‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 101 sur 122 · RAVI · texte numérisé non relu

RAVI

RECL

M. Ranvier a prési'Ié depuis le congés tenu par l'Internationale à la Haye, le 4 septembre 1872.

Un frère du précédent était directeur de Sainte-Pélagie, dans les dermors jours de la Commune. Il assista à rexécutionde M. Gustave Chaudey et signa les ordres relatifs à l'embaumement du corps et à son tranàlèremient à. l^hôpital de la Pitié.

RASTOUL (M....), membre de la Commune de Paris, né à Marseille, vers 1830, se fit recevoir docteur en médecine, et, dès 1866, exerça cette profession à Paris, dans le quartier Saint-Martin. Sans passé politique, mais imbu des idées radicales qui couvenaient à l'ardeur de son tempérament, il se présenta pendant le siège de 1870 dans les clubs socialistes, parvint à se faire nom> mer membre des comités de vigilance, président du club des montagnards, et fut élu, au scrutin du 26 mars 1871, membre de la Commune dans le 10* arrondissement, par 10 325 voix. Membre de la commission des services publics le 30 mars, inspecteur général du service des ambulances le 10 avril, il remplit ses fonctions avec un grand zèle, et organisa un service spécial d'inliuma~ tion. Il vota, le 19 avril, contre la validation des élections complémentaires à la majorité absolue des suffrages, et, le 2 mai, contre la création du Comité de salut public, motivant son vote en ces termes : « Je vote contre l'ensemble du projet, parce qu'il aboutit en réalité à la confusion des pouvoirs, et que je voulais la séparation des fonctions, avec la responsabilité effective de cette commission executive, devant la Commune. » Il appuya la mesure des cartes d'identité et demanda que le Journal officiel tài envoyé gratuitement à tous les électeurs. Dès le 27 avril, à la suite d'un obstacle inopinèmeat mis à Texercice de ses fonctions médicales, M. Rastoul avait donné sa démission dlnspecteur général des ambulances. A partir de la création du Comité de salut public, il s'abstint presque entièrement d'assister aux séances de la Commune. Au moment du danger, il conseilla à ses collègues de se réfugier dans les lignes prussiennes et de demander au général Fabrice les moyens de passer en Amérique. Il a été arrêté , dit-on, le 29 mai 1871 et conduit à Versailles.

SAUDOT * (Claude-Marie). — Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de l'Yonne à l'Assemblée nationale, le dernier sur sept, par 32 217 voix.

Défenseur des idées de décentralisation à outrance, il demanda la suppression des tribunaux administratifs, à l'occasion de la loi sur la réorganisation du Conseil d'Etat, prit part à toutes les discussions importantes, et, lors de la présentation du budget de 1873, proposa des réductions considérables sur les crédits pHrôvus, qui ne furent point acceptées par l'Assemblée.

Membre de la réunion des Réservoirs, il a pris

S lace à droite, et a volé pour les préliminaires e paix, l'abrogation des lois d^exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et contre le retour de PAsaemblée à Paris. Outre les ouvrages déjà cUéa^ il a publié : Met Oisivetés {lSQ2j.m*S%

RAVINEL (Charles, baron db), représentant français, né en 1839, fils d'un ancien député , fut révoqué de ses fonctions d'inspecteur des finances, pour s'être présenté, contre le candidat officiel, aux élections législatives de 1867 et de 1869, où du reste il échoua. Maire de Nossoncourt et ancien membre du coaseil général des Vosges, il

fut élu, le 8 février 1871, représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le deuxième sur huit, par 22 527 voix. Il présenta à l'Assemblée une proposition de loi portant : t que les administrations et les services publics seraient im~ médiatem«.nt trans.crés à Versailles, » qui fut l'objet d'une lutte très-vive, et ne fut point adoptée. Il a pris place au centre droit, et a volé* pour l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pou" voir constituant, la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières) contre le gou-» vernement, dans la question du pouvoir temporel; contre le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

RAZOUA (Eugène), journaliste français,, servit longtemps dans l'armée d'Afrique, et débuta en littérature par des récits originaux intitulés : Souvenirs d^un spahis. Il écrivit ensuite dans la Vie parisienne y et, en 1867, dans le Pihri, quedirigeait M. Victor Noir. Lié avec M. Delescluse, il essaya du journalisme politique, dans le Réveil. où il rédigea la chronique militaire. Implique dans le proc»js de Blois et incarcéré préventive* ment pendant sept mois, il fut rendu a la liberté' par la révolution du 4 septembre 1870. Elu, pen» dant le siège, chef du 61* bataillon de la garde na^-. tionale, il prit part à la tentative insurrectionnelle du 31 octobre et fut révoqué par décret du gouvernemeat de la Défense , du !•'' novembre 1870.

Aux élections du 8 février 1871, nommé représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le trente-neuvième sur quarante-trois, par 74 415 voix sur 328 970 votants, il donna sa démission à Bordeaux, en même temps que M. Delescluse, dont il était resté le disciple et l'admirateur. Présent à Paris au moment de l'insurrection du 18 mars 1871, il reprit le commandement de son bataillon, et se conduisit bravement lors de la granie sortie des 4 et 5 avril Nommé à deux reprises commandant de l'École militaire, et membre de la cour martiale, M. Razoua, après a\t)ir contribué à la résistance armée jusqu'à la fin du mois de mai, réussit à s'échapper et gagna la Suisse. Son extradition fut aussitôt réclamée par le gouvernement français; mais le conseil jfédéral ne voulut y consentir qu'à la condition que le prévenu serait convaincu de crime de droit commun. Il fixa même le 29 août comme délai de rigueur pour la production des documents qui devaient établir la culpabilité de M. Razoua. Devant cette mise en demeure, M. Thiers retira la demande d'extradition. Les journaux de la fin du mois d'octobre 1871 ont signalé M. Razoua comme un des notables assistants de la fête de la fédération genevoise de l'Internationale, à Carouge. Il a fondé et rédigé, avec MM. E'^des et Lefrançais, un journal radical : la Revanehe, publié en Suisse, et que le gouvernement fédéral crut devoir supprimer le 6 janvier 1872. Il a été condamné à mort par contumace, par le 3* conseil de guerre, le 30 août suivant.

RECLUS * (Jean-Jacques-Elisée). — Pendant le siège de Paris, il figura dans la compagnie d'aé^ rostiers que dirigeait M. Nadar, et servit dans la garde nationale de marche. Il faisait déjà nartie de l'Association internationale des travailleurs. Lors de l'insurrection du 18 mars 1871, il publia dans le Cri du peuple un manifeste hostile au gouvernement de Versailles, mais se terminant par un appel à la conciliation. Il n'en continua pas moins son service dans la garde nationrle insurgée, prit part à une reconnaissance au plateau de Châtillon et fut fait prisonnier le S avril. Un décret de la Commune au 30 avril sui-

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vani le nomma directeur de la Bibliothèque nationale. Traduit devant le 7* conseil de guerre, siégeant à Saint- Germain, le 16 novembre 1871, après avoir éié longtemps tenu au secret, il fut condamné, après aofmission de circonstances atténuantes, à la déportation simple. Le monde savant s'émut de cette condamnation, et diverses démarches furent tentées auprès du président de la République pour en adoucir l'effet, notamment par les savants et les hommes politiques les plus considérables de TAngle terre. Un arrêté du 4 janvier 1872 commua la peine de la déportation simple en celle du bannissement. M. Reclus partit pour ritalie au mois de mai 1872.

RÉGÈRE TE MONTMOBE ( Henri - Théodore ) , membre de la Commune de Paris, né à Gadanjac (Gironde), en 1825, se fit recevoir docieur en médecine et exerça la profession de vétérinaire à Bordeaux. Fondateur et rédacteur de la Tribune de la Gironde, il vit son journal supprimé au moment du 2 décembre 1851, et fut proscrit à la suite du coup d'Etat. Courtier de commerce à Libourne, il s'affilia à l'Internationale, lors de sa création, et fit, en Italie, une active propagande aux idées socialistes. Rentré en France après la révolution du 4 septembre 1870, il fut nommé, pendant le siéçe de Paris, capitaine adjudantmajor du 248' bataillon de la garde nationale, se signala dans les clubs par son acharnement contre le gouvernement de la Défense et prit une part active à la tentative du 31 octobre. Traduit pour ce fait devant un conseil de guerre, en même temps que MM. Milli^re et Lefrançais, il fit défaut, mais fut acquitté le 9 mars 1871. Ce procès et la part qu'il avait prise à l'organisation du Comité central de la garde nationale le désignaient aux suffrages des socialistes. Aussi, après l'insurrection du 18 mars, fut-il élu, dans le 5* arrondissement membre de la Commune, au scrutin du 26, par 4026 voix. Maire provisoire de son arrondissement, le 27, membre de la commission des finances, le 30, délégué à ce département ministériel, le 2 avril^ il donna sa démission le 6 et fut délégfuô à Tadmmistpation municipale du 5' arrondissement, le 3 mai. En exerçant ces dernières fonctions , il favorisa l'exécution des mesures les plus radicales contre les institutions religieuses et les réfractai res. Il vola, le 20 avril, pour la validation des élections complémentaires à la majorité absolue des suffrages, quel que fût le nombre des votants, et, le 2 mai, formula ainsi son vote en faveur de la création d'un comité de salut public : < Attaqués impitoyablement et sans motifs légitimes, j'estime que nous devons défendre avec la plus grande énergie la République menacée. > Après Tavénement de M. Deiescluse comme délégué civil à la guerre, il s'associa aux résolutions les plus violentes, mt chargé, avec M. Raoul Rigault, de l'exécution du décret relatif aux otages, mit le quartier du Panthéon en état de défense, et, le 24 mai, au moment de la victoire définitive des troupes de Versailles, signa avec six autres membres de la Commune le fameux ordre d'incendier < les maisons suspectes et les monuments publics. » M. Régère, qui s'était caché avec succès pendant les premiers jours de l'occupation de Paris, a été arrêté dans un hôtel des boulevards. Conduit à Versailles et traduit devant le 3* conseil de guerre, il a protesté contre les différent» actes publics qui lui étaient imputés, mais a été condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée et interné, le 25 septembre 1871, au fort Boyard, où il devint le professeur de ses co-détenus. La Cour de cassation a rejeté son pourvoi le 13 octobre suivant. Embarqué le 3 mai 1872 à bord de la Danaé, il a été déporté à la

Nouvelle-Calédonie, où il obtint d'être accompagné par son jeune fils.

REGNAULT (Alexandre-Georges-Henri), peintre français, né à Paris le 30 octobre 1843, et fils du célèbre chimiste de ce nom, fit ses études au lycée Napoléon, et, poussé par une irrésistible vocation, entra a dix-sept ans dans l'atelier de M. Lamothe, élève de MM. Ingres et Flandrin. Il passa ensuite à l'Ëcole des beaux-arts, où il obtint le grand prix de Rome, au concours de 1866, dont le sujet était : Thétis ajtportant à Achille les armes forgées par Yulcain. Cette toile fit sensation et fut bientôt suivie d'un envoi : Automédon domptant les coursiers d'Achille^ dont le succès fut encore plus grand. Un portrait équestre de Juan Priniy exposé en 1869, et acheté par le musée du Luxembourg, consacra la réputation du jeune peintre, que la critique se plaisait déjà à saluer comme « un grand coloriste. » M.Henri Regnault a successivement exposé : La Dame en rouge, portrait de Mme A.-F.-D... (1867); Judith et Holophemef envoi de troisième année. (1869) : Salomé (1870); le Départ pour la fantasia à Tanger (1870) ; Exécution sans jugement sous les califes de Grenade (1870), acheté par le musée du Luxembourg, etc.

Au moment où éclata la guerre franco-prussienne, il revint de Tanger, où il poursuivait des études sur l'Orient, et se fit inscrire sur les contrôles de la carde nationale de Paris. Pendant le siège, il fut incorporé dans un bataillon de marche, prit part à la grande sortie du 19 janvier 1871, et fut tué le même jour à Bu/enval. Au mois de mars 1872, une exposition générale de ses œuvres, organisée par les soins de sa famille, obtint un succès sans précédent. Novateur hardi, coloriste original et puissant, H. Regnault a préparé une voie féconde aux jeunes peintres de L'école contemporaine. Une souscription a été ouverte dans le monde des artistes pour lui élever un monument funèbre, et une statue dans la cour du palais des Beaux- Arts.

RËMUSAT * (Charles-François-Marie, comte nE). — A la fin de l'année 1869, au moment où l'empire autoritaire semblait faire place à l'empire libéral, il fonda à Toulouse un journal d'opposition constitutionnelle : le Progrès libéral. Après la guerre de 1870-1871 contre l'Allemagne, et la constitution d'un gouvernement provisoire sous la prési(?ence de M. Thiers, il fut appelé à l'ambassade de Vienne, mais ne crut pas devoir accepter cet important poste diplomatique ^25 février 1871). Aux élections complémentaires de 1871 pour l'Assemblée nationale, son nom fut recommandé aux électeurs de la Seine, par le Journal de PariSj organe du parti orléaniste. M. de Rémusat déclina aussitôt toute candidature. Un décret du 2 août 1871 le nomma ministre des affaires étrangères en remplacement de M. Jules Favre, relevé de ses fonctions sur sa demande. Cstte noi^ination fut accueillie favorablement par toutes les fractions de l'Assemblée, et le nouveau ministre eut dès lors à présider aux négociations délicates de l'évacuation graduelle des troupes allemandes, à parer aux graves incidents que la continuation de l'occupation dans certains départements allait provoquer, et à demander aux gouvernements étrangers ^'extradition des chefs les plus compromis de la récentn insurrection communale. Des négociations avec l'Italie au sujet de la dette pontificale, avec la Chine à propos du massacre de Tien-tsin, et surtout avec l'Angleterre et la Belgique à propos des traités de commerce qui furent définitivement dénoncés dans les premiers mois de 1872, des réformes importantes dans la

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