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Paris, pour le quartier Saint-Ambroise, M. Charles Floquet, porté par les comités radicaux, fut choisi pour le remplacer, et élu, au scrutin du 29 avril 18?2, par 2347 voix sur 3383 votants. Il a signé, le 14 mai suivant, l'adresse du Conseil général de la Seine à M. Thiers, demandant l'amnistie et la levée de l'état de siège.
FLOURENS* ( Gustave ). — Lors de Télection de H. Rocherort, comme député, dans la première circonscription de Paris, au scrutin partiel du mois de novembre 1869, il présida, à la Viilétte et k Belleville, des réunions publiques, et participa à la fondation du journal d'opposition radicale la Marseillaise , dont il fut élu rédac> teur. Après le meurtre de Victor Noir, il contribua à organiser l'immense manifestation dont les funérailles du jeune journaliste furent le prétexte; mais, mécontent de l'attitude de M. Rochefort en présence d'une insurrection imminente, il déclara
2u'il resterait désormais étranger à la rédaction e la Marseillaise (12 janvier 1870). Cet éloignement dura peu, et quelques semaines après, au moment où la Chambre autorisait l'arrestation du député de Belleville, il tenta, avec une poignée d'hommes, de soulever le 20^ arrondissement, ébaucha des barricades et séquestra un commissaire de police (7 février). Condamné par défaut à trois années d'emprisonnement, il se réfugia en Angleterre, où il fut accueilli avec éclat par les principaux représentants de la démocratie radicale. Revenu à Paris, au moment de la révolution du 4 septembre, il fut élu chef du 63* bataillon de la garde nationale. Nommé membre de la commission des barricades par décret du 22 septembre, puis chef des cinq ba;aillons de Belleville, avec le titre de major de rempart, il ne se servit de sa popularité que pour entraver la défense, et tenta a diverses reprises, au moyen de manifestations armées, de dicter des conditions au général Trochu. Cette agitation n'ayant point abouti, il donna sa démission, puis la retira, et, le 12 octobre, fit battre la générale, dansi'int«rntion de marcher sur l'Hôtel de Ville. Une instruction lut commencée contre lui, mais bientôt abandonnée. Quelques jours après, une indiscrétion lui ayant livré U nouvelle de la capitulation de Metz, il la fit insérer par M. Félix Pyat, dans le journal le Combat. L'émotion de la population fut immense , et le gouvernement obligé d'avouer ce qu'il n'avait pas osé publier. La tentative insurrectionnelle du 31 octobre, dans laquelle M. Flourens joua un des principaux rôles , fut la conséquence de ce nouveau désastre. Réeemment réélu commandant du bataillon des tirailleurs de Belleville, il fit partie, pendant quelques heures, du gouvernement provisoire dont M. Dorian était acclamé le président, mais, dès le lendemain, après la victoire pacifique de la garde nationale de l'ordre, fut révoqué de son grade. Bien qu'il eût été élu adjoint du 20' arrondissement, aux élections municipales du 7 novembre, par 7339 voix sur 9Ô4I votants, il fut encore l'objet d'une nouvelle instruction, que la faiblesse du gouvernement de la Défense laissa terminer par une ordonnance de non-lieu. Un mois après, à la suite des désordres commis par les tirailleurs de Belleville aux avant-postes de Créteil, il fut arrêté, écroué à la Conciergerie, puis à Mazas, et délivré le 22 janvier 1871, par des bandes armées que le poste de la prison ne sut pas conteriir, et qui envahirent ensuite et mirent au pillage la mairie de Belleville. Condamné à mort par contumace, il se déroba aux recherches, et ne reparut plus qu'anrès l'insurrection du 18 mars. Les électeurs du 19* et du 20* arrondissement le nommèrent, au scrutin du 26, membre de la Commune. Général,
à titre provisoire, de la 20* légion, le 29 mars, membre de la commission militaire le 30 mars, colonel le 2 avril, il prit part à la grande sortie teniée contre le Mont- Valérien. Surpris, le 3 avril, dans une maison du village de Chatou, par un peloton de gendarmerie, il tenta une lutte impossible et fut tué d'un coup de sabre. Malgré les aventures et les crimes politiques auxquels M. Flourens a été mêlé, il a laisse un renom de générosité et de folie chevaleresque, qui firent regretter i ses adversaires comme à ses amis cette déplorable fin.
FOLLIET (André-Eugène), avocat, publiciste et repréiïentant français, né en 1838, à Saint- Jean de Maurienne, d'une ancienne famille du Chablais, dont les membres ont suivi, depuis trois siècles, les professions libérales, fut reçu docteur en droit à l'Université de Turin, en 1861, et se fit inscrire, l'année suivante, au tableau des avocats à la cour de Paris. Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fut nommé, en remplacement de M. Jules Phrlippe, démissionnaire, représentant de la Haute-Savoie à l'Assemblée nationale, par 24302 voix sur 38079 votants, contre 13 000 voix données à son concurrent M. le baron d'Yvoire, candidat monarchiste et catholique libéral.
11 a pris place à gauche et a voté pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; pour le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, et la proposition Ravinel.
M. FoUiet a collaboré successivement à la /2evue de Paris (1865), à la Revue libérale (1867), à la Revue moderne (1869), à diverses publications juridiques, à plusieurs grands journaux de Paris et à presque tous les journaux des deux départements savoisiens. Il a publié : De la décentralisation administrative, thèse pour le doctorat (1861 , in-8*'); la Presse italienne et sa législation (Paris, 1869, in-8*), et de nombreuses notices sur l'Italie, iniiérées dans divers recueils, notamment dans ï Investigateur, journal de l'Institut historique. Deux lettres sur les tendances séparatistes des départements annexés, adressées par lui au Peuple souverain, en août 1871, ont eu un certain retentissement.
FORTUNÉ (Henri), membre de la Commune de Paris, né vers 1830. se mêla au mouvement politique radical, pendant le siège, et devint au commencement de 1871 un des agents les plus actifs du Comité central de la garde nationale. Élu, grâce à l'infiuence de cette puissante fédération, membre de la Tommune, dans le 10* arrondissement, par 1 1 304 voix, il était nommé, le 30 mars, membre de la commission des subsistances, et le 25 avril, adjoint à la commission d'enquête sur les actes du gouvernement du 4 septembre. M. Fortuné se fit remarquer dans la nouvelle assemblée par la violence de ses motions. Il s'abstint sur la validation des élections à la majorité absolue des sufi'rages, mais vota . en faveur de la création d'un comité de salut public bans moiiver son vote.
FOURICHON* (Martin). — Le 31 mars 1870, il fut nommé commandant en chef de l'escadre d'évolutions, en remplacement du vice-amiral Jurien de la Gravière. Lors de la déclaration de guerre à la Prusse (15 juillei), et de la formation de plusieurs armées navales, il fut misa la tête delà cieuxième escadre chargée d'opérer dans la mer du Nord. La flotte prussienne réfugiée dans le port de la Jahde
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refusa le combat. M. Foiïrichoa se borna donc à immobiliser cette force navale et à imposer un blocus sévère aux côtes prussiennes. Après la révolution du 4 septembre il fut nommé ministre de la marine par décret du gouvernement de la Défense nationale. Le 16, il rejoignait à Tours MM. Grémieux et Glais-Bizain, et était chargé d'exercer par délégation les fonctions de ministre de la guerre auprès de la partie du gouvernement siégeant en province. En cette (qualité il s'occupa de l'organisation de la première armée de la Loire, mais, à la suite de dissentiments entre lui et ses collègues, il abandonna à M. Grémieux l'intérim de la guerre (5 octobre) , que ce dernier conserva jusqu'à l'arrivée de M. Gambetta. Il signa comme membre du gouvernement, et contresigna comme ministre de la marine et des colonies le décret créant un gouverneur général civil en Algérie, et rendant aux trois départements d'Alger, d'Oran et de Constantine le droit d'élire des députés. On lui a reproché d'avoir, par des croisières mal entendues, laissé capturer un navire de commerce français, aux embouchures de la Gironde, par la frégate prussienne l'^lu^u^Ca. lia contresigné les derniers décrets de la délégation de Tours, relatifs à la' dissolution des conseils généraux, k l'inêligibilitédes fonctionnaires de l'empire à l'Assemblée nationale, etc.
Aux élections du 8 février 1871, nommé représentant de la Dordogne à l'Assemblée nationale, le neuvième sur dix, par 73293 voix, il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, la proposition Gazenove de Pradines, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet etRavmel, et le traité douanier ; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel ; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.
FRANCKEL (Léo), membre de la Gommune de Paris, ouvrier bijoutier, né à Bude, le 28 février 1844, fils a'un médecin hongrois, reçut une instruction assez complète et s'occupa de bonne heure d'économie politique. Affilié à l'Association internationale des Travailleurs, dès son origine, il devint bientôt un des membres les plus influents du Gonseil fédéral, où il était délégué par la section allemande. Il figura, sous les ordres de Garibaddi, au combat d'Aspromonte, et fut compromis à Gènes, à Turin et à Milan dans les complots socialistes qui suivirent l'établissement delà capitale italienne à Florence. Impliqué dans les procès faits par le gouvernement impériale la section fi*ancaise de l'Internationale, il fut condamné, le h juillet 1870, à deux mois de prison et 25 francs d'amende, pour avoir fait partie d'une société non autorisée. Sa défense obtint un succès d'audience, grâce à une discussion économique sur les grèves, à propos de laquelle il soutint que l'Internationale ne travaillait pas à une révolution politique.
La notoriété acquise par M. Franckel, parmi les travailleurs, le fit nommer membre de la Commune, le 26 mars 1871, dans le 13* arrondissement, par 4520 voix. Malgré sa qualité d'étranger^ son élection fut validée. Membre de la commission de travail et d'échange, le 30 mars, adjoint à la commission des finances, le 6 avril, membre de la nouvelle commission executive, le 21 avril, il défendit éuergiquement, dans la séance du 12 mai, les droits des travailleurs à un salaire rémunérateur, el demanda que l'Assemblée s'occupât immédiatement de résoudre « le problème de l'égalité sociale, dont le principe