‹ Dictionnaire universel de philologie sacréeChapitre 143 sur 259 · CAR · texte numérisé non relu

CAR

Los Egyptiens au milieu des ténèbres ne bougeaient do lien où ils se trouvaient.

('\UDO, inis. Du grec xpàSv, braïuhe ou Croc, d'où on pond quelque chose et signifie: li- gond, le pivot sur quoi tourne une porte ; le point décisif d'une affaire ; le pôle du monde. Dans l'Ecriture :

1° Le gond d'une porte ytjxpoftyî).Vrov. 26. 14. Sicut ostium vertitur in cardine suo, ita jiiijer in lectulo suo: Comme une porte roule sur ses gonds, eu demeurant toujours dans la même place, ainsi un paresseux tourne dans son lit. Les gonds des portes du temple étaient d'or. 3. Reg. 7. 50. De ce mot vient cette phrase dans le sens figuré :

Percutere cardinem : Frapper les gonds marque la destruction cl la ruine du temple de Jérusalem. Amos. 9. 1. Percute cardinem ( èlaaTtiptov , propitiatorium) : Frappez les gonds ; Hebr. le haut de la porte. Le Seigneur qui paraissait debout sur l'autel des holocaustes, ordonne à l'ange qui était près de lui pour exécuter ses ordres, de frapper le haut de la porte, pour marquer la destruction du royaume des Juifs par le renversement du lieu où ils faisaient les exercices de leur religion. Quelques-uns entendent ce chapitre du royaume des dix tribus : ainsi l'autel s'entendrait du culte des veaux d'or à Bethel.

La porte même. Isa. 6. 4. el commota sunt superliminaria cardinum : Le haut de la porte fut ébranlé : ce qui se doit entendre au même sens que, Amos 9. 1. Voy. supra : Percutere cardinem.

2° Soutien, fondement de quelque, chose, ce qui la maintient dans le même état (yârvwjxa, laquear). Amos. 8. 3. Stridebunt cardines templi in die Ma : Au temps de la ruine d'Israël, on entendra un horrible bruit à la chute des principaux soutiens du temple; et parce que les extrémités du ciel semblent être jointes à celles de la terre , Cardines cœli s'entend des extrémités de la terre. Deut. 30. 4. Si ad cardines cœli fueris dissipalus , inde te retrahet Dominas Deus : Quand vous auriez été dispersés jusqu'aux extrémités du monde, le Seigneur, votre Dieu, vous en retirera , se. si vous vous convertissez à lui. D'où vient :

Cardines cœli, terrœ, maris. Les extrémités 1" du ciel, appelées les pôles des deux (yùpoç). Job. 22. 14. Nec nostra considérai , et circa cardines cœli perambulat : Dieu ne considère point ce qui se passe parmi nous, il se promène dans le ciel d'un pôle à l'autre. Eliphas accuse Job de croire que Dieu ne considère pas ce qui se passe sur la terre; Hebr. les chants de joie que l'on entendait dans le palais seront changés en d'horribles cris ; 2° les extrémités de la terre, qui semblent répondre aux extrémités du ciel, sont appelées les pôles de ta terre (ûy.pov). 1. Reg. 2. 8. Prov. 8. 26. Cardines oruis terrœ , cardines terrœ : les fondements, les pôles de la terre, sur lesquels Dieu a posé le monde ; 3° les extrémités de la mer. Job. 36. 30. Cardines quoque maris operiet : Dieu couvre la mer d'une extrémité à l'autre; Gr. et Hebr. radiées maris, p^ù^a-ca, les fondements de la mer.

DlCTIONN. DE PUILOL. SACRÉE. I.

CARDUUS, vi , axeevoej LXX «xav, «z/où^. De carere pour car père, dans le sens que Varron dit : Carere limant : Carder de la laine, et signifie :

Chardon, herbe piquante, dont il y a plusieurs espèces, 4. Reg. IV. 9; 2. Par. 25. 18. Carduus. Libani misil ad cedrum quœ est in LU bano : Le chardon du Liban envoya vers le cèdre qui est au Liban. Joas, roi d'Israël, pour répondre au défi que fit Amasias, de descendre à la tète de leurs troupes dans le combat, se comparant au cèdre, le compare à un chardon qui serait foulé aux pieds par les bêtes, pour lui faire connaître combien il se tenait plus fort que lui.

CARECTUM, i, èloç. Ce mot mis par coutraction pour caricetum, vient de carex et signifie :

1° Lieu marécageux où croissent les joncs, les glayeuls et les roseaux. Exod. 2. 3. Exposait eum in carecto ripœ fluminis : La mère de Moïse le mit à l'âge de trois mois dans une corbeille de jonc, et l'exposa parmi des roseaux sur le bord du fleuve.

2°Glayeul, espèce de jonc. Job. 8. 11. Num* quid potest.... crescere carectum sine aqua? carectum pour carex : Les glayeuls qui croissent dans les prés, peuvent-ils croître sans eau ?

CAREE, Heb. Calvus. Père de Johanan. 4. Reg. 25. 23. Jer. 40. 8. etc.

CAREHIM, Heb. Calvus. Patrie de Jesboam, un des braves de l'armée de David, t. Par. 12. 6. On croit que c'est la ville de Coréa dont parle Josèphe, Antiqu. I. 4. c. 6. 10, dans la demi-tribu de Manassé en deçà du Jourdain.

CARERE, du grec xupeOw, je suis dépouillé, j'ai faute, et signifie :

Manquer, être privé de quelque chose.

Prov. 20. IX.Hœreditas adquam festinatur in principio, innovissimo benedictione carebit : L'héritage que l'on se hâte d'acquérir ne sera point à la fin béni de Dieu. Rulh. 4. 6. Eccl. 6. 3. Sap. 18. 4. Ainsi : Carere vita : Mourir. 2. Par. 21. 19. Vita caruit : Il mourut.

CARIA, m, Gr. Capitalis. Carie , province de l'Asie-Mineure. 1. Mac. 15. 23. aujourd'hui Aldineili.

CARIATH. Heb. Civitas. Ville de la tribu de Benjamin. Jus. 18. 28. qu'on croit être la même que Carialhiarim.

CARIATHAIM, Heb. Civitates. — 1° Ville de la tribu deNephtgali, donnée aux Lévites; ville de refuge. 1. Par. 6. 76. appelée Carthan. Jos. 21. 32. Voy. Carthan. — 2» Ville des Moabites dans la tribu de Ruben. Jer. 48. v. 1. 23. Ezech. 23. 9. Elle est attribuée aux Moabites, parce qu'ils s'en étaient rendus maîtres. Gen. 14. 5. Num. 32. 37.

CARIATH-ARBE, Heb. Civitas quatuor.— Ville de la tribu de Juda, qui depuis a été appelée Hébron. Jos. 14. 15. Nomen Hebron ante vocabatur Cariutli-Arbe : Hébron sa nommait auparavant Cariatb-Arbe, c'est-àdire ville d'Arbé, père d'Enac , lequel Arbé était un géant tiès-puissanl. Adam maximut ibi inter Enacim sitits est : Cet homme , qui était un grand géant , est inhumé là , parmi

DICTIONNAIRE DE ['Ull.oUH;iE SACKEE.

ceux à qui il a donné son nom. c. 10. 1-2. Voy- HiiiiioN.

CARIATII-AMM , Hcb. Civilas oppidorum.

— ISom d'un chef de famille, qui revinl de la captivité. 1. Esdr. 2. 25.

CARIATH-1ARIM , Heb. Civilas silvarum.

— 1° Ville des Gabaonites dans la tribu de Juda , qui s'appelait auparavant Cariath- Baal. Jos. 15. v. 9. 10. quelquefois Baala, où les Philistins renvoyèrent l'arche. 1. Reg. <i. 21. c. 7. 1. etc. Voy. Baala et Bala. Jos. 19. 3. 1. Par. 4. 29. — 2° Nom d'homme , fils de Sohal. 1. Par. 2. v. 50. 52. 53.

CARIATH-BAAL, Heb Civitas idoli. Voy.

Cariathiaium.

CAR1ATH SENNA, Heb. Civitas rubi. Voy.

Dabir. Ville de la tribu de Juda, autrement appelée Carialh-Sepher et Dabir. Jos. 15. 49. Cariatli-Senna hœc est Dabir.

CARIATH-SEPHER. Heb. Civitas litterarum. La même ville que la précédente. Jos. 15. v. 15. lli. Judic. 1. v. 11. 12. Judas abiit ad hnbitatores Dabir cujus nomen velus erat CariathrSepker, i. e. civilas litterarum : Juda marcha contre les habitants de Dabir, qui s'appelait autrefois Carialh-Sepher, i. e. la ville des lettres. Caleb donna sa fille en mariage à Olhonicl,qui s'étailrendumailredecette ville, appelée de la sorte , parce que l'on croit que c'était làoùélaienlles archiveselles actes publics, et même une académie où les lettres elles sciences s'enseignaient parmi lesChananéens.

CAR1CA, .«, Gr. auxH- Figue sèche. 1. Reg. 25. 18. Abigail lulit.. cenlum alligaturas uvœ passœ et ducentas massas cariearum : Abigaïl apporta à David cent paquets de raisins secs et deux cents cabas de figues sèches.

CARINA. Le fond d'un navire enfoncé dans l'eau (rpiÇoj). Sap. 5. 10. Tamquam navis cujus, cum prœterierit, non est vestigium invevire neque semitam carinœ illius in fluctibus : Toutes choses sont passées comme un vaisseau qui n'imprime aucune marque de sa roule sur les Bots

CRIOTH, Heb. Luttâtes. \roy. Hesron.— 1° Ville de la tribu de Juda. Jos. 15. 25. d'où était Judas qui trahit Jésus-Christ. Iscariotes, Hebr. homme rie Cariolh. — 2" Ville considérable des Moabites. Jer. 48. v. 24. 41. Amos 2. 2. Et mittam ignem in Moab, et detorabil œdes Curioth : J'allumerai dans Moab un feu qui consumera les maisons de Cariolh.

CARITH, Heb. Concisio. Torrent qui était vis-à-vis le Jourdain, de l'eau duquel Elie but jusqu'à ce qu'il fût lari. 3. Reg. 17. v. 3. 5. Abscundere in torrenle Carith, qui est contra Jordunem : Cachez vous sur le bord du torrent de Carith, qui est \i>.-à-vis le Jourdain. 11 y fut nourri miraculeusement par un corbeau qui lui portail chaque jour sa provision le malin et le soir, vers l'an du monde 312'*.

CARMEL, CARMELUS, xôpplo;. Heb. Agnus circumeisus, ou cognitio circumeisionis. Voy. Charuel.

Des mots hébreux nioul, couper, tailler, et lurent, vigne, et signifie en hébreu, épi tendre ou retranchement de la vigne ; il si- Hnifie :

1° Montagne très-haute, agréable et fort fertile, dans la tribu d'Aser ou d'Issachar, proche la mer. Amos. 9. .'i. Si nbsconditi fuerint in vertice Carmeli, inde serutans auferam eos : S'ils se cachent sur le haut du mont Carmcl, j'irai les y chercher et les en ferai sortir : ce qui s'entend de la ruine inévitable de Juda ou des dix tribus. C'est sur celle montagne que demeurait Elie, et où il fit tuer les quatre cent cinquante prophètes de Baal. 3. Reg. 18. v. 18. 20. 42. Jos. 19. 26. 4. Reg. 2. 25. c. 4. 25. Judith. 1.8. Isa. 33. 9. c. 35. 2. Jerem. 50. 19. Pascentur Carmelutu : Les Juifs, au relourde la captivité, jouiront, comme auparavant, des avantages de la fertilité du mont Carmel.

— Terre ou plaine fertile, à cause de la fertilité du mont Carmel. Jerem. 48. 33. Ablala est lœtilia et exultatio de Carmelo (^w«ftrk) : La joie et la réjouissance ont élé bannies du Carmel ; ce qui s'entend des terres de Moab, qui étaienl aussi fertiles que le Carmel. 2. Par. 26. 10. Yineas quoi/ne liabuil et vinitores in monlibus et in Carmelo : Ozias avait des vignes et des vignerons sur les montagnes et dans le Carmel, t. e. dans les plaines fertiles. Amos. 1. 2. Exsiccatus ejus vertex Carmeli :Lc haut du Carmel deviendra tout sec, i. e. les terres aussi fertiles que le Carmel. Mieh. 7. 14. Nahum. 1. 4. 4. Reg. 19. 9.3. Isa. 10. 18. c. 16. 10. c. 29. 17. c. 32. v. 15. 16. c. 33. 9. c. 37. 24. Jerem. 2. 7. e. 4. 26. Voy. Charmel.

2" Tout ce qui est beau , grand, élevé. Isa. 10. 18. Gloria sultus ejus et Carmeli <jus, tib anima usque ad carnem consumelur : La gloire de ses forêts et de ses champs délicieux sera consumée : tout périra depuis l'âme jusqu au corps; ce qui s'entend de la gloire de la grande armée de Sennachérib, nombreuse comme une forél, et de l'élite de ses chefs par rapport au mont Carmel, qui était élevé, fertile et agréable à voir. C'est ainsi qu'on peut interpréter, Canl. 7. 5. Caput tuum ut Carmel us: Votre tête est comme le monl Carmel; Hebr. coccinum, est belle comme l'écarlate : d'autres l'entendent de la corffure de la tête élevée et belle comme cette montagne. Au reste, il parait que la beauté de celte montagne passait en proverbe, pour marquer tout ce qui était beau, grand, élevé, agréable à la vue. Voy. Charmel.

Ville et montagne dans la tribu de Juda, où Nabal avait ses biens. Jos. 12. 22. Rex Jaclianan Carmeli unus : Dans la terre que les Israélites conquirent au delà du Jourdain, il y avait... un roi de Jaclianan du Carmel. c. 15. 55. 1. Reg. 15. 12. 2. Reg. 2. 2. c. 3. 3. etc.

CARMELITES, je, Heb. Agnus circumeisus.

Qui est de la ville de Carmel en la tribu de Juda. 2. Par. 11. 37. Hcsro Carmélites : C'était un des trente braves de l'armée de David.

CARMEL1TIS, ms, Heb. idem. Qui est de la même ville de Carmel. 1. Par. 3. 1. David hos habuit (ilios... secundum Daniel de Abigail Carmeli tiae : David eut ces eufants-ci... le

f.AR

CAfl

second Daniel d'Abigaïl de la ville deCarmcl. Elle avnil été frrome de Nabal.

CARMEN, inis. Ce mot, signifiant carde, instrument à carder la laine, vient de car ère, pour carpere; signifiant une chanson, il vient de casmen, dérivé de casno, pour cano, d'où vient carmen, changeant » en r, et signifie proprement les vers, la poésie, opposée à la prose, une pièce de poésie, une ode, une chanson, enchantement, carde, instrument de cardeur ; dans l'Ecr. :

t° Chant, chanson, air agréable {«.aua); d'où vient celte façon de parler, Eccl. 12. 4. Et obsurdescent omnes filiœ carminis : Soutenez-vous de voire Créateur dès votre jeunesse, avant que les filles de l'harmonie deviennent sourdes ; i. e. avant votre vieillesse. Les filles de l'harmonie marquent les oreilles, qui est le sens qui juge de l'harmonie ; cette expression marque le temps de la vieillesse, auquel l'ouïe s'affaiblit. Voy. 2. Reg. 19. 35. De là vient, Carmen musicum : Air de musique, agréable à cause de ses accords. Ezech. 33. 32. Es eis quasi carmcn musicum : Vous êtes à l'égard des Juifs comme un air de musique. Dieu témoigne au prophète que le peuple n'écoutait tous ses discours que pour leur plaisir et pour se diverlir, et non pour s'en servir à se corriger. v.31.La métaphore est tirée des airs et des concerts qui se terminent uniquement à flatter les oreilles.

2° Cantiques, ouvrages de poésie, faits pour chanter et publier la bonté et la puissance de Dieu (ù$n) ; d'où vient Carmina Scripturarum : Les cantiques de l'Ecriture. 3. Reg. 4. 32. Eicli. 44. 5. Fuerunt carmina ejus quinque miliia : De cinq mille cantiques qu'a faits Salomon, il ne nous en est que très-peu resté, entre lesquels le plus excellent de tous ceux qu'il a composés, est le cantique appelé des cantiques. Non-seulement Salomon, mais encore David et les autres saints personnages de l'Ancien Testament en ont composé, tant pour chanter, que pour jouer sur les instruments. Voyes Canticum. Ainsi, 2. Esdr. 12. 45. In diebus Dmid et Asaph ab exordio erant principes constituti cantorum in carminé laudanlium : Dès le commencement, au temps de David et d'Asaph , il y eut des chefs établis sur les chantres qui louaient Dieu par de saints cantiques. Exod 15. 1. Num. 21. 17. 2. Reg. 22. 1. Par. 16. 35. Ainsi, Job. 35. 10. Ubi est Siens qui ficil me, qui dédit carmina in nocle? Où est le Dieu qui m'a créé, qui fait que les siens lui chantent pendant la nuit des cantiques d'actions de grâces? D'autres l'entendent de la joie intérieure que Dieu donne aux siens au milieu des perséculions qu'ils souffrent pour sa gloire.

3° Instruments de musique, sur lesquels on chantait les cantiques et les psaumes (Cpvo;). Ps.4.1. Sn finem, in carmin ib us : Psaume de David qu'on doit chanter sur les instruments de musique jusqu'à la fin des siècles ; selon les Septante, qui doit être ebanté parmi les hymnes. Ps. 6. 1. Ps. 53. 1. Ps. 54. 1. Hehr. in pulsationibus ; ces instruments

étaient de ceux qui résonnaient en les touchant et non en soufflant.

4" Prophétie triste et lugubre, en l'orme de plainte faite sur le malheur de quelqu'un. Ezech. 2. 9. Scriptœ erant in en tamentationes et carmen et vœ : Il était écrit dans le livre qui me fut présenté, des plaintes lugubres, des cantiques et des malédictions; tout ceci marquait les jugements terribles que Dieu devait exercer contre les Juifs; d'autres distinguent les plaintes lugubres, comme regardant les réprouvés, à qui les exhortations des pasteurs sont inutiles, des cantiques qui regardaient les justes. Voy. Deut. 32. 3G. De là vient Lugubre cancre, sous-entendu carmen, publier une prophétie fâcheuse et lugubre, prophétiser de grands maux à venir. Ezech. 32. 18. Cane lugubre super multiludinem Mgypli: Prophétisez la ruine totale des Egyptiens, se. par Nabuchodonosor et par les Chaldéeirs. Mais Ezech. c. 27. 32. Carmen lugubre, est pris pour les plaintes et les marques qu'on donne de la part qu'on prend aux malheurs d'autrui. Assument super te carmen lugubre .-Tous ceux qui avaient commerce avec vous feront sur vous des plaintes lugubres; le prophète parle de la désolation de Tyr.

5° Discours de piété, paroles de l'Ecriture. Prov. 25. 20. Acetum in nitro qui canat carmina cordi pessimo : Comme le vinaigre aigrit et donne plus de force au nitre; ainsi les discours salutaires irritent davantage les méchants et les obstinés : Si l'on entend ceci d'une personne affligée, par le mot de cor .pessimum ou malum, selon l'Hébreu ; par le mot carmina, on entendra un discours enjoué ou quelque chanson gaie, qui importune ceux qui sont dans le deuil. Voy. Cantare.

CARNA1M, Heb. Duo cornua, ville forte dans le pays de Galaad. 1. Mach. 5. v. 26. 43. 44. La même que Astarolh-Carnaïm. Voy.

Astaroth.

CARNAL1S. ffoyy.ixoj, <?«pxivo?.De caro, et signifie :

1° Qui est d'une nature composée de chair et d'os, corporel, sujet à périr. Eslh. 14. 10. Prœdicent carnalem regem in sempiternum : Les ennemis de votre peuple veulent fermer la bouche de ceux qui vous louent, pour relever à jamais un roi de chair et de sang. Esther demande à Dieu d'empêcher, pour sa gloire, qu'Assuérus ne rende son nom éternel, en exterminant la race des Juifs qu'il avait toujours regardés pour son peuple.

2° Temporel, ce qui regarde le corps et la vie (xaT«<r«(3xa).Coloss.3. 22. Servi, obedite per omnia dominis carnalibus : Serviteurs, obéissez en tout à ceux qui sont vos maîtres selon la chair. L'Apôtre témoigne que le devoir des serviteurs et des esclaves est d'obéir à leurs maîtres en tout ce qu'ils ont droit de leur commander. Ephes. 6. 5.

3" Celui en qui la chair et la concupiscence combattent, soit qu'il y résiste fortement. Rom. 7. 14. Ego autem carnalis sum : Pour moi, je suis charnel, dit saint Paul : soit

DU flONNAlRE OK Pllll.oi.ocil. SACREE.

qu'il j résiste faiblement et se laisse encore

aller a ses affections charnelles, 1. Cor. 3. 1. Non point vobis .loqtti quasi spiritualibus, serf quasi camalibus : Je n'ai pu vous parler connue à des hommes spirituels, niais comme à des personnes charnelles, v. 2. 3. Tous les hommes charnels ne sont point exclus du royaume de Dieu; il ne faut point en désespérer; mais il faut les ménager, pour les faire avancer. Non lamen desperandi, sed nutriendi. Aug. in Ps. 38.

»° Charnel, qui part de la concupiscence, qui excite les passions déréglées, opposé à spirituel. I. IVIr. 2.11. Obsecro vos tamquam advenus et peregrinos abstinere vos a carnalibus desideriis : Je vous exhorte, mes bienaimés, de vous abstenir, comme étrangers et voyageurs que vous êtes, des désirs charnels. Jud. v. 23.

5° Charnel , humain , qui est selon les maximes du monde. 2. Cor. 1. 12. In simplicitale tordis... et non in sapientiu carnali conversait statuts in hoc mundo : Nous nous sommes conduits en ce monde avec une simplicité de cœur et une sincérité de Dieu, non dans la sagesse de la chair. Saint Paul oppose sa conduite à celle des faux apôtres, qui était toute charnelle, en ce qu'ils ne recherchaient que leurs intérêts et leur propre gloire, c. 10. ». Arma militiœ nostrœ non carnalia sunt : Les armes de notre milice ne sont point charnelles ; i. e. nous n'employons point la prudence humaine, les belles paroles, la tromperie ou la violence pour gagner les âmes à Dieu.

6° Qui doit finir,- mortel, périssable. Hebr. 7. 16. Non seciindum legem mandati carnalis foetus est, sed secitnrfttm virtulem vilœ indissolttbilis : Jésus -Christ n'est point établi prêtre par la loi d'une succession charnelle, mais par la puissance de sa vie immortelle.

7 Ce qui regarde les nécessités et les commodités de la vie, les biens temporels nécessaires à la vie. 1. Cor. 9. 11. Si nos vobis spiritualia seminavimus, magnum est si nos carnaliu vestra metamus? Est-ce une grande chose que nous recueillions quelque fruit de vos biens temporels? Rom. 15. 27.

8° Docile, obéissant. 2. Cor. 3. 3. Epistola eslis Chrisli... scripta... non in tàbulis lapidas, sed in tàbulis cordis carnalibtts : Vous êtes la lettre de Jésus-Christ qui est écrite, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, qui sont vos cœurs. Le saint apôtre loue les Corinthiens de leur docilité et de leur obéissance à l'Evangile et à ce que Dieu demandait d'eux; au contraire, cor lapideum, le cœur endurci n'est point soumis à ia loi ni à la volonté de Dieu. Ezech. il.

CARNEUS gnific:

1° Qui est de chair, de là vient cette expression, uculi carnei, des yeux de chair, ce qui se dit de celui qui juge des choses selon ce qui parait seulement à l'extérieur, et sans examiner le fond cl les raisons d'une cause. Job. 10. '*. Numquid oculi carnei tibi sunt ?

chair, i. e. jugezfonl ! • plus soul'exlcrieur seule-

a, um, aâpxivoç. De caro , et si-

Avez-vous des yeux de vous des choses comme vent les hommes par nient ?

2° Qui est faible et sans force. 2. Par. 32. S. Cum illo est brachium carneum; nobiscum Dominas Deus noster : Toute l'armée qui est avec Scnnachérib n'est qu'un bras de chair ; mais nous avons avec nous le Seigneur notro Dieu, dit Ezéchias à tout le peuple de Jérusalem assemblé.

3° Tendre, flexible, docile. Ezech. 11. 19. Auferam cor lapideum de carne eorum, et dabo cis cor carneum : J'ôlerai de la chair des Israélites le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair. Voy. Carnalis, 8°.

CARNIFEX, icis. De euro, carnis et de facere, qui signifie aussi, conficere , consumere.

Rourreau, qui met à mort en exécution de sentence portée contre quelqu'un déclaré comme criminel (5>i/ito?) ; mais il se dit aussi figur. d'un homme cruel, inhumain, qui aime à répandre le sang. 2. Mach. 7. 29. lia fict ut non limeas carnifirem istum : Comprenez bien que Dieu a créé tout le reste du monde, aussi bien que tous les hommes, et ainsi vous ne craindrez point ce cruel bourreau, dit la mère des Machabées, exhortant le dernier et le plus jeune de ses enfants à souffrir généreusement la mort à l'exemple des six autres enfants.

CARNION. Un fort imprenable dans la demi-tribu de Manassé au delà du Jourdain. 2. Mac. 12. v. 21.26. Judas Machabée prit ce fort et y tua trente mille hommes.

CARO, nis, o-àpÇ , xo;, du grec xpêaç, par une transposition assez commune, comme de vpnai se fait rapax, etc., et signifie proprement ;

De la chair des animaux qu on tue pour manger ; il se dit aussi de la chair vive des hommes et des bêtes, et se dit improprement des poissons, des fruits, des racines ; dans l'Ecriture :

1° Chair, tout animal en général. 1. Cor. 15. 39. Non omnis caro, eadem caro; sed alia quidem hominum, alia vero pecorum, alia votufiutn, alia autem piscium : Toute chair n'est pas la même chair, etc.

2° Chair d'animal mort, l'animal mort.

Exod. 29. 14. Carnes vero vituli... combines foris : Vous brûlerez dehors et hors du camp toute la chair du veau, se. après avoir été sacrifié. Voy. v. 11. Levit. 14. 11. Reg. 17. W. Ps. 78. 2. etc.

3° Chair, partie du corps d'un animal vivant. Luc. 2i. 39. Spirilus carnem el ossa non habet : Un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai, dit Jésus-Christ aux onze apôtres, qu'il voulait persuader que c'était lui-même qu'ils voyaient el non un esprit. Voy. v. 37. »0. »1. Gen. 2. 21. Exod. ». 7.

»°La peau, prise pour la chair très-maigre, abattue et mince , d'un corps vivant. Ps. 101. G. A voce gémi tus mei adhœsit os meum carni meœ : A force de gémir et de soupirer, je n'ai plus que la peau collée sur les os.

CAIl

5 La lèlc, la chair île la léte. Job. Y. 15. fnhornurunt pili earnii meœ ; Les cheveux de ma léte se dressèrent, se. à la vue d'un spectre. Voy. v. 16.

B" Les pat lies naturelles de l'homme qui servent à la propagation. Gen. 17. 11. Cireutneidetis carnem prœputii vestri . Vous circoncirez voire chair; celle circoncision dans Abraham et tous ses enfants mâles, était le signe de l'alliance qu'il faisait avec Dieu. v. I i. IV. \insi , Rom. 2. 28. Neque quœ in manifeste, in came, est circumeisio : La véritable circoncision n'est pas celle qui se voit dans la chair, mais celle du cœur, se. le retranchement des passions et des dérèglements de l'âme. Coloss. 2. 11. Ephes. 2. 11. Ainsi, Ezech. 10. 26. Fomieata es cum /Mis Mgypti vicinis luis magnarum carnium :

Vous vous éles prostituée aux entants de l'Egypte qui sont vos voisins et qui uni de grands corps ; le prophète représente ici les alliances illicites et criminelles qu'ont faites les Juifs avec les Egyptiens, capables de les porler à L'impureté, et le terme magnarum carnium, peut figurer les richesses et la puissance des Egyptiens, qui portaient les Juifs à s'attacher à eux et à leur idolâtrie, qui est souvent figurée par la fornication. Ce qui est encore exprimé par ces termes, c. 23. 20. Quorum carnes sunl ut carnes asinorum, pour marquer leur prodigieux attachement à l'idolâtrie.

7° Le corps entier, distingué de l'âme. Ps. 15. 9. Caro mea requiescet in spe : Ma chair, c'est-à-dire, mon corps se reposera dans l'espérance. Gènes. 2. 24. Ephes. 5. 31. Erunt duo in carne una ; Gr. in carnem tinam : De deux qu'ils étaient, savoir : l'homme et la femme, ils deviendront une même chair; le mari et la femme ont droit sur le corps l'un de l'autre, comme s'il leur était propre, en ce qui regarde le devoir conjugal. Ephes. 5. 29. etc. d'où vient, carnis resurrectio:

§ 1. — Tous les animaux en général, tant l'homme même que tous les autres animaux (avSauico;). Gen. 6. 13. Finis universœ carnis venu coram me : J'ai résolu de faire périr tous les hommes et tous les animaux, dit Dieu à Noé, résolu de répandre sur la terre les eaux du déluge. Voy. 7. 22. Ainsi, v. 17. 19. c. 7. v. 15. 21. c. 8. 17. c. 9. v. 11. .

15, 17. Levit. 17. 11. Num. 16. 22. etc. Mais, Eccli. 17. 4. exclut l'homme : Posuit timorcm illius super omnem carnem : Dieu a fait craindre l'homme de toute chair, i. e. de tous les animaux.

§ 2. L'homme, son corps, comme vivant et animé, la personne même (crû/*a). Levit. 19. 28. Super mortuo non incidetis carnem vestram : Dieu défend aux Juifs de faire d'incisions dans leur corps, pour honorer les morts, comme faisaient les idolâtres dans leur deuil et leurs pénitences. Voy. Jerem.

16. 6. 3. Reg. 18. 28. Ainsi, tien. 2. 24. Job. 14.. 22. Caro ejus dum vivet , dolebil : La chair de l'homme pendant qu'il vivra, sera dans la douleur. Exod. 22. 27. Ps. 37. 4. 8. Ps. 62. 2.elc.

i 3. L'homme, soil en général, les hommes

CAR Gï>«

de toutes les nations, tien. 6. 12. Omnis quippe caro corruperat viam suum : La vie de tous les hommes était devenue toute coirompue. Celte corruption attira le déluge. v. 13. Deut. 5. 26. Ps. 55. 5. Ps. 64. 3. Matth. 24. 22. Marc. 13. 20. Joan. 3. 6. c. 17. 1. Rom. 3. 20. 1. Cor. 1. 29. Gai. 2. 16. 1. Pelr. 1. 24. etc. Ainsi, tous ceux que Dieu a appelés â la foi. Isa. 40. 5. Joël. 2. 28. Act. 2. 17. Juifs ou Gentils sans distinction, soit qu'il s entende avec quelque restriction; tous les sujets de quelquo état , lous les Juifs, la nation des Juifs, les habitants de Jérusalem. Eccli. 46. 22. Pecunias et usque ad calceamenla ab omni carne non accepit . Samuel à la fin de sa vie prolesta devant les Juifs qu'il n'avait jamais rien pris de qui que ce soit, ni argent, ni jusqu'à un cordon de soulier. Jerem. 12. 12. Matth. 24. 22. Marc. 13. 20. Ainsi, Dan. 4.9. Ex eâ vescebatur omnis caro . Tout ce qui avait vie trouvait sous cet arbre de quoi se nourrir; i. e. tous les peuples soumis à Nabuehodonosor représenté par cet arbre. Voy. v. 19.

§ 4. L'homme considéré, selon son état naturel, ses lumières et ses affections naturelles, auquel sens se trouve, Malth. 16, 17. Caro et sanguis non revelavit tibi : Ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé que je suis le Christ Fils du Dieu vivant, dit Jésus-Christ à saint Pierre. Joan. 3. 6. Gai. 1. 16. Ainsi, 1. Cor. 15. 50. Caro et snnguis regnum Dei non possidebunt : L'homme mortel et sujet à la corruption, est incapable de l'état des bienheureux. Voy. Exod. 33. 20. 2. Cor. 10. 3. Hebr. 2. 14. Mais Eccli. 17. 30. marque l'homme selon ses affections corrompues. Quid nequius quam quod excogitavit caro et sanguis? Qu'y a-t-il de plus corrompu que ce que pense la chair et le sang? Ephes. 6. 12. Caro marque le monde, et nous-mêmes , en tant que nous avons à les combattre.

§ 5. L'homme considéré selon sa fragilité, sa condition mortelle, et sujette à toute sorle de misères. Jerem. 17. 5. Maledictus homo, qui confidit in homine, etponit carnem brachium suum; Maudit est l'homme qui met sa confiance en l'homme, qui se fait un bras de chair. Voy. Isiucuium. Job. 6. 12. Ps. 77. 39. Eccl. 5. 5. Matth. 26. 41. Marc. 14. 38. Joan. 3. 6.

§ 6. Le vieil homme, l'homme charnel, en lant qu'il est remué par les passions, la concupiscence et le péché. Gai. 5. 17. Caro enim concupiscit adversus spiritum ;La chair a des désirs contraires à l'esprit. L'Apôtre oppose les mauvais désirs de la chair aux saints mouvements que l'esprit de Dieu inspire, v. 13. 16. c. 6. 8. Gen. 6. 3. Joan. 1. 13. c. 2. 16. c. 3. 6. Rom. 7. 18. etc. Ainsi:

In carne esse, secundum carnem esse, secundum, ou post carnem ambulare. Suivre1 les affections déréglées de la concupiscence. Rom. 7. 5. Cum enim essemus in carne : Lorsque nous étions soumis à la chair, les passions des péchés irritées par la loi, agissaient dans les membres de notre corps, c. 8. 1. Qui non secundum carnem ambulant : Ceux

I ICTIONNAIRE DE l'Illl.oi.OCIi. SA< l»M

qui ne marchent point selon la chair, v. 4. Ainsi : v. 5. Qui secundum carnem sunt : Ceux qui vivent selon la chair. 2. Petr, 2. 10. Qui P">t runiem in concupiscent in immunditiœ ambulant : Ceux qui pour satisfaire leurs ilés'rs impurs suivent les mouvements de la chair : dans ce sens l'âme, selon la partie inférieure, est appelée chair. Gai. 5. 19. Manifesta sunt aulem opéra carni* : Les œuvres de la chair sont aisées à connaître; savoir : la fornication, l'impureté, etc. Voy. Mallh. 15. 19. A quoi se peut rapporter pinguedo carnis, la graisse, la vigueur du corps, pour marquer la gloire et la force dont l'homme se (laite et se glorifie. Isa. 17. 4. Mti nualiitur gloria Jacob, et pinguedo carnis ejus marcescet : La gloire de Jacob se flétrira, et la vigueur de son corps tombera dans l'affaiblissement et dans la maigreur. Le Prophète prédit la ruine du royaume florissant des dix tribus.

§ 7. Le corps, l'humanité de Jésus-Christ, considérée comme unie au Verbe éternel Joan. 1. 14. Et Vcrbum caro factura est : Le Verbe a été fait chair. Act. 2. 31. Rom. 1. 3. c. 8. 3. Eph. 2. 14. 1. Tim. 3. 16. Heb. 10. 20. 1. Petr. 3. 18. 1. Joan. 4. 2. 2. Joan. 7. d'où vient Joan. 6. 64. Caro non prodest quidquam : La chair ne sert de rien : Jésus- Christ voyant que plusieurs de ses apôtres trouvaient dur qu'il eût dit que sa chair était véritablement une viande, v. 56. 61. leur assure ici que la chair seule considérée en elle-même, ne pouvait donner la vie; mais que sa chair, qui est unie au Verbe éternel, étant reçue dignement, produit la vie éternelle. Ainsi le corps de Jésus-Christ, reçu dans l'Eucharistie, Joan. 6. 56. Caro meavere est cibus : Ma chaire est véritablement viande; se. le corps de Jésus-Christ, reçu avec les dispositions nécessaires, est une véritable nourriture, qui donne la vie. v. 52. 54. 55.

§ 8. Parenté, alliance par le sang, les parenls'mêmes. Judic. 9. S.Considerate quod os vestrum el caro vesira sum : Considérez que je suis voire chair et votre sang. Abimelech fit faire cette remontrance aux habitants de Sichem, par les parents de sa mère pour se faire établir roi. Voy . v. 6. Isa. 9. 20. Unusquisque carnem brachii sui rorabit : Chacun dévorera la chair de son bras ; t. e. chacun sera ennemi mortel de ses frères el de ses plus proches : ce qui arriva au temps que Salmanasar vint ravager la Judée, c. 58. 7. Gcn. 2. 2?. c. 29. IV. c. 37. 27. Levil. 18. v. 12. 13. 17. 2. Reg. 5. 1. etc. Ainsi, 2. Cor. 5. 16. Si cognovimus secundum carnem Chris tum : sed nunc jam non novimus : Si autrefois nous avons connu Jésus-Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de la sorte : ici connaître Jésus-Christ selon la chair, c'est se vanter qu'il est sorti de la même nation que nous.

§ 9. Manière naturelle et ordinaire de naître, la naissance même : d'où vient : Secundum carnem in carne. Epiph. -1. 11. AUauando vos génies in carne : Vous étiez autre-

fois Gentils par votre origine et votre naissance. Gai. 4. 29. Qui secundum carnem natui fuerat, persequebatur tum qui secundum spirilum : lsmaël, qui était né selon la chair, persécutait Isaac qui était né selon l'Esprit. Selon la chair; i. e. selon le cours ordinaire de la nature. Ainsi, FtVt't carnis : Ceux qui sont nés par la voie ordinaire. Rom. 9. 8. Non gui filii carnis, i. e. secundum carnem, lii filii Dei: Les enfants d'Abraham selon la chair, ne sont pas pour cela enfants de Dieu, c. 4. 1.

§ 10. Les qualités el les avantages extérieurs , qui donnent sujet de se glorifier , l'extérieur : Philipp. 3. v. 3. 4. Quanquam ego habeam confid en liant et in carne: si quis alius videtur confidere in carne, ego inagis : Ce n'est pas que je ne puisse prendre moimême avantage de ce qui est charnel, el si quelqu'un croit le pouvoir faire, je le puis encore -plus que lui : ces avantages de la chair sont marqués, v. 5. Ainsi, 2. Cor. 5. 16. Nos ex hoc neminem novimus secundum carnem : Nous ne connaissons plus personne selon la chair. Saint Paul témoigne qu'il ne fait plus de cas de la noblesse, des biens de fortune , ni même des qualités naturelles Voy. 8\ Ainsi, c. 11. 13.

§ 11. Ce qui regarde la vie présente, ou les affaires du monde. 1. Cor. 1. 26. Non mulli sapientes secundum carnem : De ceux que Dieu a appelés, il y en a peu de sages (l'une sagesse de la chair; i. e. qui soient en réputation de grande science , ou qui soient de grande réputation dans le monde, c. 7. 28. Tribulationem tanun carnis habebnnl hujusmodi : Quoique ceux qui se marient ne pèchent point, cependant ils ressentiront les afflictions de la chair; f. e. de la vie présente. 2. Cor. 10. 3. Philem. v. 16.

§ 12. Les cérémonies, ou les œuvres qui regardent la loi ancienne. Rom. 4. 1. Quid dicemus invenisse Abraham secundum carnem ? Quel avantage dirons-nous donc qu'a eu Abraham, notre père selon la chair; i. e. par la circoncision? Gai. 3. 3. Sic stulti estis ut cum Spiritu cœperitis, nunc carne consummemini? Etes vous si insensés, qu'après avoir commencé par recevoir les dons du Saint-Ëspril, vous finissiez par les œuvres et les cérémonies de la loi ? c. 6. 12. Hebr. 9. 10.

CARO, joint avec différents verbes. Carnes alicujus comedere, munducarc, devorare, etc. Manger la chair de quelqu'un, c'est le traiter cruellement, se jeter sur lui pour le perdre, faisant allusion aux bêles farouches. Ps. 26. 3. Appropiant super me nocentes, ut edant carnes meas : ceux qui me veulent perdre, sonl prêts de fondre sur moi, comme pour dévorer ma chair; i. e. pour m'attaqui r, cl dans l'intention de me détruire. Mich. 3. 3. Zach. 11. 9. Apne. 17. 16. c. 19. 18. Ainsi, Tollere carnem alicujus desuper : Oler à quelqu'un la chair de dessus les os , i. e. exercer sur lui une cruauté el une tyrannie. Mich. .'{. 1. Toilitis pelles eorum desuper eis, el carmin eorum desuper ossibus eorum : Vous arrachez aux pauvres jusqu'à leur peau; et

vous leur oter la chair de dessus les os. Djen parle aux chefs et aux magistrats des Juifs, qui les opprimaient. Jac. 5. 3. Aîrugo eorum

lu testinioniiim i obis l'fit, et manduciibit carne» vestras sicut ignit : La rouille do l'argent que vous esches, s'élèvera en témoignage contre vous, et dévoiera votre chair: i. e. sera cause que vous serez éternellement dévorés par le feu de l'enfer. Mais, Sotwari carnibus alicujus : Mire rassasié des chair? de quelqu'un , signifie : 1" Etre rassasié des mets qui sont servis détail! quelqu'un. Job. 81. 81. Quis dit ih cumibus ejus ut saturemurf Qui nous donnera de sa chair, afin que nous en soyons rassasiés? Les serviteurs de Job souhaitaient de manger dos mets qui étaient servis devant leur maiire, ce qu'ils ne pouvaient obtenir à cause de sa grande charité pour les pauvres et les étrangers. Vuy. Saturare. 2°. Déchirer quelqu'un de paroles oulrageuses, jusqu'à ce qu'on soit content. Job. 19. 22. Quart'..; carnibus meis satwaminif Pourquoi vous plaisez-vous à vous rassasier de ma chair; à me déchirer par vos médisances et vos calomnies? Ainsi: Comedcre carnem suam; i. e. se ipsum. Se consumer jusqu'à mourir de faim. Eccl. 4. o. Stultus complicat manus suas, et comedit carnes suas : L'insensé met ses mains l'une dans l'autre, et il mange sa propre chair; t. e. il consume ses biens, et se réduit à la dernière pauvreté, en sorte que n'ayant plus rien du tout à vivre, il ne subsiste plus que de la propre substance de son corps, jusqu'à ce qu'elle soit toute consumée : ce qui se peut aussi entendre de l'ennui et du chagrin dont il est ronge. Ainsi :

Lacerare carnes suas dentibus. Se tourmenter, s'affliger extrêmement. Job. 13. Ik. Quart lacero carnes meas dentibus meis? Pourquoi déehiré-jé ma chair avec me9 dents ? r. e. si Dieu n'afflige que ceux qui sont tout à fait méchants , pourquoi m'alfligc-t-il de telle manière que je serais presqu'en état comme un forcené, de me défaire moi-même? ou, selon d'autres, puisque je perdrai plutôt la vie que l'espérance que j'ai en Dieu, pourquoi me croyez-vous à un tel étal de désespoir que de vouloir me défaire moi-même? Vetustam facere pellem el carnem alicujus. Mater, dessécher quelqu'un à force de le tourmenter. Thren. 3.4. Vetustam fecit pellem meam, et carnem meum : Le Seigneur a fait vieillir ma peau et ma chair. Ici le Prophète, figurant tout le peuple juif, prouve par cette expression, combien la main de Dieu était appesantie sur tout le peuple, à cause de ses péchés.

Carnem suam crucifiijerc. Crucifier sa chair, mortifier et reprimer sa concupiscence. Gai. o. 2'r. Qui autein «uni Chrisii, carnem suam cruciârerunt cum viliis et concupiscentiis : Ceux qui sont à Jésus-Christ, ont crucifié leur chair avec leurs vices et leurs désirs déréglés.

GAHPENTARIUS, n. De carpenlum, chariot, peu usité chez les Latins : dans l'Ecr.: Charpentier, ou intendant des ouvrages ùc charpentier 1 . Par. 9. 15. Jtacbacar quoque

CAH

carpentarius (LXXxal kpit) : Bacbacar charpentier : comme les Lévites n'exerçaient point de métiers, le mot de charpentier est pris ici ou pour le surnom de Bacbacar, ou pour marquer qu'il avait l'intendance sur les charpentiers du temple.

CARPENTARIUS, a, um. Qui appartient aux ouvrages de menuiserie (ùpyjTs-xrovia). Exod. 85. 33. Implevit Dominus lieseleel spiritu Dei... ad excogitandum et fnciendum opiis in auro... sculpenilisgue lapidibus , et opère carpentario : Le Seigneur a rempli Beseléel «Je l'esprit de Dieu, pour inventer el pour exécuter tout ce qui se peut faire en or... dans la sculpture des pierres, et dans tous les ouvrages de menuiserie.

CARPENTUM. De curpere, pris pour scindere, parce que ces chariots étaient faits de bois coupés, et signifie :

Chariot. 2. Reg. 12. 31 . Circumegit super eos fer rata carpenta : David fit passer sur les habitants de Rabbath des chariots avec des roues de fer. Tous ces supplices furent exécutés en punition de l'insulte que reçut David, c. 10. 4. 1. Par. 20. 3.

CARPERE. De carpus, qui signifie la jointure de la main, et signifie prendre, cueillir avec la main, effleurer, entamer, diviser, blesser: dans l'Ecriture.:

1° Prendre, cueillir. Levit. 19. 10. Pauperibus et peregrinis carpenda dimittes : Vous laisserez prendre aux pauvres et aux étrangers dans vos vignes les grappes qui restent, ou les grains qui tombent. Job. 8. 12. Ainsi se dit improprement,

Curpere iter. Prendre son chemin, marcher, voyager. Judic. 29. 14. Cœplum carpebant iter : Le serviteur du lévite de la montagne d'Ephraïm et son maître continuèrent leur chemin; ils passèrent la ville de Jebus sans y entrer, pour venir coucher à Gabaa.

2° Paître, brouter. Gen. 41. 18. In pastu paludis vireta carpebant : Les sept vaches grasses que Pharaon vil en songe paissaient, ce lui semblait, dans des marécages. Num. 22. 4. Voy. Bos.

CARPUS, i. Gr. Kapnoç. Celui chez qui saint Paul avait laissé son manteau à Troade. 2. Tim. 4. 13.

CARRUCA, je. Ce mot se dit, ce semble, pour curruca, comme carrus vient de carrus, et signifie :

Chariol dont se servaient anciennement les gens d'honneur. Isa. 66. 20. Adducent omnes fralres veslros... in carrucis, ad montent sanclum : Ceux que j'enverrai feront venir tous vos frères de toutes les nations... sur des chariots, à ma montagne sainte de Jérusalem. Le prophète prédit que la vocation des gentils à l'Eglise se fera avec une prompte diligence, et par toutes sortes de moyens convenables.

CARRUS , I. âjiafx, de currus , et signifie : Char, chariot. Eceli. 33. 5. Prœcordia fatui quasi rota carri : Le cœur de l'insensé est comme la roue d'un chariot, se. par l'inconstance et la volubilité de son esprit.

CARTALLUS,i,ouCARTALLUM,x«flTaAAof De carectum:

DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE . Deut. 26. 2. Toi

Panier, corbeille d'osier /« de eunctis frugibiu tuis primitias, et portes in carlallo : Vous prendrez les prémices de tous les fruits de la terre el les mettiez dans un panier; c'était pour les offrir à Dieu. f'oy. v. 4. 10. Ainsi, Jerem. 6. 9. Convoie maman tuam quasi vindemiator ad cartallum : Retournez, s'enlrediront les vendangeurs, Cl mettez dans votre panier ce que vous trouverez de reste. Ceci est une figure de ce que tirent les Babyloniens, qui vinrent plusieurs fois contre la Judée, et qui en emmenèrent les captifs à plusieurs fois ainsi que les dépouilles.

CARTHA. e. Heb. Civilas. Ville de la tribu de Zaliulitn, donnée en partage aux lévites de la famille de Mérari. Jos. 21. 34. Il y en a qui croient que c'est la même que Ceselelh- Thabor. Jos. 10. 22. Voy. Thabor.

CARTHAG1NENSIS. Carthaginois, qui est de. C.nlhage, ville d'Afrique. Ezech. 27. 12. Carthaginenses ( Hebr. Tbarsis ; contemplatio gaudii) negotiatores lui : Les Tyriens trafiquaient avec les Carthaginois , qui étaient une colonie de Tyr et di' Sidon.

CARTHAN, Heb. Civilas. Ville de la tribu de Ncphlhali, qui tomba en partage aux léviles de la famille de Gerson. Jos. 21. 32. Yoy. CARiATniiM.

CARÏ1LAGO, ims. De caro , carne, carnilngo : de là se fait carlilayo, et signifie :

Cartilage, partie du corps la plus dure après les os ( p«~/j; )• I°D- *0. t«*. Carlilayo illius quasi laminœ ferreœ: Les cartilages de l'éléphant sont comme des lames de fer; i. e. très-dures.

CASA, m.. De l'hebr. nw casa, qui signifie teyere, couvrir.

Case, cabane, tente ( amvn )■ Sip. 11. 2. In locis desertis fixerunt casas ; Par le secours de ia sagesse les Israélites oui marché par des lieux inhabiles, et ils ont dressé leurs lentes dans les déserts.

CASAIA, Heb. Duritia. Lévite, père d'Etam, de ia famille de Mérari. 1. Par. 15. 17.

CASALOTH. Ville de la tribu d'Issachar.

Jos. 19. 1S.

CASBON, Heb. Numeralio. Ville tic la Galaadite, dans la tribu de Gad. 1. Mac. 5. 3li.

CASED, Heb. Quasi dœmon. Fils de Nachor. Gen. 22. 22. C'est lui qui a donné le nom aux Chaldéens. Hieron. Tradil. Hebr. in Gène. Cased quarlus est a quo Chasdim; i. e. Chdldœi postea vocati sunt. Ainsi c'est par anticipation que la ville d'Ur est appelé I r-Chaldœorum. Gen. 11. 3i,

CASEDS, i. y/la , y.zoç. De coeo ou coago, assembler, parce que le fromage n'est autre chose qu'un lait qui se prend à lorce de vieillir et de le garder. C'est dans ce sens qu'il se trouve dans Job. 10. 10. Nonne... el sicul cascum me coagulaslif Ne m'avez-vous pas fait d'abord... el comme un lait qui s'épaissit cl qui se durcit; i. e. dans le sein de la mère; et signifie proprement :

Fromage. 1: Reg. 1". 18. Decem formellas catei lias défères ad tribunum, et fratres luos vititabis : Portez ces dix fromages pour le uicslrc de camp de yos frères ; voyez com-

ment vos frères se portent, dit Isaïe à son fils David.

CASIA, z«<T5-iK. Ce mol signifiant une plante très-agréable aux abeilles, vient de ce que son odeur a quelque rapport à la plante aromatique, nommée casse ou cannelle ; étant pris pour celle même plante, nommée cannelle , il vient de canna, parce que son écorec ressemble assez au roseau : dans l'Ecriture:

Plante aromatique, que quelques-uns croient être l'ambre, d'aulres la cannelle, dont il entrait cinq cents sicles pesant dans la composition que Dieu ordonna à Moïse de faire pour en oindre l'arche et les vases sacrés, et pour en consacrer le grand-prélre Aaron el ses enfants. Exud. 30. 24. Casiœ aulem quingentos siclos in pondère sancluai ii. v. 25. etc. Ainsi David parlant de Jésus- Christ, dit, Ps. 44. 9. Myrrha, et yutta, et casia a vestimentis tuis, a domibus eburneis : Il sort de vos habits et de vos maisons d'ivoire une odeur de myrrhe, d'aloës et de cannelle. Il le compare à un roi dont les habits sont parfumés, et ce parfum marque l'odeur de ses vertus, par lesquelles il atlire toutes les nations à l'observation de sa loi.

CASIS, ou VALUS CAS1S, Heb. Concisio.

Plaines de la tribu de Benjamin. Jos. 18. 22. Voy. Valus. Le mot Casis signifie toute sorte de plaine ou vallée, de Kitsels, amputare.

CASLEU, Heb. Spes ejus. Neuvième mois, qui répond à notre mois de novembre et décembre. 2. Esdr. 1. 1. Zach. 7. 1. Quarta mensis noni qui est Cuslen. 1. Mac. 1. 57. c.

CASLUIM, Heb. Tegumentum tabularum.

Peuples voisins de l'Egypte, descendants de Mesraïm, desquels sonl sortis les Philistins e! les Capulorius, sont, selon Bochart, I. 4. 31. les Colches. Gctu 10, .14, 1. Pfli. 1. 12. Voy. Chasluim.

CASPHIN, Heb. Argentaria. Aille de Palestine du côlé de l'Arabie. 2. Mac. 12. 13. Aggressus est civitatem quamdam firmam... eui nomen Casphin : Il attaqua une bonne place nommée Casphin. Adriconius la met dans la tribu de Dan, près de .lamnia.

CASPHOR, Heb. Argenteus. Ville de la tribu de Gad. I. Mac. o. 10. Quelques auteurs croient que c'est la même que Casbou. Voy. Casb >\ .

CASSIA, Gr. /.m™-/, Nom delà seconde fille qu'eut Job depuis son rétablissement. Job. \i. 14. Voeavit nomen secundœ Cassiam : Ce nom lui lut donné à cause de sa beaulé excellente ou de sa verlu, comme ce parfum était exquis et fort précieux chez les Orientaux. Voy. Casia.

CASSIDILE, is. De cassis, qui signifie rels, filet; et dans l'Ecriture :

Sac ou poche l'ait en forme de rets. Toi). 8. 2. Protulit de cassidilï suo partent jeeoris: Le jeune Tobie étant entré au lieu où était Sara, fille de Raguel, lira de son sac une partie du foie du poisson, el la mit sur des charbons ardents. Voyez-en l'usage, c. 0. l'J.

CASSIS, idis. Ce nom pris pour galea,

CAS

CAS

casque, est toscan, et, ce semble, comme qui ilirait carassis, de x«p«, caput : dans l'Ecriture :

Casque (ntpixs?où«i%). t. Reg. 17. 5. Cassis œrea super caput tjvu : Goliath portail sur la tête un casque d'airain.

C.ASSUS, a, um. Du carco, et signiQe : Vain, qui n'a qu'une vaine et Causse apparence, inutile, de nul effet. 1. Heg. 19. 10. Laaeta autan casso culnere perlata est in parittem : Le dard, sans blesser David, alla donner contre la muraille. Saiil, en le lançant, lâchait de l'en percer, Eccl, 2. 26. Costa sollicitudo mentis : Tous les soins d'amasser sans cesse du bien, est un tourment inutile de l'esprit pour le pécheur qui les amasse, Ezech. 13. 7. Numquid non visiotldffl cassam viilistis ? Les visions que vous avez eues ne sont-elles pas vaines? Les faux prophètes flattaient malicieusement les Juifs, que la désolation de la Judée parles Chaldéens ne leur arriverait pas, contre la prophétie qu'en faisait le prophète Ezcchiel, Ainsi, c 12.2V,

CASTELLUM, i. Diminutif de castrum, et signifie proprement château : dans l'Ecriture :

1' Place forte, château (otxnuis), 2. Par. 27. 4... jEdificavit... et in saltibus castella et tunes : Joalhain fit bâtir des châteaux et des (ours dans les bois. N'uni. 31. 10. Judith, 2.

2° Bourg , village ( xwp» ). 1. Mach. 7. 40. Exierunt de omnibus castetlis : Au son des trompettes qui avertissaient derrière l'armée de Judas de la victoire remportée sur Nicanor ; les peuples de tous les villages de la Judée qui étaient aux environs vinrent se. pour aider à achever la victoire. 2, Mach. 8. v, 1. 6. c. 14, 16. Il se trouve souvent dans les évangélistes en cette signification.

CAST1FICARE, àyviÇeiv. De castus et de facere, inusité; et signifie dans l'Ecriture :

Rendre chaste et pur, purifier, 1. Petr. 1, 22, Animas vestras castijicantes in obedientiam ckarilatis : Rendez vos âmes pures par une obéissance d'amour ; Gr. purifiez vos âmes en obéissant à la vérité par le Saint- Esprit. Celte purification se fait par la foi jointe à l'amour; se. en croyant à Jésus- Christ, et étant disposés à vivre selon sa loi. làSTIGARE, TraiSîùèiv. Du Grec, xkotôj pour y.-oToc, lorum, et s'entend dans les auteurs latins des réprimandes qui se font de paroles; il signifie reprendre quelqu'un, lui faire une réprimande ; ou comme dans l'Ecriture :

1* Châtier, punir quelqu'un par affection, pour corriger, et non pour perdre. Ps. 117. 18, Castifjans castigavit me Dominus : Par la persécution que Dieu a permis de la part de mes ennemis, et dont il m'a délivré, le Seigneur m'a châtié pour me corriger, comme un bon père, et selon ce qui est dit, Hebr. 12. 6. Apoc, 3. 19. Ainsi, Ton. 11. 17. ifenedico le, Domine Deus Israël, quia tu castigasti me : Je vous bénis, Seigneur Dieu d'Israël, pane que vous m'avez châtié, dit le

père de Tobie après avoir recouvré la vue, c. 13. v 5. 11. Jerem. 31. 18. 2. Cor. 6. 9, de là vient :

Castiyare injudicio. Châtier selon la justice, s'entend d'une justice mêlée de miséricorde. Jerem, fc6. 28. Te vero non consu' muni, sed castigabo te injudicio : Pour vous, mon serviteur Jacob, je ne vous perdrai point, mais je vous châtierai avec une juste modération, aulr. en jugement; se. pour faire connaître que vous n'êtes pas innocent, c. 30. 11.

2° Traiter rudement, mortifier (ÙKuninÇeiv),

1. Cor, "9. 27. Castiyo corpus meum : Je traite rudement mon corps. La métaphore semble tirée du combat des athlètes, qui surmontaient leurs adversaires à grands coups de poing.

CAST1GAT10, f/ey/o;. Châtiment, l'action de châtier, châtiments, affliction, punition. Ps. 72. 14. Castigatio mea in matulinis : J'ai été châtié dès le maliu ; i. e. j'ai toujours eu de nouvelles afflictions qui commencent dès le matin, Jerem. 30. 14. 1. Mach. 2. 49.

CAST1TAS , atis, «yveia. De castus, et signifie :

1° Chasteté, pureté de corps et d'esprit. Judith. 15. 11. Fecisti viriliter, et confortatum est cor tuum, eo quod castitalem amoveris : Vous avez agi avec un courage mâle, et votre cœur s'est affermi, parce que vous avez aimé la chasteté, dit Joacim à Judith, c. 16. 26. Act. 24. 25. Gai. 5. 23. 1 Tim. 4. 12. c 5. 2.

2° Intégrité, honnêteté (o-s^votuç). 1. Tim,

2. 2. Ut quietam et tranquUlam vitarn agamus, in omni pietate et caslitate : Que l'on fasse des prières, des demandes et des actions de grâces pour les rois... afin que nous menions une vie paisible et tranquille dans toute sorte d'exercice de piété et de vertu, c. 3.4.2. Cor. 6. 6.

3° La pureté et la sainteté du culte de Dieu, 1. Mac. 14, 36. Inferebant plagam magnam castitati : Les ennemis faisaient une grande plaie à la sainteté du temple, et détruisaient tout ce qu'il y avait de plus saint.

CA.5TORES, Gr. Stioxovpot, Jov is filii. Castor et Pollux ; c'était l'enseigne que portait le vaisseau où monta saint Paul. Act. 28. 11. Navigavimus in navi Alexandrina, cui insigne erul Castorum, Nous nous embarquâmes sur un vaisseau d'Alexandrie qui portait pour enseigne Castor et Pollux. Us présidaient aux combats et à la navigation ; les idolâtres avaient beaucoup de confiance en ces deux divinités, qu'ils croyaient être favorables aux nautonniers dans les tempêtes.

CASTRA , orum , Tra/jijtifioM. De casa , parce que les loges que faisaient les soldats pour être à l'ombre, s'appelaient casœ4 »>t signifie :

1" Camp, lieu où campe une armée. L'Ecriture appelle de ce nom les lieux où s'arrêtaient les Israélites , depuis leur sortie d'Egypte, jusqu'à leur entrée dans la terre sainic, où ils venaient pour la conquérir. Voy. Nom. 33. où le terme castrametari est fréquent, l's. 105. 16. Irritaverunl Moisen in

castris : Us irrilèrenl dans le camp Moïse et Aaron. Le prophète entend parler de la ré- \ olie de Coré et de ceux de sa troupe. Voy. Num. 16. 15. Le camp des Hébreux était distingué dans le désert en trois parties. La première était le camp de Dieu, appelé Castra Dotnini ou Dei. Voy. infra , Castra Domini. La seconde était le camp des lévites , Num. 1. 50, avec qui il était défendu au peuple de se joindre, v. 51. El la troisième était le camp du peuple, v. 52. Le camp était de forme carrée, el partagé en quatre bataillons, donl chacun était formé de Irois tribus ; el il y en avait une principale dont les deux autres suivaient l'étendard : elles environnaient le tabernacle; mais laissant un assez grand intervalle à celle de Lévi, qui formait toute seule comme un second camp plus petit lout autour du tabernacle, étant destinée à la garde et au ministère des choses saintes. Les Juifs ont toujours gardé depuis le même ordre dans les assemblées qu'ils faisaient dans le temple pour y adorer Dieu.

Les interprètes remarquent que non-seulement dans le camp, mais dans la marche même, les lévites devaient èlre environnés de l'armée des Israélites, autant que cela se pouvait, afin que l'armée fût toujours en état de garder le Tabernacle avec ses ministres.

Castra Domini. Le Tabernacle et le lemple autour duquel le peuple s'assemblait, est appelé de la sorte , el les lévites élaient placés pour le garder et empêcher d'y entrer, comme des sentinelles autour d'un camp.

1. Par. 9. 19. Hi sunt Coritœ super opera ministerii custodes vestibuhrum Tabernaculi , et familiœ eorum per vices castrorum Domini custodientes introitum : Les Corites établis sur les ouvrages qui regardent le ministère, ayant la garde des portes du Tabernacle, que chaque famille gardait à son tour, comme on fait dans les armées, pour défendre l'entrée de la maison du Seigneur, élaient de ceux qui revinrent de captivité.

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