MACH
MAG-MAHON * (Marie -Edme- Patrice-Maurice DE). — L'ayénement du cabinet Emile Ollivier fat le prétexte de Tabandon complet de la théorie du royaume arabe. Une importante partie de la Chambre était gagnée aux idées du gouvernement civil, et voulait promptement constituer en Algérie la propriété individuelle. Le maréchal Mac-Mabon, en présence de ces dispositions et de Tétat de Topinion pul)lique, donna une première fois sa démission au mois de mars 1870; il l'offrit de nouveau au commencement du mois de juin, mais le conseil des ministres continua à la refuser afin de se conserver, dans Pinfluence personnelle du maréchal, un précieux auxiliaire pour la mise en pratique de l'organisation nouvelle.
Au moment de la déclaration de guerre à la Prusse (juillet), le maréchal fut rappelé en France et mis à la tête du 1" corps d'armée chargé de défendre l'Alsace. Le 4 août, son avant-garde, comnosée de la division du général Abel Douai , tué aans l'action, fut défaite à Wlssembourg. Deux jours plus tard, il fut vaincu lui-même entre Wœrth, Reichshoffen et Freschwiller, par le prince royal de Prusse, et obligé d'abandonner la ligne aes Vosges. 11 avait eu à combattre 75000 Allemands avec un corps d'armée de 35000 hommes, et n'avait pu, malgré de pressantes dépèches, obtenir d'être secouru à temps par le général de Failly. Il avait perdu 4000 prisonniers , 36 pièces de canon et 2 drapeaux. C'est dans cette bataille acharnée qu'eut lieu la fameuse charge des cuirassiers du général Michel, dont les deux régiments furent presque entièrement détruits. La retraite de Mac-Mahon, opérée sur l^ancy et Chftlons avec environ 18000 hommes, ralliés à grand peine, fut considérée comme une habile opération. I^ nouveau ministre de la guerre, comte de Palikao^ organisa alors à Ghftlons une nouvelle armée, dont l'empereur confia le commandement en chef au maréchal de Mac- Mahon. Malgré des défaites récentes, ce choix était justifie par le besoin d'avoir un homme actif et résolu a la tète d'une armée nombreuse, dont la prompte jonction avec celle du maréchal Bazaine devait, d'après M. Cousin de Montauban^ changer la situation des affaires. En lui annonçant sa nomination, le ministre de la guerre ajoutait : « Avec une semblable force que ne doit-on pas attendre, monsieur le maréchal, d'un général tel que vous. » Cependant, M. de Mac<Mahon n'acceptait pas sans répugnance le plan dont le conseil des ministres lui imposait rexécution. Il aurait préféré laisser le maréchal Bazaine livré à ses f)ropre8 forces devant Metz, et tenir dé son côté a campagne sous Paris, pour donner aux nouvelles formations sur la Loire , la Garonne et le Rhône, le temps de s'organiser. Des considérations politiques longuement développées par le comte de Palikao, qui soutenait qu'une retraite sur Paris serait le signal du renversement de l'empire, le décidèrent à marcher sur Reims, Réthel et l'Argonne. Apprenant le 27 août que les armées allemandes avaient cessé leur mouvement sur Paris pour remonter au nord et le suivre, il revint à son plan primitif et voulut rétrograder par la vallée de l'Aisne. Un ordre formel de marcher au secours de Bazaine, ordre arrêté en conseil des ministres et appuyé de l'avis de l'empereur, l'obligea à céder et à se porter dans la direction de Mouzon sur la Meuse. Mais ces
hésitations avaient fait perdre un temps précieux^ et d'ailleurs la marche de l'armée française, qui aurait dû être très-rapide , s'effectua avec une fatale lenteur. Le maréchal de Mac-Mahon n'arriva à Mouzon que le 28, et concentra le 31 août tous ses corps a'armée sur la rive droite de la Meuse, autour de Sedan. Pendant ce temps, le prince royal avait quitté la vallée de l'Aube et de la Marne, et s'était porté à marches forcées sur Sedan et Mézières. Le 31 août, l'armée allemande, composée de huit corps d'armée, formant ensemble 180000 hommes, avait entouré et attaqué l'armée française, réunissant à peine 120000 hommes. Le 1" septembre, à sept heures et demie du matin, le maréchal de Mac-Mahon fut dangereusement blessé à la cuisse par un éclat d'obus , et remit le commandement en chef au général Ducrot. Mais le général de WimpfTen, qui arrivait sur le champ de bataille , porteur d'un ordre du ministre de la guerre, fit valoir ses droits, prit la direction de l'armée et essaya de percer du côté de Carignan. Dans l'intervalle, l'empereur Napoléon, dont le quartier-général était à Sedan, donnait l'ordre de se retirer dans la place et faisait arborer le drapeau parlementaire. La capitulation sans conditions de l'empereur et de Tannée française fut signée par le général de Wimpffen. Le roi de Prusse autorisa alors le maréchal de Mac-Mahon à se faire transporter à Pourru-aux- Bois, petit village situé sur les frontières de la Belgique, et plus tard à suivre ses soldats en Allemagne.
Après la signature des préliminaires de paix , le maréchal revint en France, et arriva à Paris le 18 mars 1871, au moment où éclatait l'insurrection. Un décret du pouvoir exécutif le mit, au commencement d'avril, à la tête de l'armée reconstituée en toute hâte autour de Versailles, et le chargea de vaincre l'insurrection parisienne. 11 déploya dans cette nouvelle t&che une remarquable activité et un dévouement sans bornes. M. Thiers, rendant compte à l'Assemblée, dans la séance du 27 avril, de la situation militaire, ne craignit point de l'appeler «le chevalier sans peur et sans reproche de notre temps. > Le 28 mai, il était maître de Paris, après une lutte qui avait duré plusieurs jours, et l'annonçait aux habitants dans une proclamation dont la brièveté et la modération furent remarquées.
Aux élections complémentaires du 2 iuillet, pour l'Assemblée nationale, plusieurs départements, entre autres celui de la Seine, lui offrirent la candidature, et une partie importante de l'Assemblée voulut même s'appuyer sur lui pour amoindrir M. Thiers et « au besoin, le remplacer au pouvoir exécutif. Le maréchal de Mac- Mahon , résistant à toutes les instances , déclara qu'il n'était pas et ne voulait pas devenir un homme politique, et qu'il entendait rester absolument étranger à tout ce qui pouvait se tramer dans l'Assemblée, soit en faveur du niaintien de la République, soit contre elle. Au mois de septembre 1871, il déposa devant la Commission chargée de rechercher les causes de la révolution du 4 septembre, et revendiqua pour lui seul la responsabilité des malheurs qui suivirent la marche opérée par son armée de Ch&lons à Sedan. Une souscription ouverte par le journal le Figaro f après la bataille de ReichshofTen, pour lui ofn*ir une épée d'honneur, avait produit plus de 40000 francs. Le maréchal refusa i'épéc et, le