‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 71 sur 122 · KELL · texte numérisé non relu

KELL

RERA

vernement dans la question du pouvoir temporel; contre les préliminaires de paix, la loi déparlemcntab, le pouvoir constituant et la proposition Ravine!. Il a signé, dans le Journal offinet du 4 février 1872, le rapport général annuel sur les travaux de la compagnie dont il a été élu président. M. Ferdinand de Jouvencel, que Ton a souvent confondu avec son neveu. M. Paul de Jouvencel^ ancien député au Corps législatif, a été nomme cheralier ae la Légion d'honneur, le 31 mai 1837. L'un de ses fils, M. Olivier de Jouvencel, est devenu, au mois de septembre 1870, auditeur près la , commission cliargée de remplacer le Conseil d'État impérial.

JOZON (Paul), avocat et représentant français, né le 12 février 1836, à la Ferté-aous-Jouarre, où son père était notaire, se fit recevoir docteur en droit en 1859, et entra, en 1862, comme secrétaire, chez M. Hérold, avocat au Conseil d'Etat. Impliqué, en 1863, dans le pmcès des Treize, à raison de sa participation au mouvement électoral, il fut condamné à hOO francs d'amende. Il succéda, en 1865, à M. Béclard, comme avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, fut nommé, le 7 octobre 1870, adjoint au maire du 6* arrondissement de Paris, et réélu, en la même qualité, le 7 novembre 1870, par 5311 voix sur 9795 votants. 11 a été attiiché, en qualité de secrétaire adjoint, à la commission d'organisation judiciaire, instituée au mois de septembre 1870. Aux élec-

tions du 8 février 1871, il fut nommé représentant de Seine«et-Marne, à TAssemblée nationale, le sixième sur sept, par 23 199 voix.

Il a pris place au centre gauche, s'est fait inscrire à la réunion de la Gauche républicaine, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi dé-

{)arlementale, la dissolution des gardes nationaes, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour! i l'Assemblée à Paris ; pour le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, le cautionnement des journaux, le pouvoir constituant et la proposition Ravinel.

Il a déposé plusieurs propositions de lois, notamment sur des matières électorales et financières et sur la révision des services publics. La plus remarquée, adoptée après un très-vif débat, est celle qui avait pour but de f<iire inscrire celte mention sur toutes les pièces officielles relatives aux nouveaux impôts : « Frais de la guerre contre la Prusse déclarée par Napoléon III. » (Février 1872.)

M. Jozon a publié, en collaboration avec M. Gérardin, une traduction de l'allemand de l'ouvrage de M. de.Savigny : le Droit des Obligalions (1860, in-8*), et en collaborition ^ivec M. Héiold, Manuel de la libexté individueile (in-18, 8' édition, 1869). Il a écrit un grand nombre d'articles dans des revues de droit.

KAMBGKB (Georges- Arnold-Charles de), général prussien, né le 14 juin 1817, entra dans le génie en 1834, fut nommé capitaine en 1850, et passa la même année dans l'état-major. A |>artir de cette époque, il fut employé successivement dans l'état-major génèrAy au ministère de la guerre, et attaché à l'ambassale de Prusse à Vienne. Après avoir servi quelque temps dans Tinranterie, il devint colonel en 1861 et général-major çn 1865. Pendant la campagne de 1866, il était chef d'état-major du 2* corps d'armée. L'année suivante, il rentra dans le corps du çénie, à la direction duquel il fut presque aussitôt appelé, et fut ,>romu lieutenant général en 1868. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, compris dans la première armée et dans le septième corps dirige par Zastrow, il commanda la 14* division d'infanterie. A la suite des combats devant Metz, auxquels il prit part, et de la capitulation du maréchal Bazaine (27 octobre), il fut chargé du siège de Thionville, Veniun, la Fère, qui gênaient les communications avec l'Allemagne. Ces petites places fortes succombèrent, sans attaque en règle, après quelques jours de bombardeftient. Le général de Kimecke, rappelé devant Paris, au mois de décembre, pour reprendre sa position de chef du corps du génie, commanda pendant vingt-quatre heures les 30000 Allemands appartenant au deuxième corps bavarois ^t aux sixième et onzième corps prussiens, qui entrèrent à Paris, conformément a la capitulation du 26 février, et occupèrent le quartier des Champs-Elysées.

KBLLER * ^Emile). — Dans la séance du 3 août 1870, il demanda sans succès au Corps législatif des secours pour L'Alsace et l'envoi d'un commissaire eitraordmiire à Strasbourg. 11 prit part à la guerre contre la Prusse, comme commandant d'un corps de volontaires, et fut élu,

le 8 février 1871, représentant du Haut-Rhin à l'Assemblée nationale, le premier sur onze par 68 864 voix. Il protesta, dans un discours trèsapplaudi, contre l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne, vota contre les préliminaires de paix, et se retira de TAssemblée avec ses collègues alsaciens. Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il fut nommé représentant de Belfort par 6753 voix sur 9 773 votants.

11 a pris place au centre droit, et a voté pour la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel et le traité douanier; contre 'a proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris.

M. Keller a porté la parole avec autorité dans presque toutes les questions i^ portantes, notamment Inrs de la présentation de la loi sur aréorganisation de l'armée. 11 soutint alors le principe du service obligatoire sans substitution et l'incorporation pour trois ans. Il a été rapporteur de la commission chargée de déterminer la composition du conseil de guerre devant leauel devait être traduit le marécbal Bazaine (mai 1872).

Lors du renouvellement des conseils généraux» le 8 octobre 1871, il a été nommé membre de la commission provisoire instituée pour faire fonctions de conseil général et de conseil d'arrondissement du Haut-Rhin français, dans les communes restées françaises de Pancien canton de Massevaux.

KÉRATRY ^ (Emile, comte de). — Pendant la session de 1870 et après l'avènement du cabinet du 2 janvier, le rôle politique de M. de Kératry sembla s'accentuen davantage. Il demanda la resiitulion aux Archives nationales des documents qui en avaient été enlevés dans un in-

RËRA

KERD

térêt dynastique, présenta^ dans la séance du 16 •janvier, trois projets de loi : supprimant la garde mobile et réglant le recrutement de l'armée; créant une milice spéciale à l'Algérie ; et modifiant la loi de 1832 sur l'avancement ; qu'il appuya deux mois plus tard, de di.«cours très-étudiés et très-remarqués. Ces propositions ne furent pas prises en considération, non plus qu'un autre projet, réservant exclusivement le droit de suffrage aux électeurs sachant lire et écrire. Un amendement à la loi sur la diffamation, autorisant 1% preuve et la poursuite toutes les fois qu'il s'agirait d'intérêts « ])ublic8 ou communaux * , fut au contraire adopté. Lors de la discussion de la pétition des princes d'Orléans, il défendit le droit des princes a rentrer en France, en demandant > s'il existait un seul fait justifiant la peine qui les frappait. » Il reçut à cette occasion, à la date du 4 juillet, une lettre rendue publique, dans laquelle le comte de Paris le remerciait de s'être fait le défenseur des exilés.

Après la déclaration de guerre à la Prusse et les premiers désastres qui signalèrent l'entrée en campagne de l'armée française, M. de Kératry demanda vainement au Corps iégislatir dans la séance du 11 août, « qu'une commission d'enquête

{)arlementaire fut instituée d'urgence pour appeer à sa barre le maréchal Lebœuf et les fonctionnaires de l'intendance, » mais au moment de l'organisation du comité de défenss, il obtint la déclaration d'urgence pour une proposition, appuyée par M. Thiers, adjoignant neuf députés à ce comiié. L'opposition énergique du comte de Pdlikao, obligé de poser à cette occasion la question de cabinet, empêcha seule le succès définitif de cet amendement. La révolution du '4 septembre valut à M. de Kératry le titre et les fonctions difficiles de Préfet de Police. En cette qualité il favorisa la fuite de l'impératrice Eugénie, et aida le prince de Joinville, le duc d'Aumale et le duc de Chartres, accourus à Paris pour mettre leur épée au service de la défense nationale, à regagner l'Angleterre quatre heures après leur arrivée dans la capitale. Par arrêté du 5 septembre, il expulsa les Allemands domiciliés dans les déparlements de la Seine et Seine-et-Oise, fit apposer les scellés sur les portes du Corps législatif, du Sénat, des locaux de la liste civile, lança des mandats d'amener contre les chefs ae la police politique et révoqua tous les employés de ce service. £n môme temps, il licenciait le corps des sergents de ville, en butte aux haines violentes de la population parisienne, et les remplaçait par les « gardiens de la paix publique > imités des policemen américains. Les anciens sergents de ville or^çanisés en compagnies, et pourvus de l'armement du soldat, furent misa la dispositiondu général Trochu. Il adressa ensuite au gouvernement 'de la défense un remarquable rapport, proposant la suppression de la Préfecture de police, et le renvoi aux différents ministères des services qui la composaient. Ce rapport fut expressément approuvé par le gouvernement, qui invita le Préfet de Police à présenter un projet de décret réalisant la suppression proposée. Cependant, quelques jours après, pour des causes restées obscures, la démission de M. de Kératry fut acceptée en conseil de gouvernement, il fut remplacé pur M. Edmond Adam, et partit en ballon, chargé d'une mission diplomatique en Espagne, qui, parait-il, échoua complètement.

Nommé, le 22 octobre, général de division commandant en chef les forces mobilisées des cinq départements de Bretagne, il fit appel à tous les anciens marins de cette province, organisa, aidé de son ami, M. Carrè-Kérisouët, 47 bataillons de ligne, 7 compagnies de francs-tireurs, 9 batteries

d'artillerie, et établit, i Gonlie, un camp fortifié armé d(3 pièces (ie marine. Les retards de l'administration de la guerre, à la tôte de laquelle se trouvait M. de Loverdo, occasionnèrent, entre M. Gambetta et M. de Rératrv, des dissentiments, qui amenèrent la démission de ce dernier. U résigna son commandement le 27 novembre, et expliqua sa résolution dans une letirp, adressée an ministre, qui compromettait gravement les hautes administrations de la guerre et de la* marine. Rentré dans la vie privée, il s'abstint de tout rôle politique, jusqu'au moment de l'avénement de M. Tbiers au pouvoir. Nommé alors préfet de la Haute-Garonne, département qu'administrait M. Armand Duportal, il dut, pour prendre possession de sa préfecture, lutter à la fois contre l'exaltation des radicaux et le mauvais vouloir des légitimistes. Un procès, que lui intenta à la même époque M. Piétri, ex-préfet de police, fit quelque bruit, sans remplir le but de scandale que son auteur s'était proposé. La lutte ou'il soutint contre le journal VSmaneipation, dont il provoqua en duel le rédacteur en chef, M. Duport^, eut plus de retentissement, et se termina par de rigoureuses poursuites contre cette feuille radicale. Appelé à la prélecture des Bouches-du-Rhône par décret du 15 novembre 1871, M. de Kératry fit preuve, dans ce nouveau poste, d'une énergie, qui lui rut violemment reprochée par la presse républicaine. Il prononça la dissolution du conseil municipal d'Arles, et comprima par la force les tentatives d'émeute dont cette ville Tut le théâtre (décembre 1871). Au moment de la crise gouvernementale du 19 janvier 1872, il concentra des troupes à Marseille, appela dans la rade l'escadre de la Méditerranée, et adressa aux journaux un communiqué dans lequel, tout en constatant que l'ordr» régnait dans la cité, il ajoutait que « le meilleur moyen d'éviter les troubles, c'était de se montrer décidé à les réprimer vigoureusement. » Cette attitude, que les journaux républicains qualifièrent de > provocation », fut l'origine de nombreux conflits avec la commission départementale et, plus tard, avec le conseil municipal de Marseille, notamment au sujet des processions de la Fête-Dieu (juin 1872). Depuis, M. de Kératry , ^ui avait sollicité du gouvernement, sans l'obtenir, la dissolution du conseil aénéral des Boucheb-du-Rhône. a donné sa démission f4 août), et a été remplacé par M«Limbourg, préfet de l'Hérault (9 août).

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1863, au Mexique, il a été promu officier le 30 août 1871.

Outre les publications déjà citées, on a encore de M. de Kératry : A bon chut ban rat y comédie en un acte (1856, in-18) ; la Toile de Pénéloipe, proverbe en un acte (1856, in-18); la Guerre des 62asom, comédie en trois actes (1860, in-8*); la Vie de club, drame en cinq actes (1862, in-8'').

KERDREL * (Paul Audren de). — Aux élections du 8 février 1871, il fut nommé représentant à l'Assemblée nationale du Morbihan, le second sur dix, et de l'Ille-et-Vilaine, et opta pour le Sremier département. Il prit place sur les bancs e La droite, dont il devint un des orateurs les plus écoutés, et à laquelle il servit d'interprète dans un certain nombre de discussions importantes.

U a voté pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la loi départementale, la proposition Ravinel et le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la proposition Feray (matières premières;, le maintien des traités de commerce^ I le retour de l'Assemblée à Paris, et s'est abstenu

KËAI

Page 1