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çais, Bé à Montbenoît, le 4 juin 1826, onzième enftoit du général de division comte Morand, fit ses études au collège Henri IV et entra à Saint-Cyr en 1843. Sous-lieutenant au 69* de ligne «n 1845, lieutenant le 19 novembre 184ft, il passa, en 1852, au deuxième régiment de zouares, prit part à l'expédition d*El-\ghouat et fut promu capitaine. Nommé officier d'ordonnance de l'Bmpefsur, 'pms chef de bataillon au 56* de ligne, le 1 7 mars 1858, il rentra au deuxième régiment de cousues, aTec tequel il fit la campagne d'Italie, en 1859, et celle du Mexique en 1862. Nommé lieutenantHcolonel au 34* de ligne le 21 décembre 1862, il retourna en Afrique, et fut promu, le 21 mars 1867, colonel du 21* de ligne, qui, au début de la guerre franco-prussienne, fit partie du septième corps de Parmée du Rhin, et prit part là la lyataille de Woenrlh (6 août 1870). Nommé général de brigade le 25 août suivant, blessé le 90 août près de Stenay, il fut fait prisonnier, subit l'amputation d'une jambe quelques jours après, et mourat des suites de l'opération, à Soummantne, •le 9 septembre 1870. Il était officier de la Légion d'honneur.
MOREAU (Ferdinand-Louis), représentant français, né à Paris, le 20 janvier 1811 , petît-flls d'un censeur de la Bannue de France, et fils d'un agent de change, succéda à son père en 1853, et ap]:ès avoir fait partie, pendant trois ans, de la chambre «yndicate,fut nommé syndic des agents de cAiange ■de Paris, en 1861. Ancien conseiller général du département d'Eure-et-Loir, où il est propriétaire ^ chitteau d'Anet, il a été élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le 2 juillet 1871, ]par'94 913 voix sur 290 823 votants.
Il a pris place au centre droit, et a voté* pour le
Sou? oir constituant, le traité douanier et le retour e l'Assemblée à Paris; contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel; contre la loi départementale, la dissolution des gardes natiomles, la proposition Ravinel, la proposition V>eray (matières premières), et le maimtlen 4es traites de commerce.
Lors diArenouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été réélu conseiller général du département d'Eure-et-Loir, pour le canton d'Anet.
M. F. Moreau a été nommé officier de la Légion d'honneur, et commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique.
HORÏiEMA&T * (Anne-Viotumien-Reoé-Roger DE«dOHBCBouART,/mar^uis de). — Aux élections du SfévûerlSTl, il a èie nommé représentant du Rhône à l'Afiâernblée nationale, de dixième sur treise , par 57 ■ 353 'voix.
Membre de la réunion des Réservoirs, il a pris plaoeà droite, et a voté pour les préliminaires de paix, l'abcogation des lois d'exil, la validation de 'élœtîDn des princes, la loi départementale, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, le traité douanier et la proposition Feray (matières ^lemières); contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; contre le maintien des traités de commerce et le retour de l'AssBmblôd à Paris.
MOfiTIE]Jt(Ëugèaae), membr&de la Gommunede Paris, né vers 1M5. exerça la profession de commis d'architecte, jusqu'à Tépoque du siège de Paris, en 18^0. Lancé alors dans les clubs, nommé apitaine d'une compagnie de marche de la garde nationale, il fit un service d'avant- postes, et^ lors de la tentative du 22 ianvier 1871, commanda le feu contre l'Hôtel de ville. A ffiliéauGomi té central, dont il signa la première affiche le 19 mars, kl fut.
après le triompha des fédérés, élu, le 26, mem bre de la Commune, dans le U* arrondissement, par 10397 voix. Membre de la commission des services publics, le 30 mars, il fut délégué à l'administration du 11* arrondissement, le 18 avril.
II s'abstint sur la question de la validation des élections complémentaires, ne motiva point son ^ote pour la création du Comité de salut pufotic, ' t soutint que l'on devait refuser la démission de r.l. Pyat, qui ne pouvait quitter ses fonctions au :u ornent où elles devenaient « un poste de péril et d'honneur. » Il proposa, le 7 mai, la suppression de t nis les journaux autres que VOffieiei, qui devait je borner à rendre compte des opératoons militaires. Il demanda aussi, le 19 mai, la fermetare des églises ou plutôt leur transformation en oc écoles d'atbéisme >. Après l'entrée des troupes régulières à Paris, il réussit, dit-on, à s'échapper.
BfOnmJ (Jules-Alexandre), ancien membre du conseil municipal de Paris, né à Saint-Etienne, au mois d'octobre 1831, se fixa à Paris, en 1857, et, après avoir fait le commerce de la mégisserie, y fonda une -maison de banque. Nommé maire du 11* arrondissement, le 15 septembre 1870, il poscrivit des écoles primaires tout emblème religieux, substitua l'enseignement laïque à l'enseignement congréganiste et fat nommé, le 1" octobre, pair ar rôté du maire de Paris, membre de la commission de l'enseignement communal. Révoqué le 19 de ses diverses fonctions, et remplacé par M. Arthur de Fonvielle, il prit part à la tentative insurrectionnelle du 31, fit partie pendant ouelaues heures du gouvernement provisoire proclame à i' Hôtel de ville, et fut réélu, le 5 novembre suivant, au premier tour de scrutin, maire du 1 P arrondissement, par 14 251 voix sur 23 930 votants, contre 9399 voix données à M. de Fonvielle.
Lors des élections du 8 février 1871, il refusa la candidature qui lui était ofi'erto par le comité républicain radical de son arrondissement. Après le 18 mars, il assista à la réunion des députés etdes maires de Paris, tenue à la mairie de la Banque, et signa le manifeste qui conseillait de voter pour la formation du conseil ipunicipal. Il fit aussi partie de la Ligue de l'union républicaine des droits de Paris. Elu, le 30 juillet 1871, au second lourde scrutin, membre du conseil municipal de Paris pour les quartiers Saint-Ambroise et Folie- Méricourt (11* arrondissement) et pour le quartier du Père-Lachaise (20*arrondissement),ilopta pour le quartier Saint-Ambroise. 11 a été, en cette qualité, l'un des signataires d'un exposé de la situation du commerce et de l'industrie à Paris, adressé au conseil municipal, et dont les oiAcluclusions étaient la levée de l'état de siège et l'amnistie.
A la suite de la déclaration de faillite deJa société en commandite dont il était le .gérant, H..Vottu donna sa démission de membre du ccmseil municipal (!•' janvier 1872). Poursuivi correctionnellement sous la prévention d'abus de coorfiaoce et de banqueroute simple, il a été condampé, le 6 avril 1872, à deux ans de prison et 50 fr. d'amende, et remplacé, le 28 avril, comme membre du conseil municipal de Paris, par fil. Ch. Floquet. M. Mottu, qui a fondé, en 1869, VEneydopédie générale, a collaborée divers journaux, et a été membre du comité de rédaction de la MunietpalUé, et directeur du Radical (octobre 1871). journal dont il abuddonna la direolion le 5iavriiiS.72.
MOULIN (Gabriel), représentant français, né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Ddme), le 26 septembre 1810, fut reçu docteur en droit à Paris en avril 1833, et nommé successivement substitut à Clermont-Ferrand, le 18 janvier T834; procureur du
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roiàThiers, le 26 décembre 1836; substitut du procureur général près la cour de Riom, le 8 février 1840; avocat général près la même cour en 1845, et porta la parole dans raffaire Marcellange et dans l'affaire des troubles survenus à l'occasion du recensement de 1842. Conseiller général du Puy-de-Dôme depuis 1842, il fut élu député de l'arrondissement d'Issoire le 25 septembre 1845> réélu en 1846, aux élections générales, et en 1847, après avoir été nommé directeur général de Tadininistration des cultes. Rapporteur de divers projets de loi, il prit part à plusieurs discussions importantes et devint conseiller d'Etat en service extraordinaire le 20 février 1848. Après le 24 février, il rentra momentanément dans la vie privée. Représentant à l'Assemblée législative de 1849, membre du comité consultatif de l'Algérie, il fit partie, comme secrétaire, du bureau de TAssemblée, à la séance tenue, le 2 décembre 1851, à la mairie du 10* arrondissement, et fut quelque temps emprisonné à Vincennes. Pendant la durée ^e 1 empire, il resta étranger à la vie politique et continua seulement à siéger au conseil général, dont, à plusieurs reprises, il fut élu président, notamment en septembre 1870. Aux élections du 8 février 1871.il a été nommé représentant du Puyde-Dôme à rAssemblée nationale, le troisième sur onze, par 71 927 voix sur 96 000 votants, a présidé plusieurs bureaux, deux commissions importantes, celle d'abrogation des lois d'exil et celle de décentralisation administrative, et a pris une part active à la discussion de la loi départementale.
Membre de la réunion Saint-Marc Girardin, et président de la réunion des Réservoirs, il a pris place à droite et a voté pour les préliminaires de
f)aix, la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, a validation de l'élection des princes, la loi départementale; contre le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel; contrôla proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris. 11 s'est abstenu lors du vote sur la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, les propositions Rivet et Ravinel, et le traité douanier.
Au renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871 , il a été élu conseiller général du département du Puy-de-Dôme, pour le canton de La Tour-d'Auvergne.
M. Moulin a publié : Eloge biographique de M. le baron deBarante (1866, in-8*).
MURAT * ( Joach i m-Joseph- André , comte) . — Aux élections du 8 février 187], il fut nommé représentant du Lot à l'Assemblée nationale, le dernier sur six, par 31 874 voix sur 71 438 votants.
Il a voté pour les préliminaires de paix, Tabro^ gation des lois d'exil, la validation de l'élection aes princes, la loi départementale, la proposition Ravmel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités de commerce; contre la déchéance de l'empereur, le pouvoir constituant, et le retour de l'Assemblée à Paris. Il s'est abstenu dans la question du pouvoir temporel.
Lors du renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871.il a été élu conseiller généra! du département (lu Lot, pour le canton de Labastide-Murat.
MURÂT SISTR1ÈRES* (Jean -Baptiste -Eugène de). — Aux élections du 8 février 1871, il a été nommé représentant du Cantal à l'Assemblée nationale, le quatrième sur cinq, par 14 714 voix.
Il a pris place au centre gauche et a voté pour les préliminaires de paix, la loi départementale, la proposition Rivet, et le traité douanier; pour le gouvemement«dansla question du pouvoir temporel; contre l'abrogation des lois d'exil, la proposition Ravinel, la proposition Feray (matières premières), et le maintien des traités de commerce. Il s'est abstenu lors du vote sur la validation de l'élection des princes, sur la dissolution des gardes nationales et sur le pouvoir constituant.
Au renouvellement des conseils généraux, le 8 octobre 1871, il a été élu conseiller général du département du Cantal, pour le canton de Riom.
NADAUD * (Martin). — Lors de l'élection complémentaire du 23 juillet 1871, il a été nommé, au premier tour de scrutin, membre du conseil municipal de Paris pour le quartier du Père- Lachaise (20* arrondissement), en remplacement de M. Mottu qui avait opté pour le quartier Saint- Ambroise.
M. Martin Nadaud a publié : Histoire des classes ouvrières en Angleterre (1872, in- 8"').
NAPOLÉON III* (Charles-Louis-Napoléon Bo- NAPART£). — L'année 1870 commence par l'inauguration du régime appelé t l'empire libéral. » Le 2 janvier, un des anciens chefs de l'opposition républicaine, M. Em. OUivier, forme, sur l'invitation solennelle de l'empereur (lettre du 27 décembre .1869), un ministère composé d'anciens parlementaires (comte Daru, Buffet, marquis de Talhouet, Chevandier de Valdrôme, de Parieu) , unis à quelques officiers dévoués (maréchal Vaillant, général Lebœuf, amiial Rigault de Genouilly) . Il devait rencontrer, dans le Corps législatif, la défiance de la droite et Thostilité de la gauche. Il eut d'abord à déployer quelque énergie contre les troubles excités dans Paris pain arrestation du député, M. Henri de Rochefort, et pendant
trois nuits, Napoléon lui-même, se tenait prêt, diton, à monter à cheval pour marcher contre l'émeute (5-7 février). Un acte propre à rendre le ministère du 2 ianvier populaire lut l'abrogation des lois de sûreté générale, toujours en vigueur depuis 1859; elle fut votée par la Chambre le 24 mars. La pensée dominante de l'empereur et de son premier ministre, à celle époque, est de donner une seconde consécration populaire à sa dynastie, en faisant ratifier par le suffrage universel les nouvelles réformes libérales. De là la proclamation du 23 avril, par laquelle Napoléon III convie la nation au renouvelle ment du « pacte constitutionnel » par un plébiscite, destiné à « asseoir sur une base solide l'ordre et la liberté^ et à rendre plus facile, dans l'avenir, la transmission de la couronne à son fils. » Pendant la période de l'agitation plébiscitaire, le parti radicai tient, dans les faubourgs de Paris et oans plusieurs villes de province, des réunions pul liques où éclatent librement toutes les violences du langage révolutionnaire, tandis que, dans toute la France, l'administration met en jeu tous les intérêts et toutes les influences pour conduire au but marqué les masses électorales. Sur ces entrefaites, arrive la découverte opportune d'un complot contre la vie de
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l'empereur (fin avril), et elle provoque le mouvement ordinaire des adresses de félicitations de la part des municipalités. Alors a lieu le scrutin du 8 mai, qui donne pour résultat général 7336434 oui. contre 1 560 706 non. Cette sanction nouvelle de la constitution impériale, si éclatante qu'elle fût, contenait pourtant quelques révélations fâcheuses : d'abord le nombre total des non était plus grand que dans les plébiscites précédents; ensuite, à Paris, outre l'importance des ^abstentions, une assez forte majorité s'était déclarée contre Tempire (184345 non contre 138406 oui; 9592 bulletms annulés); la même chose avait eu lieu pour la population civile de l'Algérie. Le vote de l'armée, exprimé à part, parut causer des inquiétudes et un mécontentement, peu justifiés par le chiff're des non (40181 pour la France, 6029 pour l'Algérie): mais il eut l'immense inconvénient de signaler à l'étranger la faiblesse numérique de nos effectifs par le nombre authentique des votants (armée intérieure : 289573 ; armée d'Algérie : 42194). En recevant le résultat officiel du plébiscite du 8 mai, l'empereur exprima au Président du Corps législatif une confiance sans bornes dans le développement calme et fécond de nos nouvelles institutions libérales (21 mai 1870).
Un avenir prochain allait cruellement la démentir. En négligeant quelques incidents de l'intérieur ou du dehors, comme la convocation de la Haute-cour de justice à Blois pour l'affaire du complot d'avril, et les difficultés diplomatiques avec le saint-siége au sujet de la consécration
Sar le concile de Rome des doctrines politiques a Syllàbus de 1864, on arrive aux événements qui amènent et précipitent la catastrophe. En quelques semaines, le pays est ietâ dans une guerre inattendue par T incident de la candidature du prince de Hobenzollern au trône d'Espagne. Tandis que MB! . Benedelti et de Bisoiark échangent des négociations qui ont pour résultat le désistement plus ou moins complet de prétentions menaçantes pour la France, l'excitation à la guerre'est répandue par tout le pays; les chants patriotiques, jusque-là sévèrement
Proscrits, sont partout encouragés. La Marseillise et le Bhin AlUnuind de Musset sont exécutés par ordre sur les théâtres. Les ministres donnent au Corps législatif l'assurance que l'on est prêt pour la guerre ; le chef du cabmet déclare quMl en accepte la responsabilité : « d'un cœur léger»; on répète partout, san.i le voir démentir, le propos du maréchal Lebœuf que « la guerre pourrait durer deux ans, sans qu'on eût besoin d'acheter même un bouton de guêtre pour les soldats. >
Le 15 juillet la déclaration de guerre est notifiée et, deux jours plus tard, l'empereur annonce dans une proclamation au peuple français qu'il va se mettre, avec son fils, à la tête de son armée. Ayant pris son quartier impérial à Metz« il adresse, le 28 juillet, à ses soldats une proclamation indiquant qu'il commence à comprendre les difficultés oe la guerre, et déclare qu'elle sera longue et pénible. A ce moment nos troupes, dont le personnel et le matériel sont également insuffisants, arrivent à peine des divers points de la France sur le théâtre des événements, tandis que les forces de l'Allemagne se réunissent par grandes masses sur nos frontières. Au milieu de ces mouvements de concentration, l'empereur se donne le spectacle de la facile et puérile victoire de Saarbruck (2 août). Sous ses yeux et ceux du prince impérial, le corps d'armée de Frossard attaque 3 compagnies prussiennes qui se retirent après une courte résistance. Une dépêche personnelle de rempereur à l'impératrice sur le « baptême
du feu > du prince impérial donne à toute la presse officieuse le signal de la mise en scène fantastique d'un engagement que l'étranger appelle c la comédie de Saarbruck. » Cette ville était quatre jours plus tard le théâtre d'une victoire plus sérieuse des Prussiens (6 août] .
Les Allemands entrent de deux côtés à la fois sur notre territoire et refoulent devant eux, par des engagements de chaque jour, le peu de trou-
Îies que nous avions à leur opposer. Le 14 août, 'empereur annonce qu'il quitte Metz pour repousser l'invasion. 11 assiste à celte suite de batailles sanglantes où les soldats ne peuvent racheter par leur courage, Tinfériorité du nombre, l'imprévoyance ou l'inhabileté de leurs chefs. Les vainqueurs s'étonnent eux-mêmes de la > lenteur effrayante du commandement de l'armée française, ■ au'on attribue à la présence et à l'intervention au souverain. Après la seconde défaite de Gravelotte (18 août), il se retire au camp de Ch&lons où certains nouveaux contingents le rendent témoin d'une irrévérencieuse indiscipline. C'est de laque Mac-Mahon, ayant à peine formé une nouvelle armée , se voit contraint de se mettre en marche pour tenter d'opérer avec Bazaine une jonction qu'il déclarait impossible. La politique l'emporta sur la stratégie. Lesdépêches de L'impératrice et du conseil des ministres faisaient savoir, en effet, que tout mouvement de retraite vers Paris serait le signal d'une révolution. Le 30 août, l'empereur établissait son quartier général & Mouzon; et le lendemain, après avoir fait passer son fils en Belgique, il entrait à Sedan ou son armée était enveloppée de toutes parts par des forces deux fois supérieures. Le maréchal Mac-Mahon, à qui l'empereur avait dû céder le titre de commandant en chef, ayant été blessé dans le combat, le général de Wimpffen prit le commandement par droit d'ancienneté. Mais la présence de la personne du souverain ôtait toute liberté de mouvement, et aucun ordre général ne présida aux péripéties de cette longue et terrible lutte. Sans établir aucune entente entre les nombreux soldats agglomérés autour de lui dans la ville et ceux qui tenaient encore dans la campagne, sans prendre l'avis du général en chef, rempereur .fit, de lui-même, arborer des drapeaux blancs sur les remparts et envoya un parlementaire au roi de Prusse, pour proposer un armistice; puis il refusait la démission du ffénéral de Wimpffen qui voulait marquer, en la donnant, qu'il était étranger à la capitulation demandée par l'empereur. Celui-ci avait écrit au vainqueur : « N'ayant pu mourir à la tête de mes troupes, je remets mon épée entre les mains de Votre Majesté, h H rendait avec lu i 83 000 hommes , dont 4000 officiers , sans compter plus de 20000 prisonniers faits pendant la bataille. Le lendemain, Napoléon avait avec M. de Bismark , dans une chamore d'artisan , la célèbre entrevue deVendresse, et rejetait la responsabilité de la guerre sur la nation elle-même qui l'y avait contraint , disait-il, par la pression de l'opinion publique. Il voyait ensuiteleroi Guillaume au ch&teau de Bellevue. et recevait pour résidence le château de Wilhemshœhe, haoité autrefois par son oncle, le roi Jérôme.
La nouvelle de ces événements, transmise à Paris et publiée avec les atténuations officielles, y produisit la plus rapide et la plus spontanée des révolutions. Le 4 septembre, au matin, le mot de « déchéance, » qui avait été prononcé la veille au Corps législatif, était dans toutes les bouches et résumait le sentiment qui dominait la situation. A trois heures de l'après-midi, pendant que les députés étudient dans leurs bureaux les propositions de plusieurs de leurs coliques, relatives aux transformations nécessaires du Gouver-
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nement mâme et à la convocation d'une Constituante , la salle des séances est envahie, saos ré> sistance, la République proclamée sur tous les points, sans luttes ni violence, et un gouvernement provisoire de Défense nationale installé à Fflôtel de ville. L'impératrice fuyait saa& cortège vers la frontière. Les amis, les serviteurs, l'appui des institutions, tout manquait à la fois; Tempire s'effondrait tout entier. Le mouvement se propageait avec une rapidité inouïe dans toute la France; quelques grandes villes, comme Lyon, Nantes, avaient même devancé Paris. La République- recueillait partout, sans résistance Ja lourde succession d'un pouvoir qui avait entraîné le pays dans sa diute.
L'intervention personn^le et directe de Texemj)ereur est peu marquée dans les événements qui suivirent. Pendant son séjour àWishemshœhe, la presse française et étrangère s'est plusieurs fois occupée de projets de traités entre Napoléon III et la . Prusse pour le rétablissement du régime impérial par les armes étrangères*, aucun fait sérieux ne les a confirmés. On ne peut dire non plus quelle part eut l'ex-empereur dans les intrigues mystérieuses qui préludèrent à la capitulation de Bazaine (Voy. ce nom). Lorsque la paix eut été conclue entre la nouvelle Assemblée nationale française et la Prusse, en dehors de toute question politique ou constitutionnelle, Napoléon s'établit en Angleterre, au château de Chislehurst, avec sa famille et quelques hommes dévoués à sa fortune, et cette résidence fut dès lors signalée comme le quartier général de l'action bonapartiste, restée jusqu'ici sans beaucoup d'efficacité. Le 1" mars 1871, un député de la Corse, M. Conti, ayant tenté, à Bordeaux, la réhabilitation de l'Empire , une violente indignation s'empara de l'Âssemnlée qui vota, à Tunanimité moins cinq ou six voix, un ordre du jour proclamant « la déchéance de Napoléon III et de « sa dynastie, et le déclarant responsable de la « ruine, de 1 invasion et du démenwrement de la « France. > Napoléon, par une lettre encore datée de Wilhemshœhe (6 mars), protesta contre cette déclaration qu'il qualifiait d injuste et d'illégale, au nom de sa doctrine favorite, celle du droit plébiscitaire. La retraite de Napoléon à Chislehurst lui a valu en Angleterre une certaine popularité et souvent de véritables ovations. Son influence et celle de son entourai^e immédiat se sont fait surtout sentir par la création ou l'entretien de quelques journaux français ou étrangers voués aux intérêts bonapartistes, par la publication de brochures, répandues gratuitement, par une intervention plus ou moins discrète dans des procès bruyants faits à des hommes du 4 septembre, enfin par quelques candidatures impérialistes, notamment en Corse, celle de M. Rouher redevenu l'orateur du parti devant l'Assemblée nationale, toujours moins docile que le Corps législatif. Au milieu des accusations unanimes élevées, soit dans la Chambre, soit dans la presse, contre l'excès d'imprévoyance d'un gouvernement qui avait déclaré lui-même la guerre quand il était si loin d'être en mesure de la faire , l'ex-empereur n'a pas craint d'essayer de se justifier, en accusant ses ministres de l'avoir gravement trompé; outre des communications dans ce sens adressées par lui personnellement à des journalistes , il a publié, sous le pseudonyme de « Comte de la Cnapelle, » un mémoire intitulé: Forces militaires de la France, et contenant de prétendues notes officielles d'alors sur la situation de l'armée (juillet 1872).
NAPOLÉœi * (Napoléon -Joseph -Charles -Paul BONAPARTE). — Après le succès du plébiscite et
au moment de la phis grande popularité du ndmstère Ollivier, il partit pour une excursion; surles côtes de Norwége (2 juillet 1870), aveei l'izL— teotion de pousser jusqu'à Arichangel. Lca-événe— ments politiques le firent piomptementTBppelae. 11 n'était eoeore qu'à Tromsoë et pareottrut en. cinq jours les six cents lieues qui loi sépacaieit' de la France. 11 suivit alors le quartier génàraï impérial saes obtenir de commandement Aprèt:
les premières défaites de l'armée franoaisa, chargé par Teorpereur de demander au rot VIctor^Emam»** nuel le* concours de Tarmée italienne cantre la Prusse, il partit pour Florence: (20' août), et était encore au palais Pitti, le 4 septembre/ lor»* qu'il reçut la nouvelle d» la pfodflanation pacift» que de la République. Le soir même, la prxneeGse < Clotilde, qui, dès le 15 août, avait envoyé ses* enfants en Suisse, au château die Pranginsy parkidt pour les rejoindre.
Au moment de la captivité de Napoléon III à Wilhemshœhe, les journaux signalèrent le priace Napoléon comme l'ftme des intrigues banapartistes qui se nouaient en Allemagne, et qui devaient aboutir au rétablissement de la dynastie par l'armée prisonnière elle-même, avec le* concours de la Prusse. Le bruit courut même que le prince Napoléon était accepté par M. de Bismark comme successeur de Napoléon III, et avec assez de persistance pour attirer au journal le-7tmet un violent démenti. Plus tard la mission que le prince avait reçue au moment du plus pressant dangeir fut attribuée par la presse républicaine à des motifs déshonorants. H. Jules Favre ministre des afTaires étrangères crut devoir revenir sur ce fait et déclarer, à la tribune, dans ia séance du 17 juin 1871, qu'il ne répondait point à des attaques dirigéescontre lui <c par une personne qui ayant eu l'honneur de porter l'uniforme de général français avait tourné le dos au moment où l'ennemi envahissait le territoire. » Cette déclaration fut suivie d'une brochure, publiée par le journal le Gaulois- etintituiée la Vérité à mes ecUowniateurr.Le prince y expliquait sa mission avant Sedan, et saioandnite après ce désastre.
Lors des élections du 8 février' 1871, il omt d&> voir refuser la candidature en Corse et dans la Charente-Inférieure, mais au renouvellement des conseils généraux (8 octobre), élu membre du conseil général de la Corse , il demanda au gou^ vernement l'autorisation de traverser la France , pour se rendre à Ajaccio. Ce voyage donna lieu hdes démonstrations hostiles contre sa personne et nécessita l'envoi en Corse, pendant la session, de M. Charles Ferry, préfet ae Saône-et-Loire, en qualité de commissaire extraordinaire, avec pleins pouvoirs. L'attitude d'une partie de la population détermina même le gouvernement à augmenter la garnison et à faire croiser, en vue d'Ajaccio, l'escadre de la Méditerranée. A la suite de la discussion sur la validité de l'élection du prince, les délibérations du conseil prirent un caractère de violence, qui amena la retraite des membres bonapartistes, et laissa la majorité républicaine maltresse de la situation. Le prince donna^ alors sa démission et partit pour l'Italie (24 octobre 1871). Au mois de novembre suivant, le journal VOrdre publia la lettre adressée à ses électeurs au moment de son départ. 11 y soutenait la nécessité d'un appel au peuple immédiat, comme seul remède à la situation politique. Lors du scrutin pour l'élection complémentaire du 21 janvier 18^1%, il se présenta de nouveau pour le canton d' Ajaccio et fut encore élu. Mais, sa candidature à la présidence ayant échoué, il renonça à siéger, quitta encore une fois la Corse et retourna à Prangins. Il a fait depuis un voyage à Florence et à Rome (26 février) et un autre en Angleterre (12 avril).