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que. Le Cabinet Gladstone, un moment effrayé des conséquences de sa politique, se retourna alors vers la France et essaya, en l'appelant à la conférence de Londres, de retarder une solution aussi précipitée de la question d'Orient. 11 était trop tard; la France, accablée par des désastres sans précédents, ne put que subir, comme son ancienne alliée, une révision avantageuse à la Russie, acceptée d'avance par TAIlemagne victorieuse. Les résultats de la guerre de Crimée étaient à jamais perdus. L'opinion publique se prononça . très-vivement contre le premier ministre, qu'on accusait d'avoir sacrifie les véritables intérêts du pays aux sympathies prussiennes de la reine Victoria. L'initiative privée s'efforça de prouver à la France que le peuple anglais ne partageait point les tendances étroitement égoïstes de son gouvernement, et protesta par le déploiement d'une charité véritablement' magnifique en faveur des victimes de la guerre^ a Paris et en province. La nomination de M. Thiers comme cne^ du pouvoir exécutif de la République française décida M. Gladstone à reconnaître le nouveau gouvernement français, et à lui donner tardivement les plus formelles assurances de sympathie. Malheureuse^ ment la rivalité des intérêts commerciaux, et les idées protectionnistes, bien connues, de M. Thiers, ne contribuèrent pas à fortifier ces témoignages d'amitié platonique. D'ailleurs les soins réclamés par la réorganisation intérieure du Royaume-Uni continuaient à absorber M. Gladstone. L'agitation irlandaise, toujours plus vive, l'avait contraint, à la fin du mois de décembre 1870, à mettre en liberté les prisonniers fénians, sous condition de bannissement perpétuel. La pression du sentiment public, qui eut en cette circonstance un remarquable écho dans une ingénieuse fiction littéraire de M. Disraeli, intitulée : la bataille de Dorking, le força de hâter la présentation du bill de réorganisation de l'armée, dont la principale clause, l'abrogation du droit d'achat des grades, fut sur le point de déterminer une véritable crise gouvernementale. La chambre des Lords ayant rejeté le bill, M. Gladstone, appuyé par la presse libérale, décida la reine à faire usage de sa prérogative royale et à prononcer par décret l'abrogation du droit d'achat. Cet acte d'énergie souleva le parti tory. La chambre des Lords prononça un vote de censure contre le gouvernement, à la majorité de 162 voix contre S2, et repoussa le bill du « vote au scrutin secret. > Le cabinet ne se retira pas devant la coalition des rancunes aristocratiques, et poursuivit la campagne entreprise en faveur des intérêts agricoles et manufacturiers, des tenanciers irlandais et des « ouvriers libéraux *. Pendant les vacances parlementaires de 1871, M. Gladstone a pris la parole dans un nombre considérable de meetings tenus dans les principaux collèges électoraux manufacturiers, pour exprimer son « aversion de cette politique petite, mesquine, étroite, qui consiste à se mêler des aflaires des autres nations > ,en même temps qu'il témoignait son intérêt f>our les classes ouvrières, pour les associations qui es moralisent ou les soulagent, et affirmait que < la solution delà question sociale reposait surtout sur l'activité individuelle et les efibrts des travailleurs. >
Récemment l'influence politique et la stabilité . du gouvernement présidé par M. Gladstone ont semblé être ébranlées par la nomination extra-légale d'un juge à la Cour du banc de la reine, sir Richard Collier, et surtout par les interminables négociations du Foreign office avec le cabinet de Washington, à propos du règlement de l'indemnité due aux États-Unis, en réparation des dommages causés par le corsaire VAlabama, et dont la fixation était soumise à l'arbitrage de la Suisse. Le gouver-
nement américain ayant déclaré dans son mémoire que l'arbitrage devait s'étendre même au règlement des dommages indirects , estimés à environ cinq milliards, l'émotion de l'opinion publique et de la presse fut très-vive, et devint l'occasion d'interpellations, à la suite desquelles le premier mi nistre s'efibrça de justifier sa politique (février 1872). Depuis, un arrangement amiable a semblé, à plusieurs reprises, définitivement conclu entre les parties contractantes, mais tantôt les susceptibilités du cabinet anglais, tantôt les exigences du Sénat américain, ont interrompu le cours des négooiations suivies avec un intérêt toujours croissant par l'opinion publique européenne. Elles ont abouti, le 14 septembre 1872, à une sentence arbitrale condamnant le gouvernement anglais à payer, en or, aux États-Unis une indemnité de 77 500000 fr.
GLAIS-BIZOIN * (Alexandre-Olivier). — Après l'avènement du ministère du 2 janvier 1870 et la publication du programme libéral de M. Emile OUivier, il présenta comme proposition complé-
point d'être renvoyé budget. Quelques semaines après, il réussit à faire accepter en partie une proposition de loi supprimant l'impôt du timbre sur les journaux et le remplaçant par un droit de poste sur les imprimés. Dans la séance du 18 juillet, il déclara qu'il avait voté contre la guerre, mais que, la guerre étant décidée, il donnait son concours le plus absolu aux dispositions prises par le gouvernement. Après les premiers échecs de l'armée française, il proposa, le 11 août, au Corps législatif « de ne ratifier aucune convention ni traité, tant que les armées ennemies seraient sur le territoire », et signa le même jour, avec M. de Kératry, la motion d'appeler le maréchal Lebœuf et les fonctionnaires de l'intendance à la barre d'une commission d'enquête prise dans le sein de la Chambre. La révolution survenue le 4 septembre, à la nouvelle du désastre de Sedan, porta M. Glais- Bizoin au pouvoir. 11 fut proclamé, à l'Hôtel de ville, membre du gouvernement de la Défense nationale, avec tous les députés de Paris. Un décret du 16 le déléguait, ainsi que MM. Crémieux et Fouricbon, pour aller représenter, à Tours, le gouvernement central dans les départements non occupés par l'ennemi. Ces pouvoirs devaient durer autant que l'investissementde la capitale. Après l'entrevue de Ferrières et la proclamation de M. Jules Favre, une dépêche de M. Glais-Bizoin,en date du 7 octobre, annonçait aue les départements s'organisaient et préparaient la guerre à outrance. L'arrivée de M. Gambetta et les pouvoirs absolus qui lui furent attribués comme ministre de la guerre et de l'intérieur amoindrirent beaucoup l'importance de M. Glais-Bizoin. Il se borna dès lors à prendre part à toutes les mesures graves édictées par son collègue en les contre-signant. Il faut citer entre autres le décret de dissolution des conseils généraux (25 décembre), le décret dont M. Crémieux avait pris l'initiative, destituant les magistrats inamovibles, qui avaient fait partie des commissions mixtes (28 janvier 1871)^ et le décret concemai^t les élections à l'Assemblée nationale, qui déclarait inéligibles tous les anciens fonctionnaires de l'Empire. A ce moment le désaccord entre le gouvernement de Paris et la délégation de Bordeaux était complet, mais les commentaires de la presse et les discours prononcés à l'Assemblée nationale en aggravèrent encore la portée, en la présentant comme un état insurrectionnel contre le gouvernement central. M. Glais-Bizoin écrivit à ce propos à M. Grévy, président de l'As-