ROCH
tioDS complémentaires ) il vota, le 2 mai, la création du Comité de sa! ut public: « espérantqu'il serait, en 1871, ce que l'on croit généralement, mais à tort, qu'il a été en 1793. » Dans ses nouvelles fonctions de procureur de la Commune, et en particulier comme président du jury d'accusation créé par décret du 22 avril, il fit preuve du même esprit farouche et indomptable qui l'avait distingué dans les discussions ordinaires de THÔiel de ville. Aussi fut-il choisi par M. Delescluse, pour ei^cuter, avec M. Régère, le décret de la Commune relatif aux otages. On sait avec quelle cruauté froide il commanda lui-même le peloton d'exécution du malheureux Gustave Chaudey, rédacteur du Stécie, aDcien adjoint de la mairie de Parls^ fusillé à Sainte-Pél|)gie, le 23 mai. Le lendemam, il présida aux incendies de la rue du Bac et du carrefour de la Croix-Rouge, eut un instant l'espoir de s^échapper, et, sans doute convaincu que la fuite était impossible, se livra aux soldats de Versailles. Il fut passé par les armes dans la rue Gfty-Lussac, le 24 mai 1871. ,
Le père du précédent, M. Charles-Edouard - Henri Rigaqlt, né à Bois-le-Duc (Bouches-du- Biiin-Brabant) , le II octobre 1811, entra comme employé au ministère de la guerre, en 1837.
Nommé sous-préfet de la République, à Riberac (Dordogne), en 1848, par M. Senart, il fut remplacé en 1800, par M. Dufaure, à cause de ses opinions républicaines et rentra dans la vie privée. ^ommé conseiller de préfecture de la Seine, après la révolution du 4 septembre, par décret du gouvernement de la Défense, en date du 16 novembre
1870, il a été relevé de see fonctions le 30 mai
1871. Depuis plusieurs antiées , il conservait peu de relations avec son ftls aîné, M. Raoul Rigault, que Texagération d<e ses idées politiqufs tenait éloigné de sa famille.
RIONDEL * (Louis) . —Aux élections du 8 février 1871, il a été élu représentant*de l'Isère à l'Assemblée nationale, le premier snr douze, par 95 289 voix.
Il a pris place à gauche, s'est fait inscrire à la réunion du Jeu de Paume, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi départementale, la proposition Rivet, le traité douanier,* la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Pans; pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel; contre la validation de l'éjection des princes, le pouvoir constituant et la proposition RavineL
BIVET * (Jean-Charles). — Aux élections du 8 février 1871 , il fut élu représentant de la Corrèze à l'Assemblée nationale, le deuxième sur six, par 29 420 voix. Il a donné son nom à la proposition qui attribuait, pour deux ans, à M. Thiers, la
Ï^résidence de la République, et qui fit faire à 'Assemblée un pas en dehors du pacte de Bordeaux, vers rétaoliBsement définitif de la République.
Il a pris place au centre gauche , s'est fait inscrire a la réunion Feray, et a voté pour les préliminaires de paix, Tabrogation des lois d'exil , la validation de l'élaction des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, le traité douanier, et le retour de l'Assemblée à, Paris.; pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel; contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières) , et le maintien des traités de commerce.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il fut élu conseiller général du département de la Corrèze, pour le canton de Brive.
ROBERT* (Léon). — Conseiller municipal et maire de Voncq, il a été élu, le 7 janvier 1872, représentant des Ardennes, à l'Assemblée nationale, par 32600 voix , sur 56996 votants.
11 a pris place à gauche, et a voté pour la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.
ROGHEFORT * (le comte Victor-Henri de Rochefor t-Luçay, dit Henri) . — Pendant sa captivité, il intervint indirectement dans les délibérations de la Chambre, spécialement dans la séance du 12 février 1870, où il essaya de faire lire en son nom par M. Ordinaire, un projet de mise en accusation du gouvernement et des ministres. Il fut appelé comme témoin dans l'affaire Pierre Bonaparte (audience du 23 mars), devant la Haute cour de justice de Tours, où sa tenue et la modération de sa déposition furent remarquées. Sa peine ne se confondit point d'ailleurs avec une première condamnation à quatre mois de prison, encourue pour coups et blessures à une époque où il n'était point député. Malgré l'énergigue protestation de M. Raspail, M. Grandperret, ministre de la justice, maintint, dans la séance du l4 août, son droit à l'application régulière de la loi, et le fit enfermer.ae nouveau à Sainte-Pélagie. Quinze jours auparavant, il avait annoncé qu'il suspendait la publication de \b. MarseilicMe, mais qu'il la ferait reparaître lorsque l'hymne de Rouget de l'Isle, > un moment bonapartiste et officiel, serait redevenu séditieux et républicain. « L'occasion ne se fit pas longtemps attendre, et la révolution du 4 septembre rendit à la fois la liheité à l'écrivain et à son journal : mais un article de M. Ciuseret contre le gouvernement de la Défense nationale, dont M. Rochefort faisait partie, publié dans la Marseillaise du 8 septembre, et (|uil qualifia lui-même d'odieux, l'obligea à déclarer qu'il restait désormais étranger à celte feuille. Le 19 septembre, il était nommé président de la commission des barricades. Un mois après, pressé par M. Flourens de donner sa démission démembre du gouvernement, il répondit par une lettre d'un remarquable sens politique, où, touchante la question des élections municipales et à leur inopportunité, il remettait toute modification gouvernementale au moment du départ des Prussiens. Cependant sa lutte avec M. Félix Pyat, rédacteur en chef du journal le Combat^ et la tentative insurrectionnelle du 31 octobre, provoquée par la nouvelle de la reddition de Metz, à laquelle il n'avait pas d'abord ajouté foi, eurent raison de sa persévérance. Présent à l'Hôtel de ville, au moment de son envahissement par les émeutiers, il s'efforça pendant plus de douze heures de calmer la foule', qui avait fait figurer son nom sur une liste provisoire de comité de salut public. II promit môme « la Commune, • c'est-à-dire les élections municipales à bref délai. Le gouvernement de la Défense ne put faire honneur à cette parole imprudente, et li. Henri Roche fort donna immédiatement sa démission de membre du gouvernement. Pressé de la reprendre, après la victoire des gardes nationaux ae l'ordre, il refusa absolument. 11 resta cependant président de la commission des barricades, et signa en cette qualité, vers la même époque, une proclamation faisant appel au patriotisme de la population pour la confection des sacs à terre.
Le 1" février 1871, il fonda, en vue des élections à l'Assemblée nationale , un nouveau journal, le Moi d'Ordrey qui continuait la tradition de la Marseillaise y et devenait le défenseur d'office de M. Gambetta. Porté à Paris sur la liste républicaine, il fut, au scrutin du 8 février, nommé représentant du département de la Seine, le sixième