilumesl, fondât sanguinem cjus : Si quelqu'un prend à la chasse quelqu'une des bêtes , ou au filet quelqu'un des oiseaux^lont il est permis de manger, qu'il en fasse sortir tout le sang, et qu'il le couvre de terre. Quiconque mangeait du sang était puni de mort.

ATJCTOR , îs. Ce nom vient du supin auclum, et signifie proprement, qui augmente; de là , auteur de quelque chose, qui l'a faile par soi-même, et non par un autre : celui qui entreprend et conduit une affaire, et qui en est comme le premier moteur; qui conseille et donne avis; auleur qui a donné quelque livre au public; garant : dans l'Ecriture : 1° Auteur qui a fait quelque chose. Judic. 6. 29. Cumque perquirerent auctorem facti : Et cherchant partout qui était l'auteur de cette action , on leur dit: C'est Gédéon ; il avait abattu l'autel de Baal. — 2° Auleur, chef, prince (àoy^yo;). Act. 3. lo. Auctorem vero vitœ interfecistis : Vous avez demandé qu'on accordât la grâce d'un homme qui était un meurtrier; et vous avez fait mourir l'Auteur de la vie. Ce que saint Pierre déclare aux Juifs, en les exhortant do faire pénitence et de se convertir. Voy. v. 19. Heb. 2. 10. Decebat eum qui multos filios in gloriam adduxcral , Auctorem salulis eorum per passionem consummare : Dieu a jugé à propos de conduire à la gloire par les souffrances son Eils unique, aussi bien que ses autres enfants , lui qui devait être le chef et le prince de leur salut, c. 12. 2. Acl. 24. 5. — 3° Chef, qui conduit, qui porte à quelque

ai n

chose (ïti&'.>tout«t>k)- Act.24. 5. lit veut m us hune hominetn auctorem seditionis seeiw Nazarenai'tim : Saint Paul était regardé comme le chel îles premiers chrétiens, appelés Nazaréens. Voy. Nazarenus. 1. Esdr. 5. 4. — V Auteur, écrivain; (trvyypafeù; , seriptor). 2. Mfach. -. 29. Veritatem quidem de singulis, auctoribus concedentes; Gr. auclori : Un abréviatcur, tel qu'est l'auteur de ce livre, n'entre -point dans le détail ; mais , v. 31. Curiosius partes singulas quoique disquirere, historioB congruit auclori; Gr. «px^y^v > au premier auteur; mais il est du devoir de celui qui compose toute une histoire de rechercher avec un grand soin les circonstances particulières de ce qu'il raconte. — 5" Meurtrier, qui tue de sa main (a09évT»r). Sap. 12. 6. Et auctores parentes animarum inauxiliatarum perdere voluisti : Les Clunanéens immolaient leurs propres enfants à l'idole de Moloch. Le mot avOèvznç , ne signifiait proprement que celui qui tue de sa propre main, ou soi, ou un autre; et ce n'est que depuis mille ans , ou environ, qu'il a signifié la même chose que le mot latin auctor, dit Gaza.

AUCTOR1TAS, atis, autorité, crédit, pouvoir, puissauce. 3. Reg. 21. 7. Grandis auctoritalis es : Vous avez sans doute un grand pouvoir, dit à Achab Jésabel , sa femme, qui l'animait à ravir la vigne de Naboth.

AUCUPIUM. Voy. post Auceps.

AUDACIA, m, Bpàuoç , Toipa. Audace, présomption , hardiesse , courage pour entreprendre quelque chose de difficile : dans l'Ecriture, 1° Hardiesse, effronterie, insolence. 1, Mach. 4. 32. Tabefac audaciamvirtutis eorum : Faites-les sécher de frayeur en abattant cette audace que leur inspirent leurs forces, dit Judas à Dieu dans sa prière contre l'armée d'Antiochus, commandée par Lysias. 2. Mach. 5. 18. c. 8. 18. Sap. 12. 17. — 2° Confiance, fermeté, résolution. Judith. 10. 12. Medi audaciam cjus horruerunt : Les Perses ont été épouvantés de la constance de Judith, et les Mèdes de sa hardiesse; ce fut quand elle eut coupé la tête à Holopherne. 2. Par. 17. 26. 1 , Mach. 4. 35. 2. Mach. 13. 18 D'où vient celle phrase tirée de ce mot.

SUMERE AUDACIAM, tyoû<r6ai , attolli, prendre une résolution ferme. 2. Par. 17. 6. Cum sumpsisset cor ejus audaciam in viis Domini .'Comme le cœur de Josaphat était plein de force et de zèle pour l'observation des préceptes du Seigneur, il fit abattre dans Juda les hauts lieux et les bois consacrés aux idoles. Voy. Sumere.

AUDACTEH , avec audace et présomption, avec hardiesse : dans l'Ecriture, — 1" Hardiment, courageusement (Opv.usi). 1. MjcIi. 0. 45. Cucurrit ad eam audacter : Eléazar alla résolument attaquer cet éléphant ; il crut que le roi était dessus. 2. Mach. 14. 43. Marc. 15. 43. — 2" Insolemment, audacieusement. Job. 12. 6. Abundunt tabernacula prœdonum , et audacter provocant Deum : Les maisons des voleurs publics sont dans l'abondance, et ils défient Dieu avec insolence

AU h iZl

Gen. 34. 30. 2. Reg. 18. 13. —3" Hardiment, sans rien craindre. Job. 89. 24. Exsultat audacter : Le cheval s'élance avec audace. Judic. 20. 31. D'où vient le comparatif

AUDACIUS , ToXftu^ÔTE/îov. Trop librement. Rom. 15. 15. Auducius nutem teripsi vobis : Je vous ai écrit un peu trop librement ; ce que saint Paul leur dit, parce qu'il leur avait marqué leurs défauts, les en reprenant apparemment avec plus d> force et d'autorité , que peut-être ils n'attendaient d'un homme comme lui , qu'ils n'avaient point encore vu.

AUDAX, cis, Bpcurit, Cm. Cet adjectif est dérivé du verbe audere , et signifie proprement, audacieux, plein d'audace jusqu'à l'excès : dans l'Ecriture, —1" Fier, hardi. Sap. 11. 18. AudacA Icônes : Il n'eût pas été difficile à la main toute-puissante de Dieu d'envoyer contre les Egyptiens une multitude d'ours et de fiers lions. —2° Audacieux, prêt à faire violence et à tout entreprendre (■zalp-npiç), Eccli. 8. v. 18. 19. Cum audace noneasin via :Ne vous engagez pointa aller avec un homme audacieux. 2. Petr. 2. 10. — 3° Hardi, impudent. Eccli. 22. 5. Patrem et virum confundit audax : La femme hardie couvre de confusion son père et son mari.

AUDENTER. Voy. post Audere.

AUDERE, ToXpâv. Ce verbe vient à'aveo , insérant un d, parce que quand on ose entreprendre quelque chose, on désire qu'elle se fasse , et signifie proprement oser faire, oser dire ; dans l'Ecriture :

1' Oser, ne point craindre. Rom. 5. 7. Pro bono forsitan guis audeat mori : Peut être néanmoins que quelqu'un aurait la force de donner sa vie pour un homme de bien. Ici l'Apôtre témoigne que ce serait l'effet d'une vertu très-rare de donner sa vie pour un juste; mais que Jésus - Christ adonné la sienne pour lous les hommes , lors même qu'ils étaient dans le péché. 1. Cor. 0. 1. Audel aliquis vestrum : Comment se Irouvct-il quelqu'un parmi vous qui, ayant un différend avec son frère, ose l'appeler en jugement devant les méchants cl les infidèles, et non pas devant les saints ? Rom. 10. 20. Isaias autem audet, etdicil : Isuïc dit bâillement, j'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas. Ici l'Apôtre témoigne qu'lsaïe, dans cet endroit, parle de la vocation et de la conversion des Gentils à l'Evangile. 2. Cor. 10. 2. c. 11. 21. Eph. 0. 20. Philipp. 1. 14.

2° Elre plein de confiance (Oapptîv). 2. Cor. 5. 6. Audentes igitur semper : Nous sommes donc toujours pleins de confiance. L'Apôlre parle de cette confiance qu'ont les vrais fidèles et chrétiens parmi tous les dangers de cette vie , se tenant assurés de leur salut par ce gage de l'Esprit de Dieu qu'ils Ont reçu. v. 8.

AUDENTER, xarà nappuTiav. Hardiment, avec hardiesse et liberté. Act. 2. 20. Licent audenler dicere de patriarcha David : Qu'il me soit permis de vous dire hardiment du patriarche David. Saint Pierre fait voir que

. paroles du Prupiètc royal : Vous ne laisteres point mon âme dans l'enfer, et vous ne permettrez point que votre saint éprouve ta corruption, ne peuvent s'entendre de David, puisqu'on voyait encore son (ombeau du temps de saint Pierre ; mais de Jésus- Christ, que Dieu a ressuscité, et de la résurrection duquel saint Pierre assure que lui et tous les antres apôtres et disciples sont lémoins.

AUDIRE, «xoOeiv. Ce verbe vient du nom grec kùS>), sonus, parce que le son est l'objet de l'ouïe, et signifie proprement, ouïr, ou entendre quelqu'un qui parle, qui chante, qui crie, etc. ouïr ou entendre un son, du bruit, etc. : dans l'Ecriture :

1° Ouïr, entendre des oreilles. Gen. 3. 8. Et cum audissent vocem Do mini deumbulantis in Paradiso .Lorsqu'ils eurententendu la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le Paradis, v. 10. Malt. 11. i. Surdi audiunt: Jésus-Christ charge deux disciples de saint Jean de lui dire de sa part que ceux qui étaient auparavant sourds, étaient guéris et entendaient , comme eux-mêmes en étaient témoins. Exod. 19. 9. Deut. 4. 12. Ainsi, Joan. 5.37. Xeque vocem ejus umquam audistis : Vous dites que Moïse a entendu la voix de Dieu iVoy. c. 9. 29.): mais pour vous, il parait bien par votre conduite que vous n'avez jamais entendu la voix de Dieu, mon Père. C'est ce que Jésus Christ dit aux Juifs, c. 5. 25. Ps. 30. 14. etc. Ce qui se dit figurément : 1° Des cieux et de la terre ; Audite cœli quœ loquor; audiat terra verba oris mei : Cieux, écoutez ce que je vas dire; que la terre entende les paroles de ma bouche. Isa. 1.2. 2> De la mort. Job.28. 22. Pcrditio et mors dixerunt auribus nostris, audivimus famam ejus : La perdition et la mort ont dit : nous avons entendu parler de la sagesse. Voy. Mors, et Perditio.

2* Ouïr avec attention, s'appliquer à entendre et comprendre. Ps. 44. 11. Audi, filia, et vide, et inclina aurem tuam : Ma fille, ouvrez vos yeux, et ayez l'oreille attentive. Le Prophète invile l'Eglise à entendre la voix de Jésus-Christ, et à considérer ce qu'il a fait depuis pour elle. 1. Reg. 3. v. 9. 10. Loquere, Domine, quia audit servus luus : Parlez , Seigneur , parce que votre serviteur vous écoute , répond Samuel à Dieu qui l'appelle , selon ce que lui avait dit Elic de répondre.

3° Entendre de l'esprit , comprendre. 1. Cor. 14. 2. Qui enim loquitur lingua, non hominibus loquitur, sed Deo, nemo enim audit .- Personne n'entend celui qui parle une langue inconnue. Par ce langage inconnu, saint Paul entend la parole de Dieu préchée par un homme qui la comprend , sans avoir le don de la faire comprendre aux autres.

Matt. 13. 15. Attribut graviter audierunl : Les oreilles de ce peuple sont devenues sourdes. Cette surdité s'cnlend, et des oreilles du rorps et de l'intelligence de l'esprit, les Juifs no voulant ni écouter ni comprendre Us vérités qui leur étaient annoncées. Matt. 11. 15. Qui habet aures audiendi, au-

diat : Que celui qui a reçu de Dieu l'esprit d'intelligence , et le don de la foi , qui est l'oreille de l'âme , prenne garde attentivement à ceci , dit Jésus-Christ sur ce qu'il vient de dire, que la loi et les prophètes n'ont suhsislé que jusqu'à saint Jean, et que depuis, le rovaume du ciel souffre violence. Gen. 11. 7.

4" Croire, acquiescer aux paroles de quelqu'un, l'écouler, lui obéir, pratiquer ce que l'on entend. Deut. 29. 4. Non dedit vobis Dominus aures quœ possint audire : Dieu, jusqu'au temps qu'il délivra les Juifs de la tyrannie de Pharaon, ne leur avait point encore donné des oreilles qui pussent entendre; c'esl-à-dire cette docilité pour obéir. Prov. 13. 1. Qui iltusorest , non audit cum arguitur : Celui qui se moque . n'écoute point quand on le i éprend. Matt. 7.5. Ipsum audite : Celui - ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le , dit de Jésus-Christ le Père éternel. Gen. 3. 17. c. 21. 12. c. 27. v. 13. 43. Exod. 3. 18. c. 4. 1. Luc. 10. 16. Ainsi, Joan. 6. 60. Quit potrst cum audire ? Qui peut écouler ces paroles et y acquiescer? Il s'agissait de manger la chair et de boire le sang de Jésus-Christ, c. 4. 5.

o° Apprendre , être enseigné. Habac. 3. 2. Domine, audivi audilionein tuam : Seigneur, j'ai entendu votre parole, et j'ai été saisi de crainte , dit le prophète à la vue et à la connaissance qui lui était donnée des effroyables jugements dont Dieu menaçait son pcuple.V.AoDiTio 1°. Joan. 3. 32. Et q'uod vidit,et audivitfhoc testatur .-Celuiqui est venu du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu cl de ce qu'il a entendu, dit saint Jean de Jésus- Christ ; dans ce sens, qu'étant consubstantiel avec le Pète éternel , il n'avait pas appris de nouveau quelque chose qu'il eût ignoré; mais il parle de celte connaissance éternelle que Jésus-Christ avait reçue de Dieu. c. 6. 45. c. 5. 30. c. 8. v. 26. 40. Prov. 1. 8. c. 4. 1. Amos 3. 1. c. 4. 1. c. 5. 1. 2. Cor. 12. 4.

6° Connaître, voir, et entendre manifestement. 2. Reg. 17. 5. Audiamut auid eliam ipse dicat : Sachons aussi l'avis de Chusaï d'Arach, dit Absalom sur l'avis que lui avait donné Achitophel contre David. Ps. 30. 14. Audivi vituperalionem multorum commorantium in circuitu : J'ai entendu les reproches injurieux de plusieurs de ceux qui demeurent aux environs. Ps. 65. 8.

7° Ouïr dire , apprendre, v. 5. Audiens charitatem tuam : Me souvenant sans cesse de vous dans mes prières, je rends grâces à mon Dieu , apprenant votre charité envers les saints. Joan. 9. 32. A sœculo non est auditum : Depuis que le monde est, on n'a jamais ouï dire que personne ait ouvert les yeux à un aveugle-né : cet homme, apporte sa guérison pour preuve que Jésus-ChrUt était envoyé de Dieu. Gen. 21.26. c. 4. 15. c. 42. 2. Luc. 23. 6. etc. Ainsi, Ps. 9. 12. Et in insurgenlibus in me malignantibus audiet aitris mea : Et mon oreille entendra parler de la punition des méchants qui s'élèvent

Aiir»

AUI>

contre moi. David parle dans l'assurance et la confiance qu'il avait en Dieu.

8* Exaucer, B6 rendre favorable aux prières. Joan. 11. 42. Sciebrtm i/nni semper me <it<dil . Je savais que vous m'exauciez toujours. Jésus-Christ parle à son Père comme homme et comme médiateur des hommes, c. !•. 8. Scimus quia Ihus pcccatorcs non «i«dit : Dieu n'exauce point les pécheurs qui ne veulent pas se convenir, lien. 42. 21. Exod. 1*1. v. 8. 12.

9° Connaître pour venger. 2. Esd. 4. 4. Audi, Drus noster : Ecoutez. Seigneur notre Dieu. Esdras demande à Dieu de faire tomber sur ceux qui se raillaient, les insultes qu'ils faisaient à ceux qui rebâtissaient les murs de Jérusalem. Ps. 77. 21. Jdeo audivit Dominus : Dieu écouta les Juifs, qui demandaient s'il pourrait bien leur préparer une table dans le désert; c'est pourquoi ils furent punis par le feu. Num. 11. 1.

Phrase tirée de la première signification, en tant que ce verbe vient du Grec aù$4 , sonus-

Acditum audire ab aliquo. Entendre une voix qui vient de quelqu'un, entend; e ce qu'il nous dit. Jerem. 49. 14. Audilum audivi a Domino : J'ai entendu une voix qui venait du Seigneur. Le prophète prédit l'union que doivent faire les ennemis pour marcher contre les Iduméens.

Phrases tirées de la quatrième signification.

ACDITC AUDIRE, eeVaxoùttv. — ÂUDIRE auditionem. Ecouter avec soumission, écouter pour obéir. Zach. 6. 13. Erit autem hoc, si auditu audieritis vocem Domini Dei vestri : Tout ce que le prophète demande des Juifs pour se rendre dignes de la miséricorde de Dieu qu'il leur promet, est qu'ils écoutent la parole de Dieu, et qu'ils y obéissent. Job. 37. 2. Audite auditionem ; Heb. audite audiendo : Ecoutez avec une profonde attention. Ces répétitions auditusel auditio marquent une plus grande attention.

Phrases tirées de la sixième signification.

Auditum facere aliquid alicui, «xouriÇetv. Faire connaître , faire ressentir quelque chose à quelqu'un. Ps. 75. 9. De cœlo audilum fecisti judicium : Vous avez fait entendre du ciel le jugement que vous avez prononcé; ce qui s'entend de cette condamnation à la mort de cent quatre-vingt cinq mille hommes de l'armée de Sennachérib; et ce qui se peut aussi entendre du dernier jugement des superbes et orgueilleux qui auront foulé aux pieds les pauvres. Ps. 142. 8. Auditam fac mihi mane misericordiam tuam : Faitesmoi sentir promptement votre miséricorde. Phrases tirées de la septième signification.

Audire aliquid in ore (dicujus. Ouïr parler à quelqu'un de quelque chose UU «xoiiv ehat) Ezech. 16. 56. Non fuit autem Sodoma soror tua audila in ore tuo : On ne vous a point entendu parler de la ruine de votre sœur Sodome au temps de votre gloire. Dieu reproche aux Juifs de ne s'être point souvenus delà destruction de Sodome, afin d'éviter les châtiments qu'ils méritaient.

• Atjdirr aliquid de ore alicujus, ouïr quelque chose de la propre houche de quelqu'un. Luc. 22. 71. Tpsi eniin ttudirimus de ore cjus ; Nous l'avons ouï dire nous-mêmes de sa propre bouche qu'if est le Fils de Dieu, disent les Juifs dans leur conseil.

Bene audire, xalâç «xoùtiv. Etre dans l'estime des hommes. 2. Mach. 14. 117. Rasias vir amator civitatis, et bene audiens qui pro affectu pater judœorum appellabatur : On accusa auprès de Nicanor Rasias , homme zélé pour la ville, qui était en grande réputation, et qu'on appelait le père des Juifs, à cause de l'affection qu'il leur portait. Rasias se tua lui-même, plutôt que de tomber entre les mains de Nicanor.

AUDITIO, onis, àxoij. L'action d'écouter; c'est aussi un bruit commun de quelque chose : dans l'Ecriture, — 1° La chose même qui se dit , et qui est entendue , soit qu'elle soit publique ou non. Habac. 3. 2. Domine, audivi auditionem tuam : Seigneur, j'ai entendu ce que vous m'avez dit, savoir : que vous aviez résolu la ruine de votre peuple par les Chaldéens. Nahum. 3. 19. Omnes qui audierunt auditionem tuam : Tous ceux qui ont ouï parler de votre ruine s'en sont réjouis. Le prophète parle de Ninive, capitale d'Assyrie. Ose. 7. 12. Cœdam eos secundum auditionem cœtus eorum : Je les punirai comme ils ont appris dan» leurs assemblées que je le ferais. Le prophète parle des tribus qui adoraient les veaux d'or. Ps. 111. 7. Ab auditione mala non timebit : Le juste ne craindra point d'entendre mal parier de lui ; ou bien, il ne craindra rien pour lui quand il entendra parler de quelque chose d'affligeant. — 2° Bruit, nouvelles de quelque chose. Jerem. 10. 22. Vox auditionis ecce venit : On parle de la venue des ennemis. c. 51. 46. Veniet in anno auditio et post hune annum auditio : Le prophète parle du siège de Babylone, dont la nouvelle venait d'année en année. — 3° Ce mot auditio marque l'application de l'esprit, lorsqu'il est le cas du verbe audire. Job. 37. 2. Audite auditionem .Ecoutez avec attention.

AUD1TOR, «XjOoaTns, àxouaT»k. Auditeur qui écoute une personne qui parle en public, disciple qui étudie ou a étudié sous quelqu'un ; dans l'Ecriture :

Qui écoute, qui entend. Rom. 2. 13. Non auditores legis justi sunt apud Deum: Pour être juste, il ne sufOt pas d'écouter la loi, il faut encore la pratiquer. Job. 31. 35. Jac. 1. v. 22. 23. 25. ce qui se dit figurément de Dieu, pour marquer que Dieu connaît. Sap. 1. 6. Est spiritus sapientiœ linguœ ejus auditor : La sagesse est un esprit qui entend les paroles de la langue du médisant. De cette propre signification vient cette façon do parler.

Auditor sermondm dei. Prophète qui entend les paroles de Dieu (àxovwn). Num. 24. v. 4. 16. Dixit auditor sermonum Dei : Voici ce que dit- celui qui entend les paroles de Dieu. C'est Balaam parlant de lui-même, et qui va donner des bénédictions aux Israélites.

AUDITORIUM , n , &xpoKri,ptn. Auditoire , on lien où l'on écoute ceux qui parlent en public; multitude assemblée pour écouter; une école, une classe, le lieu où l'on enseigne; dans l'Ecriture :

La salle des audiences. Act. 25. 23. Cm»» venisset Agrippa et Bérénice et introissent in auditorium • Agrippa et Bérénice entrèrent dans la salle des audiences ; ce fut pour entendre saint Paul dans ses défenses.

AUD1TUS, us, «xo>i. — 1" L'ouïe, le sens de l'ouïe. 1. Cor. 12. 17. Si totum corpus oculus, ubi audit us ? Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? Ce raisonnement do l'Apôtre prouve que l'ordre et le bien de tout le corps de l'Eglise demande, non que tous ses membres aient un seul et même don ; mais que les dons spirituels soient différemment distribués à ses ministres. 2.

Tim. 4-. 4. Et averitate quidem auditum avertent : Il viendra un temps où les hommes fermant l'oreille à la vérité, l'ouvriront à des fables. De cette signification vient celte phrase :

La personne même qui entend. Ps. 50.

10. Audi lui meo dabis gaudium et lœtitiam, pour mihi audienti ; Gr. «xotmeff . Vous me ferez entendre des nouvelles heureuses.

Cette joie venait de la rémission qu'il avait déjà reçue de son péché.

2" L'action d'écouter (àxpi*tii;).Ecd. 1. 8. Nec auris auditu impletur : L'oreille ne se lasse point d'écouter; la plupart des objets des sens n'étant que vanité, l'âme ne s'en peut jamais remplir. Eccli. 32. G. Ubi auditus non est, ne effttndas sermonem : Ne répandez point la parole, lorsqu'on ne vous écoute pas, ou que l'on n'est pas disposé à écouter («xfoafta); Gr. ne vous mettez point à parler lorsqu'on entend la musique. Le Sage témoigne que la discrétion est autant nécessaire dans l'usage et la distribution de la parole de Dieu que la science même.

3° Le bruit, le rapport qui se fait de quelque chose. Isa. 11. 3. Non secundum auditum aurium argue t : Jésus-Christ, ce rejeton de Jessé, ne condamnera point sur un ouï dire; mais selon qu'il aura entendu de son Père. Voy. Joan. 5. 30. Job. 42. 5. Eccli. 42. 1. Jcrem. 51. 46. Ezech. 7. 26. c. 21. 7. D'où vient cette façon de parler.

Auditus auris. Renommée, réputation de quelque chose qui nous en donne la connaissance. C'est aussi l'action par laquelle on entend la voix de quelqu'un. Ps. 17. 45. In auditu auris obedivil mihi ; Heb. et Gr. Ad auditum auris: Un peuple que je n'avais point connu m'a obéi quand il a ouï parler de moi , dit David des Gabaonites et des Géthéens, qui, étant Gentils, furent assujettis aux Israélites, et se rendirent obéissants à leur chef au seul bruit de leur réputation, les opposant à des Israélites, qui, lui étant devenus étrangers , l'avaient trahi. Jésus- Clnist, dont David n'était que la ligure, l'a pu dire des Gentils qui lui obéirent promptement, et reçurent sa parole, au lieu que les Juifs ne voulurent point le connaître. 2. Reg. 22. 4ii. Auditu auris obedient vulii : Des en-

un

fants étrangers m'obéirom quand ils entendront ma voix. Ce mot n'est quelquefois qu'un pléonasme. Job. 42. 5. Auditu aurit audivi te : Mon oreille vous avait auparavant entendu.

4° La chose même que l'on entend. 2. Petr. 2. 8. Aspectu et auditu justus erat : Lolh étant juste était tourmenté par les choses qu'il voyait et entendait dans Sodome. Isa.

28. 19. Sola vexatio intellectum dabit auditui : L'affliction seule vous donnera l'intelligence de ce qu'on vous dit; ce que dit le prophète, pour mieux exprimer l'excès de la désolation et de la dure captivité des Juifs en Babylone. Abd. v. 1. Auditum audivimus : Nous avons entendu l'arrêt par lequel Dieu a résolu de susciter les Assyriens contre les lduméens. Jerem. 51.46. Eccli. 13. 16. c. 27. 16. Ezech. 21. 7.

5° La prédication de la parole de Dieu, la parole de Dieu que ses ministres font entendre et prêchent au peuple. Isa. 53. 1. Quis credidil auditui nostro ? Qui a cru à notre parole? Isaïe se plaint du peu de Juifs qui recevaient la parole de Dieu qu'il leur annonçait; et saint Jean, c. 12 emploie aussi ce même passage pour confirmer le peu d'effet que faisaient les miracles sur l'esprit des Juifs, et leur incrédulité. Rom. 16. 17. Galat. 3. v. 2. 5. l.Thess. 2. 13.

AVE, Gr. xa'PE> Heb. Hhave, l'aspirée est changée en ténue. Ce mot, qui vient de l'hébreu Hhavû,vivere, signifie vive, qui est une espèce de salut ordinaire ; et ce Hhava des Hébreux était du même usage que ave ou salve chez les Latins, et que le xaiP' cnez 'es Grecs. Luc. 1. 28. Ave, gralia ptena : Je vous salue, ô pleine de grâce, dit l'ange Gabriel à la sainte Vierge. Malth. 28. 9. Avete : Le salut vous soit donné, dit Jésus-Christ se présentant à Marie Madeleine et aux autres femmes, lorsqu'elles allaient annoncer aux disciples de Noire-Seigneur ce que l'ange leur avait dit, qu'il était ressuscité; on s'en servait même à l'égard des princes et des grands. Mallh. 26. 49. Ave, Rabbi : Je vous salue, mon Maître, dit Judas à Notre-Seigneur en le trahissant par un baiser, c. 27.

29. Marc, 15. 18. Joan. 19. 3. Ave, rex Judœorum : Salut au roi des Juifs, disaient les soldats du gouverneur à Jésus-Christ, après l'avoir revêtu d'un manlcau d'écarlate, et mis une couronne d'épines sur sa tête, avec un roseau dans la main droite. Dans Martial, liv. 14. Cœsar, ave, x<tipt, Kuïaap, c'est ce qu'on faisait dire à des oiseaux à 1 entrée de l'Empereur. Ce n'était pas une marque de familiarité particulière, puisque saint Jean dit qu'il ne faut pas même dire ave aux hérétiques. 2. Joan. v. 10. Nec ave ei dixeritis : Ne saluez pas même celui qui ne fait pas profession de demeurer dans la doctrine de Jésus-Christ ; bien loin de le recevoir chez vous. v. 11.

AVELLERE , foro«rôy. 1° Arracher quelque chose, la lirer avec force du lieu ou elle est [bcpvyviit»). Job. 18. 14. Avellatur de tubernaculo tuo fiducia ejus ; Les enfants et

4 il AVE

les richesses de l'impie, en quoi il mettait sa confiance, seront arrachés de sa maison.

Phrase lirée de ce mot.

Avellebe aliquem ad se. Arracher quelqu'un à sa liberté, le réduire sous sa puissance par la force des armes. Isa. 7. 6. Avellamus eum ad nos : Rendons- nous-en mat- Ires, disent les rois de Syrie et d'Israël, du roi de Juda (àTroor/jjysiv, avertere ).

2° Retirer, éloigner (ùxovKâv). Isa. 28. 9. (Juem doetbit scientiam? avuhos ab uberibus? A qui le Seigneur enseignera-t-il sa loi? à nui donnera-t-il l'intelligence de sa parole? Ce sera à ceux qui auront la simplicité des enfants, et qui auront renoncé aux douceurs des plaisirs criminels. Luc. '22. 41. Et ipse avulsus est ab eis : Jésus-Christ s'éloigna de ses disciples ; ce fut pour prier sur la montagne des Oliviers, où il fut pris.

AVERSARI,àiro(TT/>3ysiTe«i.Ce verbe vient de la préposition a, et de verto, et signifie proprement détourner le visage, ou se détourner pour ne pas voir une personne ou une chose que nous avons en horreur; avoir en horreur, avoir de l'aversion : dans l'Ecriture : 1° Avoir de l'éloignement et de l'aversion pour quelque chose; ne vouloir acquiescer, et se rendre à quelque chose. Tit. 1. 14. Non intendentes mandatis hominum aversantium teaveritate; Gr. veritatem. — 2° Haïr, détester (pio-Etv). Exod. 23. 7. Aversor impium : J'abhorre le méchant. Deut. 12. 31. c. 25. 16. — 3* Rebuter, parler rudement (h.-ALvjiv). 1. Reg. 25. 14. David misit nuntios de deserlo ut benedicerent Domino noslro , et aversatus est eos : Nabal a rebuté avec rudesse les gens de David, qu'il lui avait envoyés pour faire un compliment ; c'est de quoi Abigaïl, femme de Nabal, fut avertie par un de ses gens, laquelle, pour prévenir la vengeance de David, va au-devant de lui avec des présents, se jeter à ses pieds, et lui demander de remettre cet outrage. — 4° Se déclarer contre quelqu'un (e'Travto-râvat). Job. 19. 19. Quem maxime diligebam aversatus est me : Celui que j'aimais le plus s'est déclaré contre moi.

AVERSATRIX, cis, rebelle. Jerem. 3. 6.

Numquid vidisti quœ fecerit aversatrix Israël ; Gr. xKTot/.;« toû 'l(Tp«r,ï. , Dieu rappelle dans l'esprit du prophète l'idolâtrie des dix tribus d'Israël.

AVERSIO, rus, «7rooTpoy»). L'action de détourner: dans l'Ecriture :

1° Dédain, mépris, qui se fait en détournant le visage. Ecrli. 41. 25. Erubescite... et ab uversione vultus cognati : Rougissez de détourner votre visage de l'un de vos proches : ce que font souvent même à l'égard de leurs proches ceux qui tiennent quelque rang dans le momie au-dessus d'eux.

2' Egarement, abandon qu'on fait de Dieu, révolte contre Dieu. Prov. 1.32. Avcrsio parvulorum interficiet eos : Les imprudents seront exterminés, pour avoir eu de l'aversion pour la sagesse ; Gr. pour avoir fait injure aux simples. Voy..PARVULUs. Jerem. 2. 19. Averti» tua inerepabil te: Votre éloignement

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