DORI
DOELLINGER* (Jean-Joseph-Ignace). — Peu de temps après l'ouverture du Concile du Vatican, il soutint, dans la Gaxetti (VÂugshourgj la nécessité, pour les pores, d'une entière liberté de discussion. 11 maintenait aussi que pour conserver dans TËglisD aux décisions du concile une autorité sans conteste, il fallait Qu'elles fussent rendues avec un consentement tellement général qu'il constituât une sorte d'unanimité morale. Cette thèse fut le point de départ d'une polémique très-énergique contre les agissements de la Cour papale, et^ après la proclamation du dogme de rinfailliDilité, un des principaux motifs qui poussèrent M. Dœllinger à ne pas raccepter. La résistance de l'illustre théologien ne fit qu'augmenter sa popularité en Ba^ viere, où le roi Louis II favorisait ouvertement sa controverse et le félicitait de son courage. Il fut nommé recteur de l'université de Munich par 54 voix sur 63 professeurs présents à la séance. Mais le mouvement d'idées que ses écrits avaient pro^ voqué, eut un contre-coup universel. Les églises réformées de l'Europe et de l'Amérique , les églises schismttiques ariennes, les sectes jansénistes de la Hollande, les libéraux de tous les pays, apportèrent, dans un esprit dilférent, au recteur de Munico^ l'apçoi d'une science éclairée et de nombreuses adhésions. La lutte engagée entre le gouvernement bavarois, qui ne voulait point laisser publier le nouveau dogme ^ et les èvéques, se termina par une crise ministérielle. Les droits des Vieux Catholiques, titre que prirent les antiinfaillibilistes , à tenir len registres d'état civil et à jouir des locaux nécessaires à l'exercice du culte, furent reconnus, non-seulement en Bavière, mais encore dans l'Allemagne du Nord, où ils eurent l'appui du gouvernement prussien, qu'in(juiétaîent les menées ultramontaines. Le congres des Vieux Catholiques, tenu à la fin du mois de septembre 1871, eut un grand retentissement, tant par la nature des doctrines exposées que par la réputation des orateurs qui y prirent la parole, et parmi lesquels on compta l'abbé Friedrich et le père Hyacinthe. Cependant, cette révolution religieuse, dont Tissue, d'après M. DœllijQger, ne peut être que la séparation complète de l'Eglise et de l'État, valut à son promoteur de telles violexMïes de la part de la presse ultramontaine, que les tribunaux civils furent obligés d'in» tervenir pour protéger la réputation du savant théolop^ien (8 octobre 1871). Au mois de février 1872, il a fait à Munich une conférence sur la réunion possible des différentes églises chrétiennes, qui ont un certain retentissement en Allemagne»
DOMBROWSKI (Jaroslaw), chef de partisans polonais, né en Volhynie en 1835, entra en 1848 au corps des cadets de Saint-Pétersbourg, passa à l'école d'état-major et en sortit avec le premier numéro. En 1862, il suivit à Varsovie le prince Constantin, en qualité de chef d'état-major. L'an* née suivante, au moment de l'insurrection polonaise, il tenta de rallier à cette cause le parti libéral russe sur lequel il exerçait une grande influence. Dénoncé au czar et condamné à mort, il fut, à la suited'une commutation de peine, exilé en Sibérie. Il obtint l'autorisation, avant de partir, d'épouser Mlle Swidzinska, native du duché de Posen, qui le suivit dans son voyage, réussit à le faire évader à Novogorod, puis à le cacher à Saint-Pétersbourg et enfin à le taire passer en Prusse, de là en Suisse et en France, où il arriva en 1866. Lors de la guerre austro-prussienne, en 1866, il alla en Bohème ea suivre les périfiéties et résuma ses obsen'ations dans un livre écrit en polonais, intitulé : ia Guerre de Prusse en lg66. Ce livre, très-remarque des spécialistes, fut ensuite traduit en français. Quelque temps après, M. Dombrowski fut impliqué dans un
procès criminel pour confection de foux billets de banque et acquitté faute de preuves. Il fît le voyage de Londres, s affilia à l'Internationale, puis revint à Paris où la révolution du 4 septembre 1870 venait d'éclater et s'occupa de politique. Au moment de l'investissement, il fut réclamé par Garibaldi. qui voulait lui donner le commandement de la légion polonaise et qui écrivit à cette occasion au gouvernemejit de la Défense ce billet laconique : • J'ai besoin de Jaroslaw Dombrowski, envoyez-le-moi par ballon. ■ Le gouvernement s'opposa à son départ. M. Dombrowski contribua à la formation du Comité central de la garde nationale; cependant, au momentde l'insurrection du 18 mars 1871, il n'obtint pas de commandement à Paris. Mais Tinsuccès de la grande sortie des 4 et & avril détermina la Commune à le placer, comme général, à la tête des troupes de Neuilly. Cette nomination fut assez mal accueillie par la garde nationale pour que YOfficiel crût devoir énumérer les services que M. Dombrowski avait déjà rendus à la cause de la République universelle. Le nouveau commandant de Neuilly disputa le terrain pied à pied, mais se aignala souvent, dit-on, par de cruelles représailles et des débauches effrénées. A l'imitation de ce qui s'était fait en 1793, et pour Tobliger à vaincre, on plaça auprès de lui M. Dereure, membre delà Commune, en qualité de commissaire civil. Un arrêté du délégué à la guerre du 6 mai fixa son quartier général à la place Vendôme, et le chargea ttu commandement de la rive droite. A la fin du mois de mai, il fut chargé de défendre Montmartre. Le 24 mai, blessé mortellement, près du boulevard Ornano, d'un coup de feu au bas ventre, il fut transporté à l'hôpital Lariboisière et expira peu de temps après.
Un frère du précédent, M. Laidislas Dombrowski, partagea son existence aventureuse. Il le suivit en Polo^e et en Russie, fut compromis en 1865 dans l'affaire des faux billets de banque, et prit part à l'insurrection du 18 mars. Successivement colonel des troupes fédérées, commandant de la place de Paris, et mis à la tête des avant-postes d'Asnières, il a, dit-on, réussi à passer à l'/tranger.
Un troisième trère, M. Emile Dombrowski, employé de chemin de fer, s'est tenu à l'écart de tout rôle militaire ou poHtique.
DOMPIERRE-D'HORNOY * (Charles-Marins-Al* bertne). — Après la ré^'oluliondu 4 septembre 1870, il fut nommé ministre intérimaire de la marine et des colonies jusqu'à l'arrivée à Paris de M. le viceamiral Fourichon, et remplit ensuite les fonctions de délégué de ce ministre à Paris, lors du départ d'une partie du gouvernement pour Tours. Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant de la Somme à l'Assemblée nationale, le premier sur onze.
Il a pris place à droite et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, ta validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet et le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Haris.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871. il a été élu conseiller général du département de la Somme, pour le canton d'Hornoy.
M. de Dompierre-d'Hornoy a été promu viceamiral le 4 juin 1871.
DORIAN* (Pierre-Frtdiric).— Après la révolution du 4 septembre 1870. il fut nommé ministre des travaux publics par le gouvernement de la Défense nationale et dirigea activement, dans