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ROSS

snr quarante-trois, par 165 670 suffrages, sur 328 970 votants. A Bordeaux, il siégea avec la gauche radicale et déclara, dans la séance du 18 février, que « cette fois les républicains ne laissernientpas escamoter la république. » Il vota contre les préliminaires de paix, puis donna sa démission. L'insurrection du 18 mars le trouva à Paris, dont il reprit énerfjriquement, dans le Mot d^ Ordre, déjà frappé une fois de suspension, la défense contre HAssemblée. Il prit aussitôt parti pour le comité central et Tinsurrection, refusa par raison de santé toute candidature à la Commune, mais continua contre le gouvernement, une polémique ardente qui contribua à envenimer les naines violentes qu'engendra cette terrible guerre civile. On put lui reprocher surtout d'avoir prôné les mesures les plus arbitraires, entre autres la destruction de

1 hôtel de M. Thiers, d'avoir poussé à la lutte à outrance, et, peu de jours avant l'entrée des troupes régulières à Paris, d'avoir pris la fuite vers la Belgique, après avoir déclaré préalablement « qu'en présence de la situation faite à la presse par la Commune, le Mol d'Ordre croyait de sa dignité de cesser de paraître. » Arrêté à Meaux le 20 mai et conduit à Versailles, il y subit une longue détention préventive, qu'une maladie cérébrale rendit très-pénible, et, reconnu coupable de neuf crimes ou délits, fut condamné, le 20 septembre suivant, par le 3* conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortitiée. Son recours devant la commission des grâces fut rejeté, et les démarches pressantes faites par M. Victor Hugo auprès de M. Thiers. pour obtenir une commutation de peine, restèrent sans résultat. Il fut interné au fort Boyard, et le bruit courut, à plu- .sieurs reprises, aans la presse radicale et la presse bonapartiste que le jugement ne serait point entièrement exécuté, et que M. Rochefort, atteint d'une grave maladie de cœur, ne serait pas déporté à la Nouvelle-Calédonie. 11 a été transféré, «\ la fin du mois de juin 1872, du fort Boyard à la citadelle de Saint-Martin-de-Ré.

ROGEARD (Louis- Auguste), écrivain français, né à Chartres, en 1820, entrai l'Ecole normale en 1841 et exerça le professorat dans plusieurs lycées de province, jusqu'au moment du coup d'Etat du

2 décembre 1851. Révoqué pour refus de serment, il fonda en 1865, avec M. Longuet, la /{irc gauche, journal d'opposition très-répandudans le quartier Latin et qui fut supprimé après la publication des Propos de Labiënus, atta- ([ue virulente contre l'empereur Napoléon III. (;e pamphlet donna subitement au nom de son auteur une notoriété européenne. Poursuivi et condamné à cinq ans de prison, il réussit, avant l'instruction, à se retirer à Bruxelles, où son livre eut un nombre considérable d'éditions.

Quant au journal dont il était le rédacteur en chef, il reparut à Bruxelles à deux reprises, après y avoir été suspendu.

Au moment de la révolutiondu 4 septembre 1870, M. Rogeard fit partie de la rédaction de plusieurs journaux radicaux. Lors de l'insurrection du 18 mars 1871 et des élections à la Commune, il obtint, sans être élu, 4258 voix dans le 6* arrondissement. Aux élections complémentaires du 16 avril, il fut élu par 2292 voix, mais refusa de considérer son élection comme valable, puisqu'elle n'avait pas réuni le huitième des électeurs inscrits, et envoya sa démission au président de la Commune dans une lettre motivée. Cependant, il fit partie de la rédaction du Vengeur, journal de M. Félix Pyat, et si^rna^ le 23 mai, au moment de l'entrée desiroupes régulières dans Paris, un appel aux armes, qui le fit accuser de complicité dans les événements de la Commune et rechercher

par la police. Il a réussi à se réfugier à l'étranger.

Outre le pamphlet cité plus haut, M. Rogeard a publié : Nouveau cours de rersions Uihnes et 700 textes d'exercices (1864, in- 18); Pauvre France! poésies. (Bruxelles, 1865, in-8*.)

ROGER* [du Nord] (Edouard, comte). — Lieutenant colonel d'état-major de la ^rde nationale de la Seine pendant le siège de Pans, il fut cité à l'ordre du jour de l'armée pour sa conduite dans les journées des 29 et 30 novembre 1870, et devint chef d'état-major du général d'Aurelle de Paladines, lorsque ce dernier fut investi du commandement en chef des gardes nationales de la Seine. Aux élections du 8 février 1871, il obtint sans être élu, dans le département de la Seine, 63697 voix sur 328970 votants, mais fut nommé représentant du Nord à l'Assemblée nationale, le cinquième sur vingt-huit, par 212895 voix.

d'cxil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, la proposition Rivet et le traité douanier; contre la proposition Ravinel , la proposition Feray (matières premières) et le retour de l'Assemblée à Paris. Il s'est abstenu sur la question du pouvoir temporel.

Il a été promu commandeur de la légion d'honneur le 24 juin 1871.

ROLLAND* (Pierre-Charles-Antoine). — 11 devint, à la fin de 1870, le principal rédacteur du Journal de Saône-et-Loire, et fut élu, au scrutin du 8 février 1871, représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le premier sur douze , par 7 11 97 voix. Au moment oii M. Charles Ferry, préfet de Saône-et-Loire. devenait commissaire extraordinaire de la Répunlique en Corse, M.Rolland fut nommé commissaire extraordinaire dans le département dont il était le député (15 octobre 1871).

Il a pris place à gauche, a été rapi)orteur de la commission des services administratifs (postes et télégraphes), et a ▼oté pour les préliminaires de paix, la loi départementale, la proposition Rivet, le traité douanier et le retour de l'Assemblée à Paris; pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; contre l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, le pouvoir constituant, la propo sition Ravinel, la proposition Feray (matières premières] et le maintien des traités de commerce.

ROSSEL (Louis-Nathaniel), officier français, délégué de la Commune de Paris, né à Saint- Brieuc (Côtes-du-Nord) en 1844, d'un père français, chef de bataillon en retraite, et d une mère anglaise, fit ses études au prytanée de La Flèche, entra à l'Ecole polytechnique, puis à l'Ecole d'application du génie, d'où il sortit le second de la promotion. Lieutenant en premier le 1" octobre 1866, capitaine détaché à Bourges en 1870, il écrivit à cette époque, dans le ioumal le Temps, sous le pseudonyme de « Randal, > des articles qui furent remarqués, et, après la bataille de Wissembourg, publia dans la même feuille un plan défensif de la France. Placé en service actif dans l'état-major du général Coffinières de Nordeck, commandant de la place de Hetz^ il tenta, quelques jours avant la capitulation, de concert avec un de ses camarades, M. de Boyenval, d'or-t ganiser un complot, à la tête duquel marcherait le général Changamier, qui aurait eu pour bur d'arrêter le maréchal Bazaine et de le faire juge

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