CLIN
ClUS
par 7 121 voix, sur 11 394 votants. Délégué à la commission des subsistances, le 30 mars, au ministère du commerce, le 17 avril, à la commission de surelé générale, le 14 mai, il fut arrêté peu après, par l'ordre de U. Ferré, sous l'inculpation d'avoir entretenu des relations avec la police de l'empire, en 1662, époque à laquelle une condamnation l'aurait conduit à Mazas ; on l'accusait aussi d'avoir accepté les fonctions d'agent de la police secrète de Napoléon III. Soupçonné, en outre , d'avoir voulu faire disparaître des sommiers judiciaires, les pièces de son dossier, M. Clément fut maintenu en état d'arrestation, le 21 mai, sur le rapport de deux membres de la Commune, MM. A. Dupont et Chalain. Partisan des mesures violentes, il a voté pour la validation des élections à la m^ijorilé absolue des suffrages, quel que fût le nombre des votants, et pour la création d'un comité de salut public.
CLÉMENT (Victor) , membre de la Commune de Paris, exerçait la profession d'ouvrier teinturier lorsqu'il safiilia, en 1862, à TÂssociation internationale des Travailleurs. Après l'insurrection du 18 mars 1871. il fut élu membre de la Commune, d<ins le XY* arrondissement, pir 502.> voii. Délégué, à la commission des Finances le 30 mars, à l'inspection des prisons le 24 avril, et nommé, le 25, membre de la commission de révision des arrêts de la cour martiale, M. Victor Clément a toujours combattu les motions violentes et soutenu courageusement les idées de modération. 11 a voté contre la validation des élections à la majorité absolue des suffrages, et protesté, avec la minorité de la Commune, contre la création du Comité de salut public. Traduit devant le 3"* conseil de guerre, siégeante Versailles, il n'a été condamné, le 3 septembre 1871, en raison de rhonnètetê de sa conduite, qu'à trois mois d'emprisonnement, pour avoir fait partie d'un gouvernement insurrectionnel.
CLÎNCHANT (Justin), officit»r français, ne. mmé général de brigade en 1866 à la suite d'un très-rapide avancement, commandait, à l'ouverture des hostilités contre la Prusse, la 2"'" brigade de la 1*^ division du 3** corps d'armée, dirigé par le maréchal Bazaine. Il prit part, en cette qualité, aux combats devant Metz. Au moment de la capitulation, il réussit k s'échapper et vint se mettre à la disposition du gouveruament de la défense nationale. Lors de l'organisation de l'armée de l'Est, sous le général Bourbaki, il obtint, avec le giade de général de division^ le commandement du 20* corps à la tète duquel il enleva la position de Viilersezel, le 10 janvier 1871. C'était le prélude heureux d'une attaque de toute l'armée contre les positions du général de Wenler sur la Lisaine. Après la perte de la bataille d'Héricourt, et la tentative de suicide du général Bourbaki, le général Clinchant prit le commandement en chef, le 25 janvier, rattacha les troupes du général Cremer au 24* corps qui s'était débandé devant l'ennemi, ôtalecommandement de ce corpi au général Bressolles qu'il remplaça par le général Commagny, et ordonna la retraite sur Pontarlier, le long de la frontière suisse. Les froids excessifs augmentèrent encore les souffrances, que l'état de dénûment pres(;[ue comoiet dans leguel elle se trouvait, avait déjà imposées à l'armée française. Un puissant élément de démoralisation vint s'ajouter aux dirficultés matérielles. Ce fut la nouvelle de l'armistice que dans le camp français oii avait cru applicable aux opérations de l'Est. M. Clinchant résolut de négocier d'une part avec le général Hanteuffel, accouru au secours de Werder et qui poursuivait vigoureusement l'ar-
mée française, et de l'autre avec le général Herzog, commandant en chef les troupes suisses.
Manteuiïel ne répondit que par une sommation de se rendre à discrétion. Mais le 1°' février, une convention autorisant l'armée française à entrer sur le territoire de la confédéraiion helvétique, en déposant ses armes, et dont le texte fut adressé le lendemain à la délégation de Bordeaux, fut signée avec la Suisse. Le général Billot était chargé de couvrir la retraite avec trois divisons du 18* corps. 85000 hommes, U 000 chevaux et .02 pièces de canons, passèrent alors la frontière avec le général Clinchant. Après la signature des préliminaires de paix, il rentra en France. Lors de l'inburrection du 18 mars, il cffrit s s services à M. Thiers et fut nommé, le 24 avril, au commandement du 5"' corps dans l'armée du maréchal Mac-Mahon. U contrit)ua à la prise de Paris, où il entra par les Batignolles et la gare Saint-Lazare. le 23 mai 1871.
M. Clinchant qui et it commandeur de la Légion d'honneur en 1869, a été depuis promu grand oXûcier.
CLUSERET (Gustave-Paul), officier français, membre de la Commune, né à Paris, le 13 juin 1823, fut élevé comme enrant de troupe dans le régiment d'infanterie dont son père était colonel, et reçu à Saint-Cyr en 1841. Deux ai s après, il en sortit sous-lieutenant, et fut nommé lieutenant au mois de janvier 1848. Lors de la formation de la g^rde mobile, il était au nombre des jeunes officiers qui quittèrent provisoirement les cadres de l'armée pour entrer avec un grade supérieur dans ce corps d'élite. Il se di.*>tmgua la 22 juin à l'attaque des barricades de la rue Saint- Jacques et de la rue des Mathurins, à la tète du 23* bataillon de la garde mobile, dunt il était le chef, et revendiqua hautement dans une lettre publiée par le Constitutionnel, a uelques jours après, la responsabilité et la gloire de cette journée. Engagé pendant six heures , le 23* biitaillon avait pris, dans ce laps de temps, onze barricades et trois drapeaux. Le 28 juillet suivant, M. Cluseret fat décoré de la Légion d'honiteur. £a 1850, lors du licenciement de la garde mobile, n'ayant pu obtenir de cccserver son grade «le • hef de bataillon, et ayant refusé de rentrer dans l'armée comme simple lieutenant, il fut mis à la retraite. Trois ans après, il reprit du ^e^vioe dans un régiment de chasseurs, et fut nommé capitaine en i85o. Pendant la campagne de Crimée, il fit preuve d'une grande bravoure et reçut deux blessures. Rentré en Afrique, comme attaché aux bureaux arabes, il donna sa démission à la suite d'une aiïaire restée obseure, et devint le régisseur des fermes de M. de Carayon-Latour ; mai» il quitta bientôt cette situation paisible, pour aller à New-Tork faire de la banque et du journalisme. Peu après, il était njituralisé citoyen américain, recrutait une légion de volontaires, et courait aider Garibaidi à conquérir la Sicile et Naples. Nommé colonel par le néros de Marsala, il retourna en Amérique au moment de la guerre de la sécession, prit parti pour le Nord, combattit sous les ordres de Frémont, dontil était l'ami, puis sous ceux de Mac Clellan, dont il devint l'aide de camp, et fut nommé général. La guerre finie, il fonia à New* York, un journal, ^ our soutenir là candidature à la présidence du général Frêmont*
Après l'élection de Grant, M. Cluseret, dont les agitations politiques semblait: nt être l'élément naturel, tenta de diriger la révolution féniane. C'est à lui, sous le nom d'Aulif , que les journaux attribuèrent en 1867, la folle attaquedu château de Che&ter. Après un couit emprisonnement, il passa en France, publia dans le Cmir-^