‹ Dictionnaire universel des contemporainsChapitre 91 sur 122 · PARE · texte numérisé non relu

PARE

cals. H. de Bismark informa officieusement de ce fait les gouvernements européens par voie télégraphique. C'est sur cette dépêche que M. Emile Ollivier s'appuya, dans la séance du 15 juillet, pour prétendre, qu'à la suite de renvoi d'une note aux cours étrsngères, dans laquelle le gouvernement prussien avait annoncé Tinjure faite par le roi à l'ambassadeur français, la guerre était devenue inévitable. Il fut démontré plus tard que la note n'avait jamais existé. Cependant la guerre avait été déclarée et le premier ministre en avait publiquement accepté (es conséquences ■ d'un cœur léger ». Une loi interdisant aux journaux sous des peines sévères le compte rendu des opérations militaires, fut promulguée le 21 juillet. Quelques jours après, le journal le Times , sur l'inspiration de M. de Bismark, publiait le texte d'un projet de traité entre la Prusse et la France, écrit, disait-on, de la propre main de M. Benedetti et qui spécifiait l'annexion de la Belgique à l'Empire français. M. Ollivier démentit énergiquement un fait, vrai au fond, de diplomatie obscure, auquel il était étranger. En même temps, nos troupes abandonnaient Rome et M. de Gramont signait avec l'Italie un modus vivendi sur les bases de la convention de septembre. Les premières défaites de Wissem bourg et de ReichshofTen, suivies dejladésaslreuse[retraite du maréchal de Mac- Mahon sur Cbâlons, rendirent très-critique la situation du ministère. En présence de l'effervescence publique, M. Ollivier convoqua extraordinairement, par décret de l'impératrice régente, le Sénat et le Corps législatif, pour le 9 août, et pu-, blia une proclamation pour rassurer le pays. Dès le début 03 la séance, M. Clément Duvernois proposa un ordre du jour qui déclarait le cabinet incapable de pourvoir à la défense du pays. Cet ordre du jour, repoussé par M. Ollivier comme une sanglante injure, fut voté à une grande majorité, au milieu d'un effroyable tumulte, et M. Cousin de Montauban, comte do Palikao, fui chargé par l'impératrice de former un nouveau ministère. M. Emile Ollivier se relira à Fontainebleau, et passa ensuite en Italie, où il résidait encore au mois de juillet 1872.

Malgré les désastres qui suivirent son administration, on ne peut entièrement oublier les réformes libérales tentées par M. Ollivier pendant son court passage au pouvoir. Il faut noter son attitude désintéressée en présence du concile et de la proclamation du dogme de l'infaillibilité, la diminution de l'impôt du timbre des journaux, un projet de loi réduisant de moitié le traitement des sénateurs; un autre abrogeant le décret de 1851, sur la surveillance de la haute police ; des tentatives d'amélioration dans l'instruction des affaires criminelles; un traité avec l'Espagne donnant mutuellement aux jugements civils force exécutoire dans les deux pavs, etc. Les espérances que le

Êarti libéral parlementaire avait fondées sur [. Emile Ollivier se manifestèrent surtout au sein de rAcadémie française, où, grâce ^ Tinfluence

de M. Thiers , le jeune ministre fut élu, en rem* placement de Lamartine, par 26 voix sur 28 votants (7 avril 1870). Au mois de mai suivant, après la signature du traité qui réglait l'exécution des jugements civils à l'étranger, M. Olozaga, ambassadeur d'Espagne, offrit à M. Ollivier, qui le refusa, l'ordre de la Toison d'or, et à Mme Ollivier le cordon des dames nobles d^E^gne.

M. £. Ollivier a refusé, au mois de février 1812, de comparaître devant la commission d'enquête sur la révolution du 4 septembre.

OSTYN (N....), membre de la Commune de Paris, né vers 1820, se fit remarquer, pendant le siège, dans les réunions publiques du 19* arrondissement, où, après l'insurrection du 18 mars, il fut élu, au scrutin du 26, membre de la Commune, par 5065 voix^ sur 11 282 votants. Nommé membre de la commission des subsistances et de la commission des services publics, le 30 mars, il n'a joué dans les délibérations de l'assemblée parisienne qu'un rôle très-effacé, ne prenant la parole que dans quelques discussions spéciales , intéressant les chemins de fer. Il a cependant proposé de déterminer exactement les attributioas des déléffués an départements ministériels, afin d'empêcher les abus du pouvoir. Il s'est abstenu dans la question de la validation des élections complémentaires, a voté contre la création d'un comité de salut public, et, à cette occasion, a signé, avec plusieurs de ses collègues, une protestation motivée. Il représentait la Commune, avec M. Martelet, aux funérailles de Pierre Leroux.

OUDET (Emile), membre de la Commune de Paris, né en 1826, exerça la profession de peintre sur porcelaine, et fut mêlé à presque tous les mouvements politiques des années 1848, 1849 et 1850. Poursuivi après le coup d'État du 2 décembre 1851, il fut emprisonné, pendant plusieurs années, comme conspirateur, se réfugia à Bruxelles après avoir subi sa peine, et rentra en France lors de l'amnistie (1859). Il vécut misérablement à Belleville, de son ancien état, jusqu'à la révolution du 4 septembre 1870. A cette époque, ses discours violents dans les clubs, contre le gouvernement de la Défense nationale, lui firent une réputation d'orateur populaire. Après la tentative insurrectionelle du 31 octobre, il fut élu adjoint dans le 19' arrondissement, et, au scrutin du 8 février 1871, pour l'Assemblée nationale, il obtint à Paris, sans être élu, 61 152 voix sur 328 970 votants. Son ancien arrondissement l'envoya siéger à la Commune, le 26 mars suivant, par 10065 voix lurl 1282 votants. Il prit place, dès le 30 mars, dans la commission de sûreté générale. Partisan des mesures violentes et membre de la majorité, il s'abstint dans la question de la validation des élections complémentaires, mais se prononça pour la création d'un comité de salut public, « attendu que la situation est encore plus terrible que celle où nos pères de 93 se sont trouvés. >

FALLU " DE LÀ Barrièrb (Léopold- Augustin- Charles).— Pendant la guerre franco-prussienne, il fit partie de l'armée de l'Est , et commanda la réserve avec le grade de général de brigade au titre provisoire. Il fut chargé, avec le général Billot, commandant le 18* corps, de couvrir la retraite de l'armée sur la frontière suisse, et réussit à s'échapper au sud , en suivant les pentes du Jura .avec les débris de quelqu'^s bataillons. Après

la signature de la paix^ le ministère de la marine lui confia la tâche délicate de résumer l'histoire des marins et des officiers de vaisseau qui avaient joué un rôle si glorieux pendant la désastreuse guerre de 1870-1871.

PARENT (Nicolas-Eugène), représentant français, né à Sailanches (iiaute-Savoie), le 21 mars 1817| est fils d'un professeur de rhétorique de

Page 1