BAIN
les locations faites à très-long terme , ordinairement pour 99 ans ( Toi/. emphytAosf.) ; — B. judiciaire *, les baux faits, par la seule Autorité de la justice, des biens saisis sur uu propriétaire poursuivi par ses créanciers; — B. à local ai rie ou à culture perpétuelle , des baux par lesquels le propriétaire aliénait à perpétuité la jouissance du bien qui lui appartenait, tout en se réservant la propriété foncière; — B. à longues années , ceux qui out une durée de plus de neuf ans ; — B. en nourriture, les contrats par lesquels une personne se donnait elle-même ab.nl pour être nourrie et entretenue et moyennant le payement annuel d’une somme arrêtée à forfait : ce contrat était surtout usité jtour les mineurs et pour les vieillards (pii voulaient s'assurer une cxisteuce tranquille; — B. en jtayement , ceux pir lesquels un débiteur donne la chose qui lui appartient en bail a son créancier pour se libérer de sa dette : ce contrat a pris, quant aux immeubles, la dénomination d ’antichrèse ( Voy. ce mot ; — B. à rentes , des contrats de veute dans lesquels le prix était représenté par une rente foncière, irrarhetabie ; — B. à vie, ceux qui sont faits pour tout le temps de la vie, soit du bailleur, soit du preneur; ces baux peuvent être constitués successivement sur trois têtes.
Tout ce qui concerne les baux est réalé par le Code civil, liv. 111, tit. vin, art. 1708, 1709, etc.
BALLE. Voy . b*julb.
BAUX MU) ou ftAiLLAftr.F., nom donné, dans quelques localités, à Vorge commune, parce que, au moyen A:;e, le froment étant de droit réservé au seigneur, il ne restait au baillard , c.-A-d. au teneur du bail, que l’orge pour fabriquer sou pain.
BAILLE, moitié de tonneau eu forme de baquet, de forme régulière, plu* large du fond que du haut, dout ou sc sert dans la marine pour divers usages, notamment pour y mettre le br&i dont on enduit ks fentes et les joints du navire.
BAILLEMENT (de Miller , onomatopée du bruit qu'on fait en bâillant). Le bâillement parait avoir pour effet d'introduire une plus grande quantité d'air dans les poumons, et de la proportionner à la quantité de saug qui a besoin d’ètre revivifiée : en effet, il a lieu toutes les fois qu'une cause quelconque tend à diminuer la quantité de l'air ou a accumuler le sang dans le rrnur ou les poumons : telles sont l'envie de dormir ou le moment du réveil , la faim ou le travail péuible de la dicestion , le séjour dans un air trop rare ou corrompu, la monotonie des sons, l’ennui , etc. Comme tous les actes qui dépendent du système nerveux , le bâillement peut sc produire eu vertu du seul instinct d’imitation : on sait que la vue d une personne qui bâille donne envie de bâiller. Ce malaise est quelquefois le symptôme de certaines maladies, comme l’épilepsie , l’hystérie, etc. 11 peut même, par sa fréquence et son opiniâtreté, constituer une maladie véritable.
BAILLERE, Clibadium, piaule de la Cuyane, de la famille des Composées, tribu des Sénécion idées.
BAILLI, ancien officier de justice. Voy. le Dict. univ. d'Hist. et de Géogr.
BA1LLOQUES, plumes d'autruche mêlées naturellement de brun olw»cur et de blanc. Ces sortes de plumes sont employées par les plumassions telles qu’elles ont été tirées de l'oiseau; cependant ou les savonne pour les rendre un peu vives et leur donner de l‘éclat. La plume bailluque est peu estimée.
BAIN (du latin balneum). Employés le plus souvent pour des raisons de propreté, les bains sont, en outre, pour le médecin , un des plus puissants moyens thérapeutiques. Considères sous le rapport médical, on les divise en bains entiers ou généraux, et bains partiels ou locaux, qui sont les demi-bains ou bains de siège, les pédiluves, manuluoes, etc. L’eau qui sert aux bains peut être courante ou stagnante; elle est Simple cl naturelle, ou clic tient en dissolution des
sutatances étrangères , mucilagineuses , aromatiques, etc. On emploie encore les bains de lait, d'huile, du vin; les bains do tripes, de gélatine; les bains de vapeur ou étuves humides, les bains de sable et même de boues, des bains de marc de raisin, et plut fréuemment aujourd'hui les bains de mer et c«mx 'eaux minérales ( Voy. ce mot). Les bains sont, suivant leur composition et leur température, re!&» chanta, toniques, stimulants, rubéfiants, sudorifiques. Sous lu rapport de la température, on distingue les bains froids , tempérés, chauds. On entend par B. froid le bain pris a la température des rivières pendant l’été, c’est-à-dire de 12 A 18® eentigr. Il est frais , de 18 à 25° cent. Ces bains agissent coayne toniques, par la réaction qui en résulte. On les prend ordinairement uù plein air, dans une eau courante. L'exercice de la natation concourt beaucoup a en augmenter les lions effets. Les H. de mer, si en vogue de nos jours, sc distinguent par leur action excitante et tonique, dont l’énergie tient aux principes salins qui s'y trouvent eu dissolution , ainsi qu’a la percussion produite par le choc continuel des lames, et a la plus grande densité de l’eau. Les B. froids sont utiles dans une foule de maladies nerveuses et inflammatoires, dans le tétanos, l'aliénation mentale; dans les brûlures, les entorses, certaines hémorragies opiniâtres; dans l'incontinence d’urine, la chorée, la chlorose, l’aménorrhée, les scrofules, etc.; mais ils sont contraires aux pléthoriques, aux personues qui tousseut, ou qui ont la diarrhée; aux aoévristnatiques, aux asthmatiques, aux femmes enceintes et aux vieillards. — Le B. chaud , tiède ou tempéré, dont la température varie de 28° à 35° centigr., est celui qu'on prend surtout comme moyen d'hygiène. Il e«t calmant et relâchant; il augmente la transpiration, et délasso mieux que le baiu froid. 11 convient particulièrement aux tempéraments secs, irritables; aux vieillards, aux enfants, aux femmes. La propriété sédative des bains chauds est précieuse dans les maladies lull tmmatoires ut douloureuses, telles que les rhumatismes, les courbatures, les convulsions, les névroses, ta péritonite, l’entérite, l’iléus, à l’approche des couches, etc. — Les H. de vapeur agissent par le calorique combiné avec de l’eau eu vapeur, charirèe ou non de substances aromatiques volatiles. On u'êlève guère leur température au-dessus de 50 à 75° centigrades. Ils sont recommandés dans les douleurs rhumatismales, la sciatique, les dartres et autres dermatoses chroniques, etc. Lediain de vapeur s’admiuistru aujourd'hui au moyeu d'appareils ingéuieux, commodes et simples, dans lesquels on introduit soit le coqw entier, excepté la tête, soit uue partie du corps seulement. On le jiorte a domicile; on le donne partout, dans le lit même, sous les couvertures, où l’ou fait pénétrer par un tulie la vapeur dégagée au moyen de la lampe à alcool.
Pour les B. d'eaux minérales, V. eaux bim-uai.fs.
Les Orientaux fout un usage quotidien des bains; Us leur sont prescrits par la religion [Voy. abi.ü- Tioas). Les anciens, les Romains surtout, avaient un faraud nombre de bains publics et gratuits ou quasi-gratuits (le pauvre y était admis , a Rome, moyennant un quaarans, ou environ 2 centimes) îlesempereurs eu bâtirent un grand nombre pour capter la faveur populaire (Voy. thkhuks}. — Quelques peuples modernes out aussi établi des bains publics ; les Anglais nous ont précédés dans cette institution; l’Assemblée nationale l'a introduite en France par la loi du 3 février 1851.
Bains égyptiens. Ils consistent à subir graduellement tous les degrés de la chaleur jusqu'à celui de l’étuve, et à redescendre ensuite graduellement de la chaleur de l’étuve jusqu a la température ordinaire.
Bains russes. En Russie, on les prend dans une salle où se trouve uu fourneau de foute chargé de cail-