‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 86 sur 122 · MILL · texte numérisé non relu

MILL

Nommé substitut à Saintes (Charente-Inférieure), le 29 octobre de la même année, il passa succèssWement, en qualité de procureur impérial, à Fontenay-le- Comte et à Napoléon- Venaée , aevint avocat général à Angers, puis enfin premier avocat général au même siège. Il occupait ces fonctions au moment de la révolution du 4 septembre 1870, et les conserva pendant quelques jours pour ne pas désorganiser ie service de la justice en présence d'une invasion menaçante; mais, bientôt convaincu de la défiance du nouveau garde des sceaux contre les magistrats qui avaient servi l'empire, il donna sa démission, suivi dans sa retraite par presque tous les magistrats du parquet de la cour et des tribunaux de Sremière instance du ressort. Cette attitude émut [. Crémieux, qui refusa d'abord de donner des successeurs aux démissionnaires, et qui ne les remplaça que sur leur nouvelle et formelle demande. M. Ch. Merveilleux du Yignaux, qui appartient au parti catholique , monarchique, libéral, fut, aux élections du 8 février 1871, nommé représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale, le quatrième sur six. par 52082 suffrages.

tl ap^ is place à droite, s est fait inscrire à la réunion des Réservoirs, et a voté pour les préliminaires de paix, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la loi départementale, le pouvoir constituant, la proposition Ravinel, et le traité douanier; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel; contre la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris. Il s'est abstenu sur la proposition Rivet. Il a été décoré de la Légion d'honneur comme magistrat. On cite de lui deux discours de rentrée prononcés devant la cour d'Angers, l'un, le 4 novembre 1867, traitant de V Influence des tribunaux sur le progrès de la législation; l'autre, le 3 novembre 1869, ayant pour titre : Du spiritualisme dans le droit. Le premier n'a pas été publié. Le second a été reproduit par la Gaxette des Tribunaux.

Le frère aîné de M. Charles Merveilleux du Vignaux, est avocat général à la Cour de Paris.

METTETAL (Pierre-Frédéric), administrateur et représentantfi-ançais, né le 28 septembre 1814, à Glay (Doub<), d'un'^ famille de petits cultivateurs, alliée à celle de M. Guizot et de M. Mallet, entra & la préfecture de police sous le gouvernement de Louis-Philippe, et y devint chef de la première division, comprenant le service judiciaire, économique et contentieux. Laissé par TEmpire dans une situation où il avait acquis assez de notoriété pour être appelé à faire partie des grandes commissions consultatives, présidées par les ministres et composées des sommités de fa magistrature et de Tadministration^ M. Mettetal, en raison de son origine, fut privé de tout avancement. Au moment de la révolution du 4 septembre 1870, il prit, à la dernière heure, la garde de la préfecture de police et la remit à M. de Kératry,qui le maintint dans ses fonctions; mais, après rentrée à la préfecture de M. Antonin Bubost, ancien rédacteur de la Marseillaise y imposé par le parti avancé au nouveau préfet de police, comme secrétaire général, il crut devoir donner sa démission, en alléguant des raisons de conscience et de haute convenance. Grand pro-

Eriétaire foncier de l'arrondi ssemant de Montëliard, il se présenta dans le Doubs, aux élections du 8 février 1871, avec une profession de foi conservatrice et libérale, sous le double patronage de MM. Guizot et Thiers. Il fut élu à ^Assemblée nationale le quasrième sur six, par 23031 suffraaes.

Il a pris place au centre droit, et a. voté pour

les préliminaires de paix, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la loi départementale, la proposition Rivet, le traité douanier, et le retour de l'Assemblée à Paris ; contre le gouvernement dans la question du pouvoir temporel:

contre la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités ae commerce.

M. Mettetal, membre du consistoire de l'Église réformée de Paris, en 1850, a toujours été réélu depuis, et a pris part^ dans les rangs du parti ortnodoxe, aux discussions du synode général de l'Eçlise réformée de France, tenu à Paris au mois de luin 1872.

Il a été nommé officier de la Légion d'faonneur^ commandeur des ordres de Sainte-Anne de Russie, de la couronne de fer d'Autriche . de l'Aigle rouge de Prusse, officier de Léopold de Belgique, des Saints Maurice et Lazare d'iddie, etc.

MILLAUD (Édouard-B.-P.), représentant français, né à Tarascon (Bouche&^u-Rhône), au mois d'octobre 1834, était avocat à Lyon depuis 1856, lorsqu'il y fut nommé premier avocat général par décret du 10 septembre 1870. Il remplit ensuite les fonctions de procureur général par intérim; mais son refus de conclure contre la presse l'obligea à donner sa démission au mois de mai 1871. Il a été élu, au scrutin complémentaire du 2 juillet 1871, représentant du Rhône à l'Assemblée nationale, par 61 268 voix sur 114632 votants.

Il a pris place à l'extrême gauche, et a voté pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; pour le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris; contre la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant et les propositions Rivet et Ravinel.

Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871 , il a été élu conseiller génériu du département du Rhône, pour le canton de Thisy.

M. Millaud a publié : Étude sur Vorateur Hortensius (1859, m-8*); Daniel Manin, Jurisprudence vénète. Lois et coutumes de Venise (1867); De la réorganisation de l'armée (1867, in-8*) « Le Soufflet y Devons-nous signer la paix? (187 1, broch. in-8<*) et divers petits livres de la bibliothèque de propagation républicaine : Le père Gérard; Àlmanach du père Gérard; Les moissons du père Gérard (1871). il a en outre fait insérer dans des journaux et des revues divers travaux de médecine légale et de jurisprudence (1860-1861).

MILLIÈRE (Jean-Baptiste), journaliste français, né à Lamarche (Côte-d'Or), le 13 décembre 1817, d'un père tonnelier, exerça lui-même cette profession jusqu'à l'âge de vingt ans. Il n'avait jusqu'alors suivi d'autres cours (|ue ceux de l'école primaire de son village, lorsqu'il résolut d'acquérir l'instruction supérieure et d'entrer dans les carrières libérales. Après une année d'un travail opiniâtre oui mit sa vie en danger, il se fit recevoir bachelier es lettres, et, quatre années plus tard, obtint le diplôme de docteur en droit a la faculté de Dijon. Ses débuts comme avocat furent heureux, mais les questions politiques et économiques l'attiraient. En 1848 il collabora au Courrier français, puis au Peuple constituant de Lamennais. En 1849 il fut appelé à Clermont- Ferrand pour diriger VÉdaireur répubticaint et plus tard il fonda dans cette même ville le Pro^ îétaire. Il faisait imprimer à Paris un volume d* Études révolutionnaires, lorsqu 'éclata le coup d'fîtat du 2 décembre 1851. Condamné, en son absence, par la commission mixte du Puy-de-

Page 1