‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 115 sur 122 · TRIB · texte numérisé non relu

TRIB

raile il était revenu prendre sa place à PAssemblée. Sa courageuse attitude en présence de l'insurrection lui Talut de violentes attaques de La part des organes les plus accrédités de rintemationale, en même temps que les calomnies des journaux conservateurs. Il a pris la parole à la Chambre sur presque toutes les Questions économiques^ particulièrement lors de la discussion sur la marine marchande, les matières premières et llnternationale. Ce dernier discours était attendu avec impatience; il fut écouté avec une vive curiosité (13 et 14 mars 1872).

11 a pris place à Textrème gauche, et a voté pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; pour le tiaité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris; contre les préliminaires de paix, l'abro-

Sation des lois d'exil, la validation de rélection es princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, te pouvoir constituant, et la proposition Ravine!.

'TOFW* (Marius) . — Son livre sur l'Fomme au mas^ de fer lui valut un troisième prix à .PAcademie française, et le fit nommer chevalier de la Légion d'honneur. Pendant le siège de Paris, élu chef du 193* bataillon de la garde nationale, il se fit remarouer par son activité et son dévouement, et. "sur ia.prqposition de l'amiral commandant le nuitième secteur, dont relevait son bataillon, fut promu officier de la Légion d'honneur le 11 janvier 1871.

Au commencement de 1872, il fonda, avec HH. Robert Mitchell et Hubert Debrousse, le Courrier de France , journal républicain modéré, dont il devint un des principaux rédacteurs.

TOUPET lïES VIGXES * (Edmond-Edouard-Ernest-Victoire). — Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant des Ardennes à l'Assemblée nationale, le premier sur dix, par 44 711 voix sur 48 578 votante.

Il a pris place au centre gaudie, etaTOté pour d'exd, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières), at le retour de l'Assemblée à Paris ; contre le Gouvernement dans ht question du pouvoir temporel; contre la ])roposiiion Ravine! , le traité douanier et le maintien des traités de commerce.

Lors du renouvellement, des conseils généraux , le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département des Ardennas, pour le canton de Givat.

TB£LAT * CUlysse). — Ancien directeur de l'hospice des Quinze-Vingts, il fut nommé, en octobre 1870, membre du Conseil général de l'Assistance publiqua. Pendant la guerre de 1870- 1871, il dirigea la cinquième ambulance, qui, après le désastre de Sedan, ûit, pendant quelque temps, retenue par les Prussiens sur la frontière belgia. n a été élu, le 30 juillet 1871, au second tour de scrutin, membre du conseil municipal de Paris, pour le quartier du Panthéon (ô* arrondissement). Un décret du 34 juin 1872 ra nommé professeur de jULthologie chirurgicale à la Faculté de Paris.

TRÊVE * (Auguste -Hubert -Stanislas). — Au moment de l'investissement de Paris par l'armée prussienne,(.t5aentembre 1870), il fut chargé du service des torpilles sur le front sud de Paris. Ces engins pro^uiisirent un «ssez grand effet dans

les ouvrages de Ch&tillon (19 septembre). Après l'accident de la porte Maillot, le comité de défense insista sans succès, auprès au gouverneur de Paris, pour que M. Trêve fût ohargé du service général des torpilles sur l'ensemble du front de la place. Nommé commandant du fort de Noisy.au mois d'octobre 1871, il occupa ce poste jusqu'au moment de la capitulation.

Au scrutin du 8 février 1871 il se présenta à la députation dans le département de la Seine, mais ne fut pas élu. Après l'insurrection du 18 mars, au moment où l'amiral Saisset tentait de centraliser la résistance des gardes.nationaux de l'ordre, il fut nommé colonel de la légion du 6* arrondissement. Lorsqu'un second siège de Paris devint nécessaire, il offrit ses services comme électricien à l'armée de Versailles, constata l'abandon du rempart au Point-du-Jour, et, grâce aux indications de H. Duc&tel, réussit, le 21 mai, à pénétrer dans Paris, suivi du corps d'armée du général Douay. En récompense de cet acte d'audace intelligente, M. Trêve fat nommé capitaine de vaisseau (juin 187U-

TREVENEUC * (Henri-Louîs-Harie, comte de).

— Aux élections du 8 février 1871 , il a été nommé représentant des CAtes-du-T^ord à l'Assemblée nationale, le deuxième sur treize, j>ar 80 '220 voix.

II présenta, au mois d^août 1871, une proposition de loi qui autorisait les conseils genéi«ux, en cas d'insurrection dispersant l'Assemblée ou empêchant sa réunion, à reconstituer provisoirement la représentation du pays au moyen de rélecfion de délégués j)ris dans leur sein. 'Cette loi fut votée au mois de février 1872, par 482 voix sur 557 votants.

Membre de la réunion des Réservoirs, 11 a|)ris place à droite, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de rélection des princes, la loi départementale, le

Ï)OUVoir constituant et le traité douanier;. contre e gouvernement, dans la (question du pouvoir itemporel; contre la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités de commerce.

TRIBERT (Louis), représentant français, né à Paris, le 29 juin 1819, fils aine de M. Tnbert, député des Deux-Sèvres de 1839 à IB48, fit ses étu* des au collège Bourbon, suivit les cours de TUniiversité de Berlin, et parcourut ensuite une partie de l'Europe et de l'Amérique. Conseiller général sous l'Empire, il se présenta sans succès aux élecitions législatives comme candidat indépendant; aux élections de 1869 il obtint cependant dans les Deux-Sèvres une imposante minorité. Après les

Sremiera désastres qui signalèrent la déclaration e guerre à la Prusse, il s'engagea, au mois d^ofK 1870, dans le 95* de ligne, fut lait prisonnier A la Ville-Evrard et envoyé en Silésie, où il se trouvait encore, le 8 février 1871, lorsqu'il fut élu représentant des Deux-Sèvres à l'Assemblée nationale, le quatrième sur sept.

11 a pris place au centre .gauche, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la proposition Rivet, et le traité douanier; pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel^ contre la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871 , il a été élu conseiller général du départemeat des Deuz-Sèvres, pour le canton de Champdenières.

TRID

TROC

TRIDON (Edme-Marie- Gustave), journaliste français, membre de la Commune de Paris, né à Dijon (Côle-d'Or), en 1841, est le fils d'un propriétaire 4e ce déparlement qui, à la fin de la Révolution, avait réussi à faire une fortune considérable en achetant des biens nationaux. Il fit son droit à Paris, écrivit dans plusieurs petits journaux du quartier Latin, et publia, en 1864, une brochure : Les Hébertiétes^ plainte contre une calomnie de Vhistoire (in -8"), qui fit à son auteur une réputation d'écrivain. Il fonda alors, et signa en qualité de gérant, le journal le Candidcj feuille d'opposition radicale, dont le tirage dépassa 11 000 exemplaires. Le vingt et unième numéro fut saisi, au commencement de 1865^ le journal supprimé et le gérant condamné à six mois de prison. Au mois de juillet de la même année, la brochure les Hébertisles^ dont les persécutions du Candide avaient ravivé le succès, fut aussi saisie. Au sortir de Sainte-Pélagie, où il s'était lié avec M. A. Blanqui, M. Tridon fonda le Critique, qui fut supprime au bout de quelques jours. Après avoir assisté, en 1866, au congrès internationHl des travailleurs, à Genève, il fut arrêté sous prévention de direction et fondation d'une société secrète dite de « la Renaissance, » et détenu quatre mois avant d'être jugé. Il fut ensuite condamné, avec vingt-deux autres coaccusés, à quinze mois de prison. Ces rigueurs n'affaiblirent point Tardeur de M. Tridon. Disciple convaincu de M. Blanqui , il mit dès lors une fortune considérable et un réel talent de polémiste au service de la cause révolutionnaire. Compromis en 1870 dans le procès de Blois, comme complice d'attentat contre la sûreté de l'Etat et la vie de l'empereur , il se réfugia à Bruxelles, et protesta, le 6 mai, par une lettre rendue publique, contre le réquisitoire de M. Grandperret. Condamné par contumace à la peine de la déportation, il ne- put rentrer en France qu'après la révolution au 4 septembre , et fonda à avec M. Blanqui, la Patrie en dafii/er, journal Paris , d'opposition violente au gouvernement de la Défense nationale. Il ne prit aucune part <'iu mouvement du 31 octobre et ne fut pas poursuivi.

Aux élections du 8 février 1871 pour T Assemblée nationale, il obtint dans la Seine, sans être élu, 65 707 suffrages, et fut nommé dans la Côted'Or par 32 721 voix. Il donna bientôt sa démission, en même temps que MM. Malon, Ranc et Rocnefort, et revint à Paris. Après le triomphe de l'insurrection du 18 mars, élu, le 26, membre de la Commune, dans le 5" arrondissement, par 3948 voix, il fut nommé membre de la commission executive, le 30, et, au milieu des modifications répétées que subit cette commission, en fit partie jusqu au 21 avril. Il présenta, dans l'intervalle, un projet de loi sur les échéances, adopté Sartiellement. Il resta membre de la commission e la guerre, où il avait été délégué le 30 mars, jusqu'au 15 mai, époque à laquelle il se sépara définitivement de la majorité, fut chargé du contrôle de la manutention, vota, le 1" mai, contre la création du comité de salut public, « défrocjue inutile et ridicule, > et s'abstint dans l'élection des membres qui devaient composer « un pouvoir fatal où commençait à poindre un comité de capitulation. > M. Tridon s^ètait aussi abstenu lors de la validation des élections complémentaires du 16 avril. II signa, le 15 mai, la déclaration de la minorité de la Commune, rédigée par M. Ch.

Beslay et, à partir de cette époque, refusa absolument da reparaître dans l'assemblée communale. Une maladie sérieuse, encore aggravée par les déceptions que lui avaient causées les événements politiques, lui en défendait d'ailleurs l'entrée. Il est mort, le 29 août 1871, à Bruxelles, où

il avait réussi à se réfugier après la défaite de l'insurrection parisienne.

TRINQUET (N....), membre de la Commune de Paris, un des personnages les plus inconnus dt cette assemblée, exerçait, en 1868, la profetsion de cordonnier dans le 20* arrondissement, lorsque la liberté accordée aux réunions publiques loi permit de se signaler par ses violences de langage dans les clubs de Belleville. Au moment des élections de 1869, il fut l'un des organisateurs du comité qui proposa et soutint la candidature de M. Rochefort. Celui-ci, par gratitude, lui donna un emploi dans les ^bureaux de la MarseiUaisef récemment fondée. Le 8 février 1870, prévenu de cris séditieux, de port d'armes prohibées, et, après perquisition à son domicile, trouvé détenteur d*armes de guerre, il fut condamné par la 7* chambre correctionnelle à six mois de prison. Pendant le siège, M. Trinquet devint un des orateurs populaires les plus écoutés dans les réunions radicales. Le caractère violent de ses propositions lui valut, après llnsurrection du 18 mars I87l> d'être nommé, aux élections compl^entaires du 16 avril, membre de la Commune, dans le 20* arrondissement, par 6771 voix, sur 9204 votants. Il fut placé dans la commission de sûreté générale, où il rivalisa de zèle et de rigueurs arbitraires avec M. Raoul Rigault. II prit peu de part aux discussions de la Commune. Ce fut lui cependant qui, dans la séance du 12 mai, renouvelant la taxe des absents, proposa de prélever une somme de cinquante francs sur chaque garde national absent de Paris depuis le 18 mars. Attaché à la mairie du 20* arrondissement, et chargé spécialement de la célébration des mariages, il ordonna des perquisitions dans les églifes et chez les prêtres, et présida à une exécution sommaire ordonnée par la commission de sûreté générale. Dans les derniers jours de la lutte, il fut au nombre des membres de l'assemblée communale, qui se réfugièrent à la mairie du U* arrondissement. On a même dit gu'après la mort de M. Delescluze il fut investi des fonctions de délégué à la guerre, et fit établir les batteries fédérées du Père-Lachaise et des buttes Ghaumont, les dernières à bombarder Paris. Réfugié dans les carrières d'Amérique, il j fut arrêté au commencement du mois de juin et conduit à Versailles. Traduit devant le 3* conseil de guerre, il a été condamné, le 3 septembre 1871, aux travaux forcés à perpétuité, et transporté, au commencement du moi^ de février 1872 , à la Nouvelle- Calédonie.

TROCHU (Louis-Jules). — Laissé à l'écart depuis la campagne d'Italie, il resta encore sans emploi après l'organisation des corps d'armée, au début de la guerre contre la Prusse (juillet 1870). Cependant les premières défaites ramenèrent à lui le ministère. On voulut d'abord lui donner le commandement du corps expéditionnaire de la Baltique, et, les événements se précipitant, il fut même question de lui confier le ministère de la guerre, lors de la chute du cabinet OUivier. Le général de Palikao, devenu président du Conseil, le chargea de l'organisation et du commandement du 12* corps, en formation au camp de Chàlons. C'est là que, le 17 août, l'empereur Napoléon le nomma gouverneur de Paris et commandant en chef de toutes les forces destinées à la défense de la capitale. Cette nomination, qui coïncidait avec l'annonce du retour de l'empereur à Paris, fut accueillie avec défiance par l'impératrice, qui voyait en M. Trochu un orléaniste , et avec dépit pai le ministre de la guerre, qui sentait en lui un rival. Le Con-

TROC

TROC

seil de régence dissuada Napoléon de rentrer à Paris. M. TrochU fit alors paraître sa première proclamation aux «Habitants de Paris» qui devait être suivie d-un si grand nombre d'autres^ et où rimpératrice ayant supprimé la phrase annonçant le retour de rempereur, il n'était fait aucune mention du gouvernement impérial. Ce document célèbre , dans lequel le général prétendait maintenir l'ordre dans la cité par le seul ascendant de la c force morale > , se terminait ainsi : « Pour accomplir mon œuvre^ après laquelle, je TafOrme, je rentrerai dans Tooscurité d*où je sors, j'adfopte une des vieilles devises de la province de Bretagne adje suis né : — Avec l'aide de Dieu pour la patrie! > (18 août).

Le nouveau gouverneur entré en fonctions s'occupa avec un zèle infatigable de la mise en état des fortifications, de l'armement d'artillerie, de l'approvisionnement et des mesures de sûreté inténeure. C'est sur ce dernier point que, dès le premier jour, il se trouva en conflit d'attributions avec le général de Palikao, et que, jusqu'au 4 septembre, il ne rencontra chez ce haut fonctionnaire qu'opposition et mauvais vouloir. Il procéda cependant à l'expulsion en masse des 80 000 Allemands domiciliés à Paris ^ que l'opinion publique, surexcitée par des faits trop t^els, accusait d'espionnage universel. Cette mesure, diversement jugée par la presse française, et habilement exploitée par les journaux d'outre- Bhin , fut l'occasion d'un ardent réveil de la haine nationale des Allemands contre la France (?.9 août). Au même moment, M. Gambetta proposait au Corps législatif de centraliser tous les pouvoirs entre les mains de M. Trochu, en vue de la défense de Paris. M. de Palikao s'opposa à cette mesure; mais le désastre de Sedan modifia subitement la situati4in. Dès le 3 septembre la vérité était connue de l'impératrice ; elle fit appeler le gouverneur de Paris, qui, peu de jours auparavant, affirmait sa fidélité à la dynastie, au triple titre « de breton, de catholique et de soldat » : celui ci attendit au lendemain pour se rendre aux Tuileries. Quelques heures après, un gouvernement de Défensenationa^e était proclamé a l'Hôtel de ville. Les députés de la gauche qui le composaient, comprenant que la situation exigeait un nom militaire, ofl'rirent à M. Trochu une place au milieu d'eux. Il l'accepta à la condition d'être confirmé dans les fonctions qu'il occupait, et d'être nommé président du nouveau gouvernement républicain. M. Trochu signa aussitôt, en cette qualité, le décret qui déclarait le Corps législatif dissous et le Sénat aboli, puis, successivement, les principaux décrets du gouvernement de la Défense, dus à son initiative, entre autres ceux relatifs à la liberté de la fabrication et du commerce des armes ^5 septembre), à la mobilisation de la garde nationale sédentaire, à l'organisation de divers corps spéciaux auxiliaires, au licenciement de la garde impériale (28 octobre), à la Lésion d'honneur exclusivement réservée aux services militaires (même jour),* à la répartition en trois armées des forces de Paris (4 novembre), à Tinterdiction de rendre compte des opérations de guerre (1** décembre), à la suppression de l'élection pour les officiers ne la garde mobile (18 décembre), à la suppression des fonctions de gouverneur de Paris, (22 janvier 1871). Ces diverses dates résument son rôle d'organisateur officiel pendant le siège.

L'histoire de ses opérations militaires, pour lesquelle.«> il disposait ae 120 000 hommes de troupes régulières, de 80 000 mobiles, et de 330 000 gardes nationaux, commence le 19 septembre par le combat de Châtillon, où l'aile droite française s'étant retirée « avec ime regrettable précipita-

tion > . le mouvement de flanc des Allemands sur Versailles, et, par suite, l'investissement du sud de Paris ne purent être évités. Le 23 septembre le corps du général Yinoy réoccupa les Hautes- Bruyères, poste avancé au sud du fort de Bicêtre, que le génie civil transforma, par des travaux considérables rapidement achevés, en une formidable position. Le 30, un nouvel effort est tenté sur le front sud; Chevilly, l'Hay et Thiais, solidement occupés par les Prussiens, sont attaqués sans succès. Le 21 octobre, une grande sortie sur Montretout qui, mieux conduite, aurait pu amener le général' Ducrot aux portes de Versailles, échoue complètement. Le 28, le général de Bellemare s'empare du Bourget, se maintient un jour dans cette position et, n'étant pas soutenu, est chassé par t'ennemi. Cet échec, auquel vint s'ajouter la désastreuse nouvelle de la capitulation de Metz, provoqua la tentative insurrectionnelle du 31, à la suite de laquelle M. Trochu et la plupart des membres du gouvernement, faits prisonniers par les bataillons radicaux, furent délivrés dans la nuit par la garde nationale de Tordre. Cet événement fut l'occasion de la confirmation du pouvoir du gouvernement de la Défense, par le scrutin plébiscitaire du 3 novembre, qui lui donna 557 996 votes affirmatifs sur 620,634 votants.

Les sorties, interrompues pendant un mois, reprirent le 29 novembre. L'armée d'opérations, comprenant 150 000 hommes et 400 pièces de canon et commandée par le générai Ducrot, passa la Marne le 30, s'empara de Champ^gny, de Bry-sur-Marne et de Vilfiers, s'avançant sur Chelles et menaçant de tourner et de couper l'armée d'investissement jjur Villeneuve-Saiot- Georges. En même temps, le général Vinoy au sud, et le vice-amiral La Roncière au nord, opéraient de vigoureuses diversions. Ce premier succès sérieux excita dans Paris le plus vif enthousiasme, et le gouvernement, s'associant au sentiment ae la population, adressa à M. Trochu une lettre de félicitation dans laquelle • saluant ces belles et grandes journées où l'homme de guerre s'était révélé tout entier, > il prédisait la prochaine déllvraqce de Paris. Ces illusions durèrent peu. Le 2 décembre, les Allemands, renforcés de troupes fraîches, et prenant Tofl'ensive, réussirent à refouler l'armée française. Un vigoureux retour ramena nos soldats aux positions occupées la veille; mais cet effort fut le dernier. Le lendemain, le général Ducrot repassait la Marne et cantonnait son armée harassée dans le bois de Vincennes. En même temps arrivait la nouvelle de la défaite de l'armée de la Loire et de la reprise d'Orléans. Le découragement des Parisiens fut d'autant plus grand qu'ils avaient espéré davantage : cependant le désir de combattre était toujours très-vif. Le 21 décembre, pour obéir à la pression d'une opinion publique de plus en plus surexcitée, un grand mouvement en avant, qui embrassait tout le cercle d'investissement, fut ordonné et dirigé par M. Trochu. La lutte fut très-vive à l'est de Paris, sur la Ville*Évrard, la Maison-Blanche et le Bourget. Le froid était extrême (19* centigrades), et lorsque l'ennemi démasqua les batteries à grande portée, préparées de longue main contre le plateau d'Avron, le gouveriieur se vit contraint d'abandonner précipitamment cette importante position stratégique, occupée la veille de la bataille de Champigoy, fortifiée et armée par le colonel Stoffel, et où l'artillerie de marine avait rendu les plus grands services. La t prise du mont Avron > fut officiellement annoncée par le roi Guillaume à son armée A partir de cette époque, l'irritation contre M. Trochu devint générale. La garde nationale mo-

UHRI

\mA

bilisée desnada à combattre avec une menaçante insistance. Enfin, le 19 janvier 1^7 1, cent mille homme^ dont une moitié environ appartenait i la garde nationale, attaquèrent, par un brouiUard épais, 4es positions retranchées des Prussiens sur la .gauche du Mont-Yalérien, occupèrent laredoute de Jlontretout et la crâte de la Bergerie, Atteignirent fiuzenval, mais fuient obligés de se oeplicr le soir même. La dépôche du gouverneur 4Iui,leJZ0, à neuf heures du matin, annonçait Tinauccès définitif de Topér-ktion, portait qu'un armistice et des moyens extraordinaires de transgort seraient nécessaires pour enlever les blessés, es manifestations décourageantes, ajoutées à la douleur d'une suprême défaite, provoquèrent, de la part de quelques bataillons de la garde nationale de marche, une tentative de surprise de THÔtel de ville que Pattitude énergique des mobiles brelQQsfit échouer (22 janvier). Cependant, M. Trochu qui. quelques jours auparavant (8 janvier), avait aifirmé, dans une de ses -proclamations, « que le .gouverneur de Paris ne capitulerait :pB », signait ie décret supprimant les fonctions de gouverneur, et se préparait à rendre les forts. Les [pourparlers engagés par M. Jules Pavre aboutirent le 26 janvier, et le général Vinoy signa la capitulation, déguisée sous le nom d'armistice. Le moment de stupeur passé, la presse de toutes lea nuances attaqua violemment le présidentdugouvemement de U Défense, que M. Gaml>etta, dans sa dernière d^èche, traitait de «.discoureur infatigable, militaire irrésolu et présomptueux a. Le journal le Fiçmro se signala entre •tous par la persistance et Tâpreté de sa critique. Jl. Trochu y était représenté comme un > Tartuffe coiffé du cas.]ue de Mengin ». Le général demanda plus tard satisfaction au jury, qui condamna MM. A. Vitu et de Viilemessant, mais n'admit que le délit d'outrage et repoussa la diffamation (mars 1872).

Lots des élections du 8 février 1871 à l'Assemblée nationale, M. Trochu, qui avait d'abord re- Juaé toute candidature, revint au dernier moment sur sa décision, et fut élu dans les Bouches-du- Rhône, par 61 784 voix; dans les Cûtes-du-Nord, par 94 204 voix ; dans le Finistère, par 55 422 voix; dans riUe-et-Vi laine, par 106 366 voix; dans la Vendée, par 64 944 voix ; dans le Rhône, par 10 588 voix; dans la Seine-Inférieure, par 78 536 voix, et, enfin, dans le Morbihan. 11 opta pour ce dernier département, où il était oé et où. il avait conservé de fervents admirateurs. Cette multiple âection s'expliquait alors par la longue interruption des communications entre Paris et la province : M. Trochu bénéficiait de la réputation que lui avaient £^te les proclamations de M. Gambetta. A la Chambre il conserva une attitude calme et habile, appuyant la prise en considération de la proposition ayant pour obi et d'examiner la fionduite du gouvernement qu il avait pré-

sidé, prenant la parole dans ks questions importantes, et soutenant, avec une «avtnte éloquence, notamment lors de la discussion sur le recrutement de l'armée, la réforme radicale du service obligatoire réel (mai 1872). Le 1** juillet Suivant, tenant enfin une promesse, qui datait de sa proclamation du 18 août'i87Û{ et .qu*il ava.it plusieurs fois renouvelée depuis, il Hnnna^t sa démission de député du Morbihan et rentrait dans la vie privée.

Il avait siégé au centre droit, et voté j>our les préliminaires de paix, la loi municinale, ï'abrogation des lois d'exil, la validation oe l'élection des princes, la loi départementale, les propositions Rivet et Ravinel et le traité douanier; contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris.

Lots du renouvellement des Conseils généraux le 8 octobre 1871, il fut élu conseiller général du département du ilorbihan pour le canton de Belle- Isle.

Xa conduite militaire et politique du général Trochu, quelles qu'aient été, d'auleurs, les circonstances atténuantes qu'il a lui-mÔme si habilement plaidées, a été presque unanimement bl&mée en France et à l'étranger. On lui a surtout reproché, malgré l'incident du dépôt de son testament chez le notaire Ducloux, de n'avoir jamais eu de plan définitivement arrêté, suit pour la défense, soit pour l'offensive. Investi, dans une ville dont les ressources étaient immenses, .par une armée de 160000 à 180 000 hommes, répandue sur un énorme périmètre, et à laquelle M. de Moltke emprunta, à diverses reprises, des appoints pour les armées allemandes combattant en jirovince, il ne sut rompre nulle part la ligne d'investissement dans les premiers mois du siège. Après la capitulation de Metz, qui laissait libre 150000des meilleurs soldats ennemis, la tAche devenait presque impossible, et le sentiment public ne s'y trompa pomt : en perdant Metz, la France perdait Paris. M. Trochu , que ses opinions religieuses et même mystiques, amenaient à compter volontiers sur les moyens surnaturels de salut, n'avait jamais eu fol dans la possibilité de la défense de Paris, qu'il amielait • une folie héroïque >. Ce manque absolu de confiance dans les incomparables éléments scientifiques, industriels et militaires dont il disposait, et, particulièrement sa profonde répugnance à organiser et à utiliser la garde nationale, dont la discipline, comme celle de la garde mobile, fut détruite par une faiblesse et une complaisance inouïes chez un commandant militaire, et que peut seule expliquer la passion d'une populari£ô éphémère, furent les ^deux principales causes qui amenèrent un homme aussi remarquable par rintélUgenoe que médiocre par le caractère, a contribuer pour une si grande part à la perte de son pays.

CHBICH * (Jean<Jacques-Alexis). — Au début de la goerre franco-prussienne (15 juillet 1870), il fut appelé à l'activité et nommé commandant de l'importanle place de Strasbourg, dont les fortifications déjà anciennes, n'avaient point été .teaues au niveau des progrès récemment faits par l'art du génie militaire. La garnison comptait à peine 3000 hommes de trompes régulières; le reste était formé par des bataillons de gardes nationales mobile et sédentaire. Le 8 août, l'investissement de la ville par U cavalerie badoise était à peu près

complet. Le 23, le général de Werder, chargé des opérations de siège, aomma le cénéral Uhrich de rendre la place et, sur son refus, commença le bombardement dès le lendemain. Les ravages furent immenses : la cathédrale fut .considérablement endommageai la bibliothèque incendiée et un grand nombre de maisons particulières détruites. La partie de la population qui ne pouvait se défendre se réfugia dans les caves^ les hommes valides cherchèrent à arrêter l'incendie. L'évêgue de Strafibouig obtint gue le bombarde

URBA

URBA

ment fût suspendu le 26 août; de quatre heures du matin à midi, mais ses efforts furent inutiles^ le général Uhrich n'ayant voulu faire aucune concession à Tennemi. Bu reste, aucun habitant ne demanda à capituler. Le bombardement allemand recommença, tandis que les Français, du liaut de la citadelle, mettaient en feu la ville de Kehl, située sur Tautre xive du Kbin.

La constance des Strasbourgeois contraignit alors Ifi général de Werder à recourir à un siège en règle. Les travaux commencèrent le 79 août xontre les ouvrages de l'angle nord-ouest Les fiortÎAs du général iforich ba produisaient pas grand effets A cause du petit nombre de troupes régulières dont il disposait, et, le 27 septemibre, à cinq heuves du soir, après la destruction de deux grands ouvrages avancés, il dut ari)orer le drapeau blanc. La ville avait reçu deux cent mille projectiles, âDnt 5OQD0 bombes. Une partie dé la copulation âmigra en Suisse ; les jeunes gens vinrent s'engager dans Tannée de la Loire et les francs-tiiBurs des Tosges. Le général Uhrich, prisonnier sur parole, arriva à Tours, le 2 octobre, et y fut chaleureusement accueilli par la population. Un décret lui conféra la diçnité de grand' croix delà Lésion d'honneur, tandis aue des souscriptions parUculières s'organisaient dans les villes de province pour lui offrir une épée d'honneur. A Paris^ oA les nouvelles du siège de Strasbourg n'amt^rent nue par intermittence, le nom du défenseur de la capitale de l'Alsace fut donné 1 l'avenue de nmpératrice. et un décret du gouvernement de la Défenseï, au 2 octobre, décida crae la statue de Strasbourg, érigée & Tun des angles de la pllace de la Concorde, et qui était depuis plusieurs joues l'objet de manifestations sympatMques au «général, et chargée de couronnes d'immortelles, apportées par la garde nationale, « serait coulée en bronze^ et maintenue sur le même emplacement^ avec inscription commémorât! ve des nauts &its de la résistance des départements de l'Est. > Apcès avoir défeudu à Tours les intérêts des troupes qu'il avait commandées, M. Uhrich, sans mettre! profit l'autorisation que lui avait donnée la délégation d'aller habiter le château de Pau, se retira dans une petite localité suisse pour y veiller de plus près sur ses soldats blessés*

Aux élections du 8 février 1871 , il obtint à Paris, sans être nommé, 53459 voix sur 328 970 votants. Il se présenta aux élections complémentaires dji 2 juillet^ mais ne réunit ou'un petit nombre de suffrages. Devant le conseil d'enquête sur les capitulations, H. Uhrich obtint des éloges pour cestains faits de la défense de Strasbourg, mais fut blâmé formellement sur plusieurs détails techniques (janvier 1872). Il est rentré depuis dans le cadre de réserve. g^i"^. ..

I7LB ACH * (Louis) . — Nommé secrétaire de l'une des trois sections, dont se composait la commission des barricades présidée par M. Bochefort (27 septembre 1870), il participa en cette qualité à la déiense de Paris. Quelques jours avant les élections du 8 février 18*71, pour l'Assemblée nationale, H fit reparaître la Cloche, ^i tenta de réaliser l'union du parti républicain sur le terrain électoral. Pendant rinsurreotiôn communale ^ il continua à publier son journal à Paris, et au milieu des compromissions d'une partie de la presse, dite républicaine, se prononça énergiquement contre le fédéralisme de l'Hôtel de ville tt soutint le .gouvernement de M. Thiers. Averti qu'il allait être arrêté par ordre du comité de sûreté générale, il se cacha chez H. Laurent-Pi-

chat et n'en sortit qu'au moment de l'entrée des troupes régulières dans Paris. Quelque temps après, comparaissant à Versailles, comme témoin devant le 3' conseil de guerre, M. Ulbach se vit accusé par l'un des juges d'avoir été favorable k la Commune. Il exprima le lendemain, dans la Cloehe, son indignation de « cette calomnie •> et fut, pour ce fait, traduit, comme coupable d'outsage envers la justice militaire, devant ce môme conseil de çuerre, qui le condamna à trois ans de prison et SIX mille Ênancs d'amende. Ce jugement ayant été cassé en révision, M. Ulbach fut renvoyé devant le 4* conseil, ^i réduisit la peine à trois mois d'emprisonnement et trois mille francs d'amende (12 janvier 1672). Cette condamnation fut rendue définitive par l'arrêt de la Cour de cassation du 28 mai suivant, qui confirma la jurisprudence appliquée par le 4' conseil.

Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, M. Ulbach a obtenu à Paris, sans être élu, environ 27 OCX) voix.

UBfiAIN j[M....), membre de la Commune de Paris, né vers 1830, dirigeait, au moment du siège de Paris, une institution de jeunes gens, dans la rue de Yeroeuil. Il se produisit, à celte époque, dans quelques clubs radicaux, et, après nnsurrection dEu 18 mars 1871, fut au nombre des adhérents au comité .central, qui chassèrent de la mairie du 7* arrondissement M. Arnaud de l'Aride et ses a^oints, pour s'installer à leur place.

Aux élections du 26 mars, il fut^lu membre de la Commune, dans le 7* arrondissement, par 2803 vbix sur 5065 voUnts, et fut placé, le 30, dans la commission de l'enseignement. Il vota

Sour la validation des élections com{démentaires u 16 avril à la majorité absolue des suffrages, quel que fût le noîabre des votants ; mais, a ce propos, attaquant vivement le principe de l'abstention qu'aamettait la maiorite de l'Assemblée, il demanda que tous les électeurs fussent contraints de voter, au moins au bulletin blanc. Le 24 avril, il fut aélégué pour visiter les gardes nationaux dans les postes et lieux de réunion. U approuva la destruction de la colonne Vendôme et de la maison de If. Thiers , et motiva , le 1" mai, son vote pour la création du comité de salut public, en arguant du < mandat impératif, et des circonstances, qui Justifiaient les mesures les plus énergiques. » Ennemi déclaré de la minorité à la tète de laquelle se trouvait H. Ch. Beslay, et qui protesta le 25 mai contre les agissements du comité de salut public, il proposa contre les dissidents des mesures rigoureuses, et fut délégué, le 16 mai, à la nouvelle commission militaire. I^s la séance du 17, il rédama la mise en vigueur du décret du 5 avril sur les otages, et demanda l'exécution dans les 24 heures des dix principaux d'entre eux^ < cinq devaient êtrefuâllés aux avant-postes, et anq dans l'intérieur de Paris. >

11 fut arrêté dans les premiers jouK de juin, au moment où il s'apprêtait à quitter Paris sous un déguisement de cocher, et conduit à Versailles. Traduit devant le 3* conseil de guerre, et convaincu en outre de soustractions de demers publics et privés, de complicité avec sa maltresse, Mme Leroy, il a été condamné, le 3 septembre 1871, aux travaux forcés à perpétuité^ et a été transporré au commencement du mois de février 1872 dans la Nouvelle-Calédonie. La cour de cassation avait r^eté son pourvoi le 13 octobre précédent.

VAIL

Page 1