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GUIL

nérauz (15 octobre 1871). Les débuts de ces assemblées provinciales ne rendirent point la tâche facile au nouveau gouyemeur. Elles refusèrent d'accueillir dans leur sein les délégués des populations musulmanes^ et émirent des yœux qui dépassaient leur compétence. Le conseil général d^ Alger particulièrement se mit en opposition oi>yerte avec la loi. Cette résistance devint assez graye pour que le poiawir exécutif crût devoir dissoudre les consens généraux et annuler leurs délibérations, en portant cette mesure extrême à la connaissance de l'Assemblée nationale comme le voulait la loi (iécembre 1871.) Depuis, les conseils généraux ont été réélus, et les droits des assesseurs musulmans considérablement réduits Ouillet 1872).

GU1CHARD * (Victor), —Aux élections du 8 février 1871 , il a été nommé représentant de l'Yonne à TAssomblée nationale, le sixième sur sept.

Il a pris place à gaucne, s'est fait inscrire à la réunion du Jeu de Paume, >et a^ voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), et le retour de l'Assemblée à Paris ; pour le gouvemement dans la question du pouvoir temporel; contre la validation de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel, et le maintien des traités de commerce.

GUItLAUllE I" * (Frédéric-Louis, roi de Prusse, empereur d'Allemagne). — La participation plus ou moins personnelle du roi de Prusse aux événements qui , depuis deux ans, ont modifié profondément l'Europe et transformé complètement l'Allemagne, est difficile à préciser au milieu de l'action multiple exercée autour de lui par l'ensemble de ses conseillers et de ses auxiliaires, ministres, diplomates, généraux, administrateurs, dont les noms restent plus directement attachés à chacun des faits particuliers. Deux noms résument surtout les derniers événements de son règne, celui de M. de Bismark pour la diplomatie et la politique, celui de M. de Moltke pour la préparation et la réalisation des opérations militaires. L'intervention de Guillaume 1** parait dans diverses circonstances solennelles, entrevues de souverains, réceptions d'ambassadeurs, échanges de documeots officiels, ouverture et présidence d'assemblées on de cérémonies d'apparat. Elle s'accuse dans des proclamations, des manifestes^ des discours, de simples dépêches mêlant le ton de l'intimité au caractère de docoments publics^

Le souci que le roi Guillaume prenait, depuis Sadowa, de la réorganisation de 1 armée et de la marine allemandes atteste qu'il se préparait incessamment à la guerre à laquelle aspirait l'Allemagne, et Qu'il eut l'habileté de la faire déclarer par son rival, Napoléon III. Après la rupture motivée par la candidature du prince de Hohenzollem au trône d'Espagne et consommée par l'entrevue d'Ems avec M. Benedetti (juillet 1870) , le roi quitta Berlin, pour se rendre à l'armée avec M. de Bismark (28 juillet). A cette occasion, il mettait la ville de Berlin en état de siège et supprimait plusieurs journaux; mais il annonçait une amnistie pour les crimes et délits politiques. Il rétablissait aussi Tordre de la Croix de fer institué par son père et tombé en désuétude : cette décoration était réservée aux combattants de la nouvelle guerre.

Sa proclamation de départ, rejetant tous les torts de la lutte sur ses adversaires, exprime « sa ferme confiance en Dieu, » dont le nom reviendra souvent, avec une sorte de componction^ dans la suite de ses dépêches. Les premières victoires lui

causent une joie mêlée de surprise; ce double sentiment païuit surtout dans celte dépêche à la reine Augusta, au lendemain de la capitulation de Sedan : « Tu connais maintenant, par mes trois télégrammes toute l'étendue des événements historiques qui se sont accomplis. C'est comme un rêve, lors même qu'on lésa vus se dérouler h£ure par heure! Quand je pense qu'après une grande guerre heureuse, je ne pouvais rien attendre de plus glorieux pendant mon règne, et qu'aujourd'hui pourtant je vois s'accomplir de tels faits nistoriques, je m'incline devant Dieu, qui seul nous a élus, moi, mon aimée et mes alliés, pour exécuter ce qui vient d'être fait et nous a choisis comme instruments de sa volonté.... » (Vendresse, au sud de Sedan, 3 sept. 1870). Ce sera plus tard à la « protection visible du Dieu des armées, » qu'il attribuera le succès définitif de son entreprise et la paix si avantageuse qui la couronne^

« Instrument » ou « fiéau de Dieu, » Guillaume l"' a couvert de toute son autorité cette politique implacable qui fait de la guerre une œuvre de destruction et de ruine. Dans ses années, oïl règne une discipline qui fait sa force, le pillage semble s'inspirer d'un esprit de méthode et d'organisation ; il achève l'épuisement du pays savamment exploité d'abord par les contributions de guerre. Les plus atroces rigueurs sont infligées par calcul aux populations qui essayent la résistance. Pour un pont détruit, un chemin coupé, des villages entiers, comme Fontenoy près Toul, sont livrés aux flammes. Le concours d'une ville à l'œuvre de la défense nationale est puni, comme à Ghâteaudun, par l'extermination. D'autre part, l'esprit d'organisation se mani restait, dans les armées de Guillaume, par la transformation immédiate, au profit du vainqueur, de tous les services dans les pays envahis. Des administrations allemandes se substituaient partout aux administrations françaises,, exploitaient régulièrement les chemins de fer, les postes et les télégraphes.

Le roi Guillaume avait annoncé , au début da la guerre, dans une proclamation aux Français, qu'il venait com'oattre seulement l'Empereur et non la nation : lorsque Napoléon III eut écrit au roi de Prusse au' il se rendait, celui-ci déclara accepter l'épée de « Monsieur son frère, » mais quand l'Empereur eut été frappé de déchéance, Guillaume se montra, envers la nation contre laquelle il disait n'avoir pas de griefs, plus exigeant que jamais, et mit dès lors pour condition à la paix une diminution du territoire national qui ne pouvait être acceptée qu'après avoir épuisé toutes les chances d'une lutte désespérée. Après l'entrevue de Ferrières entre le ministre de Guillaume et le représentant du gouvernement de la Défense nationale, la guerre a outrance devenait une nécessité d'honneur sinon de salut.

Pendant le siège de Paris, le roi Guillaume ne paraît personnellement sur le premier plan que pour recevoir de ses alliés, les princes des États secondaires de l'Allemagne» la couronne impériale. Il est proclamé empereur d'Allemagne, le 18 janvier 1871, au Palais de Versailles^ dans la grande salle des glaces. Ses proclamations à ce sujet représentent le nouvel empire comme une reprise et une continuation de l'ancien empire germanique. Bientôt l'armistice, imposé à la vUle de Paiis par la famine bien plutôt que par le bombardement, puis les préliminaires de paix acceptés par l'Assecoblée nationale, permettaient à l'empereur Guillaume d'aller s'ofi'rir aux ovations enthousiastes des populations allemandes dissipant volontiers toutes leurs traditions d'indépendance à l'idée d'une patrie unifiée et agrandie sous la domination d'un même maître. Les réunions du Reichstag n'apportèrent pas les entraves qu'on pré-

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