‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 44 sur 122 · DARU · texte numérisé non relu

DARU

DEGU

retiré quelques jours après, et embaumé. Des olMèques solemieUes, auxquelles assistèrent des députations des grands corps de TEtat, lui furent faites le 7 juin suivant, entourées d'un grand appareil militaire, que nécessitait Tétat d'agitation où se trouvait encore la capitale. Une loi, délibérée la veille par TAssemblée nationale, avait décidé que ces funérailles, ainsi que celles des autres otages, seraient faites aux frais de TEtat, et qu*une pierre commémorative, érigée dans TégUse Notre- Dame, reproduirait les noms des victimes. M. Darboy était le troisième archevêque de Paris qui, en moins de vingt-cinq ans, succombait sous les coups d'assassins fanatiques.

Mlle Darboy, sa sœur, arrêtée en même temps que lui^ fut enfermée à Saint-Lazare^ et y resta jusqu'à la fin des événements.

Il a laissé manuscrits deux ouvrages importants : une Vie de saint Thomas Becket, et une traduction des Œuvres de saint Denis Varéopagite,

DABD* (Napoléon, comte). — Dans la courte session de juillet 1869, il devint Tun des chefs du nouveau tiers parti libéral et Tundes promoteurs de la fimeuse interpellation des 116, qui provoqua le sénatus-consulte destiné à ramener le gouvernement parlementaire. Au mois de décembre, il fut élu vice-président de la Chambre, par 134 voix. Son nom, mis en avant dans plusieurs combinaisons ministérielles, fut longtemps écarté, comme signifiant un changement de politique trop accentué; il fut enfin admis comme representant le centre gauche, dans le cabinet formé le 2 janvier 1870, par M. Emile Ollivier. M. Daru remplaça alors le prince de la Tour d'Auvergne au ministère des afi'aires étrangères. Sans être l'orateur du cabinet, il fut à plusieurs reprises chargé de présenter devant le Sénat ou le Corps législatif, le programme libéral des nouveaux ministres. Il fut Sarticulièrement choisi pour répondre, au nom e tous ses collègues, aui interpellations de M. Jules Favre sur la politique intérieure, et son discours sur ce sujet, dans la séance du 22 février, fut moins un succès oratoire qu'un événement politique. La présence de M. Daru au ministère favorisa le rapprochement de Tempire et des hommes de l'ancienne monarchie constitutionnelle. La plus grande difficulté de son adcoinistraticn lui fut créée par les succès du parti ultra moniain dans le Concile de Rome : les débats relatifs à l'infaillibilité du pape et aux doctrines du Syllahus amenèrent le ministre des affaires étrangères î des tentatives d'immixtion diplomatique qui restèrent sans résultats. Il s'agis>ait de représenter la France au Concile par un ambassadeur extraordinaire, ou tout au moins par un évêque national chargé d'exposer la situation et les droits du pays. En présence de l'altitude peu conciliante du cardinal Antonelli, le gouvernement français se détermina à garder la plus entière neutralité. Quelques semaines après, au moment où l'Empereur prenait la résolution de faire confirmer par un plébiscite le nouveau sénatus-consulte sur le régime parlementaire, M. Daru, qui désapprouvait ce retour aux anciennes pratiques de l'empire, donna sa démission (13 avril 1870). Lors des premiers désastres de la guerre franco-prussienne, il fut nommé membre du comité de défense (2 août). Après la révolution du 4 septembre, il se retira dans son département, et déploya une remarquable activité pour y organiser la défense. Au moment de la dissolution des conseils généraux (janvier 1871), il protesta étier^iquement, au nom du conseil général de la Manche. Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le premier sur onze, par 75827 voix.

11 a pris place au centre droit, et a été ncHoomé

tirésident de la commission d'enquête sur la révoution et le gouvernement du 4 septembre, et de la commission d'enquête sur les événements du 18 mars. La publication des procès-verbaux de cette dernière commission souleva de nombreuses réclamations. Il a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, la proposition Cazenove ae t^radines, Tabrogation des lois d'exil, la validât if >n de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, te pouvoir constituant, la proposition Ravinel, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières) et le maintien des traités de commerce ; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel, et contre le retour de l'Assemblée à Paris. 11 s'est abstenu lors de la proposition Rivet.

M. Daru a publié : Le comte Beugnot (1865> iii-8*).

DAVID* (baron Jérôme-Frédéric-Paun . — Lors-

2ue le droit de nommer son bureau eut été rendu au orps législatif, il fut élu vice- président de la Chambre par 140 voix sur 248 votants, présenta un amendement relatif aux propositions ■ inconstitutionnelles, f qui ne fut pas adopté (janvier 1870), et sembla consentir en principe à la substitution du régime civil au résmie militaire de l'Algérie (mars). Lors des complications inattendues amenées par la candidature du prince de HohenzoUem, il soutint énergiquement la nécessité d'une renonciation formelle, contesta la validité des premières satisfitctions données par la Prusse, et contribua, par son attitude à la Chambre et son influence personnelle k la cour, à imposer la guerre àTempereuretaucabinet du 2 janvier (13 juillet). Ace moment la droite dynastique espérait renverser M. Ollivier et le remplacer par M. Rouher. Les premières défaites de l'armée française ayant rendu nécessaire la retraite du tiers-parti libéral, M. J. David devint ministre des travaux publics, en remplacement de M. Plicbon, dans le cabinet >résidé par le comte de Palikao (10 août). Après a signature de la paix et la réunion de TAssem- )lée nationale, il se présenta dans la Gironde, aux élections complémentaires du 2 juillet 187 1» et ne fut point élu.

DECAZES * (Louis-Charles-Élie-Amanieu, duc).

— Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé repré>entant de la Gironde à l'Assemblée nationale, le troisième sur quatorze, par 100 332 voix.

Il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, Tabrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, U proposition Ravinel et la proposition Feray (matières premières); contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel, et contre le retour de l'Assemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils généraux , le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département de la Gironde, pour le canton de Gui très.

DEGUERRY*(l'abbé Gaspard).— Après l'insurrection du 18 mars 1871, arrêté comme otage par les fédérés, presque en même temps que MM. Darboy et Bonjean (5 avril), il fut conduit à Mazas, où il séjourna jusqu'au moment de l'entrée de l'armée versaillaise dans Paris. Transféré à la Roquette, il fut fusillé dans cette prison, le 27 mai 1871, avec les autres otages. Ses funérailles eurent lieu, le 7 juin, à la suite de celles de Mgr Darboy. Une loi promulguée la veille déclarait que les frais en seraient supportés par le

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Trésor. Quelques semaines apr^, le conseil de fabrique de la Madeleine décidait ^'un monument serait élevé dans ce temple à la mémoire de Tabbé Deguerry (30 août 1871).

DELESCLUSE* (Louis-Charles). — Au mois de janvier 1870, au moment des funérailles de Victor Noir^ il réussit à faire transporter directement au cimetière de Neuilly le coips de la victime, que la foule voulait amener par les boulevards au cimetière du Père-Lachaise, et évitifUinsi l'intervention de la force armée. Un mois après, il était oondamné à treize mois de prison et 2000 francs d'amende, pour un article dans lequel, défendant M. Mégy, il soutenait qu'un citoyen a le droit de repousser de vive force des perquisitions faites à d'autres heures que celles déterminées par la loi. 11 partit alors pour Bruxelles, d'où il continua à diriger le Réveil; mais le 10 août suivant, au début des opérations contre la Prusse^ ce journal, dont les violences n'avaient point cesse, fut saisi une dernière fois et définitivement supprimé par arrêté ministériel.

Après la révolution du 4 septembre, M. DelescUise reprit la publication du Réveil^ demanda l'ajourne* mentde la convocationde l'Assemblédoonstituante, les élections de la Commune de Paris, des mesures radicales contie lesbonapartisies, etc.; «afin, le 23 septomlire, soitcante^lii-bui tienne anniversaire de la proclamation de la République, il convia le gouvernement à une fKte civique, qui devait « défier les menaoes-de la barbarie prussienne, et être un gage de victoire. » Jusqu'au 31 octobre M. Delescluse ne ménagea ni le blftme^ ni les agressions aux cher» de la défonsek Porté sur la liste du gouvernement provisoire, acrlamé pendant une nuit par les bataillons dc^Bellevilie, mais déjà en désaccord avec MM. Boebeforc et Pyat, promoteurs du mouvement, il fut, apr^ rinsuccèe de Gette déplorable échaufiburée, arrêté et conduit à Mazas. Il y était encore lorsque, aux élections municipales des 5 et 6 novembre, on Téiut maire du 19« arrondissement au second tour de scrutin, par 40^4 voix sur 6548 votants. Au premier tour, il n'avait obtenu que 2922 voix. Mis en liberté au commencement du mois de janvier 1871, il prit part aux confère noes des maires de Paris, qui signalèrent les derniers jours du siège, €it ue cessa de j-éclamer, dans l'intérêt de la défense^ la subordination du pouvoir et de l'élément militaires, ail pouvoir et à l'élément civils. Une campagne vigoureuse contre M. Trochu, oonduite d'ailleurs avec beaucoup de sens politique, et provoquée par la malheureube sortie de Montretout (19 janvier), que suivit deux jours après une autre ten> tative insurreetionnelle, amena une nouvelle suppression du Réieil et Tarrestation de son rédacteur en chef, par ordre du général Vinoy. Aux élections du 8^ févtisr, M. Delescluse fut nommé ropféeentant du département de la Seine à l'As* semblée nationale, le huitième sur quarante-trois, par 154 142 voix sur 338970'Votants.'Sa santé chaneelante, encore ébranlée par de récents ecn prison- Déments, ne lui permit que de rares apparitions à la Chambie. Après Tinsurrection du 18 mars, il fut élu membre de la Commune, à la fois dans le 11* et le 19* arrondissements, et il- obtint, dans ce dernier, 5846 voix sur 1 1 262^ votants. Délégué à la commission des relations extérieures le 30 mars, il donna le môme jour sa démission de représentant, la Commune avant déclaré les deux mandate incompatibles. Membre de la commission eiécutive 1»4 avril, délégué le 18 au 11* arron* dissemeot, il veta pour la velidatton des élections à la majorilé absolue des sufflrages, quel que fût le nombre des votants, mais se prononça énergiquement, le 9 mai, contre le premier Comité

de salut publie, qui avait été constitué pendant une des absences que les crises toujours plus fréquentes d'une grave maladie d^estomac lui imposaient périodiquement. Nommé membre du second Comité de salut public , le 10 mai, il s'efforça d'y faire prévaloir « l'alliance des moyens révolutionnaires, avec le respect de la forme, de la loi et de Topinion publi ]ue. » Le R€\)€il du Peuple, qu'il fonda à ce moment, soutint alors avec une rare virilité les doctrines Jacobines. La démission de M. Rossel l'obligea d'abandonner la commission executive dès le lendemain de sa nomination. 11 devint alors délégué civil à la ^guerre, et dans ses nouvelles fonctions fit preuve de la plus impitoyable énergie. A son instigation la Commune supprima tous les journaux hostiles au nouveau gouvernement; des mesures sévères furent prises pour relever la discipline chez les fédérés, et M. Delescluse, renonçant à défendre Paris au moyen des barricades, concentra tous les moyens de la défense sur le rempart. Mais l'incurie du Comité central de la garde nationale, chargé de l'administration delà guerre, et l'opposition ouverte d'une partie de l'Assemblée communale, annibilèrent pres^^ue entièrement ses efforts. Les socialistes du 18 ma», forcés de subir l'ascendant du talent funeste de M. Deles* cluse, ne lui avaient iamais pardonné de faire passer la révolution politique avant la révolution, sociale. Ces dissensions intestines hâtèrent la chute de son pouvoir Malheureusement les mesures les plus violentes, renouvelées des mauvais jours de la Lévolution,sigoalèrentcelteagoniede la Commune. M. Delescluse signa, le 21 mai, avec M. Billioray, l'ordre d'exécution des otages (2 prairial an 79) , et le jour suivant, dans Pans, le décret relatif aux incendies. Au moment où la lutte touchait à sa fin, et où les derniers membres de la Commune se réfugiaient sur les hauteurs de Belleville, M. Delescluse écrivit à sa sœur une lettre désespérée, et alla se ranger derrière une barrioade du î)oulevard du Prince Eugène , oiX il trouva In mort.

DBLORD* (Taxile).— Aux élections complémintairos du 2- juillet 1871, il a été nommé reprôsen* tant de Vauciuse à l'Assemblée naiionaîa^ par 35134 voix.

11 a pris place à Pextrôme gauche, et a voté peur le gouvernement dans la question du pou<voir temporel; pour la proposirtion I\ivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières) , le maintien des traités de commerce, et le retour de r Assemblée à Paris ; contre le pouvoir oon«i stituant^ et la proposition Ravinel.

Il a publié le deuxième w^lume de V Vistoire du second Bmipifre, oMbrassant la période de 1850 à 1860 (tô7Û, in-S"), qui. à cause de Pactualité du sujet, a été l'objet- de polémiques asseB vives.

BELP8T* (Martial) .«-^fiiu. en 1«48, représontanl de la Dordogne à l'Assemblée constituante, il sq rallia à la poiitique-4u généial Cavaignae. et rentra dan» la vie privée après le coup dÊtat du 2 décembre. Aux élections du 8 février 1871. iLa, été nommé représentant de la Dordog&e à. l'As*^ semblée nationale, le huitième sur dix, par 75621 voix.

Nommé rapporteur de l'enquéle sur les causes de l'insurrection du 18 mars, il publia à cette oc» oasioH un travail important, auquel on reprocha une partialité regrettable, et qui lui attira de nenibre«ises rectifioations de la part des chefs du parti républicain.

11 a pris place à droite, et a voté pour l^s préÛDunaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de TéLeotion des princes, la loi dkr

DEMA

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partemontale, le pouvoir constituant, les propositions Bivet et Ravinai, et le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre le maintien des traités de commerce, et le retour de T Assemblée à Paris.

M. Martial Delpit a écrit : Les questions du jour (1848, broch. in-8'), et une série de LeUressur les archives et les bibliothèques de V Angleterre j insérées dans le Moniteur.

DELSOL (Jean-Joseph), avocat et homme politique français, né le 27 octobre 1827, au Cayla (Aveyron),' d'une famille d'agriculteurs aisés du pays, commença ses études au collège de Rodez, et les teriqina brillamment, à Paris, au collège Henri IV. Elève de l'École de droit en 1846, lauréat, en droit romain et en droit français, du concours établi entre les licenciés, en 1849, il fut reçu docteur en 1851. Inscrit au barreau de Paris, il se fit remarquer à la conférencedes avocats stagiaires, où ilprononci, en 1854, le discours de rentrée sur ce suiet : V Eloge d^ Antoine Lêmaistrey et devint bientôt un des avocats occupés du Palais. Élu membre du Conseil général de l'Aveyron, pour le canton de Conques, en 1864, il fut, aux élections du 8 février 187 1, envoyé à TAssemblée nationale, par 57 380 voix. Il a été nommé membre de plusieurs commissions importantes, notamment de celles ayant pour objet l'abrogation des lois d'exil, l'eKame'n des actes du gouvernement de la Défense nationale, et les loyers de Paris. Il a pris la parole dans la discussion de la loi sur ce dernier objet. Il a été rapporteur de la loi sur la fabrication des armes de guerre, et de la loi sur la réduction du pri\ilége des bailleurs d'immeubles, en oas de faillite du locataire. M. Delsol s'est fait inscrire à la réunion Feray

11 a pris place au centre droit et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, Tabrogation des lois d'exil, les propositions Rivet et Ravmel, le tmité douanier ; contre le gouvernement dans la question du pouvoiç temporel; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris. 11 s'est abstenu sur la loi départementale.

Lors du renouvellement des eoaeeils généraux, le 8 octobre 1871. il a été élu conseiller général de l'Âveyron, pour le canton de Conques.

Il a publié un commentaire du Code civil, sous ce titre : Le Code Napoléon, expliqué diaprés les doctrines généralement adoptées a la Faculté de dr^it de Paris (1854-18è&, 3 vol iH-»>; deuxième édition, 1869).

DEMAY (N....), membre de la Commune de Paris, né vers 1820, exerça la profession de sculpteur et s'affilia de bonne heure à l'Internationale. Il se fit remarquer dans les réunions publiques^ dès la fin de 1868, par Tezagération de ses idées socialistes, et, pendant le siège, se signala comme un des adversaires d<^ciarés du gouvernement du 4 septembre. Poursuivi comme auteur d*un placard violent, affiché vers la fin du mois de décembre 1870, et oité devant le 4* conseil de guerre, il fut acquitté le 6 janvier 1871. filu membre de la Commune le 26 mars, dans le troisième anondiseement, par 8730 voix sur 9000 votants, il se prononça pour la validation des élections à la majorité absolue des suffrages, quel que fût le BomBre des votants, s'abstint, lors de la création du Comité de salut publie, mais vota en général avec la majorité de la Commune pour les mesures les plus révolutionnaires. Nommé membre de la commission de l'enseignement le 30 mars, il renonça bientôt à ces fonctions, et fut délégué, le '30 avril, à

la mairie du troisième arrondissement, où il se consacra exclusivement aux fonctions municipales.

DENFEUT - ROCHEREAU (Pierre -Marie-Pliilippe-Aristide), officier et représentant français, né à Saint-Mai xent (Deux-Sevres), le 11 janvier 1 823, fut admis, après de brillantes éludes, à TÉcole polytechnique , puis à TÊcole d'application de fifteiz, d'où il sortit le premier, dans l'arme du génie, au mois de février 1845. Il fit la campagne de Rome et la guerre de Crimée et parvmt le 13 août 1863, à la suite d'un avancement trèsrapide pour son arme, au grade do lieutenantcolonel. Commandant supérieur de Belfort, pendant la guerre de 1870-1871 et promu colonel, il défendit cette place avec la plus grande énergie, et, le 18 février 1871, après la signature de rarmistice, obtint que la garnison fût autorisée à en sortir avec armes et bagages. Le 8 février 187 1^ le colonel Denfert fut élu représentant du Haut-Rhin à l'Assemblée nationale, le deuxième sur onze, par 56021 voix. Démissionnaire après la réunion de l'Alsace à l'Allemagne, il fut réélu, le 2 juillet suivant, dans la Charente-Inrérieure, par 35426 voix; dans le Doubs, par 19709 voix sur 54088 volants, et dans l'Isère . par 81 021 voix sur 108351 votants. Il opta pour la Charente- Inférieure. La commission de révision des grades a confirmé le grade de colonel, auquel il avait clé promu par M. Gambetta. Lors de la discussion de la loi sur le recrutement, le colonel Denfert prononça, contre la théorie de l'obéissance passive dans l'armée , un discours qui provoqua un incident regrettable entré lui et le général Ohaogfirnier. (Séance du 28 mai 1872.) Deux jouis après, il fut nommé président de la réunion de l'Union républicaine.

Il a pris place à l'extrême gauche, et a voté

{)Our la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, a validation de l'élection des princes, la loi départementale,, la proposition Bivet, le traité doi^anier , et le retour de l'Assemblée à Paris ; pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la dissolution des gardes^ nationales, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel et le maintien des traités de commerce.

Lors des dernières élections au consistoire protestant de Paris (mars 1872), M. Denfert-Rochereau a été opposé à M. Guizot et a échoué avec une honorable minorité. Il a pris une part importaiite aux discussions du Synode général des Églises réformées de France, et a soutenu le principe de la liberté absolue des confessions de foi (juillet).

M. Denfert a publié, dans la Berue d^architec ture^ un mémoire sur les Voûtes en berceaux (1859).

DEPASSE'^ ( Émile-Toussaint-Marcel ). — Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant des Côtes-du-Nord à l'Assemblée nation le, le deuxième sur treize, par 79313 voix.

Il a pris place à droite, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel , le traité douanier ; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; contre la proposiiion Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris,

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département des Cûtes-du-Nord, pour le canton de Lannion. U est devenu depuis président du conseil.

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BBPAUL* ( Jean-Anne-Heori).— Il a «té élu, le 13 juillet 1871 , au premier tour de scrutin, membre du conseil municipal de Paris, pour le quartier Saint-Germain-des-Prés (7* arrondissement), par 1 142 voix sur 2 228 votants.

DBRBDaB (Loiûs -Simon), membre de la Commune de Paris, né vers 1823, exerça la profession d'ouvrier cordonnier, et s'affilia de bonne heure à l'Internationale. Il fut au nombre des délégués français, envoyés par l'Association, au congrès de Genève. Membre du comité d'élection de M. Rocbefort et l'un de ses plus ardents partisans, et chargé par lui de la gérance de la Marseillaise , il subit, en cette qualité, plusieurs condamnations. Impliqué dans le procès de Blois, sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'fitat, il fut condamné à trois ans d'emprisonné rnent. Mis ' en liberté à la suite de la révoiutiod du 4 septembre, et nommé commissaire de police, il fit partie du comité d'armement du 18* arrondissement, dont il fut élu un des adjoints au scrutin des 5 et 6 novembre 1870, par 6570 voix sur 9132 votants. A ce moment, il soutint de son influence le docteur Clemenceau, et réussit à le faire nommer maire. Le 22 janvier 1871, il se montra, dit-on , révolu de son echarpe, à la tète des bataillons de marche, qui attaquèrent l'Hôtel de ville. Aux élections du 8 février 1871, il figura sur les listes radicales et obtint, sans être élu, 47 350 voix sur 328 970 votants. La démission de MM. Clemenceau et Jaclard, le laissa seul chargé de Tadministration du 18* arrondissement. Après rinsurrection du 18 mars, il fut au nombre des loagistrats municipaux qui consentirent aux élections du 26. Élu membre de la Commune dans son arrondissement, par 14661 voix, chiffre considérable eu égard aux suffrages exprimés dans les autres sections électorales, il fut nommé membre de la commission des subsistances le 30 mars, et de la commission de la justice le 25 avril. Il vota pour la validation des élections à la majorité absolue, quel que fût le nombre des votants, et pour la créaJ;ion du Comité de salut public. Nommé, le 17 mai, commissaire civil auprès du général Dombrowski, il s'occupa activement de sa mission, et mérita ainsi d'être désigné le 24, mai, pour incendier» avec 100 Tuséens, les maisons suspectes et les monuments publics des l*' et 2' arrondissements. • Il réussit ensuite à gagner l'Angleterre et figura au congrès tenu par l'Internationale à la Haye^ le 4 septembre 1872.

DESCAMPS (N....), membre de la Commune de Paris, né vers 1836, était, au moment de l'insurrection du 18 mars J871, un ancien mouleur en fonte, membre de la chambre fédérale des sociétés ouvrières. C'est à ce titre Qu'il fut porté dans le 14* arrondissement, et élu, à côté de M. Billioray,par 5830 voix. M. Descamps, dont le nom ne figura pas sur les procès -verbaux des séances de la Commune, semble s'être absolument borné à administrer l'arrondissement qui l'avait élu. Traduit devant le 3* conseil de guerre de Versailles, il a été acquitté, le 3 septembre

DESGAT (Constantin), industriel et représentant français, né à Rouoaix en 1812, d'une famille de riches teinturiers, e.t frère de M. Louis- Théodore- Joseph Descat, ancien représentant du peuple, mort en septembre 1869, s'associa a^x travaux de son père dès l'année 1830. L'usine de teinture et d'apprêts sur tissus, dont il était l'un des directeurs, obtint de hautes récompenses aux expositions internationales. Il fut lui-même décoré de la Légion d'honneur en 1855. Membre

DESM

du conseil municipal de Roubaix cette même année, adjoint en 1860, il devint maire au mois de juillet 1861. Aux élections du 8 février 1871 , il fut nommé représentant du Nord & l'Assemblée nationale, le sixième sur vingt-huit, par 210305 voix.

Il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de pair, la loi municipale, la

firoposition Cazenove, l'abrogation des lois d'exil, a validation de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, la proposition Feray (matières premières); contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre le traité douanier, le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du Nord, pour le canton de Lannoy.

Son second frère, M. Gabriel Dbscat, directeur de l'importante usine de Fiers, et collectionneur distingué, est mort le 27 juin 1872.

BBSEILLIGNY (AlfredNicolas -Pierrot^), administrateur et représentant français, né à Paris, le 9 H) ai 1828, fils d'un ancien proviseur du collège Louis le- Grand, M. Jules Pierrot, et neveu de M. Persil, ministre de la justice sous Louis-Philippe, devint directeur de l'usine du Creuset, et y seconda, pendant douze ans, son oncle, M. Schneider, dont il épousa la fille. Devenu administrateur délégué de l'usine de Decazcville, il fut élu, en 1869, au second tour, comme candidat gouvernemental, député de la 3* circonscription de l'Aveyron, en concurrence avec M. Cibiel, candidHt d'une nuance analogue. Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant du même département à l'Assemblée nationale, le sixième sur huit, par 56215 voix. 11 s'est fait remarquer dans les discussions d'affaires, notamment lors de la proposition d'impôt sur le chiffre des ventes, dont il se fit le défenseur (11 juillet 1872).

Il a pris place au centre gauche et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières] , et contre le gouvernement dans la question au pouvoir temporel.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre l87l, il a été élu conseiller général du département de l'Aveyron, pour le canton d'Aubin. Il a fait partie de la commission des expositions internationales créée par décret du 30 décembre 1871.

M. Deseilllgny a été nommé chevalier de la Légion d'honneur.

DESMAREST* (Bmest-Léon- Joseph).— Après la révolution du 4 septembre 1870, M. Desmarest, que ses travaux sur notre histuire administrative et en particulier sur les réformes accomplies en 1789, désignaient au choix du nouveau gouvernement, fut nommé conseiller d'État dans la commission provisoire chargée de remplacer le conseil impérial, et président du GoosrîI des prises. 11 se démit de ces doubles fonctions quelques semaines après avoir été élu maire du 9* arrondissement de Paris, au scrutin du 5 novembre, au second tour^ par 6272 voix sur 8295 votants. Il succédait à M. G. Chaudey. Aux élections du 8 février 1871, pour l'Assemblée nationale, il obtint à Paris, sans être élu, 60871 voix sur 328970 votants. Lors des élections communales du 26 mars, porté par les conservateurs du 9* ar-

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rondissement, il fut nommé membre de la Commune par 4232 voix, mais refusa de siéger. Il a depuis repris sa place au barreau.

DESTREMX DE SAINT-CURISTOL (Léonce), agronome et représentant français, né à Âlais (Gard), le 5 décembre 1820, d'une ancienne famille d'agriculteurs, a obtenu, pour ses travaux agricoles, cent trois médailles d'honneur, une grande médaille d'or au concours du Gard de 1863, et la prime d*honneur de l'Ardèche en 1865.

Membre de l'Académie du Gard, et l'un des fondateurs de la société scientifique et littéraire d'Alais, qui l'a nommé son président en 1869; membre correspondant de la société nationale et centrale d'agriculture de France, de l'Académie royale de Turin, etc. ; conseiller général de l'Ardèche pour le canton de Joyeuse, depuis 1864, il a été élu, le 8 février 1871, représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le septième sur huit, par 39 969 voix.

Il a pris place au centre gauche et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières) , le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre le pouvoir cousiituant et la proposition Ravinel. Il s'est abstenu lors du vote du traité douanier. Il a déposé le U février 1871, en réponse à la proposition de M. Dahirel, un projet de loi posant directement et complètement la question constitutionnelle.

M. Destremx a publié : Légendes et chroniques du Languedoc (1837, in-12); Essai d'écoTiomie rurale et d'agriculture pratique (1861, in-8*); Agriculture méridionale : le Gard et VArdècke (in-S") ; et trois brochures sur le chemin de fer d'Âlais au Pouzin (1868-1870, in-8»).

DËTROYAT (Pierre-Léonce), officier de marine et journaliste français, né à BayoniiC (Basses- Pyrénées), le 7 septembre 1829, commença &es études au collège de Pons (Charente- Inférieure), et vint les achever à Lorient. Entré à l'École navale en 1845, aspirant en 1847, il navigua d'abord dans la mer des Indes sous l'amiral Page. Enseigne de vaisseau en 1852 , il prit part à la guerre de Crimée, puis à l'expédition de Chine, fut blessé dans les affaires des 20 et 21 décembre 1839, mis à l'ordre du jour de l'escadre, et nommé chevalier de la Légion d'honneur. La reine Isabelle lui envoya à cette occasion la croix militaire de Saint-Ferdinand.

Promu lieuteriant de vaisseau au mois de juillet 1860, il servit dans les états-majors des , généraux Berthier, F. Douay et Bazaine, pendant ia guerre du Mexique, fut mis à l'ordre du jour de l'armée lors des opérations militaires dans le Nord, et nommé officier de la Légion d'honneur (9, février 1864). Détaché comme sousrsecrétaire d'Etat de la marine auprès de l'empereur Maiimilien. il cumula bientôt ces fonctions avec ceUes de chef du cabinet militaire de l'empereur, et fut chargé d'accompagner en Europe l'impératrice Charlotte. Son témoignage au sujet des agissements du maréchal Bazaine fut mal accueilli par le gouvernement français, et il lui fut interdit de retourner au Mexique. Mis, sur sa demande, en congé de non-activilé pour infirmités temporaires, le 27 mars 1867, il s'occupa de publications politiques et littéraires, collnbora au journal la Liberté sous le pseudonyme de L. de Bourgneuf, et y traita notamment la question d'Espagne et celle de la réorganisation de l'armée, avec une compétence qui fut remarquée. Directeur d'une grande compagnie financière en 1869,

SUPPL. AU iilCT. DES CONTEMl*.

il abandonna cette position pour acheter le journal la Liberté, oue lui céda, le 31 mai 1870, M. Emile de Girarain, dont il avait épousé la nièce. Mlle Hélène Garre, fille de la plus j^une sœur de Delphine Gay, le 20 décembre 1866. Au moment du siège de Paris, M. Détroyat transporta la Liberté à Bordeaux, où cette feuille, réaigée par M. G. Ganesco, parut jusqu'à la paix. Le 10 octc>bre suivant, M. Gambetta le chargea par décret de centraliser la correspondance des généraux d'armées en province. M. Détroyat refusa ce lôle difficile, mais accepta, à l'exemple de plusieurs de ses camarades de la marine, le grade de général de division au titre auxiliaire, et la mission d'organiser el de commander le camp de la Rochelle (6 décembre). Un moment candidat à l'Assemblée nationale après l'armistice, dans ledép;irtement d'Indre-et-Loire, il fut obligé de auitter Tours en toute hâte, poursuivi par l'autorité militaire prussienne à l'occasion de sa profession de foi , peu favorable à la paix. Il cessa ses fonctions officielles le 10 mars 1871^ et reprit ses travaux politiques. Dans l'intervalle, il avait fait liquider la pension de retraite , à laquelle lui donnaient droit vingt-cinq ans de services effectifs dans la marine de guerre. M. Détroyat a publié ; la Cour de Rome et Vempereur Maximilien (1868, in-8"); V Intervenu tion française au Mexique (1868, in-8''); le Recrutement ^ Vorganisation et l'instruction de l'armée française (1870, br. in<-8''). Il a donné au théâtre : Entre Venclume et le marteau, comédie en un acte, jouée en 1870 au Vaudeville.

DEVIENNE * (Adrien - Marie) . — Après la révolution du 4 septembre 1870, au moment de la publication de la 3* livraison des Papiers et correspond dances de la famille impériale, le nom de ce magistrat se trouva mêlé à une intrigue dont l'empereur Napoléon III et Mlle Marguerite Bellanger étaient les principaux acteurs. Le scandale causé par cette publication, et les commentaires des journaux radicHux, émurent le gouvernement de la Défense. Par décret du 23 septembre, il déféra disciplinairement à la Cour de cassation M. le premier président Devienne, qui avait, disaient les considérants, gravement * compromis la dignité du magistrat dans une négociation d'un caractère scandaleux, > et qui était ■ absent de Paris à l'heure du péril national. * M. Devienne prote>ta, dans une lettre rendue publique, et datée de Bruxelles le 2 octo'Dre. Cependant, le 28 janvier 1871, il était compris dans le décret, daté de Bordeaux, qui déclarait déchus de leurs sièges et exclus de la magistrature lous les magistrats qui, en 1852, avaient fait partie des commissions mixtes. Dans une nouvelle lettre du 2 février, adressée au garde des sceaux, il en appela aux pouvoirs réguliers, qui allaient bientôt jxger un' acte qui violait « toute la loi et tous les droits. > Le 21 juillet suivant, la Cour de cassation, sur les conclusions du procureur général Renouard, rendit en Chambre du conseil un arrêt dont elle autorisa la publication, qui, contestant en la forme au décret du gouvernement de la Défense le pouvoir de saisir disciplinairement la Cour de cassation, statuait d'office, et déclarait qu'il n'y avait lieu d'exercer contre le premier président Devienne aucune poursuite disciplinaire. Les considérants de l'arrêt mentionnaient une lettre de l'impératrice, produite au cours des débats, et prouvaient que ce magi>trat n'était intervenu dans les affaires intérieures de la famille impériale que sur la demande des intéressés et pour éviter l'éclat et le trouble d'un scandale public « entre deux époux du rang le plus élevé. > Après l'abrogation du décret du 18 janvier 1871, M. Devienne a repris son si^ge à la Cour de cassation.

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