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semblée, une lettre rendue publique, démontrant que la délégation n'a?ait jamais songé à faire prévaloir son avis, autrement que par la persuasion. Violemment attaqué par la presse qui, dès les premiers jours de février, l'accusait d'avoir vemiu ses biens, réalisé sa fortune, et d'être passé en Angleterre, emportant les deniers publics, il répondit « que non-seulemaat il avait servi -son pays gratuitement pendant cinq mois et demi de pouvoir absolu, mais encore qu'il avait dépense son avoir pour le service de TËtat. » Il ajoutait que l'échec du gouvernement de la Défense « était le fait d'élections beaucoup trop retardées et faites dans de malbeureuses circonstances. » Au; élections du 8 février 1871 pour l'Assemblée nationale, il posa sa candidature dans le département des Côtes-du-Nord, mais la retira au dernier moment. Il ne fut d'ailleurs nommé dans aucun département. Au moment de l'insurrection du 18 mars, il vitit à Paris poair se rendre compte de la portée du mouvement et fut arrêté le 13 mai par ordre du délégué à la sûreté générale, puis relâché le lendemain, sous la condition de ne point quitter h -capitale et > de se présenter de temps en temps à l'Hôtel de ville. » A la faveur de l'entrée des troupes régulières, il put s'échapper et arriver à Versailles, où il fut mis en état d'arrestation le 27 mai, mais relâché immédiatem en t. Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il se présenta sans succès à Paris, et il est rentré depuis dans la vie privée.
QQEBEN (Auguste db), général prussien, né vers 1813, entra dans l'infanterie prussienne en 1833. et fut nommé officier en 1836. L'année suivante il <ionna sa démission pour aller combattre en Espagne dans les rangs des insurgés carlistes, et fut nommé lieutenant-colonel de rarmée royale. Il rentra cependant comme simple lieutenant dans l'armée prussienne, fut aussitôt Attaché à l'étatmajor général, fit la campagne de 1840 dans le Palatinat du Rhin et la Westphalie, passa ensuite dans l'infonterte comme capitaine, mais revint dès 1850 dans l'état- major général en qualité de chef d'escadron. Colonel en 1860, il fut attaché à l'armée espagnole pendant la guerre du Maroc. En.lH64, il- commanda comme général-major la 26* brigade, dans la guerre contre le Danemarck. Mis à la tête de la 13* division en 1865, il acquit une brillante réputation par la manière dont il fit la campagne du Mein en 1866, et fut nommé général d'mfanterie en 1870. C'est en cette qualité qu'au <iébnt de la guerre franco-prussienne il commandait le 8* corps de la 1^ armée. Le jour de la bataille de Wœrth (6 aotlt), il aida le général Zastrow à battre le général Frossard à Sarrebrack et à Forbadi, se concentra ensuite autour de Metz, et prit une part glorieuse aux batailles de Mars-la-Tour et Oravelotte (16 et 18 août). Après la capitulation de Metz, le général de Gœben opéra d'abord dans le Nord, puis fut dirigé sur Rouen, qu'il occupa le 6 décembre. L'arrivée de Faidherbe à Lille l'obligea à revenir sur son ancienne ligne d'opérations, où, sous les ordres supérieurs de ManteufTel, il assista aux batailles de Pont-Noyelle et BapaCime. Lors de la formation d'une armée allemande du Sud, destinée à soutenir Werder contre Bourbaki, M. de Mantcufl'cl en fut nommé le commandant en chef, et le général de Goeben le rem> plaça à la tête de la 1** armée. 11 s'empara de Péronne le 10 janvier 1871, et gagna, le 19, la bataille de Saint -Quentin, qui le rendit maître de tout le pays du Nord jusqu'à Arras. L'armistice intervint quelques jours après, bientôt suivi de la signature des préliminaires de paix.
GOUIN* (Alexandre).— Maire de Tours pendant l'occupation allemande, il a été nommé, aux élec-
tions du 8 février 1871, représentant d'Indre-et- Loire à l'Assemblée nationale, le deuxième sur six, par 57 934 voix.
Il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de rélection des princes, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières), et le retour de l'Assemblée a Paris ; contre la proposition Ravinai. Il s'est abstenu sur le traité douanier.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département d'Indre-^t-Loire, pour le canton Nord de Tours.
GOULARD (Marc-Thom as-Eugène iw), représentant français, né A Versailles len 1808, se fit inscrire au oarreau de Paris en 1830, et siégea comme député de 1846 à 1848. Au scrutin du 8 février 1871, élu représentant des Hautes-Pyrénées à l'Assemblée nationale, le premier sar cinq, Sar 82720 voix, etconseiller général pour le canton 'Arreau , le 8 octobre suivant, il fut nommé plénipotentiaire aux conférences de Francfort, et désigné, le 10 novembre, pour aller occuper à Rome, auprès du roi Victor-Emmanuel, le poste de ministre de France, où il succédait à H. de Choiseul-Praslin. Mais cette dernière nomination n*eut pas de suite, car il fut appelé au ministère du commerce (6 février 1 872)^ en remplacement de M. Victor Lefranc, qui prenait le portefeuille de l'intérieur abandonné par M. Casimir Périer. La retraite de M. Pouyer-Quertier. à la suite du procès Janvier de la Motte, étant oevenue nécessaire (5 mars), M. de Goulard fut choisi par M. Thiers pour remplir l'intérim du ministère des finances, dont il devint peu après le titulaire (23 avril). Dans la laborieuse discussion du budget de 1873, terminée par le vote de l'impôt sur les matières premières et rémission de l'emprunt de 3 milliards, le nouveau ministre des finances fit preuve d'une puissance de travail et d'une activité remarquables. On sait quelle chiffre de la souscription à la colossale opération financière quil avait préparée, et à laquelle concoururent lès banquiers du monde entier, dépassait, le 30 juillet, quarante un milliards et atteignit définitivement, paraîtil, l'énorme total de quarante-quatre milliards. En annonçant à l'Assemblée ces résultats ^inespérés M. de Goulard en fit honneur à la « République conservatrice. >
Il a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, et le retour de l'Assemblée à Paris; contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités de commerce.
GRAMMONT* (Ferdinand, marquis db). — Aux élections du 8 février f 871 , il a été nommé représentant de la Haute-Saône à l'Assemblée nationale, le troisième sur six, par 23 454 voix.
Il a pris place au centre droit, et a voté ][K>ur les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d*ezil, la validation de l'élection des princes, la loi dé> partementale, le pouvoir constituant, la proposition Rivet et le traité douanier; contre le gotivememont, dans la question du pouvoir temporel; contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités de commerce.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département de la Haute-Saône, pour le canton de Villersexel.
GRAMONT * (Antoine- Agénor-Alfred, duc db).-*
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Un décret du 15 ma 1870 l'appela au poste de ministre des affaires étrangères, dans le cabinet Olii- TÏer, en remplacement de M. le -comte Dam, démissionnaire depuis le 14 avril. Il quitta Vienne aussitôt, mais pour revenir quelques jours après y conférer avec M. de Benst. Gommemarque d'estime particulière, l'empereur François-Joseph II lui décerna la grand'-croix en brillants de Tordre de Saint-Etienne. Le nouveau ministre parut d'ailleurs vouloir inau'^jurer une politique terme et attentive vis-à-vis de la Confédération iiu Nord. Au moment où s'ouvrit devant le Corps législatif la discussion sur l'entreprise du pereement du Saint- Gothard, il fit allusion aux paroles prononcées À cette occasion par M. de Bismark, et affirma que > les sentiments patriotiques de la France navaient pas besoin d'être tenus en éveil. » Dans la séance du 6 juillet, répondant à une interpellation de M. Gochery, relative à l'acceptation de la couronne d'Espagne par le prince Léopold de Hohen- Eollem, il oéciara, aux applaudissements du Corps législatif, que le gouvernement impérial ne pouvait souffrir « qu'une puissance étrangère, en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles- Ôuiot, pût déranger l'équilibre des forces en Europe et mettre en péril les intérêts et l'honneur de la France. » Les négociations engagées à Ems par M. Benedetti aboutirent à une renonciation spontanée de la part du prince Léopold, et à l'approbation de ce désistement par le roi de Prusse. M. de Gramont youlut obtenir plus encore. Il fît demander à Guillaume I*' de déclarer formellement «c qu'à l'avenir il n'autoriserait aucun prince de sa maison à accepter une couronne que les éventualités d'un pays en révolution pourraient lui faire offrir. » Le roi de Prusse se refusa à une pareille exigence , et fit sentir à l'ambassadeur de France qu'insister serait inutile. En même temps une dépêche d'agence^ que l'on crut d'abord officielle et émanée de M. de Bismark, annonçait aux cabinets étrangers que M. Benedetti avait été congédié. Cette dépêche amena la déclaration de M. de Gramont au Corps législatif et au Sénat, le 1 5 juillet, établissant officiellement l'état de guerre entre la France et la Prusse. Quelques jours après, le ministre des affaires étrangères entamait des négociations avec le cabinet de Florence pour placer le territoire pontifical sous la garantie des stipulations . de l'art. 1" de la convention du 15 septembre 1864, et signifiait à la cour de Rome qu'en présence des nécessités militaires le corps français d'occupation allait être rappelé. Les premières défaites de l'armée à Wissembourg amenèrent la chute du ministère OlUvier et la retraite de II. de Gramont Depuis, l'ancien ministre des affaires étrangères a été plusieurs fois, dans la presse, Tobjet d'attaques passionnées. Il faut mentionner surtout celles qui se produisirent 4 ta suite de la publication de plusieurs documents diplomatiques, émanés de M. de Saint-Vallier, ancien ministre de France à Stuttgard, et à l'occasion du livre de M. Benedetti intitulé : Ma mission ff« Prusse (octobre 1871). Au mois de janvier 1872, tf. de Gramont fut appelé à déposer, en même temps que le maréchal Lebœuf , devant la commission d'enquête sur les causes de la révolution du 4 septembre.
6R ANDPERRET (Michel - Etienne - Anthelme- Théodore), magistrat et homme politique français, né à Galuïre (Rhône), commune annexée depuis à Lyon, le 26 janvier 1818, est fils d'un chef d'institution qui a publié quelques ouvrages d'enseignement littéraire et des recherches historiques sur la ville de Lyon et son académie.
Malgré des malheurs de famille, il put faire son droit à Paris, fut reçu avocat et se fit inscrire
comme stagiaire au barreau de la Cour royale de Lyon en 1844. Il s'occupa alors, comme son père , d'études d'histoire lyonnaise, et, après avoir été deux fois Lauréat de l'académie de Lyon, en fut élu meriibre en 1847. Il s'essaya aussi au journalisai , fit le feuilleton des théâtres dans le Courtier de Lyon, puis écrivit dans le iournal de la préfecture. Le Bhôney dont son père avait été nommé rédacteur en cheL Au commencement de 1840, il entra dans la magistrature, comme substitut au tribunal de Lyon, et passa en 1852, avec le n>ême titre, au parquet de la Cour. Nommé successivement avocat général à Bourges, en 18^, à Toulouse, en 1859, et procureur général à Orléans, en i 861 , il fut appelé à Paris, en 1867 , comme procureur général, en remplacement de M. de Marnas,, et nommé en outre conseiller d'fitat en service ordinaire hors sections.
M. Grandperret, qui joint au culte des lettres le goût des arts, et passe même pour un virtuose distingué, s'est fait remarquer, dans ses fonctions, comme orateur, par la distinction de sa parole. Parmi les causes célèbres qui l'ont mis en évidence, il faut mentionner, au mois de décembre 1869, l'effroyable afiaire Troppmann. Quelgues semaines plus tard (janvier 1870), il était désigné pour les fonctions de procureur général près la Haute cour de justice, convoquée à Tours pour juger le prince Pierre Bonaparte, dans l'affaire Victor Noir. Le réquisitoire prononcé par lui à cette occasion <26 mars) a été cité comme un modèle d'éloquence judiciaire. Auteur du rapport adressé, le 5 mai, au garde des sceaux sur le complot contre la vie de l'Empereur, dont la découverte précéda le plébiscite, il fut encore nommé ppocureur général près la Haute cour convoquée a Blois à cette occasion (11 juin). L'instruction de cette affaire se terminait à peine au moment du désastre de Wissembourg. M. Grandperret renonça alors à la parole, ainsi que les défenseurs des' accusés, et le verdict fut prononcé sans plaidoieris. Deux jours après, lors de la formation du cabinet Palikao (10 août), M. Grandperret, dont le dévouement à la dynastie était connu, fut nommé garde des sceaux en remplacement de M. Emile OUivier, démissionnaire. Après la révolution du 4 septembre, il est rentré dans la vie privée et s'est fait inscrire au barreau de Paris.
Il a été promu commandeur de la Légion d'honneur le 1" août 1868.
Outre des discours de circonstance, on cite de M. Théodore Grandperret : De VEtat politiqw de la viUe de Lyon depuis le diiième siècle jusqu'à l'année 1789 (Lyon, 1843, in 8"), et l'Éloge de Mme la marquise a'Aligre (ibid., in- 8°) : ces deux écrits couronnés par l'Académie de Lyon.
GRANIER DE GASSAGITAC* (Paul de).— Lors de l'affaire de Victor Noir (janvier 1870), il prit ouvertement parti pour le jirince Pierre Bonaparte, et fut, a cette occasion, l'objet de manifestations hostiles, au théâtre de la Porte Saint-Mariin. Une vive campagne, entreprise par le Pays, en dépit de l'Empereur, contre le ministère Ollivier, précéda le conflit HohenzoUem et la déclaration de guerre à la Prusse. La guerre déclarée; M. Paul de Ga.ssagnac, qui souffrait encore d'une blessure récente à la poitrine,et qui venait d'être nommé chef du bataillon des mobiles du Gers, préféra s'engager comme volontaire dans le l*' régiment de zouaves, attaché à la division .Abel Douay. Il assista à la bataille de Sedan, fut fait prisonnier et enfermé pendant huit mois dans une casemate à Gosel (Siiésie). Les souffrances occasionnées par l'intensiié du froid (30 degrés) et les mauvais traitements dont les prisonniers étaient l'objet, lui fournirent un prétexte favorable pour fomenter
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une révolte que radoucissement de la température et de nouvelles rigueurs firent échouer. Aux élections du 8 février 1871, pour TÂssemblée nationale, il obtint, en son absence, et sans être élu , 8000 voix environ, alors que le dernier des six représentants nommés, M. de Rességuier, réunissait 57 535 voix. Rendu à la liberté, et après un séjour à Venise qu'avait rendu nécessaire l'ébranlement de sa santé, M. Paul de Cassagnac fut élu, le 8 octobre suivant, à la presque unanimité, conseiller général du département du Gers, pour le canton de Plaisance, conseiller munici-
{)al et maire de cette localité. 11 fonda alors , dans e Gers, un journal politique, l'Appel au Peuple ^ dont le âuccès fut considérable, et, de retour a Paris, reprit la direction du Pays (janvier 1872y. Un jugement de la 6' chambre a condamné réoemment M. Paul de Cassagnac à huit jours de prison et 100 francs d'amende à la suite de son duel avec M. Lockroy (3 juillet).
GRANT * (Ulysse-S.) . — Les résultats acquis pendant les derniers mois de Tannée 1869 furent en rapport avec ces heureux débuts, et le message du mois de novembre annonça une nouvelle diminution de ia dette, qui du mois de mai au mois de décembre fut en effet réduite de 4&0 millions de francs. A ce taux, treize années devaient suffire pour rembourser les milliards qu'avait coûtés la guerre de la sécession. La reconstitution de la République était d'ailleurs à peu prés complète, une politique d'apaisement tendait à prévaloir, dans le Nord comme dans le Sud, et le Texas rentrait dans l'Union aux mêmes conditions que la Virginie. D'autre part, l'interminable insurrection de Cuba, sympathique aux patriotes américains , obligeait le gouvernement, qui ne voulait point reconnaître aux insurgés la qualité de belligérants^ à sévir contre les entreprises particulières favorables aux Cubains, et à refuser aux Chambres communication de la correspondance officielle échangée à ce sujet avec l'Espagne. Le président Grant voyait môme en cette circonstance sa popularité compromise, et était accusé de laisser échapper, par excès de prudence, l'occasion, qui ne se retrouverait peut-être plus, d'annexer une riche colonie. Quelques mois après (avril 1870), le sénat américain rejetait le traité conclu en 1867 entre le président Johnston et le Danemark, relatif à la vente aux Ëtats-Unis des Antilles danoises, moyennant une somme de 37 millions de francs. Ce traité était l'oeuvre personnelle de M. Seward, l'ancien ministre (les affaires étrangères. Dans un nouveau message, le président affirmait sa politique de temporisation à l'égard de Cuba ; il faisait adopter au sénat un bill contre les fraudes électorales, était choisi comme arbitre par PAngleterre et le Portugal, qui se disputaient la possession de l'île de Bolama, en Guinée, et enfin, au moment de la guerre entre l'Allemagn? et la France, déclarait la neutralité absolue des Etats-Unis (août 1870), et l'intention où il était de l'imposer énergiquement par tous les moyens légaux. L'année 1870 s'acheva dans une croissante prospérité financière, et dès le mois de février 1871, le recensement décennal démontra que depuis 1860 la population des États-Unis s'était accrue de sept millions d'Ames, et qu'elle atteignait le chiffre de 38535000 habitants. Les défaites inattendues de la France et le foudroyant triomphe de la Prusse modifièrent l'attitude de M. Grant à l'égard de ces puissances européennes. 11 plaça le ministre américain de Berhn sur le môme pied que ceux de Londres et ie Paiis, et saisit cette occasion pour féliciter le p eirple allemand de s'être uni « sous une forme d e gouvernement semblable en beaucoup de points
icelui de l'Union américaine. » Le nombre de
citoyens américains d'origine germanique et le flot continu d'émigrants allemands aux Etats-Unis expliquaient, sans la justifier, la flatteuse bienveillance du général Grant, en vue de prochaines élections présidentielles. L'entente des Ëtats-Unis avec TAllemagne était donc complète. Les relations avec la Russie, un instant compromises par l'attitude de M. Katakasy, représentant du czar, vis-à-vis de M. Fish, secrétaire d'État des affaires étrangères, devinrent encore plus intimes après la visite à Washington du grand-duc Alexis. Il faut citer encore, parmi les événements importants de la présidence du général Grant pendant les année 1871 et 1872, l'incendie de Chicago, dont les pertes furent évaluées à deux cents millions, les mesures de rigueur prises dans le Sud contre les sociétés dites de Kukliix, celles qui interdisaient la polygamie dans l'Utab, et les poursuites, suivies d'effet, ordonnées contre le célèbre Brigham Young, prophète des Mormons, convaincu d'avoir cohabité en môme temps avec vingt-sept femmes, et la signature du décret d'amnistie rendant aux États du Sud leurs droits politiques. Enfin, il faut mentionner les interminables négociations relatives au différend de VAlahama, qui depuis plusieurs années passionnait les esprits en Angleterre et aux États-Unis, et l'acceptation , par le traité de Washington (février 1872), de l'arbitrage de la Suisse pour le règlement définitif des dommages causés par le corsaire confédéré. L'interprétation du traité, que le cabinet américain voulait étendre aux dommages indirects, et que le ministère anglais prétendait réduire aux dommages directs, provoqua divers incidents parlementaires, défavorables au cabinet Gladstone. Les négociations aboutirent, le 14 septembre 1872, à une sentence arbitrale, condamnant le gouvernement anglais à payer, en or, aux États-Unis, une indemnité de 77 500 000 francs.
GRAXVILLE* (Granville-Georges-LEVESON Go- WER,2* comte). — A la mort de lord Clarendon, lord Granville déjà ministre des colonies dans le cabinet Gladstone, quitta ces fonctions pour devenir chef du Foreign office. 11 adressa alors aux puissances, à l'occasion des attaques passionnées dirigées par la presse allemande contre l'attitude de l'Angleterre, dans la guerre franco-prussienne, une circulaire diplomatique, où répondant à M. de Bemstorf, qui se plaienait de ce que le gouvernement anglais n'empêchait pas Texportation d'armes pour la France, il rappela avec fermeté la conduite de la Prusse lors de la guerre de Crimée. Mis en demeure dès le 6 septembre par le gouvernement de la Défense nationale, de proposer la médiation de l'Angleterre sur la base de l'intégrité du territoire français, il refusa d'admettre un projet qu'il ne considérait pas comme pratique, repoussa le 15 octobre une proposition de M. de Chaudordy, en vue de la réunion d'un conc^rès des neutres, mais provoqua l'entrevue de M.Thiersetde M. de Bismark, espérant qu'elle finirait par un armistice. Il voulait surtout que les beUigérants fussent d'accord sur une base de né-
gociations, avant que les neutres n'intervinssent ans leur querelle. Cependant, à la fin du mois d'octobre, il insista auprès de M. de Bismark, pour que Paris ne fût pas bombardé, et qu'un armistice fût conclu, renouvela cette tentative au mois de novembre, sans plus de succès, et, surpris quinze jours après, au milieu de ces efl'orts d'intervention platonique, par la circulaire du prince Gortschakoff, contesta énergiquement à la Russie le droit de s'affranchir des obligations du traité de 1856. Désarmé par les tendances ultrapacifiques de M. Gladstone (voy. ce nom), il dut se borner à cette vaine protestation, les questions
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