‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 42 sur 122 · COUR · texte numérisé non relu

COUR

représentul de son département à VAssemblée nationale, le septième sur douze, par 63 930 toîx.

Il a pris place à Pextrôme droite , et a voté pour les préli 11 inaires de paix, la loi départementale, le pouvoir constituant; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre les propositions Kivet et RavineU la proposition Ferav (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de TAssemblée à Paris. Le 20 janvier 1872, à la suite de la discussion relative h l'impôt sur les matières premières . il fut un des onze députés, qui votèrent €ontre l'ordre du jour Batbie exprimant la confiance de l'Assemblée en H. Thiers.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 187 L il a été réélu conseiller général delà Loire-Inferieure, pour le deuxième canton de Nantes.

COURBET'* (Gustave). » Partisan dei idées ra« dicales, il fut considéré, pendant toute la durée de l'empire, comme un esprit turbulent et dangereux. Dès 18&0, il avait été signalé à la police, par M Barocbe, ministre de l'intérieur, comme « un démagogue exalté, qu'il fallait surveiller. > Il vécut en opposition constante avec l'administration des Beaux-Arts, personnifiée en M. de Nieuvrerkerke. Lorsque M. Maurice Richard fut^ en 1870, nommé au ministère des beaux-arts , il se montra sympathique au nouveau ministre, mais refusa cependant avec éclat la croix de la Légion d'honneur, que celui-ci lui avait octroyée à son insu. Par une infraction à la régie , qui exiçe qu'on sollicite cette distinction, M. Richard avait fait insérer^ le 21 juin, au Journal of/icielf le décret de nomination, sans en avoir, paraît-il, avisé M. Courbet. A cette occasion la presse officieuse rappela que le roi de Bavière avait, par décret du 31 août 1869, à la suite de la grande exposition de peinture de Munich, nommé M. Courbet chevalier de l'ordre de Saint- Michel, et que le peintre franc-comtois avait accepté. Nommé à des fonctions équivalentes à celles de directeur des Beaux-Arts, après la révolution du 4 septembre 1870, M. Courbet offrit au gouvernement de la défense nationale, pendant le siège de Paris, un canon, portant son nom. qui était le produit de la vente d'un de ses tableaux. Aux élections du 8 février 187!, il figura sur les listes radicales et obtint, sans être nommé, 50 666 suffrages sur 328 970 votants. Après l'insurrection du 18 mars, porté comme candidat aux élections de la Commune, il ne réunit, au premier tour de scrutin, que 242 voix, sur 9499 votants. Au second tour, le 16 avril, il fut élu dans le 6* arrondissement par 2418 voix, sur 3462 votants. Il fit partie de la commission ae l'enseignement, fut élu président de rassemblée des artistes, convoquée le 6 avril; chargé, huit jours après, d'ouvrir les musées, de rétablir l'exposition annuelle, et délégué le 26 avril à la mairie du 6* arrondissement. 11 signa le 30 avril la déclaration de U minorité de la Commune, et vota, le 1*' mai, contre la création du comité du salut public. Un décret du 13 avril ordonnait la démolition de la colonne de la place Vendôme. M. Courbet qui, pendant le biége, avait déjà demandé que Toii « déboulonnât.» ce monument, et qu'on le transportât sur l'esplanade des Invalides, réclama, dans la séance du 27, rexécution dudécreide la Commune. Désigné pour surveiller cette opération, il fit aussi partie ue la commission chargée de veiller à la conservation des objets d'art de la collection Thiers et s'opposa à l'envoi des œuvres des artistes français à l'exposition des beaux-arts de Londres. Au moment où les troupes régulières entraient à Paris, M. Courbet se cacha chez un ami. où il fut ar-

rêté, trois semaines après. Traduit devant le 3* conseil de guerre siégeant à Versailles , sous l'inculpation d'insurrection, d'usurpation de fonctions publiques et de destruction de monument appartenant à l'État, il a été condamné, le 3 septembre 1871, à six mois d'emprisonnement. L'indulgence du troisième conseil de guerre, à cette occasion, fut l'objet des discussions les plus vives dans la presse des diverses nuances. M. Courbet a subi successivement sa peine à la prison Saint- Pierre de Versailles, à Saiote-Pélagie, et enfin à la maison de santé du docteur Duvai, où il dut subir une douloureuse opération. Lors de l'exposition de peinture du mois de mai 1872, le Jury d'examen, sur la proposition de M. Meissonnier, décida qu il n'y avait pas li^ d'admettre à figurer au Salon, les œuvres présentées par M. Courbet. Ce refus, de parti-pris, provoqua de violentes {Polémiques dans la presse parisienne.

COURBET - POULARD (Alexandre - Auguste) , représentant français, né â Abbeville (Somme), en 1815, d'une famflle de notables comnierçants de cette ville, fit ses études â Saiot-Riquier et à Paris, et succéda â son père à la mort de ce dernier. Nomuié, à deux reprises, président du tribunal de commerce, où il siégea pendant vingt ans, conseiller municipal depuis 1847, et conseiller général depuis 1858, il se présenta sans succès à la dépulation, en 1863, comme candidat indépendaut. En 1869 , le gouvernement l'appela auprès du conseil supérieur du commerce a Paris, en qualité de commissaire spécial, pour l'enquête relative aux traités de commerce. Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de la Somme à l'Assemblée nationale, le sixième sur onze , par 95 000 voix environ. Il est devenu depuis maire d' Abbeville.

Signataire de l'amendement qui provoqua la translation de l'Assemblée & Versailles, il a pris place au centre droit, et a vote pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de rélection des princes , la loi départementale , la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, le traité douanier, et la proposition Feray (matières premières] ; contre le gouverne ment dans la question au pouvoir temporel; contre la loi sur le cautionnement des journaux, le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée â Paris.

le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général de la Somme, pour le canton Nord d' Abbeville.

M. Courbet-Poulard a collat>oré à plusieurs journaux et au Dictionnaire du eommercey et a publié de nombreux tçivaox sur les biens commuuaux, les octrois, les chemins de fer et la marine. 11 a été décoré de la Légion d'honneur en 1863.

COURCELLE - SEXEUIL * ( Jean - Gustave ). — Nommé conseiller d'Etat, le 19 septembre 1870, dans la commission provisoire chargée de remplacer le conseil impérial, alors qu'il était absent de Paris, il ne put être installé, et fut remplacé quelques jours après.

GOURNET (Frédéric) , homme politique français, membre de la Commune de Paris, né à Lorieot (Morbihan), vers 1839, est le fils d'un officier de marine , qui ppt part à la révolution de 1848, et mourut à Londres des suites d'un duel avec Barthélémy, l'un de ses compagnons d'insurrection. 11 fit ses études dans sa ville natale, essaya d'abord du commerce et de l'industrie, entra comme employé dans l'administration des chemins du Midi, puis accepta le poste de régisseur

cous

CREH

du Casino d'Arcachon. Venu à Paris en 1863, mêlé aux premières campagnes des petits journaux du quartier latin , conire Tempire et la dynastie, et vivement poursuivi par la police pendant trois années, il quitta la France en 1866, obtint un emploi de commissaire de la Société ransatlantique, et navigua en cette qualité dans le golfe du Mexique jusqu'à la fin de 1868. Revenu à Paris, il prit part à la manifestation faite au cimetière Montmartre, sur la tombe de Baudin, fut arrêté par 1 ordre de M. Pinard, ministre de l'intérieur, mais presque aussitôt relâché. C'est à cette époi)ue qu'il entra au Réveil que venait de fonder M. Delescluse. Les violences de sa polémique lui valurent, le 13 juin 1868, d'être mis en état d'arrestation , et détenu à Mazas , au secret , pendant soixante-six Jburs. L'amnistie du 15 août mit fin à cette détention préventive. Rentré au Réveil j M. Cournet y continua ses polémiquas révolutionnaires , et contribua , avec M. Rochefort, à la manifestation dont les funérailles de Victor Noir furent le prétexte. Arrêté le 8 février 1870; et impliqué dans le procès de Blois. il fut acquitté et mis en liberté au mois de juillet suivant. Pendant le siège de Paris, il commanda un des bataillons de marche du 18* arrondissement et se fit rem?irquer aux comlnts d'avantposte de Bondy et de Urancy. Après la capitulation, porté sur la liste de Tliiternationale, il fut, aux élections du 8 février 1871, nommé représentant de la Seine par 91 6&6 voix sur 328 970 votants. Il vota , à Bordeaux , contre les préliminaires de paix, et sié^ea avec la gauche radicale. Au moment du 18 mars, il prit ouvertement parti pour le comité central et ne signa pas l'afliche par laquelle les députés et maires de Paris tentèrent une suprême conciliation. £lu membre de la Commune, le 26 mars, dans le 19* arrondissement, par 5540 voix sur 11282 votants, il donna sa démission de député, le 30 mars, lorsque l'Assemblée communale eut déclaré les deux mandats incompatibles. Nommé membre de la commission de sûreté générale, le même jour^ de la commission executive, le 4 avril, délègue à la sûreté générale . aprèâ la démission de Raoul Rigault^ le 25 avril , par 35 voix sur 55 votants, il fut remplacé dans ce dernier emploi le 4 mai suivant. M. Gournet, que ses opinions politiques rapprochaient de M. Delescluse, fut nommé membre de la nouvelle commission militaire le 16 mai, au moment de l'avènement du délégué civil à la guerre. Quelques jours auparavant il avait été élu membre de la commission chargée de veiller aux intérêts de l'art musical. Il s'était abstenu dans la discussion relative à la validation des élections communales, mais il avait voté pour la création d'un comité de salut public. Il réussit à passer en Angleterre à la fin de mai, fut élu délégué du conseil général de llnternationale et figura, en cette qualité, au Congrès de la Haye, le 4 septembre 1872.

GOUSm-MONTAUBAN '^ (Charles-Gui llaume-Marie-Apollinaire- Antoine, comte ns palikao). — Au moment de la déclaration de guerre à la Prusse, il demanda un commandement actif devant l'ennemi, et particulièreiLent la direction du 4* corps d'armée, à la tête duquel il était depuis 1865. L'empereur jugeant sa présence plus utile à Lyon, le maintint dans cette résidence. Après les défaites de Wissembourg et de Reichshol|en, et la chute du ministère Ollivier, il fut appelé le 9 août à Paris, par rimpératrice-régente, qui lui proposa de s'entourer de ministres conservateurs et d'être le chef 4i'un nouveau cabinet. En présence d'une situation que la désorganisation de 1 armée de Mac-Mahon et le manque d'approvisionnements et de munitions

rendaient éminemment critique, M. Cousin-Montauban déploya une activité remarquable. En vingt jours, il reconstitua à Chàlons une armée de 140000 hommes, créa trois nouveaux corps d'armée, avec leur armement, leur artillerie et leur approvisionnement, prépara la mise en état de défense de la capitale, réorganisa la garde nationale, appela sous les drapeaux tous les anciens militaires de 25 à 35 ans, tous les officiers âgés de moins de soixante, et à l'intérieur, réprima les désordres de la Villette, supprima les journaux radicaux, rappela le général Troohu, commandant le 12* corps d'armée, et le nomma gouverneur de Paris.

Malgré ces efforts, dont quelques-uns étaient heureux, on ne le rendit pas moins responsable de l'insuccès de la marche de Mac-Manon vers Bazaine, mouvement qui, s'il ne fut pas exécuté suivant le plan exact qu'il avait fait accepter au conseil des ministres, s'en était du moins inspiré^ et du désastre de Sedan, qui, le 1" septembre, suivit cet essai de concentration. A la nouvelle de ces déplorables événements et de la captivité de l'Empereur, la majorité du Corps législatif offrit la dictature au général Cousin-Montauban, qui, ne voulant pas se rendre complice de la déchéance de l'empire, qu'une pareille résolution devait fatalement entraîner, refusa cette offre, et se borna à préparer un projet de loi instituant, sur l'inspir»tion de M. Thiers, un conseil de gouvernement et de défense nationale. Le 4 septembre, au moment où ce projet était présenté aux députés, la Chambre fut envahie, le Corps législatif dispersé, et, deux heures après, la République était proclamée à l'Hôtel de Ville. Le comte de Palikao, reconnu par la foule, courut des dangers sérieux, en quittant le Palais Bourbon. U se rendit aux Tuileries pour prendre les ordres de l'Impératrice, qui s'était déjà enfuie. Il partit alors pour la Belgique, et se réfugia à Namur, où l'appelait la nouvelle, heureusement démentie quelques jours après, de la mort de son fils unique. Il écrivit, le 20 septembre, à la délégation de Tours, offrant ses services pour la défense du territoire; il renouvela cette demande le 8 octobre. On laissa ses ofi'res sans réponse. Au moment de l'armistice^ il se rendit à Bordeaux, et se mit à la disposition du nouveau chef du pouvoir exécutif, pour le cas où la guerre recommencerait.

Pour répondre auxattaaues dont il était Tobjet dans la presse et au sein ae la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, d- vaut laquelle il comparut le 20 juillet 1871, aussi bien qu'aux insinuations des généraux Trochu et de Wimpffen, M. Cousin-Montauban a publié, dans les premiers jours du mois de décembre 1871, sa justification, sous ce titre : Un ministère de la guerre de ^k jours (gr. in-8'' avec une carte).

11 a figuré comme témoin dans le procès en diffamation intenté par M. Trochu au journal le Figaro (mars-avril 1872).

La discussion du budget de 1872 à l'Assemblée nationale a révélé que la dotation, refusée en 1862 par le Corps législatif au général de Palikao, avait été remplacée par le versement entre ses mains d'une somme de 589 500 francs, imputée sur l'indemnité de guerre payée par la Chine, au moyen d'un de ces virements de crédits, si fréquents dans la comptabilité du second empire*

GREMfiR (Camille), officier français, né à Sarreguemines (Moselle), le 6 août 1840, entra à Saint-Cyr en 1857, sortit de l'école d'application d'étatrmajor avec le numéro deux, en 1861, se distingua pendant la guerre du Mexique, comme lieutenant au 1*' zouaves, fut nommé capitaine d'état-major en 1866, et lors de la guerre francoprussienne, fit partie, comme aide de camp du gé-

GREM

GRÉM

néral Glinchant, du 3* corps d'armée, commandé par le maréchal Bazaine. Il servit devant Metz jusqu'après la capitulation de cette pl^ce. Le Moniteur officiel de Versailles, journal prassien, publia, le 7 février 1871, un engti^ement daté du 31 octobre 1870, par lequel le capitaine Cremer donnait sa parole d'honneur de ne plus prendre les armes contre l'Allemagne, pendant la durée de la guerre. Quoi au'ilen soit, cet ofticierse mit à la disposition^de la aélégation de Tour*;, et reçut, à la fin du mois de novembre 1870, avec le grade d^ général de division, le commandement d'un corps récemment formé, composé en grande partie de gardes mobiles et de gardes nationaux mobilisés, rassemblé sur Taile droite de Garibaldi, depuis Beaune jusqu'à Dôle, et oui comprenait environ 9000 hommes. Le 15 décembre, il tenta un mouvement sur le général de Werder, et s'avança par Nuits jusqu'à la Vouge. Attaqué le 18 par la division badoi:>e, il soutint le combat jusqu'à quatre heures du soir, et dans la tranchée de la gare de Nuits infligea des pertes considératdes aux A'iemands. Le prince Guillaume de Bade fut grièvement blessé dans Cette affaire. Quoique très -honorable pour les jeunes troupes françaises eng'igées, le combat de Nuits eut pour conséquence de refouler sur Beaune le corps du général Cremer. la nouvelle de sa retraite, des troubles éclatèrent à Lyon, pendant lesquels le commandant Arnaud fut assassiné.

Quelques jours après, commença le mouvement du général Bourbaki sur Belfort. Le général Gremer, donnant la main à Garibaldi, s'avança vers le nord pour couvrir la grande armée française. 11 devait, après le dëbloc|uemerit de Belfort, remonter par Dijon à l'ouest des Vosges, pour couper le ch'^min de fer de Stra^-bourg à Paris et les communications des armées allemandes avec l'Allemagne. La perte de la bataille d'Héricourt, la tentative de suicide de Bourbaki et la retraite du général Clinchant en Suisse, obligèrent M. Gremer, dont le corps, indépendant jusqu'alors, avait été récemment rattaché comme division à l'armée de l'Est, à effectuer sa retraite sur Gex. par les monts Faucilles. 11 abandonna son artillerie, aprC-s l'avoir fait eoclouer, et s'échappa au sud avec sa cavalerie, tandis que son infanterie, serrée de près par l'ennemi, se réfugiait dans le canton de Vaud. Au moment de la réunion de l'Assemblée nationale à Bordeaux, M. Gremer fut au nombre des officiers généraux qui soutinrent la possibilité de la guerre à outrance. Lorsqu'éclata l'insurrection du 18 mars, il arrivait à Paris. 11 eut une entrevue le 21, à l'Hôtel-de-Ville^ avec les membres du Comité central, qui lui offrirent le commandement en chef, d'abord réservé à Garibaldi. Il n'accepta pas, et quitta la capitale insurgée, après avoir activement contribué à faire mettre en liberté le général Ghanzy.

Lors de la révision des grades, la commission de l'Assemblée ne lui accorda que le titre de chef de bataillon. Il le refusa, et donna sa démission dans une lettre rendue publique, adressée au ministre de la guerre, dans des termes peu mesurés, et à la suite de laquelle il lut réformé.

A l'occasion de l'élection complémentaire du 7 janvier 1872, il se présenta à Paris comme candidat radical, partisan du mandat impératif, mais se désista lorsque M. Victor Hugo eut accepté la candidature. Au même moment, un mandat d'amener, motivé par Texécution sommaire, au mois de janvier 1871. d'un épicier de Dijon, prévenu d'espionnage, était lancé contre lui par le juge d'instruction de Beaune. Gctte affaire, après avoir fait quelque bruit, semblait terminée par un arrêt d'incompétence, lorsqu'elle fut portée , 4iu mois d'avril 1872 > devant le 1*' conseil de

guerre siégeant à Lyon, qui, eu égard à l'ancienne qualité de l'accusé, fut composé de trois maréchaux de France et de quatre généraux de division. A la suite de débats émouvants, auxquels prit part M. de Serres (Wieczffenski) « ex-délégué du ministre de la guerre sous le gouvernement de la Défense , et co-accusé de M. Gremer, oe dernier fut conda^nné à un mois de prison, pour homicide par imprudence, avec admission de circonstances atténuantes (18 juillet 1872). La même condamnation frappa M. de Serres.

M. Gremer a provoqué en duel, avec un certain éclSft, le vice-amiral Saisset, dont la déposition, dans l'enquête du 18 mars, l'accusait d'avoir demandé 300000 fr. et la confirmation de son grade de général de division pour prix de la délivrance du général Ghanzy. L'intervention de ca dernier et des explications réciproques rendirent un accommodement possible, et M. Saisset retira une affirmation qui reposait sur une confusion de personnes f24 mars 1872).

M. Gremer a publie : Qt^elques hommes et quelques institutions militaires (1872, in- 18), souvenirs rétrospectifs sur la campagne du Mexique.

CRÉMIEUX * (Isaac Adolphe) .— Proclamé membre du gouvernement de la défense nationale, à l'Hôtel-de-Ville, dans l'après-midi du 4 septembre 1870, en même temps que ses collègues de la députa ti?n de Paris, il signa en cette qualité le décret d'amnistie générale des crimes et délits politiques et délits de presse. Nommé ministre de la justice le 5 septembre , et autorisé par le décret du 9 à transférer hors de Paris la chambre criminelle de la cour de Cassation, il obtint du patriotisme de la cour suprême la résolution de rester associée, pendant le siège, aux périls de la population parisienne. A la suite de l'abolition du serment politique, il décida que le serment professionnel des magistrats nouvellement nommés serait prêté dans la première séance du corps auquel ils appartenaient. En exécution du décret du 12 septembre, relatif à la translation d'une partie au gouvernement dans la ville de Tours, il fut délégué, ainsi que M. Glais-Bizoin, pour représenter le gouveniement et en exercer les pouvoirs.

Ghaque département ministériel fut alors représenté près de lui par un délégué spécial, chargé du service. Ministre de l'intérieur et de la guerre par intérim, il mobilisa la garde nationale, de 21 à 40 ans, par décret du 27 octobre, et voulut, le 16 octobre, convoquer les électeurs pour des élections générales, que le gouvernement de Paris jugea inopportunes, et qu'il interdit. Rejoint par M. Gambetta à la fin du mois d'octobre, il s'associa dès lors à toutes les mesures que la gravité des circonstances inspira au ministre-dictateur. La plus impopulaire fut le décret qui précéda le scrutin du 8 février 1871, et par lequel • tous les individus qui, depuis le 2 décembre 1851 jusqu'au 4 septembre 1870, avaient accepté des fonctions politiques ou la candidature officielle » étaient déclarés inéligibles à la future Assemblée nationale. Il faut citer aussi, dans le même ordre de faits, le décret dépossédant de leurs sièges, et excluant de la magistrature, les magistrats qui avaient fait partie des commissions mixtes. M. Crémieux ne fut élu représentent dans aucun département aux élections du 8 février. Le 14, il déposait entre les mains du président de l'Assemblée sa démission de membre du gouvern^'ment et de ministre de la justice. Une lettre adressée par lui à M. Grévy, le !•' mars, proposait de payer les cinq milliards promis a la Prusse au moyen d'une souscription patriotique, en tête de laquelle l'ex-garde des sceaux déclarait s'inscrire pour cent miUe francs.

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