CHAR
gare d'arrivée de la compagnie d'Orléans, par ordre du Comité centrai. On venait de fusiller les généraux Lecomte et Clément Thomas, M. Chanzy pouvait craindre le même sort : l'intervention de l'amiral Saisset, du général Cremer et de quelques maires et députés de Paris, obtint son élargissement, sous le serment qu'il ne porterait pas les armes contre la ville insurgée.
11 a pris place au centre gauche, dont il a été élu président, le 10 mai 1872, par 40 voix sur 66 votants. Le discours prononcé par lui lors de sa pri^e de possession, dans lequel il se ralliait nettement « par patriotisme et par raison » à la forme républicaine, eut un grand retentissement. La presse modérée évoqua même, à cette occasion, le souvenir du général Foy.
Il a voté pour la loi municipale, la loi départementale, l*aorogation des lois d'exil, la proposition Rivet et la proposition Feray (matières premières); pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contré la ratification de la paix, le traité douanier, la proposition Ravine! et le maintien des traités de commerce.
Il a été rapporteur de la loi sur la dissolution et le désarmement de toutes les gardes nationales de France. 11 a fait partie de la commission de la loi du recrutement en 1871-72, et a rédigé un projet de réorganisation de l'armée, inséré kVOfficiel. Au commencement du mois daoût 1871, il a publié sous ce titre : la Deuxième armée de la Loire, l'histoire de son commandement sur la Loire et dans rOuest (1871, un très- fort vol. in-8", avec grand atlas colorié). Quatre éditions de cet ouvrage ont été épuisées en quelques mois.
M. le générai Chanzy a été nommé le 1*^ septembre 1872 commandant en chef du 7* corps d'armée, à Tours. Il a été promu grand officier de la Légion d'honneur le 2 décembre 1870, et décoré de la médaille militaire le 13 février 1872. Il a été aussi nommé commandeur du nombre extraordinaire de Charles III d'Espagne, commandeur de Saint-Gré^'oire-le-Grand et du Saint- Sépulcre, et décoré du Medjidié de la 4" classe.
CHARDON (N....), membre de la Commune de Paris, né vers 1830, exerça la profession d'ouvrier poêlier. Après l'insurrection du 18marsl87l, il fut nommé par le Comité central délégué adjoint à l'ex-préfecture de police, auprès du général Duval, dont il était déjà l'aide de camp. Ëlu membre de la Commune dans le 13' arrondissement, le 26 mars, par 4761 voix, il succéda à M. Duval, mort à la suite de la sortie malheureuse du 5 avril. M. Chardon, qui était revenu sain et sauf de cette aventure, fit partie de la première commission militaire avec le grade de colonel, mais passa bientôt après, sur sa demande, à la commission de sûreté générale. Successivement commandant de l'Hôtel de Ville, où il remplaça Bergeret, et membre de la Cour martiale, il a toujours voté pour les mesures its plus violentes et en particulier pour la création dîi Comité de salut public.
CHARETON (Jean-Joseph Veye, dit), général et représentant français, né à Montélimar, le 8Juitlet 1813, d'unefamillnsansfortune, entra à l'Ecole polytechnique en 1832, en sortit dans le génie, assista au siège de Const^ntine et travailla pendant plusieurs années aux travaux de défense d'Alger. Envoyé en Crimée, il prit part au siège de Sébastopol comme chef de bataillon, et fut deux fois blessé. Il dirigea ensuite les travaux de fortification de Lyon, de Grenoble et de Toulon, comme colonel du génie, fit partie, en 1870, du .5" corps de l'armée du Rhin , et fut fait prisonnier à Sedan. Il a été nommé général par a'rêté du
24avril 1871, pour prendre rang du 27 octobre 1870. Conseiller général de la Drôme, pour le canton de Montélimar, en 1861 et en 1864, il a été élu, le 8 février 1871, représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le deuxième sur six, par 35 957 voix, a pris place au centre gauche et s'est fait inscrire à la réunion de la gauche républicaine modérée. Il a été nommé rapporteur de la souscommission de réorganisation de l'armée pendant la session 1871-72, et, lors de la discussion de la loi, a défendu le service de quatr*^ ans (10 juin). Il a voté pour les préliminaires de paix, la loi départementale, la proposition Rivet, le traité douanier, et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre l'abrogation des Idis d'exil, la validation de l'électioii des princes, le pouvoir constituant , la
f)ropositionRavinel; contrôle gouvernement dans a question du pouvoir temporel, contre la pro- Sosition Feray (matières premières), et le maintien es traités de commerce. Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été réélu conseiller général de la Drôme, pour le canton de Montélimar.
Le général Chareton a publié : Projet de réorganisation deVétat militaire de la France (1871, in-18), ouvrage écrit pendant son internement à Wiesbaden. Il a été nommé commandeur de la Légion d'honneur, officier de l'ordre du Medjidié, et décoré de l'ordre de la Valeur militaire de Piémont.
CHARETTE (N.... baron de), officier français, né vers 1828, d'une famille dont l'illustration dato des guerres de la Vendée, entra dans l'armée papale, et y fut chargé du commandement d un régiment d'élite, composé presque exclusivement de la jeune noblesse de tous les pays.
Ce corps figura avec honneur à la bataille de Castelfidardo. Après la déclaration de guerre à la Prusse ( 15 juillet 1870), l'armée française d'occupation fut rappelée de Rome, et la révolution du 4 septembre suivant, en permettant l'envahissement des Ëtats du pape par les troupes de Victor-Emmanuel, rendit la liberté au régiment de zouaves pontificaux. M. de Charette, leur colonel, fut autorisé à former alors, en prenant son ancien corps pour noyau, une < légion des volontaires de l'Ouest, » qui, placée en première ligne à la bataille de Patay, se signala par des prodiges de valeur. Grièvement blessé pendant le combat, M. de Charette put cependant échapper à l'ennemi et suivre la partie de l'armée de la Loire qui se relira sur Bourges. Après la signature de l'armistice, il rassembla sa brigade à Poitiers, attendit les événements, et décima la candidature à l'Assemhiée nationale qui lui était offerte par les cinij départements de la Bretagne. Nommé malgré lui dans les Bouches-du-Rhone, par 47 253 voix, il refusa le mandat de représentant dans une lettre du 10 févrrer, adressée au président de l'Assemblée, qui ne fut lue que dans la séance du 6 mars 1871. Depuis, les volontaires de M. de Charette ont été licenciés et leur commandant est rentré dans la vie privée. Lors de la signature du manifeste de la droite monarchique et du pèlerinage d'Anvers (24 février), il fut au nombre des visiteurs remarqués et chalesireusement accueillis par M. le comte de Chambord.
CHARTON* (Edouard-Thomas).— Nommé préfet de Seine-et-Oise aprts la révolution du 4 septembre 1870, il ne remplit ses fonctions que pendant quelques jours, et dut se retirer lors de l'arrivée à Versailles de l'armée allemande. Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de l'Yonne à l'Assemblée nationale, le premier sur sept, par 57 451 voix.