EUDE
EYMA
Chambre d'une lettre du prince de Joinville au ministre de la marine, demandant, en même temps que son frère et ses neveux, du service en France à quel titre que ce fût, et proposa de nouveau à eette occasion l'abrogation de la loi de bannissement votée le 26 mai 1848. Après la révolution du 4 septembre, il fut nommé commandant supérieur des garaes nationales de la Seine-Inférieure, et travailla activement à l'organisation des francs-tireurs normands. Impuissant à défendre Rouen, après les défaites des armées du Nord et de rOuest, il en fît enclouer la grosse artillerie et se retira sur le Havre avec les mobiles du général Brian d. Aux élections du 8 février 1871, il n'a pas été nommé représentant à l'Assemblée nationale.
EUDES (Émile-François-Désiré), dit Deschamps, membre de la Commune de Paris, né à Roncey (Manche), en 1844, exerça d'abord la profession de garçon pharmacien, puis celle de correcteur d'imprimerie, et enfin de sténographe. En 1866, lorsque M. Asseline fonda la Likre pensée j il devint gérant de cette feuille, qui représentait le matérialisme scientifique, et qui lut supprimée cinq mois après son apparition. Gomme gérant de ce journal, M. Eudes fut condamné à trois mois de prison. Affilié au parti radical et confident des
{>rojets de M . Blanqui, il prit part à l'attaque de a caserne des pompiers de la Villette^ le 14 août 1870, au moment des premières défaites de l'armée française, mais s'efforça d'éviter i'efi'usion du sang. Traduit le 79 août 'devant un conseil de guerre, il protesta énergiquement contre le bruit public qui l'accusait d'être un agent de la Prusse et devoir voulu favoriser ses projets. « Prenez ma tète, s'écria-t-il, mais ne medésnonorez pas ! » Condamné c^ mort par le conseil de guerre, il fut sauvé par la révolution du 4 septembre. Pendant le siège de Paris, M. Eudes collabora au journal de M. Blanqui, la Patn'e en danger j et fut nommé chef d'un bataillon du faubourg Saint-Antoine. Cassé de son grade pour avoir pris une part active au 31 octobre, il se réfugia à Bruxelles au moment de la capitulation de Paris, figura sur les listes radicales, lors des élections du 8 février 1871, obtint, sans être élu, 33 702 voix, sur 328 970 votants, et, dés le 13 mars, revint se mettre à la disposition du Comité central de la garde nationale, dont il devenait membre le 23. Nommé général, en même temps que MM. Duval et Brunel, il signa avec eux les violentes affiches, qui menaçaient de rifi:ueurs immédiates les prétendus réactionnaires de Paris. Élu membre de la Commune, le 26 mars, dans le IP arrondissement, par 17 392 voix, membre de la commission executive et de la commission militaire, le 30 mars, il signa, en cette qualité, la célèbre proclamation annonçant que « les conspirateurs royalistes avaient atta(]ué. > Délégué à la guerre et chargé de la direction des opérations militaires les 3 et 4 avril, il prit part, à la tête d'un corps d'armée, à la malheureuse sortie du 5 avril. Nommé commandant des forts du sud le 20 aviil, il vit sa situation momentanément amoindrie par M. Cluseret, qui, deux jours après, le réduisit au rôle d*inspecteur général de la rive gauche . Désigné par M . Rossel pour commander la deuxième brigade de réserve, le 6 mai, avec çiuarlier général au palais de la Légion d'honneur, il fut accusé d'avoir, avec l'aide de sa femme, soustrait du linge et des meubles appartenant à cet établissement national. M. Eudes, sur la proposition duquel la municipalité de Paris, élue le 26 mars, adopta, dès sa première séance, le nom
de Commune, prit rarement part aux discussions de cette assemblée. Il s'abstint de voter sur la validation des élections à la majorité absolue des suffrages, et sur la création du Comilié de salut
Sublic. A l'avènement de M. Delescluse, le 10 mai, [. Eudes devint membre du second Comité de salut public. Il signa, en cette qualité, le décret relatif à la saisie des biens et à la destruction de la maison de M. Tbiers, et les dernières proclamations de la Commune, excitant au massacre et à l'incendie. Lors de l'entrée des troupes régulières à Paris (23 mai), il réussit à s'échapper et à gagner la Suisse, où il fonda avec MM. Razoua, Lefrancais, Malon, etc., le journal radical la RetMnche. Au mois de janvier 1872, le gouvernement helvétique signifia h M. Eudes que La Revanêhe deiait:cesser de paraître.
Traduit devant le 3* conseil de guerDe, siégeant à Versailles, pour complicité dans les incendies et assassinats de la Commune , il a été condamné , par coEotumace^ à la peine de mort, le 3 aoôt 1872.
EUGÉNIE* (E.-Marie se Hontijo) . — La guerre de 1870 valut de nouveau à rimpératrioele titre et les fonctions de régente, mais pour quelques semaines seulement. L'empereur les lui conféra par décret du "23 juillet, au moment de quitter Paris pour aller prendre le commandement des troupes. On disait une, sans nourrir d'illusions sur la gravité des événements, elie considérait qu'une sérieuse défaite serait la fin de la dynastie. Lors des premiers revers, on lui attribua, pour les démentir ensuite, des démarches auprès de la reine Victoria, en vue d'obtenir sa méuiation. Malgré les protestations de fidélité de quelques chefs militaires, elle se trouva promptement abandonnée et seule, au milieu de l'effondrement du régime impérial qui suivit le désastre de Sedan, et, dès le 4 septembre au soir, sous la protection de M. de Lesseps, et grâce à l'intervention de M. de Kératry, l'impératrice quittait la France par Maubeuge. Son fils, avec sa suite, l'avait précédée. Elle passa de Belgique en Angleterre, résida à Chislehurst, et fut plus ou moins directement mêlée aux intrigues mystérieuses qui eurent pour centre le quartier général de Bazaine et prirent fin avec la capitulation de Metz. Quoique le nom de Tex-impératrice revienne de temps en temps dans les feuilles publiques, il est difficile de préciser son rôle dans les tentatives qui peuvent se produire pour relever une fortune tombée de si haut.
Les journaux de Londres de la fin du mois de juin 1872 ont annoncé la vente des bijoux de l'impératrice Eugénie. Cette vente a produit, paraîtil, plus de 1 200000 francs.
EYMA * (Louis-Xavter). — Après la révolution du 4 septembre 1870, il publia, clans le journal le FiaarOf une série d'articles très-vifs contre la République et le gouvernement de la Défense nationale pendant le siège de Paris. Au mmaent de l'insurrection du 18 mars 1871 , décrété d'accusation par le Comité central de la garde nationale , il parvint à s'échapper. Au mois de juin suivant, il fut chargé de faire, pour le Figaro, une chronique politique quotidienne, dans laquelle il soutint la nécessité de la fusion des deux branches de la maison de Bourbon, comme préliminaire indispensable d'une restauration monarchique.
M. X. Eyma a été nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il est aussi décoré de l'ordre de Sainte-Anne de Russie.