‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 47 sur 122 · DUPA · texte numérisé non relu

DUPA

la chute de TEmpire et la guerre malheureuse de 1870-71 coatre la Prusse, il fut nommé, aux élections du 8 février 1871. pour l'Assemblée nationale, représentant de la Charente-Inrérieure, le premier sur dix, par 90 000 voix; de la Gironde, par 97 838 voix; de la Seine -Inférieure, par 75442 voix; et du Var, par 24175 voix. Il opta pour 1(1 Charente-Inférieure. Il avait pris une part active à la luite électorale eu organisant à Paris un Comité dont Taction fut considérable, et qui déclara hautement, par la voix de sun président, ne vouloir inscrire sur sa liste ni les noms des membres du gouvernement du 4 septembre, ni ceux des ministres et généraux chargés de la défense de la capitale. La désunion que le comité Dufaure amena dans le parti modéré, favorisa le succès de la liste radicale, qui passa presque tout entière à la majorité relative. M. Dufaure luimême n'obtint que 23 718 voix, sur 328 970 votants.

Lors de la formation du premier ministère de conciliation (19 février), il fut choisi par M.Thiers, devenu chef du pouvoir exécutif, comme ministre de la justice. Après le vote de la proposition Rivet, un décret spécial le nomma vice-président du conseil des ministres. Plusieurs des circulaires du nouveau garde des sceaux eurent un assez grand retentissement ; il faut citer celle qui interdisait aux magistrats des parquets d'accepter le mandat de représentant, celle qui, en souvenir de l'action exercée sous TEmpire par les juges de paix, défendait à ces magistrats toute immixtion dans l'administration ou la politique, et celle qui, signalant aux parquets les complots bonapartistes, appelait la vigilante attention des procureurs généraux sur de coupables intrigues (février 1872). Il demanda aussi, et obtint de l'Assemblée, Tautorisation de poursuivre les journaux coupables d'insultes envers la commission des grâces, la représentation nationale et le gouvernement. Après le rapport de la commission des marchés, il poursuivit rigoureusement les fournisseurs de l'armée (mai). Il a présidé à la recomposition des tribunaux de commerce d'après les prescriptions de la loi du 29 décembre 1871, et à la reconstitution des actes de l'état civil de Paris et des départements envahis (janvier-mars 1872).

M. Dufaure a pris place au centre gauche, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale^ la proposition Cazenove de Pradine, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes , la dissolution des gardes nationales, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, le traité douanier, et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matiè(es premières), et le maintien des traités de commerce.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871 , il a été élu conseiller général de la Charente-Inférieure pour le canton de Cozes.

DUFAY (Jean-François-Charles), représentant français, né à Blois, le 24 juin 1815, s'y établit comme médecin en 1845, fut, en 1848 et 1849, rédacteur en chef du Républicain de Loir-et-Cher , et médecin des épidémies, obtint une médaille d'argent pour son dévouement pendant le choléra de 1849, devint successivement médecin des tribunaux (1850 à 1855), des prisons et des enfants assistés, et fut nommé maire de Blois en 1871. /iembre du conseil central d'hygiène publique et de salubrité, et président de l'association médicale du Loir-et-Cher, il fut élu, le 2 juillet 1871, représentant de ce département à l'Assemblée nationale, par 30445 voix sur 53471 votants.

Il a pris place à gauche, et a voté pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ;

pour la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités a& commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris; contre la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant et la proposition Ravinel.

On doit à M. Dufay des publications scientifiques et politiques dans divers journaux français et anglais, et deux mémoires à l'Académie des sciences, l'un sur VÉtkérisationj l'autre sur VÉpidemie de choléra de 1849.

DUFOURNEL* (Adéodat-F. -Adolphe). — Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant de la Haute-Saône à l'Assemblée nationale, le premier sur six, par 24200 voix, et s'est fait inscrire à la réunion Feray.

II a pris place à gauche, et a voté pour les préliminaires de paix, Tabrogation des lois d'exil, la validation de 1 élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propo>itions Rivet et Ravinel, le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre le maintien d s traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Piris.

DCFRAISSE, voy. Marc-Dufraisse.

DUPANLOUP * (Félix Ai.toine-PhilippeV — Au moment où s'ouvrit le Concile œcuménique du Vatican (9 novembre 1869), il publia une lettre pastorale dans laquelle, tout en exprimant le dévouement le plus absolu et le respect le plus profond pour l'autorité et la personne du pape , il déclara ne pas accepter sans contrôle les opinions ultramontaines sur rinfaillibiliié du Saint- Père en matière de foi. Il eut une grande part à la préparation des travaux du Concile, protesta contre les mauvaises conditions matérielles de la salle conciliaire et essaya, aidé de Mgr Maret, doyen de la Faculté de théologie de la Sorbonne, et de Mgr Darbov, archevêque de Paris, de prendre la direction de l'assemblée. A plusieurs reprises, l'éloquence et la dialectique savante de l'ardent prélat, ses lettres à Mgr Mannmg et à Tarchcvôque de Malines, et ses vigoureuses polémiques contre quelques membres ultramou tains de l'épiscopat français, purent faire croire à la victoire dédnitive de la minorité qu'il repr<^seutuit^ s'imposant, par l'ascendant du savoir et de rintelligence, à la majorité du Concile. Ces illusions durèrent peu devant l'attitude prise par la Cour papale. La délibération des ■ schemata », écourt^e à dessein dans une salle conciliaire dont les dispositions matérielles ne suffisaient pas aux nécessités de la discussion, fut suivie d'un vote favorable au dogme. M. Dupanloup, conséquent avec lui-môme, s'était prononcé pour le non placet. Après la proclamation de l'infaillibilité du pape, il déclara se soumettre, comme devaient le faire tous les fidèles, à la décision du Concile.

Les défaites des armées françaises dans la guerre contre la Prusse ayant amené 'l'envahissement du territoire, et, au mois d'octobre 1870, l'occupation d'Orléans, M. Dupanloup fut retenu prisonnier pendant quelques jours dans son palais archiépiscopal. Ses efforts obtinrent cependant la réduction de la contribution de guerre imposée par l'ennemi, auquel le zèle infatigable qu'il apportait à l'installation des ambulances, inspira d'ailleurs un certain respect. En même temps, cédant à une indignation justifiée, il adressait à la presse prussienne d'éloquentes rectifications au sujet du traitement dont les blessés allemands avaient été l'objet à Orléans (28 janvier 1871). Aux élections du 8 février, il fut nommé représentant du Loiret à l'Assemblée nationale, le sixième sur sept, par 28 596

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voix, n a pris place à droite et a voté pour les préliminaires de paix, les lois municipale et départementale ; contre le gouvernement sur la question du pouvoir temporel ; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce ^ et le retour de l'Assemblée à Paris.

A l'occasion de l'élection de M. Littré à TAcadémie française (30 décembre), il crut devoir donner avec éclat sa démission d'académicien, et refuser de continuer à faire partie d'une compagnie « qui admettait des athées dans son sein >. Il revint sur cette détermination sur les instances de ses collègues et en particulier de M. Guizot^ lorsque l'Académie eut voté l'ordre du jour pur et simple sur l'incident, à la majorité de 28 voix sur 30. Les journaux les plus sérieux, et notamment le Journal des Débats, se prononcèrent contre une manifestation, généralement considérée comme aussi puérile qu'inattendue. Lors du dépôt par M J. Simon de la loi sur l'instruction primaire obligatoire, il fut nommé président de la commission chargée d'étudier le nrojet de loi, et se prononça vivement contre l'obligation (7 janvier 1872). Depuis, il a été un des grands promoteurs du pétitionnement en faveur de l'enseignement « libre, religieux, et gratuit pour les pauvres • , en opposition à l'instruction > gratuite, obligatoire et laïque, > et a présenté un contre-projet à la loi de M. i. Simon. M. Dupanloup a soutenu avec une éloquence patriotique et chaleureuse la souscription en faveur de la libération du territoire (février 1872) . Au commencement du mois de juillet suivant, il adressa au clergé de son diocèse une lettre pastorale portant publication des constitutions dogmatiques du Concile du Vatican, et exprimant avec vivacité son amour et son aamiration pour Pie IX.

Il a publié, au mois de janvier de 1872, une Histoire de N.-S. Jésus -Christ (grand in- 8* avec planches et gravures) .

DUPONT ( Jean-Martial- Amj-nthe), membre de la commune de Paris, né à Saint-Thomas-de-Cenac rCharenle-Inférieure) vers 1840, fut employé dans les bureaux du Crédit foncier de 1865 à 1870. Dévoué aux idées républicaines radicales, il s'affilia aux sociétés secrètes, et fut compromis dans le procès de Blois, dont la plupart des inculpés furent arrêtés dans son domicile, mis imprudemment à leur disposition. Défendu habilement par M. Emmanuel Arago, M. Duponi n'en fut pas moins condamné, au mois de juillet 1870, à quinze ans de détention. Rendu à la liberté après la révolution du 4 septembre, il devint commissaire de police du quartier des Bassins (16* arrondissement). Après le 18 mars 1871, il fut nommé chef de la police municipale, grâce i l'influence de H. Charles Gérardin^ son beau-père, qui représentait le 17* arrondissement à la Commune, depuis le ^26 mars. Il fut aussi élu, dans cet arrcndissement, aux élections complén^ntaires du 16 avril, par 3450 voix, nombre total des votants. Placé a la commission de sûreté générale, il fut le rapporteur de l'enquête ouverte sur son collègue, H. Ëmile-Léopold Clément, soupçonné de relations avec la police de M. Boittelle, et conclut, le 21 mai, au maintien de son arrestation. M. A. Dupont s'abstint lors du vote sur la création d'un comité de salut public. Il contribua à organiser la défense contre l'armée de Versailles, et réussit, à la findu mois de mai 1871, à se réfugier en Angleterre, où il prit part aux réunions de rintemationale. Arrôié le 6 avril 1872, à Paris, oîi il était revenu dans un but resté inconnu, et traduit devant le 5* conseil de guerre, siégeant à Versailles, il a été condamné à mort, le 27 juillet 1872. Son pourvoi en révision a été rejeté le 26 août suivant.

DUPONT (Eugène-Clovis) , dit Dupont de Londres, membre de la Commune de Paris, né vers 1840, exerça^ selon les uns, la profession d'ouvrier maroquinier, selon les autres, celle d'ouvrier vannier , et s'affilia à l'Internationale dès son origine. Domicilié à Saint-Cloud pendant les derniers mois de TEmpire , il rentra à Paris au moment du siège, et se fit remarquer, dans les clubs radicaux, parmi les adversaires les plus acharnés du gouvernement de la Défense nationale. Porté, aux élections du 8 février 1871, comme candidat à l'Assemblée nationale , par les socialistes du département de Seine-et-Oise, il n'obtint qu'un petit nombre de voix. Membre du Comité central de la garde nationale, il prit part à l'insurrection du 18 mars , et signa les ordres et proclamations de ce comité. Le 26 mars, il fut élu membre de la Commune dans le 3* arrondissement, par 5661 voix sur 9000 votants. Nommé à la commission de travail et d'échange le 30 mars, il fut délégué à l'administration du 3* arrondissement le 3 avril suivant. M. Clovis Dupont n'a pas pris part au vote, dans la discussion sur la validation des élections à la majorité absolue des suffrages, mais il a déposé, en le motivant énergiquement , un vote favorable à la création d'un comité de salut public. Au moment de l'entrée des troupes régulières dans Paris (23 mai 1871), il réussit à s'échapper et à gagner l'Angleterre. Lors de la conférence tenue à Londres, du 17 au 23 septembre 1871, par l'Association internationale des travailleurs, il figurait au nombre des membres du Conseil central, et signa, le 12 mars 1872, l'affiche apposée sur les murs de Londres par les soins de la section fédérale française de l'Internationale, invitant « les démocrates de toutes les nationalités à assister à un meeting commémoratif du 18 mars 1871. >

DUPRAT * (Pierre-Pascal).— Candidat aux élections complémentaires des 21 et 22 novembre 1869 dans la 3* circonscription de la Seine, il n'obtint que 516 voix sur 32540 votants. Le gouvernement du 4 septembre 1 870 le nomma ministre plénipoteutiaire à Athènes, mais il refusa ce poste diplomatique , pour se présenter de nouveau aux électeurs des Landes, qui, lors du scrutin complémentaire du 2 juillet 1871, le nommèrent représentant à l'Assemblée nationale par 33 309 voix sur 55 536 votants.

Il a pris place à l'extrême gauche , et a voté pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; pour Le traité douanier, la proposition Ferav (matières premières), le maintien des traités ae commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre la loi départementale, la dissolution des gardes nationales . le pouvoir constituant, et la proposition Kavinel.

Au mois de décembre 1871, à l'occasion de la

{)rise de possession par les princes d'Orléans de eurs sièges à l'Assemblée nationale , il soutint à la tribune que MM. d'Aumale et de Joinville avaient manqué aux engagements pris le 8 juin 187], envers M. Thiers, et dont M. le duc d'Audifi'ret-Pasquier avait été l'intermédiaire. Cette accusation, dont il ne put apporter la preuve que quelques jours après, occasionna une des plus orageuses séances de l'Assemblée (20 décembre 1871). Fondateur, après la révolution du 4 septembre, du Peuple «outeratn, journal quotidien politique, il y soutint la nécessité des mesures de clémence envers les prisonniers de Tiusurrection communale (juin 1871). Il a quitté la rédaction de cette TeuiUe au mois de février 1872.

En 1870, il a publié : les Révolutions (in-8*) .

DUFRÉ {Marie -Jules), marin français, né à

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Strasbourg (Bas-Rhin] , le 13 novembre 1813, fit ses études au collège ae cette ville et entra à l'âge de dix-sept ans à réco!e navale. Aspirant en 1831, enseigne en 1837, il fit la campagne des mers de Chine, et à son retour, au mois de juin 1844, fut attaché au Dépôt des cartes et plans de la marine, pour y suivre la publication des travaux hydrographiques et météorologiques qu'il avait préparés Îendant le voyage. Lieutenant de vaisseau en 845, il fit successivement partie de la station des Antilles et de celle du Levant, et fut nommé capitaine de frégate au mois de mars 1854. Devenu membre du conseil des travaux au mois de juin suivant, il s'occupa spécialement des batteries flottantes, ébauches des bàtimants cuirassés, et lût nommé au commandement de la Tonnante, la première de ces machines de guerre mise en armement et destinée au siège de Sébastopol. La Tonnante arriva devant cette place auatrejours après sa reddition, mais prit une part nrillante au bombardement de Ktnburn. M. Dupré fut promu officier de la Légion d'honneur en 1855 et rentra en France, oii, après avoir commandé La division de Granville, il fut appelé en 1858 à la direction des mouvements de la flotte et nommé capitaine de vaisseau. Il remplit ces importantes fonctions pendant la guerre d'Italie, les expéditions de Chine et de Syrie et la conquête de la Cochinchine. Nommé commandeur de la Légion d'honneur, le 23 février 1861 , et commandant en chef de la division navale des côtes orientales d'Afrique , il réussit à conclure un traité de commerce avec le roi Radama, après de longues négocialions, à la suite desquelles il obtint la confirmation de toutes les concessions antérieurement faites à M. Joseph Lambert, duc d'Smime (vov. ce nom). L'assassinat du roi Radama et le succès de la révolution dirigée par Ranavalo, mirent à néant un traité, dont la France, engagée dans la désastreuse guerre mexicaine, ne voulut point exiger l'exécution par les armes. M. Dupré fut nommé, au mois d'octobre 1864, gouverneur de k Réunion. Son administration fut récompensée au mois d'août 1867 par le grade de contre-amiral. A la suite d'un conflit entre le parti clérical et la population de Saint-Denis, qui amena des troubles sérieux réprimés par la force, la mise en état de siège de la ville, et provoqua au Corps législatif une interpellation soutenue par les députés catholiques, l'amiral Dupré fut rappelé en France (1869).

Nommé, au niois de février 1870, au commandement en chef de la division navade des mers de Chine et du Japon, en remplacement du contreamiral de 0)mulier-Lucinière, il appuya, à bord de la frégate la VénttSy les réclamations du chargé d'affiaires de France , après le massacre de Tien- Tsia. A la nouvelle de la guerre fraoco-prnssieQne, il offrit le comh^ à la frégate prussienne Herlha et à la corvette Jfedusa, et. n'ayant pu les décider à sortir des eaux neutres, les bloqua dans le port de Yokohama. Pendant toute la durée delà guerre, les mers de Chine restèrent ouvertes au commerce français, tandis que 118 navires allemands restaiant bloqués dans tes différents ports chinois et japonais, par les avisos de la divîâon. Nommé, le 13 janvier 1871, gouverneur et commandant en chef de la Cocmochioe, il favorisa, dans cette colonie, l'émigration chinoise et le développement des graoées cultures industrielles.

BUPUr BE UmE * (Stanislas- Charles- Henri- Laurent). Au commencement de la session de 1870, il fut Bomsaé membre de la commission d'enquête eommerciaW, et au mois d'août suivant membre du Goniié de défense des fortifications. Pendant le siège de Paris, M. Dupuy de Lôme se préoccupa

beaucoup des questions d'aéroslation, et , dès le mois d'octobre, entretint l'Académie des sciences d'un projet de « ballon dirigeable >, pour l'exécution auquel le gouvernement de la Défense nationale lui ouvrit un crédit de 40000 francs (28 octobre). Malheureusement il fut très -difficile de construire le nouvel aérostat dans les conditions déterminées par le savant ingénieur, et l'appareil ne fut prêt que quatre jours avant la capitulation. La première expérience, toujours retardée par les événements, eut enfin lieu le 2 février 1872, et donna des résultats intéressants.

DU QmUO (Antoine -Louis -Marie Lb Cou- RiàyLi), marin français, né le 29 mai 1815, entra à l'École navale en 1831. Aspirant en 1832, enseigne en 1838 , il fut attaché en 1842 , au moment de l'ambassade Lagrenée, à M. Gharner, alors commandant de la Sirène j dans les mers de Chine. Lieutenant de vaisseau en 1845 , capitaine de frégate en 1854, il refit la campagne de Chine, en 1860, comme premier aide de camp de M. Charner, devenu amiral, fut nommé capitaine de vaisseau, et commanda, en Cochinchine, une colonne expéditionnaire chargée d'opérer sur Mitho. Capitaine de pavillon de l'amirai Jaurès dans les mers de Chine et du Japon , il prit une part brillante à Tafi'aire de Simooosaki. Il a été promu contreamiral le 14 août 1870, et, lors de l'organisation militaire de Paris, au moment de l'investisBement par l'armée allemande, nommé au commandement du 5* secteur de l'enceinte (Saint-Ouen) . 11 a été fait grand officier de la Lésion d'boûneur et nommé, par décision du 9 février 1872. commandant en chef de la division navale de 1 Atkntiqud du Sud.

DURAND (Jacques) , membre de la Commune de Paris y né vers 1816, exerça la profession d'ouvrier cordonnier et fonda la Société des coupeurs en chaussures. Affilié à riaternatlonale^ il devint, dès 1868, un des orateurs influents des réunions publiaues socialistes. Porté sur les listes radicales, aux élections du 8 février 1871, il obtint, sans être nommé, 22 703 voix sur 328 970 votants. Après l'insurrection du 18 mars 1871 , il fut nommé par le Comité central de la garde nationale, caissier principal au Ministère des finances. Candidat au Conseil communal, le 26 mars, il échoua au premier tour de scrutin, bien qu'il eût obtenu 3656 voix; mais, le 16 avril suivant, il fut élu, dans le 2* arrondissament, par 2874 voix sur 3601 votants. Nommé membre de la commission de la justice le 30 avril, il déposa, le 2 mai. un vote motivé favorable à la création d'un comité de salut public. Délégué k ladministration du 2* arrondi»sement, il signa, le 22 mai 1871, avec ses collègues de la mairie de la Bourse, une proclamation appelant le peuple aux armes > pour résister aux monarchistes qui voulaient anéantir Paris. >'

DURFCHIT DE aVRAG (Henri comte de), représentant français, né à Beauprcau, vers 1812, conseiller d'arrondissement depuis 1842, conseiller général de Maine-etr Loire depuis 1848, député de 1852 à. 1857, fut réélu, en 1869, député de la 4* circonscription de Maine-et-Loire, comme candidat officiel, par 15 701 voix sur 30816 votants, contre 14810 voix obtenues par le comte de Las Cases. Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant du môme département à l'Assemblée nationale , le huitième sur onze, par 9S 847 voix.

Il a pris place au centre droit et voté pour les

{)réliminaires de paix, l'abrogation des lois d'esiil, a validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposi-

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tion Ravinel , la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce; contre le gouverneinent dans la question du poti- Toir temitorel, et contre le retour de TAssemblée à Paris.

Lors du renouvellement des Conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département de Maine-et-Loire, pour le canton de Beaupréau.

DURIER (Loms-Émile), avocat français, né à Paris, le 19 décembre 1828. suivit les cours du collège Bourbon, fit ses études de droit et devint lauréat de l'école de Paris, en 1850. Inscrit cette môme année au barreau de cette ville, il se fit bientôt reniarquer dans les affaires civiles et surtout dans les affaires politiques où il défendit les Srincipes démocratiques. Compris dans le procès es « Treize » , en 1864, il fut condamné comme ses coaccusés. Lors des élections générales de 1869,, il posa sa candidature à Paris contre M. Emile OUivier, dans la troisième circonscription, mais la retira en faveur de M. Bancel.

Membre du Conseil de surveillance du Siècle j il a collaboré assez longtemps à la rédaction de ce journal.

Après la révolution du 4 septembre 1870, il fut, par décret du 6, nommé adjoint au maire de Paris, puis, le 13, secrétaire-adjoint du gouvernement de la Défense nationale, et le 9 novembre, vice-président de la Société centrale d'hygiène. Un décret du 1" février 1871 le nomma secrétaire général du ministère de la justice en remplacement de M. Hérold. promu ministre de Tintérieur par intérim. Il est devenu conseiller d'Ëtat en service extraordinaire le 17 août 1872.

M. Emile Durier a donné sa démission de membre du Conseil de surveillance du Siècle^ dans les premiers jours du mois de janvier 1871. Le frère du précédent. M. Charles-Henri Durieb, né à Paris, le lô décemor.^ 1830, a publié dans le Siècle un grand nombre d'articles littéraires et plusieurs nouvelles. Il a fait paraître un roman. Miss Uolly (1869).

DURRIEU* (Jean- Jacques-Paulin Offroy-Duried et). — Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant du Cantal à l'Assemblée nationale, le dernier sur cinq, par 13 094 voix.

Il a pris place à l'extrême gauche et a voté contre les préliminaires de pùx, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la validation de rélection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; pour l'emprunt de deux milbards, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières) , le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

DU TEMPLE (Jean-Marie-Félix de la Croix), officier de marine et représentant français, né à Lorris (Loiret), le 18 juillet 1823 , d'une 'ancienne famille noble originaire de Bretagne, entra A l'école navale en 1838, fut nonamé aspirant en 1840, et enseigna' en 1844. Il montait le brick V Abeille qui fit naufrage dans le golfe de Bénin, le 10 décembre 18,7. Rentré en France au mois de juin 1848, il partit de la Châtre avec lôO volontaires, pour com^^attre l'insurrection de Paris. Lieutenant de vaisseau le 3 février 1852, il prit part à la guerre de Crimée, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur à la prise de Kinburn, où il commandait en second la batterie flottante la Dévastation^ fit la campagne d'Italie à la tête d'une compagnie de fusiliers marins, commanda un bataillon pendant la campagne du Mexique, fut promu

officier de la Légion d'honneur après la prise de Puebla, et capitaine de frégate à son retour en France, le 13 août 1864. En 1870, il commanda une colonne expéditionnaire entre Maintenon et Dreux, rallia, vers le 25 novembre, la deuxième armée de la Loire en formation, et fit toute la campagne comme général, au titre auxiliaire, commandant la 2* brigade de la 3* division du 21* corps. Il a été élu, le 8 février 1871 ^ représentant de ri Ile-et-Vilaine à l'Assemblée nationale, le cinquième sur douze, par 89749 voix, et s'est fait remarquer, dans les discussions les plus importantes, par Texpression d'opinions religieuses, qui allaient jusquVu mysticisme.

Il a pris place à l'extrême droite, s'est fait inscrire à la réunion des Réservoirs, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris.

M. du Temple a été promu commandeur de la Légion d'honneur en 1871. La commission de révision des grades ne l'a pas maintenu dans les cadres comme général de brigade et il est redevenu capitaine de frégate.

DU TEMPLE (Jean-Louis-RivallonDB LA Croix), officier de marine, frère atné du précédent, né le 23 février 1819, à Châteauneuf (Loiret), entra au service en 1835. Aspirant en 1837, enseigne en 1841, lieutenant de vaisseau en 1847, il fut promu capitaine de frégate en 1862. Directeur de l'école des mécaniciens à Brest, il s'occupa spécialement de la construction des appareils nécessaires à la navigation. Pendant la guerre de 1870- 1871, il fut employé à l'armée de la Loire, comme général de brigade au titre auxiliaire. 11 a commandé le département de la Nièvre pendant l'insurrection communale et a contribué à y maintenir Tordre. Lors de U révision des grades, il est redevenu capitaine de frégate. M. Louis du Temple a été souvent confondu avec son frère, bien qu'il professe des opinions politiques opposées. Il a été promu officier de la Légion d'honneur.

11 a publié : Cours complet de machines à vapeur (1860, 2 vol. in-8'» avec planches; 2" éd. 1865) ; Du scaphandre et de son emploi à bord des navires {ISeijin-S*); les Évangélistes (1862, in-8'', signé du pseudonyme L. Rubenn).

DUVaL (Edgard-Raoul), représentant français, né à Laon, le 9 avril 1832, petit-fils, par sa mère, de J. B. Say, est le fils du premier président de la cour de Bordeaux, membre des commissions mixtes en 1852 , et exclu pour ce fait de la magistrature par décret de la délégation de Bordeaux, en date du 20 janvier 1871 Ce décret, qui ne pirut au Moniteur que le 31 janvier, souleva d'énergiques protestations et fut abrogé par l'Assemblée nationale. Sous l'Empire, M. Edgard-Raoul Duval fut successivement substitut au tribunal de Nantes, avocat général à Angers , Bordeaux et Rouen, et donna sa démission au mois de septembre 1870. Le2iuiilet 1871, il fut élu représentant de la Seine-lnferieureà l'Assemblée nationale par 58 387 voix sur 115 759 votants. Il a présenté une

{)roposition de loi relative a l'établissement, dans es conseils de prud'hommes, d'une chambre spéciale destinée a juger les difi'é ends des Compagnies de chemin de fer et de leurs ouvriers, qui fut repoussée par la Commission d'initiative (27 février 1872). Il a pris place à droite, s'estsignalé par ses attaques contre les membres du gouverne

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