‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 116 sur 122 · YALE · texte numérisé non relu

YALE

VACHEROT* (Etienne).— 11 fut nommé viceprésident de ]a commission de l'enseignement communal par arrêté du maire de Paris du l" octobre 1870, et élu, le 6 novembre suivant, au second tour de scrutin, maire du 5* arrondissement de Paris, par 50é9 voix sur 9578 votants. Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le Tingt-unième sur quarante-trois, par 94621 voix sur 328 970 votants, se fit inscrire à la réunion de la gauche républicaine, et parla, le 1" mars 1871, pour l'acceptation des préliminaires de paix. Porté malgré lui. aux élections communales du 26 mars 1871, il obtint, sans être élu, 1208 voix.

Il a voté pour l'abrogation des lois d'exil, les lois municipale et départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant^ la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières), et le retour de l'Assemblée à Paris ; pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la propositon Ravinel et le maintien des traités de commerce.

Son fils, M. Arsène Vacherot a été nommé sous-préfet de Sens, puis maître des reauêtes au conseil d'Etat, par décret du 10 septembre 1872.

VAILLANT (Marie-Edouard), membre de la Commune de Paris, né à Vierzon (Cher),, le 26 janvier 1840, fit à Paris d'excellentes études, se fit recevoir docteur es sciences, en 1865, et commença aussitôt après à suivre les cours de la faculté de médecine. C'était le moment du succès du Candide et de la popularité de M. Tridon et de ses amis. Les élucubrations brillantes des jeunes Hébertistes séduisirent peu l'esprit sérieux de M. Vaillant, qui partit pour l'Allemagne, afin d'y compléter ses études. Étudiant à Heidelberg de , 1866 à,1867, et affilié, dès cette époq\ie, à l'Internationale, à la suite du congrès de Lausanne, il séjourna à Tubingen, en 1868, suivit les cours de la ÛLCulté de médecine de Vienne, jusqu'à la fin de

1869, revint encore à Tubingen, et en partit en

1870, au moment de la déclaration de guerre entre la France et la Prusse. Imbu des principes de la philosoptiie allemande, et particulièrement séduit par tes doctrines d'Hegel, il se préoccupa surtout de la question sociale, dont l'Association internationale des travailleurs lui paraissait devoir résoudre le problème. Propagateur convaincu des doctrines de la nouvelle société, il unit ses efforts à ceux de M. Frankel pour les répandre, pendant le siège, dans les quartiers ouvriers de Paris, et en particulier dans celui du Temple.

Au scrutin du 8 février 1871, il obtint, sans être élu, 49 340 voix sur 328 970 votants. Son érudition et son zèle désintéressé lui avaient acquis une grande influence sur la garde nationale, dont il contribua à organiser le comité central. Délégué au Ministère de l'Intérieur, par ce comité^ au lendemain de Tinsurrection du 18 mars 1871, il fut élu membre de la Commune, le 26, dans le huitième arrondissement, par 2145 voix sur 4396 votants. Le 27, il publia dans VOfficiel un article sur le Tyrannicide et V Élimination dont M. Longuetj directeur de ce journal, crut devoir récuser les violences. Il renfermait cette phrase : « La société n'a qu'un devoir envers les princes : La MORT. Elle n'est tenue au'à une formalité : la constatation d'identité. » Membre de la commission executive le 30 mars, il conserva ces fonctions à travers tous les changements apportés

dans le personnel de cette commission. Le 21 avril il fut délégué au poste ministériel de l'enseignement par 27, voix sur 53 votants, et fit encore partie de la nouvelle commission executive. II avait voté, le 17, nour la validation des élections complémentaires a la majorité absolue des suffrages, quel que fût le nombre des votants. II se prononça le 1*' mai, pour la création du comité de salut public, mais en motivant son vote en termes incohérents, qui admettaient à la fois ■ que le comité de salut public était un pastiche » et que la Commune ■ devait agir au lieu d'imiter. » Il déclara aussi qu'il n'avait pu trouver parmi les membres de la Commune un groupe d'hommes avec lesquels il pût marcher. Il a réussi à s'échapper de Paris, au moment de l'entrée des troupes régulières dans la capitale et s^est réfugié en Angleterre.

Les journaux du mois de novembre 1871 ont annoncé que M. E. Vaillant faisait partie du conseil général de l'Association internationale des travailleurs, lors de la conférence tenue à Londres du 17 au 23 septembre 1871. Il a été con-

damné par contumace à la peine de mort^ le 20 juillet 1872, pour complicité dans l'assassinat des otages.

VALENTIN (Marie-Edmond), administrateur français, né à Strasbourg, le 27 avril 1823, était, depuis le 9 octobre 184o, sous-lieutenant au 6* bataillon de chasseurs à pied, lorsqu'il fut élu représentant du Bas-Rhin & l'Assemblée législative, le 10 mars 1850. Il prit place dans les rangs de la gauche républicaioe, lut arrêté dans la nuit du V au 2 décembre 1851 et figura en tète de la liste des représentants bannis. Réfugié en Angleterre, il fut, de 1860 à 1870, attaché comme professeur à l'école d'application d'artillerie et de génie, de Woolwich. II rentra en France au mois de mai 1870. Le lendemain de la révolution du 4 septembre, un décret du gouvernement de la Défense nationale le nomma Préfet du Bas-Rhin. Le dispositif de ce décret « s'en rapportait à son énergie et à son patriotisme pour aller occuper son poste. > Il réussit à entrer dans Strasbourg assiégé , en franchissant à la nage la rivière de VlU et les fossés des fortifications, sous le feu croisé de l'ennemi et de la place (19 septembre). Après la capitulation (27 septembre) et au mépris des conditions qui l'avaient réglée, il fut arrêté sur les ordres du général de Werder, et détenu pendant quatre mois dans les casemates de la forteresse d'Ëhrenbreitstein. Rendu à la liberté au moment de l'armistice, et nommé préfet du Rhône et commissaire extraordinaire de la République, le 6 février 1871, en remplacement de M. Challemel- Lacour démissionnaire, il eut, aux mois de mars et d'avril, à combattre l'insurrection dans les faubourgs de Lvon, et fut blessé d'un coup de feu, le 30 avril, après avoir ramené au combat les troupes repoussées par les insurgés. A trois reprises, il abattit, de ses propres mains, le drapeau rouge arboré ou relevé par les partisans de la Commune. Violemment attaqué par la presse monarchique, qui ne lui pardonnait pas de ne point avoir ouvertement rompu avec certains groupes avancés de la municipalité lyonnaise, qu'une politique intelligente et l'intérêt impérieux de la paix publique commandaient de ménager, il fut enfin relevé de ses fonctions et remplacé par M. Pascal, pîréfet de Nantes (24 janvier

VALL

VARL

1872). Nommé chevalier de la Légion d'honneur au mois d'octobre 1871^ il a été promu commandeur, pour services exceptionnels, le 10 février 1872. Le conseil de l'Institut de Woolwich, prit, au mois d'août suivant, une décision qui , en reconnaissance « des services rendus » , doublait la pension de retraite à laquelle il avait droit comme ancien professeur de cette école.

Lors de la publication du rapport du Conseil d'enquête sur la capitulation de Strasbourg, il

Srotesta contre l'exclusion dont il avait été l'objet e la part du conseil, qui avait entendu M« Pron, dernier préfet de l'Empire, et n'ayait pas cru devoir l'appeler.

VALLÈS* (Jules-Louis- Joseph). — Le journal le Peuple fondé au commencement de 1869, avec la collaboration de MM Longuet, Georges Duchéne, et Pierre Denis, était destiné à soutenir sa candidature aux élections législatives du mois de mai, dansla huitième circonscription, comprenant le faubourg Saint-Antoine, où les comités libéraux patronaient M. Jules Simon, contre M. Laohaud, candidat de l'administration. M. Vallès, qui avait voulu < grouper autour de son nom les espoirs légitimes de revendication s de la démocratie socialiste, n'obtint qu'un nombre infime de voiz. Cependant, orateur écouté dans les réunions publiques radicales, collaborateur violent des feuilles irréconciliables, et rédacteur en chef de la Rue^ qu'il venait de ressusciier,il fut assez compromis lors des troubles qui signalèrent l'annonce de nos premières défaites, au mois d'août 1870, pour être arrêté et conduit à Mazas. La révolution du 4 septembre lui rendit la liberté. Nommé chef d'un bataillon de la garde nationale, il prit part à la tentative insurrectionnelle du 31 octobre, s'empara de la mainedu 19' arrondissement, où il exerça pendant vingt heures l'autorité municipale, et, après avoir été révoqué deson grade de chef de bataillon, fut condamné à six mois de prison parle 3* conseil de guerre.

Aux élections du 8 février 1871, pour l'Assemblée nationale, il obtint, à Paris, quelques milliers de voix sans cependant être compri« dans laliste des cent premiers noms insérés au Journal officieL Le Cridu'Peuple avait été fondé pour soutenir sa candidature. Cette feuille, rédigée par MM. C. Maroteau, J. B. Clément, Verm^sch du Père Duchesney et quelques anciens collaborateurs du Peuple t se fit bientôt l'écho de toutes les idées révolutionnaires que Tatiisude du gouvernement de Bordeaux inspirait à la population ouvrière de Paris. Elle provoqua les manifestations en armes des gardes nationaux autour de la colonne de la Bastule, et célébra, en particulier celle du 24 février, à laquelle prirent part plus de deux cent mille hommes. Lnrs de l'occupation partielle de Paris par les Prussiens, le 1" mars, le'Crt du Peuple fut le seul journal qui ne suspendit pas sa publication.

Après l'insurrection du 18 mars, il devint l'organe officieux du ccmité central de la garde nationale, exalta « la victoire pacifique du peuple > démontra que l'autonon ie de Paris et sa séparation d'avec la Frt^nce, étaient la seule solution possible de la question, et demanda les élections municipales à bref délai. Au scrutin du 26, M. Vallès fut nommé membre de la Commune, dans le 15* arrondissement, par 4403 voix, et, bientôt après, placé dans la commission de l'enseignement. Délégué pour visiter les gardes nationaux dans les postes et lieux ()e réunion, le 24 avril, membre de lacommi-sion de revis on des arrêts de la cour martiale le 25, il avait voté, le 16, contre la validation des élections complémentaires à la majorité absolue des sulfrages, quel que fût le

nombre des votants. Il se prononça aussi, le 1" mai, contre la création du comité de salut public < véritable usurpation de la souveraineté du peuple > s'abstint lors de l'élection des membres qui devaient le composer, et signa, le IS mai, la protestation de la minorité rédigée par M. Ch. Beslay. 11 se fit même, au sein de la commune, l'énergique défenseur de cet acte violemment attaqué par M. Paschal Grousset. Malgré cette modération relative, le Cri du Peuple n'en continua pas moins à dénoncer les journalistes opposés à la Commune, et à poursuivre d'attaques sans mesure le gouvernement de Versailles. Ce fut lui qui, dans un article du 16 mai, après avoir annonce que Paris ne reculerait devant aucune extrémité pour résister, ajoutait cette phrase célèbre qui faisait prévoir les incendies : • Si M. Thiers est chimiste, il nous comprendra. » Les journaux ont annoncé, que le 25 mai, après l'entrée des troupes régulières dans Paris, M. Vallès aurait été arrêté et fusillé près du Ch&telet. Le bruit a couru aussi qu'il avait réussi à gagner l'Angleterre, et que, au mois de mars 1872^ il envoyait de Londres des correspondanpes au journal la Constitution. Ce qui est certain, c'est qu'il a été jugé par contumace le 5 juillet 1872, par le 6* conseil de guerre, et condamné à mort.

YABLIN (Louis-Eugène), membre de la Commune de Paris, né en 1840, exerçait la profession d'ouvrier relieur, lorsqu'il fut élu, en 1862, membre des délégations ouvrières qui se réunirent à Londres à l'occasion de l'Exposition universelle. Doué d'une intelligence, remarouable et d'une énergique volonté, il prit part, en 1863, aux premières tentatives faites à Bruxelles dans le but d'organiser .l'Association internationale dea travailleurs, qui ne fut définitivement constituée que le 28 septembre 1864, au meeting ouvrier de Saint-Martin's hall, à Londres, et il devint bientôt r&me du mouvement. Nommé secrétaire de la section française, il commença aussitôt une propagande dont les résultats furent considérables et que le gouvernement impérial semblait favoriser. En 1866, au congrès de Genève, il contribua à à la rédaction des statuts internationaux de la nouvelle société, que l'article premier définissait ainsi : « L'association est constituée pour procurer un point central de communication et de coopération aux ouvriers des différents pays, aspirant au même but : le progrès complet et constant de la classe ouvrière. > C'est aussi de cette époque que date la maxime célèbre attribuée à M. Varlin : < Pas de devoirs sans droits, pas de droits sans devoirs. »

Le congrès de Lausanne, tenu en 1867, confirma ces principes. La promulgation de la loi sur les coalitions, en autorisant les grèves, donna la mesure de l'influence que l'association internationale pouvait déià exercer. Cette influence tout à coup révélée, enraya le gouvernement, qui fit traduire en police correctionnelle M. Varlin, et les autres membres du comité de Paris, sous l'inculpation de société non autorisée. Malgré une défense habile, il fut condamné ainsi que ses co-accusés, le 29 avril et le 22 mai 1868, à trois mois de prison et 100 fr. d'amende. Ces rigueurs ne refroidirent pas M. Varlin, dont l'ardeur et le travail opiniâtre empêchèrent l'Internationale de se dissoudre à la suite des jugements sévères qui avaient frappé ses chefs. Il substitua son action individuelle à l'action collective d'un bureau aue l'autorité avait dissous et dont elle surveillait les agissements, entretint une correspondance secrète avec les comités des départements et le comité central de Londres, avec MM. Bastelica, Richard , Aubry, Cluseret, et, ayant réussi à fonder la fédération

VARR

Page 1