‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 112 sur 122 · SIMO · texte numérisé non relu

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installé à l'Hôtel de Ville. Un décret du 5 le nomma ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts. Un des premiers actes de son administration fut l'abolition de la censure théâtrale et la suppression des subventions aux scènes dites • impériales. * En même temps, il préparait un projet de loi sur l'instruction primaire et s'occupait, avec le concours de M. Etienne Arago, maire de Paris, de réorganiser les écoles et d'assurer l'éducation populaire dans le département de la Seine. Il ouvrait au public la bibliothèque du Sénat, attribuait le palais du Luxembourg aux réunions des sociétés savantes, donnait aux principaux lycées de Paris les noms de Corneille, Descaurtes, Condorcet, substituant ainsi des souvenirs scientifiques ou littéraires à des titres dynastiques, rendait à la faculté de médecine de Paris le droit de se réunir sur la simple convocation de son doyen, pour délibérer sur toutes les questions intéressant le progrès de ses études, soumettait à la voie du concours Tobtention des bourses dans les établissements de l'Etat, créait une faculté de droit à Bordeaux, réorganisait l'étude des langues vivantes et de la géographie dans les lycées, introduisait dans ces établissements l'obligation des exercices militaires, etc. Les soins de l'administration spéciale de son département ne l'empêchaient point de prendre part aux travaux du gouvernement. Prisonnier de l'insurrection, à l'Hôtel de Ville, pendant la nuit du 31 octobre, il fut délivré, ainsi que plusieurs de ses collègues, par la garde nationale de l'ordre. Le 31 janvier 1871, quelques jours après la capitulation, il partit pour Bordeaux,

I)orteur de pleins pouvoirs, pour le cas où. comme e faisait craindre l'attitude de M. Gamlietta, la délégation se refuserait à exécuter les décrets du gouvernement de Paris. 11 fit preuve, en ces circonstances difficiles, d'une habileté pleine de fermeté, obtint l'annulation du décret qui frappait d'inéligibilité les fonctionnaires ou candidats officiels de l'empire, amena M. Gambetta à donner sa démission, et, malgré l'attitude hostile des populations du Midi, assura la régularité f\es élections du 8 février pour l'Assemblée nationale. Il obtint à Paris, sans être élu, 31451 voix sur 328970 votants, fut nommé représentant du département de la Marne, le cinquième sur huit, par 34727 suffrages, et choisi par M. Thiers, devenu chef du pouvoir exécutif de la République, comme ministre de l'instruction publique, dans le cabinet de conciliation formé le 19 février. Pendant l'insurrection parisienne, il adressa aux recteurs une circulaire, interdisant aux professeurs dQ l'Université d'écrire dans les journaux radicaux, qui fut l'objet d'attaques passionnées. Il proposa et fit voter la loi ordonn-^nl la reconstruction de la colonne Vendôme et la réparation de la chapelle expiatoire, et, en qualité de ministre des cultes, ordonna les prières publiques décrétées par l'Assemblée nationale dans la séance du 16 mai. Au mois de janvier

lajorité confia l'examen à une commission présidée par M. Dupanloup. Sur la proposition et avec les ressources de la Société de Géographie, il a créé des prix spéciaux à cette science, pour les concours généraux des lycées de Paris et des déparlements (20 juin 1872). On lui doit aussi \v suppresi^ion du Musée des souverains.

Il a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation de^ lois d'exil, la loi départementale, la Sroposition Rivet "le traité douanier et le retour e l'Assemblée à Paris ; contre la proposition Kavinel, et la proposition Feray (matières premières).

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Mme Jules Simon s'est signalée pendant le siège dans la direction de plusieurs œuvres de charité, et l'établissement de nombreuses ambulances, notamment de celle des Tuileries.

SOUBEYRAN* (Jean-Harie-Georges, baron de).

— Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fat nommé représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale par 32 380 voix sur 49 840 votants. Il a pris la parole dans la plupart des discussions financières , et a présenté, a la fin de l'année 1871, une proposition de loi relative à un emprunt national de quatre milliards, en obligations de 100 francs, avec tirages de primes mensuelles. Déjà membre de la commission des monuments historiques, il a été appelé, par décret du 28 février 1872, à faire partie de la commission supérieure des expositions internationales, en remplacement de M. Vaudoyer, décédé.

Il a pris place au centre droit et a voté contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel: contre la loi départementale et la proposition Ravioel; pour la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières) et le retour de l'Assemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département de la Vienne pour le canton de Saint-Julien.

STEENACKERS* (François-Frédéric). — Sur sa proposition le Corps législatif, dans sa séance du 24 mars 1870, vota à l'unanimiié l'abrogation des lois de stireté générale. Lors du vole du budget, il dema' da sans l'obtenir la suppression du crédit de 100000 francs affecté à l'entretien des chanoines de Saint-Denis. Après la révolution du 4 septembre, il fut nommé directeur général des télégraphes par le gouvernement de la Défense nationale, et, en quelques jours, relia entre eux les forts de l'enceinte et les secteurs de Paris, et immergea le câble de la Seine, gui, presque aussitôt découvert par l'ennemi, servit peu. Il fut envoyé à Tours le 16 pour y nréparer la réorganisation des services télégrapniques et diriger en môme temps le service des postes, que l'investissement de Paris privait de son titulaire, M. Rampont. Il déploya, dans le rôle important qui lui était assigne, une remarquable acUvité en favorisant le perfectionnement de la navigation aérienne et de la poste aux pigeons, les reproductions de dépêches par la pnolographie microscopique, et surtout en multipliant les lignes télégraphiques en prévision des progrès de l'invasion et en réorganisantj sur un plan tout nouveau, la télégraphie militaire.

Après les élections du 8 février et la réunion à Bordeaux de TAssemblée nationale, M. Steenackors, qui n'était resté à son poste gue pour assurer le service de la télégraphie officielle pendant la période électorale, donna sa démission de directeur général au moment où les membres du gouvernement de la Défense déposaient leurs pouvoirs devant l'Assemblée (20 février 1871) .

STEINMETZ* (Charles- Frédéric db). — Au moment de l'ouverture des hostilités entre la Fance et la Prusse (juillet 1870) , il commandait en chef

la première armée qui, appelée à opérer aux environs de Metz contre le maréchal Bazaine, prit une part importante à la bataille de Borny (10 août) et compléta plus tard l'investissement de la place, de concert avec la seconde armce, commandée par le prince Frédéric-Charles. Les modifications incessantes apportées à la composition de la première armée, Quelques malentendus avec le prince Frédéric-Coarles et le général Manteuffel, et l'état de sa santé, décidèrent, le 9 septembre, le vieux général i demander d'être relevé de ses fonctions. Le roi fit droit à sa réclamation, et, en récompense de ses services, le nomma, le 12, gouverneur général des 6* et 6* corps d'armée à Posen. M. de Steinmetz prit congé de ses troupes le 15,- par un ordre du jour daté de Jouy-aux- Arches. Sa place resta provisoirement vacante et fut donnée, le 29 octoore, jour de la capitulation de Metz, au général de Manteuffel.

STOFFEL (Eugène-Georges-Henri-Céleste, baron), officier rrançais, né en 1823, entra à l'école polytechnique et en sortit dans l'artillerie, où il passa successivement par tous les grades, jusqu'à celui de chef d'escadron, puis fut nommé attaché militaire à l'ambassade ae France à Berlin et promu lieutenant- colonel le 21 décembre 1866. Après la révolution du 4 septembre 1870, la publication par !es soins du gouvernement de la Défense « des Papiers et correspondanges trouvés aux Tuileries », porta à la connaissance du public, les rapports confidentiels du baron Stonel sur l'organisation militaire de la Prusse, et sur les résultats matériels et moraux de la défaite de l'Austro-Hongrie, en 1866, par l'Allemagne du Nord. Ces révélations rétrospectives produisirent l'effet de prophéties écrites après l'événement, et l'on en contesta l'authenticité, tant il paraissait invraisemblable que le gouvernement impérial eût pu s'engager dans une guerre terrible, lorsqu'un do ses agents les plus autorisés lui en avait si clairement prédit les dangers et les conséquences. Rappelé à Paris, M. Stoffel fut nommé colonel pendant le siège, et chargé de l'armement et de la défense du plateau d'Avron. Cette position avancée , armée successivement de pièces de différents calibres dont le nombre ^'éleva jusqu'à soixante seize, rendit d'excellents services lors de la grande sortie du 30 novembre sur Champigny, et, le 21 décembre, pendant le combat du Bourget. Les Allemands commencèrent le 18 décembre leurs préparatifs d'attaque contre Avron, et construisirent, depuis le Raincy jusqu'à Gagny, une série de batteries embrassantes, qui ouvrirent leur feu le 27 décembre, et obligèrent le colonel Stoffel à abandonner la position le 29, à 5 heures du matin, en ramenant tout son matériel. Après la conclusion de la paix, il pu i lia en volume (1871, in-8*), ses rapports sur l'organisation militaire de la Prusse, en les faisant précéder d'une lettre-préface, qui renfermait des attaques contre le gouvernement, et lui valut un blâme sévère du ministre de la guerre. Depuis le bruit a couru de sa mise à la mise à la retraite d'office (septembre 1872).

M. Stoffel a été promu officier de la Légion d'honneur.

TALHOUET ROY * (Auguste-Ëlisabeth-Joseph BoNÀMOUR, marquis de). — Lorsque le plébiscite proposé par l'empereur eut été accepté par le nouveau président du conseil, M. Daru, muistre des

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