‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 78 sur 122 · LONG · texte numérisé non relu

LONG

les préliminaires de paix. Après le 18 mars, il signa la proclamation des députés de la Seine et des maires de Paris, consentant aux élections municipales fixées au 26 par le Comité central, prit une part active aux tentatives de conciliation^ et, aès Touverture des hostilités, envoya, sa démi^^sion de député. Ârrèié quelques jours après aux environs de Paris, conduit à Versailles, puis à Chartres, il fut remis en liberté sans jugement au mois de juin 1871. Elu le 23 juillet suivant, au premier tour de scrutin, memhce du Conseil municipal de Paris pour le

Quartier de la Roquette (11* arrondissement)^ il a té Tun des signataires d'un exposé de la situation du commerce et de l'industrie à Paris, adressé au Conseil municipal, et dont les conclusions Staient Tamnistie et la levée de Tétat de si^ge. Il est devenu rédacteur en chef du Peuple Souverain, journal populaire politique à 5 ceatimea, fonde par MM. Hugo, après la disparition de la feuille de 3IM. Pascal Duprat et Asseline (mai 1873). Poursuivi devant la Cour d'assises pour un axticle intitulé : if or^ aux traUres (juin)., 11 fut acquitté, mais quelques jours après, cité en police correctionnelle à la suite d'un bruyant duel avec H. Paul de Cassagnac, il fut condamné, ainsi que son adversaire, à huit jours de prison Ûuilletj.

H. Edouard Locicroy a publié plusieurs volumes qui se composent surtout de ses articles de journaux et parmi lesquels on doit dter : les Aigles du Ca^tde (Wû^ in-18).

lOISEAU-PINSON (Charles-Mariin), membre du Conseil municipal de Paris, né à Trôo (Loiret-Cher)^le 2 mars 1815, d'une famille pauvre, vint à Paris en 1834, et y fonda, en décembre i839, une maison de commerce qu*il continua à diriger. Membre du Comité démocratique de l'ancien 5* arrondissement de Paris, il lut élu en T848 sous-lieutenant de la garde nationale et se retira après le 13 juin 1849. Sous Tempire, il a été membre du Conseil municipal de la commune des Lilas (Seine). Nommé le 7 novemhre 1870^ au premier tour de scrutin, adjoint au maire du 3* arrondissement, par 4587 voix sur 8580 vo- :aQtf^ 11 fut élu, après l'insurrection du 18 mars 1871, dans le même arrondissement, membre de la Commune, par 6932 voix, et memtire de la commission au tra/vail. 11 donna sa démission le 29 mars. L'un des fondateurs de l'Union républicaine des droits de Paris, il cessa ses fonctions d'adjoint et se retira à Bessé, où il fut arrêté, puis rendu à la libellé au bout de quelques jours. Elu, le 23 juillet 1871, au premier tour de scrutin, conseiller municipal de Paris pour le quartier Bonne-Nouvelle, il a été l'un des signataires d*un eacpos^ de la situation du commerce et de l'industrie à Paris, adressé au Conseil municipal, et dont les conclusions étaient k levée de l'état de siège et l'amnistie.

XONGLAS (À.), membre de la Commune de Paris, ancien ouvrier iournadier à Bercy, était cb£f du 73* bataillon de la garde nationale au moment de l'insurrection du 18 mars 1871. Elu membre de la Commune dans le 12* arrondissement, au scrutin complémentaire du 16 avril , par 5BI0 voix, il fut dàlégué, le 24 avril, pour visiter les postes des gardes nationaux, et nommé, le 16 mai, membre de la nouvelle commission militaire. M. Lonclas, qui n'a d'ailleurs pus qu'une part insignifiante aux discussions de la Qommune, a voté pour le Comité de salut public, alléguant « le mandat impératif crue lui avaient confié les électeurs de poursuivre le triomphe de la révolution par les mesures les plus énergiques. « Par-

tisan des moyens violents et illégaux, il constitua un Comité de direction, siégeant à la cour d'Aligre, qui s'attribua bientôt les pouvoirs les plus étendus sur le 12* arrondissement et les exerça pefhdant toute la durée de la Commune.

M. Lonclas a disparu au nkoment de l'entrée des troupes régulières à Paris.

LONGUET (Charles), membre de la Commune de Paris, né à Caen vers 1839, fit son droit à Paris et se fit remarquer, dès son entrée à l'école, par son intelligence et sa facilité d'éloeutien. Après avoir débuté dans les petits journaux du quartier latin, il fonda, en 1864, les £coie» 4ilr France et peu après La Rifùe gauche, feuille d'opposition draiocralique, à Laquelle la publication des Propoi de Lahienus de K. B>ogeard valut une notoriété et une importance inattendues. Ces deux journaux furent successivement sujp^imes à la suite de condamnations sévères proBancées contre les rédacteurs et le géiant. La Riv€ gauche reparut à Bruxelles an mois de novembre 1865. ff. X/Higuet, qui ^en économie politique avait adopté les doctrines proudhoniennes, sou* tint alors, dans les congrès ouvriers, le^aocialisme individualiste. Il joua un rôle brillant au Congrès de Liège en 1866 et y attaquai! riv^ment l'Empire, que le gouvernement français le poursuivit, ainsi que quelques autres orateurs, pour délit de paroles, bien que ce délit eût été commis à l'étranger. 11 réussit à se dérober pendant longtemps aux recherches de la police, mais enfin, enfermé à Sainte-Pélagie, il s'y fit une répalRtion parmi ses co-détenusparsestalentsculinaires. Collaoorateur de If. Vallès à la Rue en 1867, il le suivit plus tard au Peuple^ puis se retira momentanément du journalisme. Après l'insurrection du 18 mars 1871, il reparut sur la soène politique, et, sans Caire partie du noupeau pouvrâr, qui se « méfiait des capacités, » redira les proclamations et les actes publics du Coimté central, dont on remarqua la forme élevée et littéraire. Chef du 248* bataillon de la garde natwnale, qui l'avait élu pendant Je siège, mais dont il n'avait jamais pu obtenir l'armement, ii constniisit les barricades de la rue Soufilot flC e'erapaira du Luxembourg. Au scrutin du 26 zmrs, il se présenta comme candidat à la Gooiixmiie, obtint 1095 voix et ne fut pas élu. Aux ékctions complémentaires du 16 avril, il fut nommé, dans le 16* arrondissement, par 1058 voix sur 1590 notants. Dans Tintervalie, il était devenu rédacteur en chef de VOfficiely après la retfarte de M. Lebeau, puis délégué le 24 avril, avec M. Lonclas, pour visiter les postes de la garde nationale, et nommé, le 25, membre de la commission de révision des arrêts de la cour martiale. Le compte-rendu de la séance de la Commune da 30 avril explique les difficultés de tout genre ipe ' M. Longuet ccaeontra à la rédaction de rOf/î£tei. Ces difticultés lui créèrent une situation délicate, qu'aggrava son vote négatif lors de la création du Comué de salut public Ce vote était motivé sur ce qu'il « ne croyait pas plus aux mots sauveurs qu'aux talismans et anx amulettes. > M. Longuet a signé, le 15 mai, la déclaration de la minorité, rédigée par M. Ch. Beslay, protestant contre la nouvelle dictature, entre les mains de laquelle la Commune avait abdiqué ses pouvoirs. Il quitta alors ÏOffUidy où il fut remplacé par Jd. Vésinier.

Les journaux ont annoncé que M. Charles Longuet faisait partie du Conseil général de l'Association internationale des Travailleurs, lors de la conférence tenue àLondresdu 17 au 23 septembre 1871, et lors du congrès de La Haye , du 1*' au 16 septembre 1872.

LULL

LURO

LORGERIL (Hiçpolyte-Louis. vicomte de), représentant français, né à Trénédan (Côtes-du- Nord)^ le 24 mai 1811, fit de brillantes études, qu'il compléta en voyageant dans le midi de l'Europe, et s'occupa de travaux littéraires. En 1842^ il dirigea Vlmpartial de Bretagne, journal légitmiiste , et fit l'année suivante le pèlerinage de Belgrave Square. Conseiller général des Côtesdu-Nord pour le canton de Plélan-le-Pelit, puis pour celui de Jugon, depuis 1848, il a été réélu, le 8 octobre 1871. Le 8 février précédent, il avait été nommé représentant des Côtes-durNoiti à l'Assemblée nationale, le huitième sur treize, par 68301 voix.

Dans la séance du 6 mai 1871, il provoqua la nomination d'une commission d'enquête sur les actes de la délégation de Bordeaux. 11 a été au nombre des onze députés qui, le 20 janvier 1872, après la crise gouvernementale provoquée par le rejet de l'impôt sur les matières premières, refusèrent un vote de confiance à M. Thiers (proposition Batbie). Le 18 mai suivant, il obtint de l'Âs^ semblée un vote favorable à l'observation , du repos du dimanche par les entrepreneurs de FÉtat et des départements. Il s'est signalé par des atta-

3ues personnelles contre M. Tbiers, notamment ans le journal VXJnivers (juillet 1872).

Il a pris place à l'extrême droite, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, la proposition Gazenove, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant et la proposition Ravine! ; contre le gouvernement dans la (gestion du pouvoir «temporel; contre la proposition Rivet, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce et le retour de l'Assemblée à Paris.

M. de Lorgeril a publié: Une Etincelle (poésies); la Chaumière incendiée; Récits et ballades, et VArt de parvenir (poème satirique). 11 a collaboré en 1868 k la Revue de Bretagne et Vendée.

LOUVET* (Charles). —Aux élections complémentaires du 2 juillet 1871, il a été nommé re~ présentant de la Seine à l'Assemblée nationale par 126417 voix sur 290823 votants.

Il a pris place au centre droit, et a voté pour la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, la proposition Rivet, le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), et le retour de l'Assemblée à Paris; contre la proposition Ravinel, et le maintien des traités de commerce.

LULLIER* (Charles-Ernest). — Au mois d'août 1870, il fut de nouveau condamné pour outraffe aux agents de la force publioue à un mois ae prison et 200 fr. d'amende. Apres la révolution du 4 septembre, il fut envoyé en mission à Copenhague, puis, à son retour, chargé par le Gouvernement de la défense nationale a un message pour les Ëtats-Unis. Il revint d'Amérique le 12 mars 1871. Lié avec MM. Flourens et Rochefort, et considère par eux comme l'homme d'action et d'initiative sur lequel devait compter le parti radical, il fut chargé le 18 mars, par le Comité central, du commandement général de la garde nationale, pans les journées des 18, 19, 20, 21 et 22 mars, il exerça énergiquement ses pouvoirs, fit occuper les orts, moins le Mont-Valérien, cl les points stra-

tégiques ou administratifs les plus importants de Paris, mais tenta vainement l'embauchage du 43* régiment de ligne, caserne au Luxembourg, qui traversa la ville avec armes et barges, et sortit par la porte de Passy sans être mquiété. La vigueur dont M. Lullier avait fait preuve et ses allures dictatoriales éveillèrent alors les susceptibilités du Comité central, qui le fit arrêter. Il s'échappa de Mazas, attaqua violemment dans les clubs le gouvernement de l'Hôtel-de-ViUe, se mit en rapport avec Versailles et organisa un complot qui avait pour but de faire arrêter les membres de la Commune et du Comité central, et de mettre en liberté les otages. Arrêté de nouveau, il s'évada encore et déclara, dans une lettre adressé» au Mot d'ordre, qu'il ne marcherait plus désormais que bien armé et avec une escorte. Un moment commandant de la flottille de la Seine (14 avril), il fut promptement dépossédé de ces fonctions. Arrêté à la fin du mois de mai et traduit devant le 3* conseil de guerre, il fut condamné à mort le 4 septembre. Son pourvoi fut rejeté le 13 octobre par la Cour de cassation. La Commission des grâces commua, le 12 décembre, sa peine en celle des travaux forcés à perpétuité. En apprenant cette faveur, il écrivit à M. Thiers < pour le remercier de ne pas s'être montré systématiquement hostile à sa personne. > Conduit à Clairvaux, où par faveur spéciale il avait obtenu de subir sa peine, il tenta d'échapper aux mains des agents qy\x l'escortaient, en sautant du train sur la voie, mais il fut repris et définitivement incarcéré (30 janvier 1872). A la fin du mois de juillet suivant, et après une violente crise mentale, il fut transféré à la maison de santé de Charenton.

LURO (Bertrand-Victor-Onéstme) , représentant français, né à Villecomtal (Gers), le 16 octobre 1823, fit ses études à Auch et son droit à Paris. En 1849, il se présenta comme candidat démocratique aux élections pour l'Assemblée législative; puis il succéda à M. Pascalis comme avocat au conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, chargé de soutenir les pourvois des condamnés en conseil de guerre, il plaida l'incompétence. En 1866, après avoir quitté le barreau, il fut élu conseiller général du Gers pour le canton de Miélan. Aux élections du 8 février 1870, il fut nommé représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le cinquième sur six, par 63000 voix.

11 a pris place au centre droit, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel ; contre le gouvernement dans la <][uestion du pouvoir temporel; contre la proposition Rivet , la proposition Feray T matières premières), le maintien des traités ae commerce et le retour de l'Assemblée à Paris. Il s'est abstenu lors du vote de l'emprunt de deux milliards et du traité douanier.

H. Luro a publié : Pu travail et de Vorganisation des industries dans la liberté (1848, in-8^) ; Marguerite d'Angouléme, reine de ffavarre^ et la Renaissance (in-S"), conférences faites à Pau en 1866, et divers articles insérés dans le Courrier du Gers (1867) etdansle Conservateur (1871), journal du même département.

MAGH

Page 1