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par un conseil de guerre. Le maréchal fit enfermer les deux conspirateurs au fort de Plappeviile. Après la reddition ae la place et de l'armée^ Bi. Rossel, devenu prisonnier de guerre des Allemands, parvint à s'échapper, et fut nommé colonel du génie par M. Gamhetta. Il fit en cette qualité la campagne de la Loire, et fut ensuite chargé de la direction du camp de Nevers, où il se trouvait encore à la conclusion de l'armistice.
A la nouvelle de l'insurrection du 18 mars 187 1 , il écrivit au ministre de la guerre pour lui annoncer qu'à la suite de la proclamation aun fiouveau gouvernement à Paris, il ne se considérait plus comme son subordonné et qu'il allait ofi'rir ses services au gouvernement de son choix. Les fédérés le nommèrent aussitôt directeur du génie et chef de la 17* légion, qui prit part à la grande reconnaissance du 2 avril sur Courhevoie et Versailles. Arrêté après l'insuccès de cette tentative, il fut relâché sur les instances de M. Cluseret et pris ;par lui comme chef d'état-major, sur la recommandation de M. Charles Gérardin, membre de la Commune. Président de la 1'" cour martiale, il s'y fit remarquer par une dureté affectée. Un décret du 1"' mai 1871 le nomma délégué à la guerre, en remplacement de M. Cluseret. Sous sa direction, la résistance de Paris prit un caractère plus énergique et plus farouche; mais l'indisci-
{>line des fédérés rendit ses efforts inutiles, et a savante organisation qu'il avait imaginée resta lettre morte. Il essaya vainement de gagner le Comité central, et entra même, dit-on, dans une conspiration ayant pour but de renverser la Commune. Le Comité eut peur, au dernier moment, de se donner un maître. La surprise du Moulin Saquet, puis la prise du fort d'Issy, que des dispositions habiles, mais non suivies d'exécution, avaient été impuissantes à conjurer, achevèrent de le perdre dans l'esprit des fédérés. Il fit afficher sa défaite et adressa à la Commune une lettre restée célèbre, dans laquelle il faisait, avec une précision cruelle , une a mère critique des représentants de l'insurrection du 18 mars. Ce document, où l'on retrouvait, sous une certaine emphase théâtrale, les qualités de penseur et d'écrivain qui avaient signalé ses débuts dans la presse, se terminait par la demande « d'une cellule à Mazas. » Immédiatement arrêté, M. Rossel fut confié à la garde de son ami, M. Cbarles Gerardin. Il s'enfuit avec son geôlier et se cacha dans Paris (1 mai) . Découvert par la police après la prise de Paris, il fut envoyé à Versailles, traduit devant le 3* conseil de guerre et condamné à mort le 9 septembre 1871. Cette première sentence fut cassée pour vice de forme, le 23, par le conseil de révision . La procédure et le prévenu fut renvoyés devant le 4* conseil de guerre.
Dans l'intervalie, une pétition des dames de Metz, couverte de plus de deux cents signatures, avait été adressée au président de la République pour obtenir la grâce du jeune officier. Les étudiants de Paris signèrent aussi une pétition dans le même but, et envoyèrent plus tard une députation à M. Thiers, qui refusa de la recevoir. M. Rossel occupa ses loisir.^ à écrire un livre sur la Réorganisation de l'armée, et à achever divers opuscules sur des questions d'actualité. Lorsque les débats furent rouverts, il déclara avec émotion qu'il regrettait profondément de s'être séparé, dans un moment de folle excitation, de ses camarades de l'armée française. Condamné une seconde fois à mort, il consentit, sur les instances de son défenseur, M* Albert Joly, à introduire un second pourvoi en cassation, qui cette fois fut rejeté par te conseil (27 octobre). 11 ne restait que le recours à la commission des grâces. La décision se fit attendre pendant plus d'un mois; et, le 28 novem-
bre, l'ordre fut donné d'exécuter l'ancien délégué de la guerre, à Satory, en même temps que M. Ferré, ancien délégué à la sûreté générale, et un sergent de la Ugne, qui était passé aux insurgés. Dans une lettre écrite une heure avant de mourir, M. Rossel demandait à son parti de ne jamais songer à venger sa mort. En marchant au supplice, il recommanda « de se bâter de refaire une armée véritablement nationale. » L'effet de ces exécutions fut considérable. Elles provoquèrent une vive agitation en province, où la presse radicale célébra les martyrs de la Commune. Sous le titre de Papiers posthumes, M. Jules Amigues a fait paraître un choix des écrits les plus Intéressants de Nathaniel Rossel (1871, in-18).
JROTOURS* (N.... DES). — Au mois d'avril 1870 il proposa un amendement qui fut adopté, et qui réduisait à 90000 hommes le contingent annuel, fixé depuis longtemps â 100000 hommes. Il vota seul, le 11 août suivant, contre le projet de loi relatif au cours légal des billets de la Banque de France.
Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant du Nord à l'Assemblée nationale, le vingt-sixième sur vingt-huit, par 177 252 voix.
Il a pris place à droite, s'est fait inscrire à la réunion des Réservoirs, eta voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, et la proposition Feray (matières premières) ; contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel; contre le traité douanier, le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871. il a été élu conseiller général du département au Nord, pour le canton d'Orchies.
ROUHER* (Eugène). — L'avènement du cabinet parlementaire, dont M. Emile Ollivier était le chef, fut l'occasion de nouvelles modifications â la Constitution^ combattues par M. Rouher. L'influence des idées libérales l'emporta ; mais sous cette réserve que la promulgation du nouveau sénatus-consulte serait ratifiée par un plébiscite. Cette idée fut adoptée, et le succès ne contribua pas peu à fortifier la confiance de Napoléon III en son ancien conseiller. D'ailleurs, le président du Sénat continuait à jouer dans cette haute assemblée le rôle de chef d'opposition, et y défendait les traités de commerce, son œuvre capitale, contre le système des admissions temporaires, proposé par le ministre des finances. Au lendemain de la déclaration de guerre à la Prusse (16 juillet 1870], il prononça, au palais de Saint-Cloud, en présence du Sénat, qui s^était rendu spontanément auprès de l'empereur, un discours où il assurait < que la France était prête » et c que l'heure de la victoire était proche. » 11 appuya, à cette époque, la tentative mite par M. Jérôme David pour renverser le cabinet du 2 janvier. Lors des premiers désastres de l'armée française et de l'avènement du ministère Palikao, if rejoignit secrètement l'empereur au camp de Châlons, pour lui rendre compte de la situation de Paris, et lui démontrer la nécessité politique du mouvement de Mac-Mahon vers l'armée de Bazaine. Au moment de la révolution du 4 septembre, il tenta vainement, par l'énergie dé son attitude, de relever le Sénat de l'oubli et du discrédit dans lesquels ce corps politique était tombé. Il fut contraint de s'enluir, et, le jour de son embarquement à Calais, n'échappa qu'à grand' peine aux insultes de la populace. A la nn du
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mois d'octobre, il fonda, à Londres^ un journal bonapartiste, la Situation, qui déclarait «seul légitime le gouvernement de la régente, et invitait le Corps législatif et le Sénat à se réunir dans une Tille de province. > Aux élections du 8 juillet 1871 pour l'Assemblée nationale, il sh présenta dans la Gironde et la Charente-Inférieure, et échoua dans ces deux départements. Il séjourna ensuite à Paris, et collabora, rara!t-il, au journal Ui*Franc€. Au mois d'août 1871, H. Se vérin Abbatucci, député d'Ajaccio, voulut, en donnant sa démission, créer une vacance dans l'Assemblée iu profit de M. Rouher, à qui trois cents électeurs influents offraient la candidature. Celui-ci accepta, mais les troubles survenus en Corse, à l'occasion des élections au conseil général, et la nomination du prince Napoléon, engagèrent le gouvernement à retarder la convocation du collège électoral de ce départempnt.
Cette convocation n'eut lieu quele 11 février 187Î. L'agitation fut extrême. MM. Welles de la Valette, Conneau, Gavini^ de Casablanca, Arrighi, Benedetti et Piécri, s'étaient déjà rendus à Ajaccio pour préparer les moyens d'action. Des milliers de photographies du nouveau candidat furent répandues dans l'île, avec une circulaire écrite à Paris, à la date du 19 janvier, dans laquelle M. Rouher, après avoir vivement blâmé le gouvernement des mesures qu'il avait prises, réduisait « le devoir suprême des partis à solliciter respectueusement les décisions de la volonté nationale. » Cette circulaire fut énergiquement réfutée par M. Louis Blanc et par M. Limpérani, député cie la Corse, président du conseil général. Cependant, la lutte électorale prenait des proportions inattendues, et des désordres graves éclataient sur plusieurs points du département, entre les partisans de M. Rouher et ceux de MM. Poezo di Borgo et Savelli. Élu le 11 février, par 36 026 voix sur 51 999 votants, alors que ses deux concurrents ne réunissaient, M. Pozzo di Borgo que 8796 voix, et M. Savelli que 6511 suffrages, M. Rouher nrit place à la Chambre huit jours après. La vérincation de son élection par le 8* buieau, fut l'occasion d'un rapport de M. Dauzon, préfet de la Corse, qui démontrait que « les fonctionnaires de ce département étaient dévoués au régime déchu et ouvertement hostiles au gouvernement » de la République, et que « l'élection de M. Rouher avait eu le caractère d'une véritable conspiration en faveur de l'Empire. » Après de longues hésitations, et bien que de nombreuses irrégularités eussent été signalées, la commission crut devoir proposer la validation, pour éviter de nouvelles agitations. M. Rouher a pris la parole pour la premiè.'e fois à la Chambre, le 14 mai 1872, à propos de la convention postale avec l'Allemagne. 11 déposa une interpellation à l'occasion du rapport de la commission des marchés, et la soutint dans un long discours qui lui attira une réplique célèbre de M. le duc d'Audiffret-Pasquier, président de la commission, et des manifestations hostiles de presque tous les partis (séance du 21 mai) . Depuis, il a encore parlé sur les matières premières, mais sans provoquer les orages parlementaires qui avaient accueilli ses débuts (2 juillet).
HOUSSE rAimé-Joseph-Edmond), avocat français, né à Paris en 1816, fit ses études et son droit dans cette viile^ au barreau de laquelle il fut inscriten 1837. D'abord secrétaire de M ChaIxd'Est- Ange, il fut élu, en 1842, l'un des secrétaires de la conférence des jeunes avocats. Depuis cette époque, il a con<^tamment plaidé sans remplir aucune fonction publique. Talent plus littéraire que juridique, il n'atteignit que graduellement aux grands procès, et ne fut chargé d'affaires vrai-
ment importantes qu^après la disparition dQs grands avocats nés au commencement du siècle. Membre du conseil de l'ordre, en 1862, et constamment réélu depuis lors, il «st devenu bâtonnier en 1870. Son élection, vivement disputée, n*eut lien qu'au troisième tour de scrutin. 11 obtint 174 voix contre 139 données à M. Leblond. Aux deux premiers tours, un certain nombre de suffrages s'étaient portés sur MM. Sen»rd et Lacan. Après l'insurrection du 18 mars 1871, etl'étaMissement, à Paris, du gouvernement de la Commune, il se dévoua courageusement à la défense des citoyens arrêtés ou poursuivis qui firent appel à son ministère. Cette généreuse conduite lui valut la croix de la Légion d'honneur (Juin). Au mois de mars 1872 il a été nommé membre de la commission chargée par le ministère de l'instruction publique de réorganiser l'enseignement des Facultés de droit.
M. B. Rousse a publié : Discourt et plaidayên de M. Chaix d'Est-d'Ange (1862, 2 voL in-8« avec
pl.).
ROOSSEL (Théophile), médecin et représentant français, né à Saint-Chély (Lozère) , le 27 juillet 1807, interne et lauréat des hôpitaux de Paris, de 1841 à 1845, et reçu docteur en médecine en 1845, fut chargé, en 1847, par le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, d'étudier la pellagre dans les départements du sud-ouest de la France. Ëiu. en 1849, reprâsen tant de la Lozère à l'Assemblée législative, il siégea parmi les républicains modérés et rentra dans la vie privée après le 2 décembre 1851.
Membre de la Société d'agriculture de la Lozère, conseiller général pour le canton de Monde, il a été envoyé, le 8 février 1871, à l'Assemblée nationale, comme représentant de son département, le dernier sur trois, par 9272 voix sur 25000 votants. Dans la séance du 16 février 1872, il a déposé une proposition de loi tendant à la répression de l'ivresse.
Il a pris placo à ^uehe, et a voté pour les préliminaires de paix , Tabrogation des lois (l'exil, la loi départementale, la proposition Rivet, le traité douanier, et le retour de l'Assemblée à Paris; pour le gouvernement, dans la (question du pouvoir temporel; contre le cautionnement des journaux, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel, et la proposition Feray (matières premières) .
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871 , il a été élu conseiller général du département de la Lozère, pour le canton de Saint-Chél^ d'Apcher.
On doit a M. Roussel : Recherches sur la vit et le pontificat (VVrbatn F (1841), ouvrage couronné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t"t en partie inédit ; Histoire dhm cas de peUagre observé à Vhôpital Saint-Louis (1842, in-8») ; Études sur le mal de la Rosa des Asturies (1842 , in-8'')j et De la pellagre, de son origine, de son progrès, de son existence en France^ de ses causes et de son traitement curatif et préservatif (1845, in-8'), mémoires couronnés, en 1850, par l'Acsdéraie des sciences : De la valeur des stgnes physiques dans les maf<idi€s du cœur, thèse d'agrégation (1847, br. in-4") ; Rapport adressé à M, le Ministre de Vagriculture, du commercé et des travaux publics sur Vexistenre de la pellagre dans six départements (inédit) ; Traité de la pellagre et des pseudo^ellagres (1866, in-e*), ou-, vrage qui a obtenu, en 1865, le prix de 5000 fr. décerné par l'Académie des sciences, et divers travaux publiés dans VEncyclographie médicale, Isl Rerue médicale^ le Technûlnyiiie et V Union médicale (1843-1849).