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tes. La rentrée des princes d^Orléans, et la Yiiidation des élections du duc d'Aumale et du prince de Joinvilte, comme- représentants des départements de l'Oise et de la Haute-Marne . avaient encore accru les espéranees^ des monarchiste» de PAssemblée* nationale, qui attendaient tout de la fusion des 'deux branches françaises de la Maison de Bourbon, éectt Tentante et le rapprochement définitif semblaient évidents. A ce moment parut le manifeste de Chambord, qui ne répondit point à l'attente des anciens partis. Ayant de récrire, le prince s'était ^ para!t-il, imposé la retraite, la méditation, et la prière. Il y reprenait chaque p*3int du programme de la lettre au 8 mai, en le déveleppant^ admettait le suffrage unirersel, le gouvernement constitutionnel avec denx chambre», mais niait la légitimité des conquêtes de la RéToiution, qn'il qualifiait de > révolte d'une minorité contre* les» vœux du pays, » el svptont refusait de « laissa arracher de ses mains Tétendard d'Henri IV, de Francis I" et de Jeanne d'Arc. > < Français, disait-il en terminant, Henri Y ne peot abanaenner le drapeau blanc d'Henri IV. > En même temps, il déclarait qu'il reprenait le chemin de l'exil pour ne plus donner, « jpar sa présence, de nouveaux prétextes à l'agitafion des esprits. > L'effet de ce manifeste fut considérable. Il amoindrit l'espoir des royalistes, et raffermit la fraction républicaine de l'Assemblée. Tout en rendant heramage à l'honnêteté du prince , qu'u» scrupule chevaleresque poussait ainsi à se compromettre i)ubliquement, la majorité de la presse monarchique le blâma de son imprudente franchise. On observa que, à la suite de cette publication, M. le comte de Paris, (|ui se préparait à visiter son cousin, crut devoir renoncer k cette démarche. Depuis, M. le comte de Chambord a séjourné à Genève, où, au moment des élections des conseils généraux , il tint une sorte de cour politique, et à Luceme, où pendant le mois de novembre 1871 ont eu lieu quelques manifestations légitimistes, dont le journal le Figaro, par ia plume de M. de Villemessant, se fît le principal écho. Au mois de janvier 1872, les bruits de fusion prirent une nouvelle force. Les journaux bien informés allèrent jusqu'à traiter de ■ dauphin > le comte de Paris, et à prédire à court délai «l'abdication d'Henri V. > Le prince crut devoir mettre à néant tous ces bruits par une nouvelle lettre, confirmant* tout ce que l'on savait déjà de l'inébranlable fermeté de ses principes, et déolarant qu'il n'abdiquerait jamais, » qu'il ne consentirait jamais à devenir * le roi légitime de la Révolution.' (25 janvier 1872). Cette attitude rebelle à tout compromis poussa la droite monarchique à une tentative qui devait, en ménageant d'honorables scrupules, devenir un moyen politique de forcer la main « au roi. > Un manifeste, dont le texte fut tenu secret, mais qui- était tn réalité le programme d'une monarchie constitutionnelle conciliatrice, fut signé par 280' députés environ, et présenté à M. le comte de Chambord, à Anvers, où il s'était rendu, comme en pays nsutre, pour recevoir les hommages et les communications de ses amis (24 février). Ce rendez-vous donné aux légitimistes français fut roecasTon- de manifestations en face desquelles la population d'Anvers ne resta point indifférente. La ville devint le théâtre de rixes (juotidiennes que la police fut impuissante à réprimer, tandis que des interpellations s'éctiangeaient à la Chambra belge entre les membres du ministère catholique conservateur et les chefs du parti hbéral, qui' demandaient l'expulsion du prince. M. le comte de Chambord ne- voulant pas que sa présence à Anvers restât plus longtemps une- occasion de troubles en même temps qu'un prétexte d'hos-
tilité contre le gouvernement belgç, crut devoit demander à ses amis de France de suspendre leurs visite», et partit lui-même pour la Hallande, d'où il regagna plus tard Prohsdorff. L'agitation du parti légitimiste était restée stérile, et on avait vainement attendu k Anvers la visite de M. le comte de Paris.
CHAMBBUN * (Joseph-Domlnique-Aldebert un PiNETON, comte OE).— Au mois d'avril 1870, il présenta vainement à la Chambre une proposition de loi pour décider qu'aucun plébiscite ne pourrait être soumis au peuple français qu'après avoir été adopté par le Corps législatif et le Sénat. Quelques semaines après, dans une lettre adressée à la Presse, il déclara qu'il s'abstiendrait, le plébracite du 8 mai étant la négation du gouvernement parlementaire. Le 8 janvier 187Î, il protesta contre la dissolution des conseils généraux, et demanda un appel au suffrage, universel. Aux élections du 8 février suivant, il a été nommé re-
Î présentant de la Lozère k l'Assemblée nationale . c deuxième sur trois, par 12 227 voix sur 25 502 votants. Il a pris place au centre droit^ et a voté pour les préliminafres de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Havinel, et le traité douanier; contre le gouvernement dan s la question du pouvoir temporel ; contre la. proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.
Lors du renouveDement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département de la Lozère pour le canton de Vîllefort. M. le comte de Chamorun a fait partie de la commission des expositions internationales.
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CHAMPY (H....), membre de la Commune, né vers 1828, exerça la profession de doreur sur métaux. Élu à l'Assemblée communale le 26 mars 1871, dans le 10^ arrondissement, par 11 042 voix, membre de la commission des subsistances le 30 mars, il fut maintenu dans ses fonctions lors du renouvellement des commissions, et délégué au ministère du commerce au 17 avril suivant. 11 a voté, le 19 avril, pour la validation des éLûctions à la majorité absolue des suffrages . quel que fût le nombre des votants, et pour ia création d'un comité de salut pubic, le 2 mai, en motivant son vote. Partisan des mesures violentes, il dirigea dés réquisitions d'effets et des saisies d'argent, siégea dans les derniers jours du mois de mai à la mairie du 11* arrondissement, et ordonna de: bombarder le chemin de fer de Lyon avec des obus à pétroxe. Arrêté et conduit à Versailles, il a été condamné, le 3 septembre 1871, par le 3' conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée et interné le 24 décembre suivant au fort Boyard. Au commeaoement du mois de juin 1872, il a été embarqué, sur la frégate la Guerrière^ pour la Nouvelle- Calédonie..
CeANGARNIER*(Nicolas-Anne-Théodttl€).— Aa moment de la déclaration de guerre à la Prusse (juillet 1870), il offrit ses services au gouvernement français, et pria le maréchal Lebceuf de lui donner un commandement en chef; Accueillieavec une grande courtoisie, sa demande fut pourtant définitivement repoussée, et il serait rentré encore une fois dans la vie privée, si l'empereur Napoléon III ne l'avait appelé le 8 aoû& à sodi
3uartier général de Met/.. Après Téloignemoit e l'empereur, et la remise au commandement en cher au maréchal Bazaine, M. Chan^rnier
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resta auprès de ce dernier, assista aux combats autourdeMetz,et, à la suite du conseil de guerre du 25 octobre, fut chargé de se rendre au quartier
fénéral du prince Frédéric-Charles, pour obtenir e celui-ci le libre départ de Tarmée de Bazaîne pour l'Algérie, ou bien un armistice avec droit de ravitaillement, pendant lequel Tancien Corps législatif, convoqué; nommerait un nouveau gouvernement que 1 armée de Metz ferait reconnaître par toute la France. Cette mission échoua. Le général prussien, qui savait que les Français étaient à bout de vivres, offrit d'envoyer en Algérie un bataillon de chaque régiment. Cette condition n'ayant pas été acceptée, il exigea simplement la reddition de l'armée et de la
S lace, et la capitulation fat signée le 27 octobre ans la soirée. Prisonnier de guerre en Allemagne, H. Cbangarnier revint après l'armistice, et, lors des élections du 8 février 1871, fut élu représentant à TAssemblée nationale dans la Gironde, par 99 199 voix, dans le Nord, par 138 148 voix, et dans la Somme, le second sur onze. II opta pour ce dernier département. Dans la séance du 29 mai, à propos de la pétition relative à la capitulation de JAetz, il résuma les événements qui précédèrent la retrait^ de l'armée dans la place, et reprocha au commandant en chef son manque de méthode et de résolution, tout en priant la Chambre « de ne pas laisser un odieux soupçon peser sur des hommes qui furent de glorieux généraux. > Plus tard, il modifia cette opinion et affirma que > la France avait le droit de savoir si elle avait été loyalement servie. » Nommé président de la commission de la révision des grades, il en pressa activement les travaux. A l'occasion des poursuites contre les députés journalistes qui avaient publié des articles injurieux pour l'Assemblée, il sollicita pour eux « l'amnistie du dédain, * dans un ordre du jour adopté par la Chambre (1 1 mars 1872). Lors de la discussion de la loi sur l'armée, il reprocha à M. Denfert-Rochereau d'avoir habité une casemate de Belfort pendant le siège de la place, et provoqua ainsi un incident regrettable a propos duquel les partis extrêmes s'interpellèrent violemment (29 mai). H a figuré au nombre des délégués de la droite, chargés, dans l'entrevue du 20 juin 1872. d'imposer à M. Thiers une politique conforme aux vues de la majorité.
il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, la proposition Cazenove de Pradines, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravine! ; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris; il s'est abstenu sur l'abrogation des lois de bannissement, l'élection des princes, et le traité douanier.
CHANZY (Antoine- Eugène- Alfred) , général français, né à Nouart (Ardennes), le 18 mars 1823, fils d'un capitaine de cuirassiers du premier Empire^ entra à l'ftge de seize ans au service de la marine, en sortit au bout d'un an, et s'engagea six mois après au 5* régiment d'artillerie. Admis à Saint-Cyr le 13 décembre 1841, sous-lieutenant au régiment de zouaves le 1*' octobre 1843, lieutenant au 43* de ligne le 18 juillet 1848, capitaine le 12 mars 1851, détaché avec ce grade aux afifaires de la province d'Oran, et chef du bureau de Tlemcen, il fut nommé chef de bataillon au 23* de ligne le 25 août 1856, et fit, en cette qualité, la campagne d'Italie, puis celle de Syrie, comme lieutenant-colonel au 71* de ligne. Colonel au 48* régiment, qui faisait partie du corps d'occupation
de Rome, le 6 m&i 1864, il revint en Algérie au
moment de la grande insurrection arabe, passa au 92*, le 1*' septembre 1868, fut promu général do brigade le 14 décembre 1868, et commanda successivement, dans ces deux derniers grades, les subdivisions de Bel-Abbès et de Tlemcen.
A la première nouvelle de la déclaration de guerre entre la France et la Prusse, il était venu d'Afrique solliciter un commandement du ministère. Le maréchal Lebœuf le tint à l'écart. Signalé au gouvernement de la Défense, après la révolution du 4 septembre 1870, il fut nommé général de division le 22 octobre, et, le 2 novembre suivant, commandant du 16* corps, compris dans l'armée de la Loire, qui prit une part brillante, le 9 novembre , à la bataille de Coulmiers, et gagna, le 1'' décembre, la bataille de Patay. Commandant en chef de la deuxième armée de la Loire le 5 décembre 1870, après la seconde bataille de Coulmiers et la retraite du général d'Aureiles de Paladines, et signalé par M Gambetta au gouvernement de Paris, dans une dépêche du 14 décembre, comme ■ le véritable homme de guerre révélé par les événements, > il lutta héroïquement pendant deux mois, avec des forces improvisées, contre les armées des généraux allemands Von der Than, grand-duc de Mecklembourg et Frédéric- Charles, et. malgré les rigueurs de l'hiver et les lacunes inévitables d'une organisation précipitée, fit preuve d'une ténacité extraordinaire et de talents militaires de premier ordre. A Beaugency, Josncs, Marchenoir et Origny, il arrêta le mouvement offensif des Allemands. En concentrant son armée entre Vierzon et le Mans, il trouva une solide base d'opérations, et put continuer une résistance, que la prise de Metz, et l'appel sur la Loire ae tous les corps ennemis occupés jusqu'alors ^par le maréchal Bazaine, et des contingents détachés de l'armée de Dlocus de Paris, devaient rendre de plus en plus difficile. Apres avoir lutté avec avantage le 15 décembre à Vendôme, et le 27 à Montoire, il fut attaqué le 19 janvier à Montfort et Savigné-l'Évéque par les avant-gardes des deux grandes armées prussiennes. Le 11, il avait à tenir tête à la fois au prince Frédéric-Charles et au duc de Mecklembourg, commandant 180 000 hommes aguerris, devant lesquels il fut contraint de précipiter une retraite qui, le lendemain 12 janvier, devint une déroute. Il abandonna le Mans avec les approvisionnements qu'il renfermait, et la ligne de la Sarthe, pour se réfugier derrière la Mayenne et se reformer à Laval. Vigoureusement atta(}ué pendant ce mouvement, il soutint le 15 janvier, avec le 16* corps, commandé par l'amiral Jauréguiberry, une lutte désespérée, qui donna au gros de son armée le temps de s'établir dans de fortes positions sur la Mayenne. Il avait perdu, après ces six jours de combat, douze pièces de canon et près de 20 000 hommes^ morts, blessés ou prisonniers. C'est à Laval, au moment où, après avoir reposé ses troupes et reconstitué son armée, il se préparait i reprendre l'offensive, que le surprit la nouvelle de l'armistice. Appelé à Paris par le gouvernement, le 9 février, il traversa les lignes prussiennes avec un sauf-conduit, et rendit longuement compte des opérations militaires qu'il avait dirigées et des ressources encore disponibles. Au scrutin du 8 février pour l'Assemblée nationale, il obtint & Paris, sans être élu, 60 760 voix, mais fut nommé représentant des Ardennes, le deuxième sur six, par 44225 suffrages. Il se prononça énergiquement, dès les firemières séances, pour la prolongation de la utte et contre les préliminaires du traité de paix. Au moment du transfert de l'Assemblée à Versailles et de l'insurrection du 18 mars, il fut arrêté dans le wagon qui l'amenait à Paris, k la