‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 113 sur 122 · TANN · texte numérisé non relu

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hlics, pas M. Plichon. Quelques joura après, il fut nommé yice-présidènt de la Chambre à la presqua unaaimite. A la fia du mois d'aeût sui- Tant, il devint membre du Comité de défense des fartinoatioas de Paris. Aux élections du 8 fémer 1871, ,11 a été nommé représentant de la Sarthe à l'Assemblée nationale, le troisième sur neuf, par

Us. pris place au centre droit) et a voté pour les pteiimiDaLres de paix, rabrogation des Icâs d'exil,, la» validation de rélsction des princeS) la loi départementale, le pouvoir constituant, la pisoposition Rivet et le- traité douanier ; contre la gouvernement dans la question du pouvoir ten^reli;. contre la proposition Ravine! , la. proposition Fêri^ (matières premières),, le maintien des traités dé commerce et le retour de rassemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 187 U il a été élu cooseiUes général du département dîe la Sarthe pour le: canton du Lude.. Qn décret du 30 décembre Ta nommé membre de la. commission des expositions iniernationales.

TAHIfilEIb* (François- Laurent- Alphonse)'. — Après la révolution du 4 septembre 1870, il fut nommé commandant supérieur des gardes- nationalea dé la Seine,. en^remplacement du général de La.Hbttarouge. La faiblesse de sa direction militaire fut surtout évidente au momeat de l'insurrection du 31 octobre. Le gouvernement de la Défense lui donna,, le 1*' novembre, le général Clément Thomas comme ac^udant. général; mais H. Tàmisier ne voulant pas accepter la situation i&usse qui lui était faite par cette nomination, donna sa démission,le3novembre,.dans une laUre pleine de dignité et de modestie*. IL reprit sas fonctions d'officier d'artillerie.

Aux élections du 8 février 1871 , il a été* nommé représentant du Jura à l'Assemblée nationale, le troisième sur six, par 2B98.i voix, et s^est fait inscrire àia réunioa de la gauche républicaine.

U a voté pour les préliminaines de paix, la bi départementale, la proposition. Rivet, le traité douanier et le retour de TAssemblée à Paria; pour la gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la loi municipale, la dissolution des gardes nationales, la proposition Bavinel et la proposition Feray. (matières pre-

Lors du renouvellement des conseils- généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département du Jura pour le oanton de Clairvaux.

rASnC RATHSABIHAnSET* (Louis^ baron von URD zn DiR, c'est-à-dire db et a la.). — A l'ouverture des hostilitéi dans la g lerre franco-prusaîenne^Jl commandait le l*' corps bavarois, compris dans la 3* armée commandée par le prince royal de Pi'usse, et qui surprit le 30 août, à Beaumont, le 5* corps, sOus les ordres du général de FStilly. Lorsque cette armée, abandonnant la vallée de la Marne, remonta vers Sedan à la suite du maréchal Mac-Mahon, le corps bavaro'is commença, le 1*' septembre, sur Bazeilles, une attaoue, pendant laquelle le maréchal Mac-Mahon fut grièvement blessé par un éclat d'obus, et s'empara de cette position après une lutte acharnée. C'était le prélude de la terrible bataille qui devait se terminer le lendemain 2 septembre par la capitulation de toute l'armée française. Le

fénéral de Tann revint alors sur Pans, avec armée du iirince royal, et contribua, à 1 investissement de la capitale. Au moment* où la 1** armas de la 1 otre, & peine constituée, poussa

ses rocomiaissanfles d'Otléans- à Tioory, 40000 hommes environ furent placés sous les ordres du général bavarois, dont le quartier général était à Lonjumeau. Ces troupes s'avancèrent d'abiml lentementaur Etampes, puis, prenantl'offensivtfmarchèrenl sur UtLolre, et, au.combat dJArtena^, forcèrent les recrues du général La Motterovge à abandonner. Orléans. Le général d-'AunUa^qui succéda àil. de La. Hottarouge, attaqua au son toui\ avac succès l!armée. bavaroise,, et, après la batailla de Goulmiers (9 novembre 18?0)^ Tobligea à la.retmitetsur Toury- mais des contingents considérables,, détaches de l'armée du nrince Frédéric-Charles, rendue libre par la capitulation da Meta^, vinrent. renCbrcer. le corps du général, de Tànn et l'armée d'observation de la Loiro, dont le. commandement en chef fut donné au. grandduc de IftecklembouTg. Quelques joura après,, le princa Frédéric-Charles lui-même accourut, avec plusieurs corps, de la 2* armée,, et,, aprèsr une suite de combats- heureux, repoussa d'AiiraUe derrière la Loire et rentra dans Orléans. Le 2 décembre, le générai de Tann avait attaqué sans succès, à Patay, le 16? corps françaiay commandé par Chaniy. Pendant la seconda occupation d'Orléana, il leva dans- oette villa d'importantes contributions de guerre, en menaçant* d'arrftier des otages si les sommes demandéesr n^étaient pas fournies à bref délai. 11 prit part ensuite aux opérations- militaires deosTOuosti Apvès^la conclusion de la paix, il occupa*, au moi» âe sei»temhve 1871. les* départements limitroplies de la Seine=, mais W évacua après le payement dh troisième demi-milliard; et transporta* leoorps bavarois dans les Ardemie».

TARGET (P. L.), agriculteur, pubUcisIe et re-

Srésentsnt firançais, né à Lisieuc, vefs4831 , petit- Is de l'ancien constituant, et ffls d'un anoien préfet du Calvados, était, en 18&1, membre du Conseil d'Etat et ooQseiller générai. Bloigné-de la vie-publique après le coup d'Etat par ssite de refus de serment) il se livra à Tagriovlture, et obtint, en 1863, la prime d'honneur de l'Aiseoeiation normande. U prit part, en 1870, aux travaux de la Commission de décentralisation* présidée par M. Odilon Barrât, et Ait élu, le 8 février 1871, représentant du Calvados à TAssemblé» nstiorâale, le dernier sur neuf. Vice>pi^sident de la réunion Saint-Marc-Girardin, il a proposé, dans la séance du^** mars. Tordre du jouroonfinmnt ia déchéance de l'empereur « responsable dé l'invasion, de la raine' et du démembrement de la Franoe. » Il a pris une part importante à la discussion de la loi départementale. II a été Fauteur de Tordre du jenr dans la question du* pouvoir

sèment de tous les ministère» à Versailles. Il a pris une part active aux travaux de diverses commissions ; notamment de celle qui prépara la traité de paix définitif avec l'AUemegae.

Il a voté pour Tabrogatioa des lois d'exil, la. validation de Télection des princes, la propontion Rivet, le pouvoir constituaut, la proposition Feray (matières premières), et le retour de l'Assemblée a Paris; contre le maintien des traités de commerce.

M. Target a collaboré à divers journaux, notamment au Courrier du Dimanche ^ dont il était le directeur politique, en août 1866, lors de la suppression de ce journal, et au Journal de Paris. Il a publié : Législation électort^, droits et devoirs dea électeurs (1863, in-8*)..

TASSB**' (Pierre). — Aux élections du & février 1871, il a été nommé représentant de Lotr-et-

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Cher, lerqoatrièixiB sur cinq, par 18417 voix, et s'est fait inscrire à la réuaioa de la gauche repubiieaine;

U a voté pour- les préliminaires de paix, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feaj (mattëres premières), le maintien des traités de* commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris;, poarle gpuvemecnent, dans la (question du pouvoir temporel; contre la loi departementaiOj la dissoludon des gardes nationales, le pouvoir constituant et Ik proposition Ravinel.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du d é pa rte ment de Loir-et-Cher, pour le canton de SaintrAignan.

TtJSSSSSESffi* (Pierre -Edmond), ou Tsissb- RENC DZ Boai. — Aux élections au 8 février

1871, il a été nommé représenJtant. de la Haute- Vienne à l'Assemblée nationale, le quatrième sur sept,, par 43 466 voix. Lors de la nominatioai de 91 de Gottlard au ministf^re dès finaaces<(!l3* avril 1872), V. Teisserenc de Bort' fUt appelé, par décret du' môme jour, au ministère du commerce. Attaché aux idées protectionnistes, il tenta, sans succès, après la dénonciation des traités de commerce, Œobtenir de la Belgique de nouvelles bases de négociations. A la suite de la démission de IT. de Larcy, il a été, pir décret du 27 juin

1872, chargé de Tintérlm du ministàre des travaux publics.

n a pis place au centre droit, et a voté pour les

Êréliminaires de paix^ i*abrogation des lois d'exil, L validation de l élection des princes, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, et le traité d9uanior: contre le gouvernement, dans la (question au pouvoir temporel; contre la proposition Feray (matières premières), la maintien des traités de commerce, et le retou£ de l'Assemblée à Paris.

TERNAUX* (Louis-Mortlmer). — Aux élections du 8 février 1871, .il fut nommé représentant des Ardennes à TAssenablée nationale, le cinquième sur six, par 17 ToS voix sur 48 57B votants.

n a voté pour les préliminaires de paix, l*abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, ta loi départementale, le pouvoir constituant, et la proposition Rivet; contt'o le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; et s'est abstenu sur la proposition Ravinel,. et le traité douanier.

BI. Iffbrtimer Temaux a obtenu le grand prix Gjbert décerné par l'Académie f^nçaise en 187Q, pour son Hûtoire de la Terreur d'après les documenti authentiques et des pièces inédites, — n est mort en son château de Beaumont-lès-Autels, le 6 novembre 1871.

THBfiSr (Albert), membre de la^ Commune de Paris, né à Paris en 1B39, exerça avec succès, dans Is quartier Montmartre , la profession de ciseleur sur métaux et y fonda, vers 1863; un établissement qui devint bientôt prosp ire. Plus instruit que ne le sont ordinairement lès membres de sa profession, doué d'une véritable aptitude pour les études df économie politique, il approfondit les questions d*échange, les rapports du patronat et du salariat, et, en 1869. s'amlia à l'Association internationale des travailleurs. Promoteur de la Fédération des sociétés ouvrières, où il fUt délégué par les ouvriers bronziers, nommé secrétaire correspondant du conseil central de Londres, il était en 1866 membre du comité de résistance. Il assista, en 1868>au congrès de Bruxelles, et prit part aux manifestations de l'Internationale, dans lesquelles son nom figura surtout comme membre de la

chambre fôdérale. Au moment de la famensegr^vQ de rindustrie du bronze, il signa la protestation dès ouvriers contre les répressions violentes dont Aubin et la Ricamarie furent le thé&tre, et leur manifeste contre le plébiscite. Lors dh troisième procès de l'Internationale, en juin 1870, bienqall eût été seulement impliqué dans la ponrsniter comme membre de la chambre fédérale des ou^ vriers, il fut arrêté et détenu préventivement quarante-six jours à M^zas. Dans sa d-^.fense; iKsignala avec habileté les nuances qui distingoaienlTltiternationale des fédérations ouvrières, protestft énergiquement contre la situation faite aux travailleurs par notre organisation sociale, et de^ manda au ministère public de quel droit il prétendait leur interdire )a re'sherche d*iin mâref social plus équitable. Son plaidoyer renfermait cette remarquable conclusion: « Depuis 1789tontes nos constitutions affirment et prétendent garantir la liberté, l'égalité, la fraternité 1 Or, chaque fbis qu'un peuple accepte comme but une rormule abstraite, philosophique, politique ou religivuse, il n'a plus ni repos, ui trêve qu'il n'ait fkit passer cet idéal du domaine des théories dans le monde des faits. Nous voulons, nous, faire descendre Ik' formule révolutionnaire, des abstractions politiques où elle se tient depuis 89, dans les iwité^ sociales. » Il fut condamné le* 20 juillet à dèur mois de prison, comme ayant fait partie d'une société non autorisée de plus de vingt personnes. La révolution du 4 septembre 1870 lui rendit lâr liberté. Pendant le siège, il figura, comme simple garde national, dans le IÔ2* bataillon. Aux élections du 8 février 1871, il Tit porté sur les listes ra licales, et obtint, sans être élu, 49 230 voix sur 328 970 votants. Lors de la formation du comité central, dont on lui offrit la vice-présidence, il se prononça contre toute manifestation armée, et refusa de prendre part aux travaux des délégués. Cependant, après rinsurrecLion du 18 mars 1871, élu, le 26, membre de la Commune, à larfbis dans le 12' et dans le 18* arrondissement, où il* obtint 14950 voix sur 17 443 votants, délégué à la Commission de travail et d'échange, le 30 mars, adjoint à la commission des fiaances, le 3 avril, nommé directeur des postes le 4 avril, il accepta ces diverses fonctions, et, après la retraite inattendue de Ai. Rampont et de la plus grande partie* de son personnel, se voua tout entier à la rébrganisation des communications postales dans Paris. M. Theisz prit peu de part aux discussions dé la Commune, attaqua énergiquement M. Raoul Rigault, le 25 avril, à propos de la mise au secret des prisonniers politiques, vota contre le comité de salut public, « pouvoir dictatorial qui n'ajoutera rien à la force de la Commune, véritable usurpation de la souveraineté dh peuple, » et resta à rhô tel des postes, qu'il dêfenait contre les incendiaires de l'hôtel de ville, jusqu'à l'arrivée des troupes de Versailles (23 mai). Le gouvernement, reconnaissant la modération dont avait fait preuve M. Theisz, et les services* qnML avait rendus, lui accorda, comme à M. Beslày^ un sauf-conduit pour quitter la France.

THIERS * (Louis-Adolphe). — Lorsque l'Empire, au commencement de 1870. voulut chercher un appui à ses tentatives libérales dans un nouveau plébiscite. M*. Tbiers fut du petit nombre de députes qui combattirent cette entreprise, et dans la Chambre et devant le pays. Mais il fut bientôt mis autrement en évidence par l'opposition qpil fit, avec une très-faible minorité du Corps législatif, au funeste projet de guerre contre la Prusse à propos de Tincident Hohenzollern. Le principal discours qu'il prononça contre cette déclaration de guerre (15 juillet), fut accueilli par les inter-

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Tuplions et les injures les plus violentes : elles eurent leur écho dans Paris, et un comité des électeurs du 16" arrondissement se fonna pour prolester contre la conduite de leur député, en « la qualifiant avec indignation d'anti-française, anti-nationale, anti-politique » et en » le sommant de donner sa démission. » En même temps quelaues meneurs excitaient une certaine populace a des violences contre sa maison de la place Saint-Georges, dont la Commune devait plus tard ordonner la destruction. La guerre engagée, M. Thiers en suivit la marche avec autant d'intérêt que de compétence, et l'on dit même que, de sa villégiature de Trouville (Calvados), il adressa à l'empereur des notes stratégiques dont il ne put être fait aucun usage.

La rapidité de nos revers ramena les crises politiques. Au milieu des plaintes orageuses que souleva au sein du Corps législatif l'imprévoyance dévoilée du gouvernement, M. Thiers repoussa la proposition Kératry tendant à mettre en accusation le maréchal Leboeuf. tout en montrant clairement que l'échec de la France retombait sur les hommes et non sur le pays (11 août). Plus tard il soutint énergiquement une autre proposition du même député, ayant pour objet d'adjoindre neuf membres du Corps législatif au comité de défense formé par le ministère. Aux dernières heures de l'Empire, le 4 septembre, quand, sous l'impression du désastre de Sedan, on réclamait de toutes parts la déchéance, M. Thiers fut l'auteur d'une proposition qui tendait à rendre le pays» à lui-mê'me par ces deux articles : « Ar- « ticle l**". Vne commission de défense nationale « est instituée par le Corps législatif; — Art. 2- « Une Constituante sera nommée aussitôt que les « circonstances le permettront. > Le comte de Palikao se ralliait a ce projet dont l'Assemblée adoptait l'urgence, lorsque le Corps législatif dut se retirer devant l'unanimité du sentiment qui réclamait la chute immédiate et absolue de l'Empire.

Quoique M. Thiers n'eût pas voulu suivre jusqu'au bout le mouvement d'où était sorti le gouvernement provisoire de la Défense nationale, il se tint néanmoins à sa disposition pour aller tenter des cflorts diplomatiques auprès des grandes puissances européennes et obtenir d'elles, sinon un appui, du moins une intervention utile en vue de la paix. Le 13 septembre, il partit de Paris avec une mission dans ce sens poiir Londres. Le 19, il revenait auprès de la Délégation de Tours, et, deuxjours plus tard, il repartait pour Vienne et Saint-Pétersbourg, sans compter Floreilce, skge encore du gouvernement italien. Partout M. Thiers fut accueilli par de grandes marques de considération pour sa personne et de sympathie pour la France; mais il ne put décider aucune cour à une action efficace en faveur d'une nation précipitée du haut d'une prospérité menaçante par de foudroyants revers, 'loute la France suivait avec anxiété les pérégrinations de son négociateur. Bentré à Tours le 21 octobre, M. Thiers f\it autorisé à faire à M. de Bismark des ouvertures relatives à un armistice et partit, le 26, avec un saufconduit, pour Paris et Versailles. Ces douloureuses excursions au milieu de nos campagnes ravagées par la guerre, de notre capitale a.'siégée et de nos résidences royales occupées victorieusement par l'ennemi, ne purent aboutir à l'objet tant désiré : l'armistice avec élection d'une assemblée nationale, parce que le gouvernement prussien y mettait pour condition que Paris ne serait pas lavilaillé pendant sa durée, condition jugée inacceptable par le gouvernement de la Défense nationale. Le récit de la mission de H. Thiers fut l'objet d'une note remise, le 9 no-

vembre, aux représentants des puissances étrangères.

Les rigueurs de la famine à Paris et les ravages croissants de la guerre en province, forcèrent bientôt de subir l'armistice avec les clauses les plus rigoureuses, et la France put enfin procéder à l'élection d'une assemblée chargée de négocier la paix. H. Thiers se vit porté spontanément candicfat dans une foule de départements, et. le 8 février 1871, fut élu^ à de fortes majorités, dans vingt-six, dont voici les noms : Basses-Alpes, Aude, Bouches-du Rhône, Charente-Inférieure, Cher, Dordogne. Doubs, Drôme, Finistère, Gard, Gironde, Hérault, Ille-et- Vilaine, Landes, Loire, Loir-et-Cher, Loiret, Lot-et-Garonne, Nord, Orne, Pas-de-Calais, Saône-et-Loire, Seine, Seine-Inférieure, Seine-et-Oise, Vienne. Il opta pour Paris où, malgré le succès de nombreuses candidatures radicales, il était passé avec 102945 voix. Il en avait obtenu 225 115 dans le Nord.

Sous l'influence de ces multiples élections et du sentiment public qu'elles manifestaient, H. Thiers, le 17 février, fut élu par l'Assemblée nationale, à la presque unanimité, chef du pouvoir exécutif, avec mission de choisir les minisires et de les présider. Le 19, il composa son premier cabinet, dans lequel, par une transaction conforme aux circonstances, il fit entrer les hommes du gou* vemement de la Défense nationale qui avaient donné des preuves de modération au milieu des entraînements révolutionnaires, et des représentants des idées monarchiques, en majorité dans l'Assemblée. C'étaient : MH. J. Favre, aux affaires étrangères; Ernest Picard, à l'iitérieur; J. Simon , à l'instruction publique ; Dufaure, à la justice; Lambrecht, au commerce; Le Flô, à la guerre ; Pothuau à la marine ; Pouyer-Querlier, aux finances, et de Larcy aux travaux publics. Dès le 21, M.'Thiers repartait pour Versailles avec la mission douloureuse de négocier une paix dont les conditions ne pouvaient être que funestes. Le 26, après les plus pénibles débats, il en arrêtait les préliminaires avec le prince de Bismark, et le lendemain, il retournait à Bordeaux et en présentait l'exposé déplorable à l'Assemblée qui se débattait en' vain contre la nécessité de subir cette énorme ranÇon de cinq milliards et la perte autrement cruelle de deux des plus patriotiques provinces. 11. Ihiers terminait son discours,souvent entrecoupé de larmes, par ces paroles qui peignent parfaitement son attitude dans les situations décisives; « J'ai engagé ma responsabilité, il « faut engager la vôtre. Tous nous devons pren- ' dre notre part de responsabilité. > Les préliminaires de paix furent adoptés, le 1*' mars, par 546 voix contre 107, après un des plus remarquables discours que M. Thiers eût faits sur la situation et les ressources militaires de la France.

U est difficile, depuis ce moment, de faire la part du nouveau chef du pouvoir de la Képublique française dans les événements qui forment lliistoire de son pays. Soit par entraînement de caractère, soit par la conscience de sa supériorité sur les hommes qui l'entourent et le sentiment raisonné des services que lui permet de rendre son expérience universelle, M. Thiers se mêle, s'associe, sMmpose pre5que à toutes les parties de l'administration et du gouvernement, à l'étude, à la décision, à Texécution, en toutes choses. Politique intérieure et extérieure, législation, finances, commerce, diplomatie, questions militaires, il possède tout; il porte dans l'exposition des matières les moins accessibles une incomparable clarté. D'autre part, son empressement à accepter la responsabilité avec le pouvoir ne lui permet jpas de se contenter de l'apparence de 1 autorite ou de garder un rôle

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secondaire dans Taction. Aussi l'intervention directe et personnelle de M. Thiers dans toutes les aflaires n'a cessé de se faire sentir, et les luttes de tribune dans lequelleS il se jeta, malgré ses soixante-quinze ans, avec une ardeur juvénile et toute nerveuse, l'ont encore accentuée davantage.

A moins donc de reprendre l'histoire de ces dix-huit mois, si remplis de malheurs et d'efforts féconds, on ne peut dire tout ce que M. Thiers tente ou fait pour le relèvement de la France, par une suite de transactions entre les principes, les passions, les intérêts les plus contraires et qui semblaient aevoir s'entre-dévorersur les ruines du' pays. C'est d'abord la translation de l'Assemblée a Versailles, par un compromis entre ceux qui demandaient son installation à Paris ou dans une ville lointaine. C'est ensuite cette effroyable lutte contre la Commune, née de Tinsurrection victorieuse du 18 mars, et oui aboutit, malgré toutes les difficultés et les oostacles, au rétablissement de Tordre dans Paris ensanglanté et livré aux flammes. C'est l'échange des ratifications du traité de paix avec l'Allemagne, sans les aggravalions que l'état de révolte de Paris et le trouble de certaines grandes villes permettaient au vainqueur d'y apporter (18 mai). C'est la réintégration aussi prompte que possible des prisonniers français détenus en AlleoQagne. C'est, en face de la majorité monarchique de l'Assemblée, le maintien de la République, imposé par l'opinion des villes et le sens des élections municipales. C'est la dissolution de toutes les gardes nationales exigée impérieusement par l'Assemblée, mais accomplie avec des ménagements qui en sauvent les difficultés et les périls. C'est l'œuvre colossale d'un emprunt de plus de cinq milliards en deux émissions, dont la seconde, la j)lus forte, est souscrite quatorze fois. Cest, comme conséquence de ces grandes opérations financières, la libération successive et rapide du territoire occupé par l'ennemi. C'est, à l'extérieur, l'évitement des dan-

fereuses complications où nous plaçait, à l'égard e l'Italie, l'ardeur de plusieurs des chefs de la droite pour les intérêts temporels .du Saint- Siège.

Au milieu de toutes ces grandes affaires pour le succès desquelles M. Thiers déploie une habileté, une éloquence et une activité infatigables, survient la fameuse proposition Rivet, qui a pour conséquence le changement du titre de chef du pouvoir exécutif en celui de président de la République (30 août 1871) : modification savamment atténuée par les considét'ants de la loi, mais importante au fond, parce qu'elle fixe le pouvoir du chef de l'Etat et lui assure une durée égalb à celle de l'Assamblée. Malgré ces nouveaux liens, les dissentiments entre M. Thiers et la majorité sont encore fréquents et souvent orageux, et la menace de la démission du président vient comprimer, en les aigrissant davantage, les rancunes nourries contre lui. Dans une des crises où elles éclatent, le 20 janvier 1872, M. Thiers envoie réellement sa démission que Tintérêt public et les témoignages de déférence de l'Assemblée le forcent de retirer; ce fait ravive dans le pays l'idée de l'instabilité dont la proposition Rivet semblait avoir écarté le danger, et les partis se jettent dans la poursuite de nouvelles combinaisons. Mais l'impuissance de leurs manœuvres, comme l'audace des manifestes des prétendants ramènent plus ouvertement l'opinion publique, et M. Thiers avec elle, à la République conservatrice.

Une cause sérieuse et durable de désaccord du présidentavec l'Assemblée, ce sont ses opinions personnelles en matière d'économie politique,de douane, de commerce. Resté l'adversaire du libre-échan-

ge, M. Thiers obtient, non sans longues luttes la dénonciation des traités qui en avaient fait triompher les principes, et il s'efforce, en dépit des plus vives résistances, de ramener le système protecteur, dans la mesure où il est encore possible anrès les révolutions économiques accomplies L impôt sur les matières premières est devenu' pendant de longs mois, le champ de bataille entré les idées avancées représentées par le président et les nouvelles idées accréditées dans l'Assemblée Un autre sujet de longs malentendus a été là question militaire, M. Thiers s'étant montré trèsopposé au service obligatoire universel auquel s'était convertie l'immense majorité de l'Assemblée. 11 avait fini par en accorder le principe, mais avec des tempéraments qui tendaient à l'annulerce qu'il demandait, en fait de soldats, c'était moins le nombre ^ue la qualité, et pour obteoir ce résultat, il exigeait un long séjour sous les drapeaux : condition que les finances d'aucun

aays ne permettent d'imposer à tous les citoyens. [. Thiers, après diverses concessions faites à la commission de la loi militaire, demanda encore à la chambre cinq ans au moins de service dans l'armée active, et non content de soutenir sa thèse par de longs et savants discours , crut devoir l'appuyer, en posant à ce propos la question de cabinet (10 juin 1872). C'est ainsi qu'il conouit et retint la plénitude d'un pouvoir qui semblait peu compatible ayec la souveraineté si hautement proclamée par lui de l'Assemblée nationale. Celle-ci lui a fait sentir plus d'une fois sa puissance, notamment en décidant, à propos du Conseil d'Etat, que les membres en seraient nommés par elle et non par le pouvoir exécutif, et en n'admettant parmi les conseillers qu'une imperceptible minorité des candidats ajçréables au pouvoir. Malgré ces manifestations dans les petites choses d'une opposition timide dans les grandes, le président de la République française exerce, pour ainsi dire sans constitution, un pouvoir aussi réel qu'aucun souverain constitutionnel de l'Europe , et il l'a fait servir jusqu'ici , avec un succès miraculeux, au relèvement de la France.

THOMAS * (Clément) — Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il se rendit à Bordeaux pour y provoquer à la résistance. Un arrêt des commissions mixtes l'exila. Il se retira d'abord en Belgique, puis dans le grand-duché de Luxembouig, où il se livra à des travaux d'agriculture. L'amnistie de 1859 ne lui fit point reconnaître le fait accompli. Il protesta avec Charras et Quinet : ■ A ceux qui me demandent si le rentrerai en France par la porte qu'ouvre l'homme de Décembre, écrivait-il, je réponds : jamais. » Il était en Suisse lorsqu'éclata la guerre franco -prussienne. A la nouvelle de la révolution du 4 septembre 1870, il accourut à Paris se mettre à la disposition du général Trochu. Paris venait d'être divisé en secteurs ; il fut mis à la tête du troisième^ qui comprenait Belleville et la Villette. La tentative insurrectionnelle du 31 octobre ayant démontré l'insuffisance du général Tamisier, il fut nommé, par décret du 1*' novembre, adjudant général, commandant en second des gardes nationales de la Seine. Le 3 novembre, après la démission de M. Tamisier, il fut promu commandant supérieur, et, le 4, commandant en chef de la première des trois armées organisées par le

générai Trochu^ qui se composait exclusivement e la garde nationale sédentaire. Il rédigea le décret sur la mobilisation de la garde nationale, dont les strictes dispositions étaient inapplicables et soulevèrent de bruyantes réclamations. On lui reprocha aussi la faiblesse de son administration

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