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QUIN

mai, fut compromis dans le procès de Blois, et sentant sa liberté sérieusement menacée, passa en Angleterre. La Haute cour le condamna par contumace, le 9 août 1870^ à cinq an? de prison et 6000 francs d'amende. La révolution du 4 septembre lui permit de revenir à Paris. 11 y fonda aussitôt une feuille d'avant-garde, le Coin&<U,qui, dès le 29 octobre, à la suite d'une indiscrétion de MM. Flourenset Bochefort annonça la capitulation du maréchal Bazaine. Cette révélation inattendue eta une profonde perturbation dans les rangs de a garde nationale. Le club de la Porte Saint- Martin et plusieurs autres réunions importantes anatbématisèrent le rédacteur en chef du Combat. Les bureaux du journal furent saccagés, et le secrétaire de la rédaction, M. Delimal, conduit à l'Hôtel de ville par une foule furieuse, se vit sérieusement menacé. D'abord démentie par M. Bochefort; l'un de ceux que M. Pyat avait désignés comme l'ayant propagée, puis confirmée par le gouvernement lui-même, qui avait d'abord publié une note officielle, signalant les faux renseignements du Combat à l'indignation des honnêtes gens, la terrible nouvelle,coïncidant avec le désastre du Bourget, amena la tentative du 31 octobre. M. Pyat vint alors à l'Hôtel de ville réclamer l'établissement de la Commune de Paris, sous la présidence de M. Dorian. U fut, par acclamation, élu dans la soirée, membre du Comité de salut public , mais courut quelques dangers , lorsque le palais municipal eut été repris par la garde nationale de Torare. Il publia, dans le Combcit, une longue et remarquable justification de sa conduite, intitulée : a ma part dans la journée des dupes républicaines. » Arrêté et maintenu à la Conciergerie pendant près de quinze jours, il fut remis en liberté le 14 novembre 1870. Il n'en garda pas moins, jusqu'à la fin du siège , une attitude hostile au gouvernement de la Défense et l'accentua tellement, qu'à la suite de Taflaire de Montretout et de la tentative du 22 janvier 1871, le général Vinoy^ devenu gouverneur de Paris, crut devoir suppnmer le Combat ^eu même temps que le Réveil de M. Delescluse. M. Pyat fonda alors un nouveau journal, le Vengeur ^ dont le premier numéro parut le 4 février 1871, et qui continua la même politique. Il accepta la candidature qui lui était offerte à Paris, notamment par le club du Pré-aux-Clercs, mais refusa de paraître dans aucune réunion pu-

blique avant d'être couvert par l'immunité du mandat de représentant.

Aux élections du 8 février, il fut nommé , le onzième sur quarante-trois, par 145872 suffrages sur 328970 votants. Dans la séance du 3 mars 1871, au moment où l'Assemblée de Bordeaux venait de voter le traité de paix, il protesta par une lettre lue à la tribune, et déclara que, sans donner sa démission, il se retirait de l'Assemblée et n'y rentrerait plus c tant que ce vote parricide ne serait pas annulé. » Pendant les premiers jours de l'insurrection du 18 mars, M. Pyat ne prit point ostensiblement part au mouvement, mais, dès le 26, son nom parut sur les listes du 10' arrondissement, où il fut élu membre de la Commune par 11,813 suffrages. Nommé membre de la commission executive et de la commission des finances, le 30 mars , il s'abstint de voter sur la validation des élections complémentaires du 16 avril, qu'il considérait comme illégales, et offrit à ce propos, le 21, sa démission, qui ne fut pas acceptée. Il vota, le 2 mai, pour le comité de salut public, dont it fut nommé membre ; mais dès le 9 mai, après la prise du fort d'Issy, désastre que M. Bossel attribua à son incurie, il fut remplacé par M. Delescluse. Inspirateur du décret au 19 mai, qui supprimait tous les journaux hostiles à la Commune, il continua à se signaler dans le Vengeur par la virulence de ses attaques contré le gouvernement régulier. U demanda avec instance le renversement de la colonne Vendôme, à la chute de laquelle il présida en compagnie de M. Courbet, la destruction de l'hôtel de M. Thiers, et la démolition de la Chapelle expiatoire de la rue d'Anjou Saint-Honoré. Quel-

Sues jours avant l'entrée des troupes dans Paris, réunit, dans le quartier Saint- Antoine, un congrès de révolutionnaires, où il fut décidé que « Paris n'était pas digne d'être la capitale de la Révolution », et qu'il fallait transporter le siège des efforts socialistes, à Bruxelles et à Londres. Il signa, le 22 mai, le dernier numéro du Vengeur, qui ne contenait qu'une courte proclamation excitant la garde nationale à une résistance à outrance. Peu de temps après, M. Pyat disparut. Une lettre signée de lui, publiée au commencement du mois de juin 1871. dans les journaux suisses, et une autre, datée de Londres ,1e 30 mai ) 872, apprirent au puhlic qu'il avait pu se réfugier à l'étranger.

QUINET* ({)dgar).^Au mois de septembre 1870.

il adressa aux Allemands un appel à la fraternité des peuples et quitta Genève pour rentrer à Paris, où il publia, dans le5tèci€, des articles très-remarques sur la politique impitoyable de M. de Bismark. Par décret du 17 novembre 1870, il fut rétabli dans son titre et ses fonctions de professeur de langues et littératures de l'Europe méridionale au Collège de France.

Aux élections du 8 février 1871, nommé représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le cinquième sur quarante-trois, par 199472 voix sur 328970 votants, il prit place à l'extrême gauche et se prononça très-vivement contre l'adoption des préliminaires de paix, et la cession de l'Alsace et de la Lorraine : « C'est, dit- il, la guerre à perpétuité sous le masque delà paix.» Il déposa, au mois de mai 1871, une proposition ayant pour objet

de donner aux villes une représentation distincte de celle des campagnes, qui n^obtint que 23 voix sur 532 votants. Il a repris depuis son cours au Collège de France et sa collaboration au journal le Siècle (juiWeilsn).

11 a voté contre l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes, la loi départementale, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant, l<;s propositions Rivet et kavinel ; pour le gouvernement, dans la question du pouvoir temporel ; pour le traité douanier, la proposition Feray (matières premières), le maintien des traités de commerce, et le retour de l'Assemblée à Paris.

On a de lui, outre les publications déjà citées r le Siège de Paris et la défense nationale (1871 in-8«).

RàMP

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