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MIOT

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Dôme, à la transportation en Algérie, il y resta jusqu'à l'amnistie de 1859. De retour à Paris, il devint chef du contentieux de la Compagnie d'assurances le SoUil. En 1869, au moment des réunions publiques, pour les élections partielles du mois de novembre, mis en demeure d^opter entre ses fonctions administratives et la poIiti(|ue militante, il n'hésita pas à quitter la Compagnie,

Îiour aider M. de Bocbefort à fonder la Marseil^ aite, dont il devint le gérant et dnns laquelle il publia une série d'articles très- remarqués sur la question sociale. Impliqué dans le complot découvert quelques jours avant le plébiscite, il fut arrêté et, pendant sa prévention, cité comme témoin à la barre de la Haute cour, jugeant le procès du prince Pierre Bonaparte. La convenance de son attitude et la modération de son langage firent alors impression (mars 1870). Un arrêt de nonlieu le rendit plus tard à la liberté.

Après la révolution du 4 septembre, M.Millière fut élu chef du 208' bataillon de la garde nationale. Compromis dans la tentative insurrectionnelle du 3 1 octobre, et proclamé membre du nouveau gouvernement provisoire, il fut révoqué de ses fonctions dans la garde nationale, par décret du 1*' novembre . tandis qu'un mandat d'amener était vainement lancé contre lui. Elu adjoint dans le 20* arrondissement, lors des élections municipales du 7 novembre, par 7822 voix sur 9541 votants, il fut plus tard arrêté et enfermé à Mazas, mais délivré, ainsi que M. Flourens, dans la nuit du 21 au 22 janvier 1871, par les gardes nationaux de son quartier.

Aux élections du 8 février pour l'Assemblée nationale, M. Minière fut nommé représentant de la Seine, le quarante et unième sur quarante- trois, par 73121 voix sur 328970 votants. Il siégea à l'extrême gauche et prit part à la discussion de la loi sur les loyers.

Lors des événements du 18 mars, il revint à Paris, et donna sa démission de représentant, mais aux élections du 26 pour la nomination des membres de la Commune , il n'obtint qu'un nombre de voix insiRnifiant. Il chercha alors à jouer un rôle intermédiaire et fonda VAlliance républicaine des dévartementSj qui fut un moment populaire dans les çrands centres. Chargé par le Comité de salut public, de la défense du 5* arrondissement (rive gauche), il fit miner le Panthéon et défendit avec acharnement les barricades qui en protégeaient les abords. C'est là qu'il fut pris les armes à la main, et fusillé presque immédiatement. Il mourut, dit-on, en criant : « Vive l'humanité. » Sa femme fut emmenée prisonnière à Versailles. Une ordonnance de non-lieu lui rendit bientôt la liberté. Mme Minière a plusieurs fois protesté dans les journaux contre des faits diff'amatoires attribués à son mari, ou contre des bruits persistants affirmant que le journaliste insurgé avait échappé à la mort et s'était réfugié en Suisse.

MIOT * (Jules). — En 1861 , après l'arrestation et la condamnation de M. Blanqui, dont il était le disciple, il prit la direction du parti socialiste. Il fut arrêté lui-même en 1862, impliqué, avec M. Greppo, dans une affaire de société secrète, et condamné à trois ans de prison. A l'expiration de sa peine, il passa en Angleterre et s'affilia à l'Internationale. Revenu à Paris après la révolution du 4 septembre 1870, il se fit connaître dans les clubs radicaux, et, lors des élections municipales du 7 novembre, fut nommé adjoint du J9* arrondissement, au premier tour de scrutin, par 2659 voix sur 4631 votants. Le 8 février 1871, il se présenta à Paris, comme candidat à TAssemblée nationale, et obtint, sans être élu, 60164

SUPPL. AU DIGT. nES CONTEMP.

voix sur 328970 votants. Après l'insurrection du 18 mars, il fut élu, le 26, membre de la Commune dans le 19* arrondissement, par 5520 voix sur 11 282 votants. Membre de la Commission d'enseignement le 31 mars, de la commission des barricades le 13 avril, délégué pour visiter les prisons le 24 avril, il vota contre la validation des élections complémentaires à la majorité absolue des sufi'rages, et proposa, le 28 avril, la création d'un comité de salut public, qui remplacerait la commission executive, et auquel la Commune déléguerait tous ses pouvoirs. Cette proposition, renouvelant une des institutions de 93 les plus tristement célèbres , jeta le trouble dans le sein de l'assemblée communale. Après un ardent débat à huis clos, qui dura trois jours, et le dépôt de votes motivés, les soixante- huit membres présents, se partagèrent en deux groupes : quarantecinq votèrent pour, et vingt- trois votèrent contre. Ces derniers formèrent ce c|u*on appela la minorité de la Commune, et signèrent le manifeste rédigé par M. Ch. Beslay, par lequel ils déclaraient se retirer dans leurs mairies respectives, et renoncer à siéger dans l'assemblée communale. M . J. Miot se prononça solennellement en faveur de la proposition dont il était l'auteur, > vu la gravite des circonstances et la nécessité de prendre promptement les mesures les plus radicales, les plus énergiques, pour réprimer les trahisons qui pourraient perdre la république. > Il présenta, le 6 mai, un projet de loi, qui supprimait la prison cellulaire, et le 16, après la chute de la colonne Vendôme, il annonça que, k si jusqu'alors la colère du peuple ne s'était exercée que sur des choses matérielles, le jour approchait où les représailles seraient terribles et atteindraient Tinlâme réaction. « Reconnu le 24 mai au moment de l'entrée des troupes régulières à Paris, M. Miot aurait, paratt-il, été passé par les armes.

M. Jules Miot a punlié : Réponse aux de%kx libelles, les Conspirateurs f et la Naissance de la république, de Chenu et de Delahodde, etc.

(1850, in- 18) ; V Heure suprême de l'Italie ^ suivie d'une lettre relative au portefeuille de Lamoricière (1860, in-8}.

MITCHELL (Robert), journaliste français, né à Rayonne, le 21 mai 1839, d'un père anglais et d'une mère espagnole, eut don Carlos pour parrain, et fut, dès son berceau, nommé capitaine dans l'armée carliste. Il débuta à Paris, en 1856, dans un journal spécial : la Presse théâtrale, alla, l'année suivante, habiter Londres, où il rédigea en anglais la partie littéraire du journal The Atlas, entra en 1860 au Constitutionnel, comme rédacteur politique, passa successivement au Pays, au Nord et à Viitendardj puis rentra au Constitutionnel, où son libéralisme modéré le rendit bientôt suspect, et qu'il quitta pour la Patrie. Il fut cependant nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1868. En 1869, il remplaça M. Baudrillart comme rédacteur en chef du Constitutionnel, soutint la formation du centre gauche, le programme des 116, et contribua à l'avènement du tiers-parti libéral, personnifié dans M. Emile OUivier, et le ministère du 2 janvier 1870. Au moment de l'incident Hohenzollem, il combattit énergiquement les idées de guerre, et fut à cette occasion Tobjet de manifestations hostiles. Nommé chef d'un bataillon de mobiles, il préféra, après les premières défaites de l'armée française, s'engager dans un régiment de zouaves, fit partie de l'armée du maréchal Mac-Mahon, fut fait prisonnier à Sedan et envoyé dans une forteresse de la haute Silésie, d'où il ne sortit qu'après la signature des préliminaires de paix (avril 1871'. Pendant sa captivité, il avait, en provoquant à

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