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FAIDHERBE* (Loai9-Léon-César).~Lor8de la déclaration de guerre à la Prusse (juillet 1870), il ne put obtenir d'être employé activement, et resta en Afrique, où il commandait encore la province de Constantine au moment de la révolution du 4 septembre. Lorsque M. Gambelta tenta d'organiser les armées de la Loire, du Nord et de TEst, H. Faidherbe offrit ses services au nouveau ministre de la guerre. Général de brigade depuis 1863, il fut nommé, le 23 novembre 1870, général de division et commandant en cbef de l'armée du Nord, où il remplaça M. Bourhaki appelé à l'armée de l'Est. Un mois après, il livra au général Mantenffel la bataille de Pont-Noyelles, qui dura deux jours, causa des pertes considérables à l'ennemi et dégagea le Havre. 11 revint i la charge les 3 et 4 janvier 1871, enleva les positions prussiennes à Bapatime, et ne put profiter de sa victoire faute de cavalerie. Le 10 janvier, il marcha en avant pour dégager Péronne ; mais la place avait déjà capitulé après un court bombardement. Le général en chef de l'armée du Nord n'hésita pas à appeler sur le commandant de cette forteresse les rigueurs de la loi . Ayant reçu l'ordre de combiner ses mouvements avec ceux du général Bourbaki, qid s'avan^t dans PEst, il se porta sur Saint-Quentin, où, le 19 janvier, jour delà grande sortie de Montretout, il livra au général de Goeben, successeur de Maoteuffel, une bataille acharnée, après laquelle il fut obligé de se retirer sur Cambrai et Lille. Resté à la tète de son armée après la signature de l'armistice, nommé le 8 février représentant à l'Assemblée nationale , et porté à Paris où il obtint, sans être élu, 44 655 voix, il donna sa démission dereprésentant dans la séance du 19 février, et demanda quelque temps après à être mis en disponibilité. Au scrutin complémentaire du 2 juillet, il fut élu, comme candidat républicain, à la fois dans le Nord par 155 349 voix, dans le Pas-de-Calais par 103 438 voix sur 140118 votants, et dans la Somme par 96 298 voix sur 115 084 votants. Il opta pour le département du Nord. Après le vote sur le pouvoir constituant, il crut devoir donner une seconde fois sa démission, parce que < l'Assemblée s'attribuait d'autres droits que ceux qui lui avaient été conférés parles électeurs v (20 août). Il avait été promu, le 15juin, grand officier de la Légion d'honneur. Quelque temps après, une souscription fut ouverte dans le département de la Somme pour lui offrir une épée d'honneur. Chargé par le gouvernement d'une mission scientifique dans la haute £gypte, où il allait étudier les monuments et inscriptions libvques, il est rentré en France à la fin du mois de ifevrier 1872, après avoir visité l'île Philœ. Jérusalem et l'Italie. A son retour, les habitants de Saint-Quentin et d'Amiens lui ont offert l'épée d'honneur votée en 1871 (juillet 1872).

Il a publié au mois de février 1871 les Bases dhm projet de réorganisation d'wne armée national (or. in-8*), et au mois de juillet de la môme année, le récit de ses opérations, sous ce titre : la Campagne de l'armée du Nord (in-8*), avec une dédicace à M. Gambetta. Outre les ouvrages déjà cités, on a encore de M. Faidherbe : Notice sur la colonie du Sénégal et sur les pays qui sont en relation avec elle (1 859, in-8») ; V Avenir du Sahara et du Soudan (1863, in-8'') ; Chapitres de géographie sur le nord-ouest de l'Afrique, avec une carte de ces contrées, à l'usage des écoles de la Sénégambie (1865, in-8*).

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du Nord, pour le canton Centre de Lille.

FAILLY * (Pierre-Louis-Charles-Achille de). — Au moment de la déclaration de guerre à la Prusse, il fut mis à la tète du cinquième corps d'armée (15 juillet 1870). Lors des batailles de Frœschwiller^ Reichshoffen et Wissembourg, ses troupes étaient échelonnées entre le corps du marécnal Mac-Hahon et celles du général Frossard, également à portée de soutenir l'une et l'autre par une marche rapide. Dans la journée du 6 août, appelé par dépêche auprès de Mac-Mahon, et trompé, paraît-il, par une similitude de noms, il ne put arriver k temps au secours du maréchal. Après la reconstitution de l'armée de Châlons et le mouvement de jonction sur Bazaine, qui amena le désastre de Sedan, M. de Failly, qui, en attendant d'être remplacé dans son commandement par le général de Wimpffen, rappelé d'Afrique a cet effet, prenait part à la lutte à la tète de son eoips d'armée, se laissa surprendre, dans la journée du 30 août, par le général de Thann, et éprouva des pertes sensibles. Le bruit de sa mort courut à Paris, mais fut démenti dès le 15 septembre. Il fut fait prisonnier à la bataille de Sedan le 1" septembre, alors qu'il n'exerçait déjà plus aucun commandement, et interné en Allemagne. Après la signature de la paix , il est resté en disponibilité.

FARCY (Eugène-Jérôme), officier de marine et représentant françaib, né à Passy, le 20 mars 1830, >'embarqua, à l'âge de neuf ans, pour faire le tour du monde, sur le navire-école VOrienUil. De retour en France, après dix-huit mois de navigation, il reprit le cours de ses études, et entra, en juillet 1845, à l'école navale. Il fit ensuite diverses campagnes à la Réunion, à Madagascar, dans le Levant, à la Guyane et aux Antilles françaises. En 1859 , il obtint un prix d'honneur à Vécole de tir de Vincennes, et fut nommé lieutenant de vaisseau. De 1852 à 1859, il s'était livré à des travaux spéciaux et avait fait de nombreuses découvertes. Parmi ses inventions, on doit citer un indicateur à sonnerie, une canonnière cuirassée, et divers modèles d'affûts, de fusils et de cartouches. La canonnière qui porte son nom, repoussée par le conseil des travaux de la marine et par le ministre, fut exécutée par ordre de l'empereur, en 1869 ; mais, malgré le succès des expériences, elle resta inutilisée. En 1870, une chaloupe Farcy ayant été commandée par le Danemark aux ateliers de Saint-Denis, l'inventeur obtint à grand'peine de la faire servir à la défense de Paris, à laquelle elle pritunepart trôs-aclive. Le 8 février 1871, M. Farcy fut élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le dernier sur quarante-trois, par 69 968 voix sur 328 970 votants.

Il a pris place à l'extrême gauche et a voté contre les préliminaires de paix, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel ; pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; pour le traite douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien du traité de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

M. Farcy a été promu officier de la Légion d'honneur le 28 janvier 1871.

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On Ta dit cousin de Georges Farcy^ qui fut tué, 1830, sur la place du Carrousel, et dont les restes furent transportés à la colonne de Juillet lors de Tachèvement du Louvre.

FARON (Joseph), général français, né le 12 décembre 1819, entra au service le 17 avril 1836. Mommé sous-lieutenant dans Tinfanterie de marine en 1840, lieutenant en 1843, capitaine en 1845, chef de bataillon en 1857, lieutenant-colonel en 1859, colonel en 1864, il fut promu général de brigade le 8 janvier 1868, et exerçait en 1869 le commandement supérieur des troupes de la marine en Gochinchine. Revenu en France au moment de la déclaration de guerre à la Prusse (15 juillet 1870), il commanda d'abord une brigade dans le treizième corps de l'armée de Mac-Mahon, qui ne fut jamais engagé, puis une division dans b premier corps de la deuxième armée de Paris, sous les ordres du général Ducrot. Cette division, qui comprenait, entre autres régiments, le 35' et le 42* de ligne, se signala constamment dans les sorties autour de Paris, et eut l'honneur de conserver ses armes au moment de la capitulation. Lors du second siège, les troupes du général,Faron formèrent le noyau de Tarmée de réserve,' commandée par M. Vinoy, et opérèrent sur le front sud de Paris, où elles s'emparèrent successivement des Moulineaux, de la gare de Clamart et du fort d'Issy. Elles entrèrent à Paris le 22 mai par Grenelle et Vaugirard, poussèrent jusqu'au pont d'Austerlitz et contribuèrent à la prise de la gare de Lyon, de la place de la Bastille, du faubuurg Saint-Antoine, de la place du Trône, et de Belleirille, dernier refuge de l'insurrection .

M. Faron a été nommé général de division à la fin du mois de janvier 1871.

FAVRE * (Jules-Claude-Gabriel). —Dans les derniers mois ae l'Empire, M. J. Favre était devenu le chef de plus en plus incontesté, le vrai leader de l'opposition, avant d'être porté aux premiers rôles par les événements que la guerre contre la Prusse allait déchaîner sur la France. Sa parole retentit souvent, brillante et véhémente, dans les iHscussions du Corps législatif, n'entraînant pas les votes, mais passionnant le pays. On remarqua notamment ses discours sur la politique intérieure (21 février 1870) et sur la quesiion algérienne (9 mars). A la même époque, il donnait avec un grand éclat, au Cirque de l'Impératrice, une conférence sur les devoirs civiques. Portant partout l'agitation libérale, il allait plaider dans les départements des procès de presse, et y recueillait de véritables ovations. C'était chez lui que se tenaient les réunions de la gauche et que se rédigeaient les manifestes de ce parti.

L'avènement d'un ministère chargé de modifier la Constitution dans un sens parlementaire libéral ne ralentit pas l'ardeur de ses attaques contre la politi(^ue impériale, et, pendant toute la campagne ou plébiscite, il eut plusieurs fois de véritables duels de tribune avec les orateurs du cabinet. Il s'unit alors à M. Thiers pour combattre ouvertement les projets de guerre contre TAllemagne (15 juillet). La lutte engagée, il demanda instamment l'armement immédiat des gardes nationales. Hais les événements allaient plus vite que toutes les prévisions, et les désastres des derniers jours d'août, couronnés par la capitulation de Sedan, mirent bientôt l'Kmpire et la dynastie sans défense en présence d'une opposition devenue irrésistible. M. J. Favre, organe de celle-ci, accablait, dans la dernière séance régulière du Corps législatif (3 septembre), le régime impérial de toute la responsabilité des malheurs de la France, et, le lendemain au matin, il demandait sommairement

au Corps législatif c la déchéance de Louis-Napoléon Bonaparte et de sa famille, et la nomination d'une commission de gouvernement ayant pour mission expresse de résister à outrance à l'invasion et de chasser Tennemi du territoire. » Mais le soir, dans l'effondrement complet du système impérial, la république était proclamée sans effusion de sang ni violence, et un gouvernement provisoire de la Défense nationale était constitué. M. Jules Favre en était nommé membre et en devenait, le lendemain, vice-président et ministre des affaires étrangères.

Son premier acte, avidement attendu, fut une circulaire aux agents diplomatiques, expliquant l'attitude nouvelle de la France devant la Prusse et annonçant la résolution d'indemniseï le vainqueur des torts de l'agression impériale, mais sans compromettre la dignité ou la sécurité du pays. Elle se résumait dans cette phrase : • Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses, « formule fameuse qui fut tant de fois reprochée à M. Jules Favre et au gouvernement de la Défense nationale lorsqu'il fut démontré qu'on ne pouvait en tenir les promesses. Elle était pourtant textuellement empruntée, paraît-il^ à une note de l'empereur de Russie, exprimant ainsi au'une paix honteuse serait suivie, à courte échéance, d'une guerre d'extermination. Ce langage fut bien accueilli des diverses puissances de l'Europe, dont les ambassadeurs et représentants firent savoir au ministre des affaires étrangères qu'ils resteraient à Paris malgré l'investissement. Dès cette époque, M. Jules Favre annonce, au nom du gouvernement, l'intention de convoquer une Assemblée nationale comme ayant seule le pouvoir de traiter légitimement de la paix.

A peine Paris investi, M. Jules Favre fit des démarches personnelles pour avoir une entrevue avec M. de Bismark et arrêter les conséquences d'une lutte désespérée; il l'obtint, non sans peine: ce fut la célèbre entrevue de Ferrières, oil le chancelier de la confédération du Nord maintint ari'O^amment, en présence des diverses offres du ministre français, toutes les prétentions et exigences de l'ambition allemande (19 septembre). M. Jules Favre exposa les résultats de cette entrevue dans une circulaire destinée à ranimer, par la perspective des humiliations et des sacrifices imposés au pays, le sentiment de la lutte à outrance contre l'envahisseur.

Dans les troubles intérieurs qui compromirent à plusieurs reprises la défense, M. Jules Favre fut un des plus ardents à combattre les tentatives de révolution communale ou sociale. Depuis le départ de M. Gambetta pour Tours (7 octobre), il avait pris l'intérim du ministère de l'intérieur, qu'il garda pendant quatre mois d'orages et de dangers. Surpris et entouré, le 31 octobre, avec plusieurs de ses collègues, il refusa fermement de signer, devant la violence, la démission que réclamaient leurs gardiens. Le lendemain, c'était lui qui demandait au peuple de Paris de voter, par oui ou par non^ si le gouvernement avait encore sa confiance, et il promettait d'user jusque-là du pouvoir pour maintenir Tordre avec énergie. A plusieurs reprises, M. Jules Favre essaya de négocier avec l'ennemi un armistice sous ces deux principales conditions : le ravitaillement de Paris proportionné à sa durée et l'élection d'une Âssemulée nationale par toutes les populations françaises sans exception; les refus de M. de Bismark rejetèrent toujours le gouvernement de la Défense nationale dans les nécessités d'une résistance sans espoir. La circulaire du 8 novembre faisait encore une fois ressortir l'impossibilité pour Paris et la France d'accepter des conditions honteuses et rui-

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neuses. Lorsque le bombardement rendit le danger plus pressant pour la population, M. Jules Favre ne se borna pas à protester inutilement devant l'Europe contre cette nouvelle rigueur militaire, il soutint le courage des habitants par de nobles paroles.

Un incident qui fit assez de bruit fut la négociation relative à la conférence de Londres ayant pour objet la révision du traité de Paris et le règlement de la question de la mer Noire. M. de Bismark refusa d'aboni, non sans quelque insolencOt le sauf-conduit demandé pour le représentant de la France par plusieurs puissances étrangères, et lorsqu'il fut question de le lui accorder, M. Jules Favre ne crut pas devoir s'éloigner alors «d'une ville sous le coup des derniers malheurs. La conférence fut plusieurs fois ajournée pendant ^es mois de décembre et de janvier par suite de ices négociations.

Au lieu de se rendre en Angleterre, où l'on préparait déjà de stériles meetings en Thonueur du « grand patriote . > M. Jules Favre dut aller à Versailles pour aiscuter avec H. de Bismark les conditions de la capitulation de Paris, contraint par la famine à cesser la résistance (24 janvier 1871). Ici, son rôle vraiment douloureux consiste à subir lui-même^ par contrainte, des stipulations <iu'il doit ensuite s'efforcer de justifier aux yeux a'une population plus irritée que convaincue de la nécessité de céder. Le 28 janvier, il signe avec M. de Bismark une conventiou qui portait, ou ire la capitulation de Paris, un armistice pour la mass8 des armées belligérantes; mais, par suite de l'ignorance où le ministre français se trouvait des opérations militaires et de la situation de nos armées en province, il était forcé d'accepter les yeux fermés les règlements de détail les plus défavorables pour notre cause, et une exception déplorable au préjudice de notre armée de l'Est. Par une inexplicable négligence, il oubliait aussi de notifier d'une manière précise ces stipulations à la délégation du gouvernement siégeant à Bordeaux, et cette omission devenait l'une des causes principales du désastre du général Bourbaki. D'autre part, il se hâtait de convoquer les collèges électoraux pour l'élection d'une Assemblée nationale. Quelques jours après, il était un des plus empressés à annuler le décret de la Délégation de Bordeaux, suspendant les droits d'éligibilité pour des catégories de citoyens ayant donné des gages à l'Empire. A ce moment il prit, en outre, l'intérim du ministère de la justice. Aux élections du 8 février, M. Jules Favre fut élu représentant à l'Assemblée nationale par six départements qui lui donnèrent : la Seine, 81 126 voix; le Bas-Rhin, 54 514 voix; Seine-et-Oise, 18670 voix; l'Ain, 32 837 voix; l'Aisne, 70337 voix, et le Rhône, 75368 voix. Il opta pour ce dernier.

Dans la nouvelle administration provisoire que M. Thiers fut chargé d'organiser, M. Jules Favre représenta spécialement la transition entre le gouvernement de la Défense nationale et le nouvel ordre de choses plus ou moins conforme aux vœux de l'Assemblée. 11 garda le ministère des affaires étrangères et, à ce titre, fut intimement mêlé, avec M. Thiers, à toutes les négociations qui eurent pour objet les préliminaires de paix et la conclusion d'un traité définitif. Ce fut lui et M. Poiiyer- Quertier qui allèrent signer ce dernier à Francfort, avec le prinoe de Bismark, le 10 mai; les ratifications furent échangées dix jours plus tard. S'associant à toutes les mesures d'énergie et de rigueur contre l'insurrection de la Commune, il demanda, par une circulaire du 26 mai, l'extradition des auteurs ou des complices des crimes de vol, d'incendie ou d'assassinat.

Cependant, à mesure que les idées de l'extrême

droite se prononçaient dans l'Assemblée nationale, les représentants du 4 septembre au pouvoir étaient en butte aux hostilités de la majorité. M. Jules Favre, le plus attaqué de tous, dut être sacrifié, malgré les marques d'amitié du chef du ffouvernement. Sa démission fut acceptée dans les derniers jours de juillet. Il fut remplacé, le 2 août, par M. de Kémusat, prit place, dans ta Chambre, parmi les représentants de la gauche républicaine, et fit, quelques jours après, sa rentrée au Palnis comme avocat. L'éclat donné à des circonstances malheureuses de la vie privée de M. Jules Favre n'avait pas été étranger à sa retraite. Les divulgations de M. Laluyé avaient révélé la situation irrégulière de famille où l'illustre chef de parti s'était placé. Le procès qu'il fit lui-même à ses diffamateurs devant la cour d'assises de la Seine (audience du 6 septembre) et qui eut pour dénoûment la condamnation de M. Laluyé a un an de prison et à mille francs d'amende, acheva de donner une complète publicité aux amertumes que les fautes de sa vie intime mêlèrent si longtemps aux luttes et aux douleurs de sa vie publique. Mme Jules Favre était morte l'année précédente (12 juin 1870).

M. Jules Favre a publié un livre qui a renouvelé autour de son nom de vives polémiques ' le GouvernemerU de la Défense nationale (juin 1872).

FERRÉ (Théophile-Charles), membre de la Commune de Paris, né vers 1845, exerça la profession de clerc d'agent d'affaires, tout en s'occupant de politique et de petit journalisme. Dès 1868 il se fit remarquer par de violents discours contre le gouvernement établi, et subit plusieura condamnations pour délits commis dans les réunions publi- (}ues. A l'occasion de la manifestation Baudin,. il prononça un discours qui débutait par ces mots : ff Vive la République, la Convention aux Tuileries! la Raison à Notre-Dame. > Lors du procès de Blois, il fut arrêté sous la prévention de complot contre la sûreté de l'Etat et la vie de l'empereur. Son attitude, pendant le procès, n'eut ni la dignité ni la modération qui signalèrent généralement celle de ses coaccusés, et ses insultes aux magistrats le firent expulser de la salle. Il fui acquitté cependant à défaut de preuves suffisantes. Pendant le siège de Paris, M. Ferré soutint dans les clubs les motions les plus radicales, et fit partie des compagnies de marche du 152* bataillon, formé à Montmartre. Après rio.surrectio& du 18 mars, et grâce à la popularité que ses opinions ultra-révolutionnaires, et son intervention dans l'assassinat des généraux Lecomte et Clément Thomas, lui avaient value dans le dix-huitième arrondissement, il fut élu, le 26, membre de la Commune, par 13 784 voix sur 17 443 volants.

Secrétaire de la nouvelle assemblée, le 29, puis membre de la commission de sûreté générale le 30 mars, il fut nommé substitut du procureur de la Commune le 5 mai, puis délégué le 14, après ia retraite de M. Cournet, à la préfecture de police. Il y continua le régime des arrestations illégales inauguré par son ami M. Raoul Rigault. Tl s'abstint dans la question de la validation des élections à la majorité absolue des sufirages, mais émit, le 2 mai, un vote motivé en faveur de la création d'un comité de salut public, en arguant du mandat impératif qu'il avait accepté de i:es électeurs. II se fit d'ailleurs remarquer dans toutes les discussions par la violence de son langage. Pendant les derniers jours de la Commune, la farouche ardeur de sectaire, dont M. Ferré avait fait preuve, ne fit que s'accroître, il donna en plusieurs occasions l'ordre d'exécutions sommaires, présida le 27 mai au massacre de la seconde série des otages, après

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avoir mis en liberté les condamnés du pénitencier, et leur avoir donné des armes pour qu'ils fissent l'office de peloton d'exécution. C'est à lui qu'a été aussi attribué l' incendie de la préfecture de police, allumé, dit-on, de ses propres mains, et celui du ministère des finances, d'après un ordre, signé T. Ferré, adressé au citoyen Lucay et ainsi conçu : « Faites de suite flamber Finances) et venez nous retrouver ; 4 prairial an 79. * M. Ferré a été arrêté le 14 juillet 1871. Traduit devant le troisième conseil de guerre,, siégeant à Versailles, il a conservé au cours des débats une attitude violente et provocatrice, ou s'est quelquefois renfermé dans un silence absolu. Il a été condamné, à l'unanimité, à la peine de mort, le 3 septembre 1871. Son pourvoi en révision fut rejeté quelques jours après (12 octobre). Son recours devant la commission des grâces eut le même sort, mais seulement après une attente de trois mois, pendant lesquels liL Thiers fît de vains efforts pour ramener la commission à des idées de clémence et de modération. Th. Ferré fut exécuté le 28 novembre 1871 , à sept heures du matin, au camp de Satory, devant les troupes réunies, en même temps que Nathaniel RosseL et le sergent Bourgeois. Il refusa de se laisser bander les yeux et mourut avec une grande fermeté. Les journaux publièrent plusieurs lettres écrites par lui avant sa mort, parmi lesquelles il faut citer celle qui était adressée à sa sœur, et dans laquelle il déclarait qu'il mourait « matérialiste comme il avait vécu* * Ses parents réclamèrent son corps, qui fut inhumé au cimetière de Levaliois-Perret.

FERmOUILLAT * (Jean>Bapti»te. dit Joannès).

— En 1864, il fut élu, comme candioat de l'opposition, conseiller générai du Rhône pour le 2* cai»ton de Lyon ; en 1867, il donna sa démission et fut réélu avec une majorité considérable. Après la révolution du 4 septembre 1870, nommé conseiller municipal à Lyon, il y présida, pendant la guerre, le comité de résistance et fut, aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, envoyé à TAseemblée nationale, comme représentant du Var^ par 29484 voix sur 50812 votants.

Il a pris place à l'extEème gauche, et a voté pour Le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; pour le traité dousmier,. la pro^ position Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris; contre la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir con> stituant et les propositions Rivet et Ravinel.

FERBY * (Jules-FraQ<çois>Gamille).— Pendant la session de 1869, le rôle de M. Ferry dans la Chambre et sa valeur oratoire S''accu8èrent de plus en plus. Il était devenu un des chefs les plus écoutés de l'opposition, lors de l'avénement du cabinet du 2 janvier 1870. Son attitude se modifia peu en présence des tendances libérales de M. Sm. Ollivi<er. Il fut au noml^re des déput-s de la gauehe qui demandèrent la dissolution du Corp» législatif comme ne représentant plus la majorité du pays, et à eette occasion il engagea avec M. £mil« Ollivier no» discussion des plu» violentes dans laquelle il repro» cha au premier ministre de dé^onorer le nom de son père (11 février). Après la déeiaration de guerre à la Prusse, M. Ferry, qui avait lutté, avec toute- la gauche, contr» la détermination du gouvernement, demanda la suspension, pendant la durée des hostilités, de la loi du 25 mai 1834, sur la fabrication des armes de gnerre. Cette proposition fut repoussée. Lors de la révolution du 4 septembre, il fut proclamé, ainsi que toute la députation de Paris, membre du gouvernement de la Défense nationale installé à l'Hôtel de

Ville. Nommé secrétaire du gouvernement, par décret du 5 septembre, et délégué, le 6, à l'administration du département de la Seine^ il s'efforça de rétablir les services de la banlieue de Paris comprise entre Tenceinte et les forts, le matériel de la garde nationale, créa le corps des brancardiers-ambulanciers, etc., etc. Pour éviter tout conflit entre lui et M. £tienae Arago, maire de Paris, il divisa, pour la première fois, le personnel et les services de Tadministratioa de la Seine, en bureaux exclusivement municipaux ou départementaux. Cette importante mesure, qui, à côté de quelques graves inconvénients, offrait de sérieux avantages, fut rapportée au moment de la nomination de M. Léon Say aux fonctions de préfet de la Seine. Fait prisonnier lors de la tentative insurrectionnelle du 31 octobre^ et délivré par la garde nationale, M. Ferry fut délégué à la mairie centrale de Paris, après la démission de M. Arajgo (15 novembre). Il présida l'assemblée des maires, qui, le 18 janvier 1871, décida le rationnement du pain, et il arrêta, le 20, oue des perquisitions auraient lieu au domicile des personnes absentes pour y rechercher les comestibles. Le 22 janvier, à la suite de la malheureuse sortie du 19, sur Montretout et Buzenval, une compagnie de marche du 101* bataillon de la garde nationale attaqua l'Hôtel de Ville, où A(. Ferry, liL Chaudey et les mobiles bretons résistèrent vigoureusement. Cette échauffourée fut le dernier épisode du siège : Paris capitula quatre jours après, et dnt payer à Tenneml une contribution de deux cents millions de francs. Lors des élections du 8 février 1871, les lenteuBS dureo^isement général des votes, qui, à Paris, dura plus de 8 jours, et les erreurs inhérentes aune opération aussi compliquée, lui furent vivement reprochées Nommé représentant à l'Assemblée nationale pour le département des Vosges, leoioiiuième sur huit^ par 33 439 voix, M. Ferry donna sa démission de membre du gouvernement, die La Dé** fense et d'administrateur de la Seine, aumomeitt de la vérification des pouvoir». Il conserva provisoirement cette dernière situation jusqu'au 18 mars. Après le second siège et l'entrée des troupes dans Paris, M* Thiers le nomma préfet de la Seine (24 mai)]. Celte nomination, vivement attaquée, et k laquelle le titulaire n'avait consenti que sous toute» réserves, ne subsista pas plus de dix jours, et fut résignée dès que U. Léon Say eut accepté les- diffioiles fonctions que beaucoup d'honxmes politique» avaient refusées. Depuis, il a élè sou^ vent question de M. Ferry corn me ambassadeur de France aux États-Unis, et sa nomination a même été un moment regardée comme certaine ; mais, violemment attaquée par la presse, elle n'est ja^ mais devenue officielle (mars 1872). Un décret du 15 mai suivant l'a dédommagé en le nommant ministre de France à- Athènes. Au moment de la piublication des documents de l'enquête sur les événements du 18 mars, M. Ferry dut réfiiter, dans les iournauT, plusieurs imputationB caiom* nienses^ a propos de sa déposition (fin mars 1872).

Il a pris plaee à gauche et a voté contre l'abrogation des lois (fexil, la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités"^ de commerce ; pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; pour la proposition Rivet, le traité douanier, et le retour de FAssemblée à Paris.

Lors du renouvellement des conseils gén!éTaux. le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller générai des Vosges, pour le canton du Thillot.

Le frère du précédent, M. Charles Fbbrt, né en 1833, a été chef du cabinet du ministre de Tintérieur, dans Paris as8iéç:é, pendant que ce portefeuille était, par intérim, entre les mains de

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